01 novembre 2006
Le Conseil de sécurité de l'ONU a trouvé un accord sur la Côte-d'Ivoire, selon un diplomate
Source: le monde
Un accord est intervenu entre les membres du Conseil de sécurité de l'ONU sur le projet de résolution français organisant une nouvelle phase de transition politique en Côte d'Ivoire. Le texte devrait être adopté à l'unanimité, a fait savoir, mercredi 1er novembre, un diplomate. "Tous les problèmes ont été réglés, il y a maintenant unanimité et on va voter tout à l'heure", a déclaré ce diplomate.
Le Conseil de sécurité devait se réunir en consultations sur la Côte d'Ivoire à 15 heures (21 heures à Paris). Le projet de résolution prévoit de prolonger d'un an le mandat du président Laurent Gbagbo, en tandem avec son premier ministre, Charles Konan Banny, et de donner des pouvoirs très étendus à ce dernier pour mener le pays à des élections d'ici à un an.
L'accord a été obtenu à l'issue d'une réunion entre ambassadeurs destinée à aplanir les dernières divergences sur le projet, la France ayant proposé mardi soir quelques amendements sur lesquels ses partenaires avaient demandé un délai de reflexion jusqu'à mercredi. Avant ces concessions, quatre pays dont trois des cinq "grands" du Conseil – la Chine, les Etats-Unis et la Russie –, ainsi que la Tanzanie, envisageaient de s'abstenir, ce que Paris souhaitait éviter pour ne pas envoyer un signal de division.
LA FRANCE A ACCEPTÉ DE REMANIER SON TEXTE
La discussion au Conseil portait notamment sur l'étendue des pouvoirs à donner à Charles Konan Banny, désigné premier ministre en décembre par la communauté internationale pour faire avancer un processus de paix dans l'impasse. Les quatre pays réticents estimaient que le texte empiétait trop sur la souveraineté ivoirienne. Afin de les convaincre, la France avait accepté de ne plus mentionner les nominations de personnalités civiles et militaires dans la liste des prérogatives attribuées au premier ministre.
La communauté internationale accuse notamment le président Gbagbo et la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlent respectivement le sud et le nord du pays, de favoriser les blocages pour se maintenir chacun au pouvoir.
Au moins une personne a été tuée, mercredi, dans des affrontements entre miliciens du groupement des patriotes pour la paix (GPP, pro-Gbagbo) et la population d'un quartier d'Abidjan. Les GPP font partie des "jeunes patriotes", jeunes désœuvrés des quartiers populaires qui manifestent régulièrement, parfois avec violence, notamment contre la communauté internationale, accusée de vouloir chasser le président ivoirien du pouvoir.
22 septembre 2006
Le parti de Laurent Gbagbo réclame le départ des militaires français de Côte d'Ivoire
Source: le monde
Le Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel), a demandé vendredi 22 septembre la dissolution du groupe de travail international (GTI) sur la Côte d'Ivoire et le départ de toutes les forces militaires françaises.
"Le FPI est profondément préoccupé par la division du pays qui perdure malgré toutes les concessions politiques faites par le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo", a déclaré le président du parti, Pascal Affi N'Guessan. A plusieurs reprises ces derniers jours, Laurent Gbagbo a en effet stigmatisé l'échec de la communauté internationale à résoudre la crise dans son pays et affirmé qu'il était désormais prêt à discuter, "mais plus à négocier". Le parti présidentiel demande en conséquence "la dissolution du GTI et le départ du pays de toutes les forces militaires françaises de l'opération Licorne et du 43e BIMA [bataillon d'infanterie de marine]".
"PRIX À PAYER POUR LA PAIX"
Appelant à la "mobilisation des militants, patriotes et démocrates de tous bords", le FPI estime que le "prix à payer pour la paix" en Côte d'Ivoire sera"la mobilisation (...) afin d'engager dès aujourd'hui avec vigueur et détermination la principale bataille, celle du départ de notre pays des forces armées françaises, forces d'exploitation, d'occupation et d'asservissement", a ajouté Pascal Affi N'Guessan.
"Le FPI demande que le médiateur de l'Union africaine [le président sud-africain Thabo Mbeki] soit pleinement et exclusivement chargé du règlement de la crise et soit l'unique interlocuteur du Conseil de sécurité de l'ONU et de la communauté internationale", a ajouté cet ancien premier ministre ivoirien. Thabo Mbeki est attendu lundi 25 septembre à Abidjan pour une visite de travail d'une journée.
Le parti présidentiel a par ailleurs salué la décision du président Gbagbo de ne pas assister à la réunion internationale sur la Côte d'Ivoire, mercredi 20 septembre, au siège des Nations unies, qualifiant la réunion de "mascarade". Au cours de cette rencontre, l'ONU a officiellement confirmé que les élections en Côte d'Ivoire ne pourraient avoir lieu le 31 octobre, comme cela était initialement prévu. Aucune nouvelle date n'a été fixée à ce jour.
25 février 2006
Côte d'Ivoire: Un diplomate français livre des secrets de la guerre
| Rubrique: Afrique | |||
Quand sera-t-il possible de reconstituer de manière fiable les aspects les plus cachés de la crise ivoirienne ? Quand les témoins des conclaves les plus secrets passeront-ils à table ? Contrairement à d’autres crises africaines, la controverse ivoirienne livrera visiblement ses secrets assez rapidement. Après la «Grande Muette» française, qui s’est exprimée à travers un livre («Ivoire nue» de l’ancien porte-parole de Licorne, Georges Peillon), des confidences à la presse et des dépositions dans les tribunaux, la diplomatie hexagonale commence à parler. De manière moins courageuse. Réfugié derrière le pseudonyme de Jean-Saint Iran (traduction du nom de l’écrivain Saint-John Perse), un diplomate français a récemment fait paraître, aux Editions Privé, un livre «Les Cent Semaines», qui relate l’action de Dominique de Villepin aux Affaires étrangères. Cet ouvrage lève un coin de voile sur un certain nombre d’aspects de la crise ivoirienne. L’on apprendra par exemple qu’avant le 19 septembre 2002, les relations entre le président Laurent Gbagbo et Dominique de Villepin étaient détestables. Les premières rencontres, dans leurs nouveaux rôles, entre l’ancien opposant et l’ex secrétaire général de l’Elysée, sont désastreuses. «En juillet 2002, Villepin accomplit un assez long périple en Afrique. Mais il ne passe que quelques heures en Côte d’Ivoire, et Gbagbo sort de leur rencontre outré et indigné. Lui qui a enseigné l’histoire et qui se targue d’être un latiniste et un helléniste de bon niveau a dû subir un cours de belles lettres de la part de Villepin. Gbagbo n’aura dès lors de cesse de se plaindre de Villepin à Chirac, au point de devenir pour Villepin une cause de friction avec le président français. Au fur et à mesure que la crise ivoirienne va se développer, Gbagbo va passer vis-à-vis de Villepin de l’irritation due à ce qu’il considère comme une attitude hautaine et blessante à son égard, à une authentique interrogation sur la personnalité de Villepin. Gbagbo demandera à plusieurs de ses interlocuteurs, y compris Chirac, pourquoi Villepin le déteste, puis finira par rejoindre le club relativement fourni de ceux qui s’interrogent sur la santé mentale de Villepin». DDV, fou ? Oui, aux yeux de Gbagbo. C’est pourtant lui que le président ivoirien devra se coltiner régulièrement, dès le déclenchement de la crise. Plus important, le livre de «Jean Saint-Iran» explique que c’est d’abord dans l’objectif d’éviter un soutien nigérian à la légalité ivoirienne, pour des obscures raisons relevant du «complexe de Fachoda» (consistant à voir le péril anglo-saxon partout) que Paris organise, dans la plus totale improvisation, l’opération Licorne. : L’armée française est envoyée sur place le 26 septembre (2002, NDLR), officiellement pour protéger les ressortissants étrangers et permettre l’évacuation de ceux qui le souhaitent. C’est l’opération Licorne. En fait, Paris réagit dans l’urgence. «Constatant les tergiversations françaises des tous premiers jours, Gbagbo se tourne vers la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce regroupement ouest-africain a comme particularité d’avoir dépassé les clivages issus de la colonisation. Il rassemble États francophones et États anglophones, dont le géant de l’Afrique qu’est le Nigeria. Et le Nigeria annonce son soutien à Gbagbo, président légal et élu de Côte d’Ivoire. À Paris, les diplomates sont plutôt favorables à l’idée de laisser le Nigeria faire la police des événements ivoiriens. Villepin éructe : l’Anglais est derrière tout cela et il faut que la France ait pris le contrôle de la situation avant la réunion de la CEDEAO, prévue pour le 29 septembre. Et de fait, l’armée française s’installe sur une ligne est-ouest qui coupe la Côte d’Ivoire en deux. Au nord, les rebelles, au sud, Abidjan et la Côte d’Ivoire officielle. La situation se bloque. Le 17 octobre est signé un cessez-le-feu dont la France garantit le respect. Mais à Paris comme à Abidjan, personne ne voit comment sortir de la crise. Le 19 octobre, Chirac est à Beyrouth pour le Sommet de la francophonie. Plusieurs chefs d’Etat africains viennent le voir pour exprimer leur surprise et leur incompréhension : que veut la France ? (...) Chirac comprend le message et demande à Villepin de concevoir un plan de sortie de crise. En attendant, pour rassurer ses interlocuteurs, il déclare solennellement : "Je n’imagine pas que l’on puisse aller à la partition de la Côte d’Ivoire"», révèle l’auteur. Il reste que c’est justement ce schéma de partition de la Côte d’Ivoire que l’interposition française a garanti… Paris s’est débrouillée dans les intrigues à tel point qu’elle chemine aujourd’hui avec Obasanjo, contre lequel elle avait levé une armée. «Jean-Saint Iran» lève aussi le voile sur les méandres de la «séquestration» de Dominique de Villepin par les patriotes au palais présidentiel de Cocody. Il avoue, dans son élan, que l’attaque d’hélicoptères à Menakro avait endommagé une position rebelle, alors que Paris criait qu’elle avait ciblé des civils. «Fin décembre, alors qu’officiellement règne un précaire cessez-le-feu, un hélicoptère gouvernemental piloté par un mercenaire tire sur une position rebelle. Tout peut de nouveau s’embraser. Villepin décide de partir immédiatement pour la Côte d’Ivoire. Son but est de finaliser une conférence de paix entre les différents groupes. Il faut maintenant avancer sur ce dossier, car Jacques Chirac souhaite que tout soit aplani avant le Sommet franco-africain prévu pour la mi-février. Chirac est alors en pleine tourmente irakienne et il ne veut pas que la situation ivoirienne perturbe sa manœuvre onusienne sur l’Irak. Villepin a conscience qu’il faut agir vite et bien car il commence à percevoir un certain agacement présidentiel. D’autant que plusieurs personnalités bien en cours de la "Françafrique" viennent se plaindre à Chirac des méthodes du ministre des Affaires étrangères. Michel Dupuch, qui fut ambassadeur quatorze ans en Côte d’Ivoire, se dit surpris de n’avoir jamais été consulté. Sans parler de Pierre-André Wiltzer, le ministre de la Coopération, qui n’est convié à aucune des réunions sur la crise ivoirienne et le fait savoir à Matignon et ailleurs. Le 3 janvier 2003, Villepin décide de partir pour Abidjan. Son but : annoncer la tenue en France dans les deux semaines d’une conférence de paix qui doit être décisive. Reçu par Gbagbo dans la résidence présidentielle, il accapare la parole, tranche, parle sans réplique. Gbagbo reste incrédule devant une telle grossièreté et une telle arrogance. Quelqu’un qui assiste à la scène racontera que Villepin se comporte envers les Africains "comme un commandant de cercle, un chef de canton ou un administrateur colonial." Gbagbo, déjà passablement irrité par l’attitude générale de Villepin, manque s’étrangler quand il comprend que Villepin va le quitter pour aller voir les chefs rebelles à Bouaké, une bourgade du centre du pays dont ils ont fait leur capitale. Donner une telle légitimité aux responsables de l’insurrection lui paraît scandaleux. Pendant que la tension monte entre les deux hommes, les Ivoiriens organisent à l’extérieur une manifestation "spontanée" d’indignation anti-Villepin. Quand celui-ci sort pour regagner l’ambassade de France voisine, il se trouve nez à nez avec une émeute plus ou moins contrôlée directement dirigée contre lui. Pendant une heure, il fait face, livide et muet (…), (et) semble incapable de toute réaction. Gbagbo, qui a l’impression quasi physique d’avoir pris le dessus, calme la foule et le raccompagne jusqu’à l’entrée de l’ambassade de France. Le 4 janvier, Villepin est de retour à Paris. Il a obtenu l’accord de tous les belligérants pour venir discuter en France du processus de sortie de crise. Mais le bilan de l’expédition à Abidjan n’est guère reluisant. Bongo, le président gabonais, appelle Chirac pour lui dire, au nom des dirigeants africains, combien le comportement de Villepin leur est insupportable. Les députés de la majorité présidentielle, qu’il méprise ostensiblement, relaient ces plaintes. Ils l’accusent d’être un exalté et la presse parle d’"homme malade". On le qualifie de fébrile et Dominique Strauss-Kahn se gausse de cette diplomatie "cheveux au vent, du haut de la colline"». Le livre du diplomate français montre Villepin sous les traits d’un dangereux apprenti-sorcier, surpris des effets de son «médicament» de Marcoussis sur l’opinion ivoirienne. «(…) A l’annonce du contenu de ces accords qui prévoient un Premier ministre au-dessus des partis et un ministre de l’Intérieur et un ministre de la Défense favorables aux rebelles, Abidjan s’embrase. Une foule surexcitée fait le siège des bureaux de l’ambassade. Les militaires français et les diplomates organisent la protection des locaux en liaison téléphonique avec l’ambassadeur qui est encore en France. À Abidjan, la nuit avance, la tension demeure et les gendarmes français sont au bord de la rupture. Le chargé d’affaires appelle l’ambassadeur à Paris pour lui demander ce qu’il faut faire. Perplexe, celui-ci lui conseille d’appeler le ministre chez lui. Villepin le prend au téléphone et lui assène quelques phrases ronflantes sur la grandeur de la France et la dure mission du diplomate puis raccroche. Le jeune chargé d’affaires en reste quelque peu interloqué. Prenant conscience de l’incongruité de son comportement, Villepin rappelle quelques instants plus tard. Il mesure alors au travers des propos du jeune diplomate l’étendue du désastre. Il change de ton, se fait plus humain, au point de tutoyer son interlocuteur. Approché par l’ambassadeur depuis Paris, les officiels ivoiriens comprennent que tout cela va trop loin. L’émeute est reprise en main et la nuit s’achève sans que l’ambassade ne soit prise d’assaut. (…) À Paris aussi, la crise n’est pas franchement terminée pour Villepin. Le 2 février marque même un tournant dans sa relation avec Chirac en raison de l’affaire ivoirienne. Jusqu’à présent, même aux pires moments, jamais les deux hommes ne s’étaient affrontés. Malgré l’échec de la dissolution, malgré les propos peu amènes de Bernadette Chirac, malgré les doutes, Chirac avait toujours ménagé Villepin, avait toujours donné l’impression de tout lui passer, de tout lui pardonner. Or, en ce dimanche d’hiver, Chirac crie et menace. Le dossier ivoirien a été mené en dépit du bon sens. Chirac accuse Villepin d’avoir manqué de recul, de s’être laissé guider par son aversion pour Gbagbo. Villepin prend conscience qu’il a perdu son pouvoir sur Chirac, que maintenant il va lui falloir se montrer plus docile et plus prudent. Et surtout, il décide de se retirer rapidement du dossier ivoirien. Désormais, il laisse faire la machine du Quai et les militaires. (…)» On connaît la suite. La machine du Quai d’Orsay se condamne à l’impuissance et le lobby militaire le plus colonialiste, incarné par Michèle Alliot-Marie, prend le dessus. Chirac, qui se retranchait derrière De Villepin et jouait les modérés, devient le plus hystérique des anti-Gbagbo à Paris. Quant à Villepin, désireux de se donner une stature internationale pour la suite de sa carrière, il décide de faire ami-ami avec un président ivoirien qu’il est aujourd’hui suspect de ne pas haïr de toutes ses forces en France. «Depuis le fiasco de Marcoussis, les relations entre Laurent Gbagbo et le locataire de Matignon ont évolué. "Villepin a allumé un incendie et maintenant il joue au pompier.", résume avec acidité Guy Labertit, le Monsieur Afrique du PS, très proche du président ivoirien. Après avoir plongé l'armée française dans le bourbier de l’opération Licorne, après s'être fâché à mort avec Laurent Gbagbo et avoir assisté au rapatriement forcé de milliers de Français d'Abidjan fuyant les "Patriotes", Dominique de Villepin a, semble-t-il, revu son analyse de la situation. En mai 2004, Dominique - le ministre de l'Intérieur prend le contre-pied de Dominique-du-Quai et se réconcilie avec Gbagbo. Grâce à la médiation de son missi dominici en Afrique, maître Robert Bourgi, l'ennemi juré d'hier devient le pivot de la "real politik" de demain. Aujourd'hui, Laurent et Dominique "s'appellent pour un oui, pour un non, se chahutent et rigolent au téléphone.", raconte un de leurs amis communs. Comme le révélait L'Express, Villepin a même dédicacé son chef-d'œuvre littéraire, Éloge des voleurs de feu, au président ivoirien, c'est dire... "Il est devenu réaliste. Ce rapprochement lui permet aussi de marquer sa différence avec Sarkozy qui, en bon libéral, est plus proche d'Alassane Ouatarra, l'opposant traditionnel de Gbagbo.", explique Guy Labertit. Trois ans après la partition de fait du pays, entérinée par l'interposition de l'armée française, il est un peu tard pour choisir l'un des camps… La situation s'est enlisée et aucune issue n'est en vue. Pire, ce revirement du Premier ministre s'inscrit en faux avec la politique de Jacques Chirac qui, explique un cacique de l’ex-RPR, "espère revenir à des relations franco-ivoiriennes à l'ancienne, comme au temps d'Houphouët, en misant sur le retour de Henri Konan Bédié." Le mois dernier, l'ancien président de Côte d'Ivoire, renversé en 1999, est revenu sans enthousiasme au pays, poussé par la vieille garde de l'UMP.» Toujours dans l’objectif de se relégitimer en Afrique, l’actuel Premier ministre français a courtisé ardemment Thabo Mbeki, il y a plus de deux ans. Il a été sévèrement éconduit, nous raconte «Jean Saint-Iran». «La diplomatie française mène donc assez systématiquement une entreprise de séduction à l’égard de l’Afrique du Sud. C’est à sa demande instante qu’en février 2003, Chirac a invité au Sommet franco-africain le président du Zimbabwe, alors même que sa politique d’expulsion des fermiers blancs l’avait mis au ban des nations. Villepin concocte un voyage en Afrique du Sud pour la fin juin. Le 26, il fait un discours devant le Parlement sud-africain, rappelle les grands principes, les Huguenots venus peupler ce territoire, puis passe aux entretiens politiques. Les Français vont de surprises en déconvenues. Mis en garde contre Villepin par Laurent Gbagbo et certains chefs d’État de l’Afrique francophone, les Sud-africains se montrent intraitables dans les négociations sur le devenir de la Côte d’Ivoire. Le communiqué commun signé à l’issue de la visite est une sorte de camouflet pour Villepin. Il déclare que les deux pays s’engagent à soutenir les pouvoirs légitimes issus des élections, qu’il souhaite le respect de la souveraineté nationale de chaque pays africain et que les problèmes africains doivent être réglés en priorité par les Africains eux-mêmes, au besoin en demandant en cas de conflit à un pays africain de jouer le rôle de médiateur. Pour ce qui est de la présence française en Afrique, le message est clair : on ferme. Comme le titrera plus tard un bimensuel spécialisé sur les problèmes africains : "Bye, bye la France". Villepin revient de Pretoria et du Cap non seulement sans s’être vraiment réintroduit dans le jeu ivoirien, mais encore en ayant entériné implicitement le processus de repli de la France hors d’Afrique. Amorcé avec la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, ce repli devait cesser avec son arrivée au Quai. Madagascar, Abidjan, Pretoria, Afrique adieu, tu enfouis moins la conscience des hommes que les ambitions du locataire du Quai d’Orsay.» DDV compte-t-il sur le président ivoirien pour se réconcilier avec l’Afrique du Sud ? En tout cas, il ne manque pas d’appeler le président Gbagbo autant que faire se peut. Avant-hier, il lui donnait du «cher Laurent» à propos de l’affaire de Youssef Fofana, le «tueur de Bagneux» intercepté par la police ivoirienne, alors qu’il cherchait à se planquer dans son pays d’origine. Il disait également devant les caméras des télévisions, en France, qu’il était en contact avec le numéro un ivoirien. Ce virage à 180° témoigne-t-il de la «santé mentale» de l’impétrant ou des projections auxquelles il procède à propos du chef de l’Etat ivoirien et de la manière dont il pourrait l’aider à devenir son homologue ? Au secours, Laurent, explique-nous «l’âme et la psychologie» villepinesque! Théophile Kouamouo | |||
05 février 2006
Trois Ivoiriens visés par des sanctions de l'ONU
source: le figaro
Afrique de l'Ouest D'ici mardi, les Nations unies doivent prendre des mesures punitives contre deux dirigeants des Patriotes pro-Gbagbo et un chef de la rébellion.
Patrick de Saint-Exupéry
[04 février 2006]
APRÈS plus d'une année d'hésitations, le compte à rebours est enclenché à l'ONU. Si
d'ici mardi midi (heure de Paris), aucun pays membre du Conseil de sécurité ne formule d'objection, trois responsables ivoiriens tomberont automatiquement sous le coup de sanctions. Leurs comptes bancaires seront bloqués et leurs déplacements à l'étranger interdits.
Deux Patriotes et un rebelle figurent sur la liste remise hier au président du comité des sanctions par la France, le Danemark, le Royaume-Uni et la Slovaquie. Il s'agit, côté Abidjan, du «général de la rue» Charles Blé-Goudé et du «maréchal» Eugène Djué, deux responsables «patriotes». Côté rébellion, le «commandant» Fofié Kouakou, basé à Korhogo et membre des Forces nouvelles (FN), est incriminé.
Ces trois hommes ont été choisis au sein d'une liste de 95 personnalités ivoiriennes identifiées en 2004 par l'ONU comme étant impliquées dans le processus de violences ruinant le pays. Leurs noms ont été retenus sur la base de deux critères : leur niveau de responsabilité est intermédiaire et leurs actes sont avérés.
Initiateur de la procédure, Paris n'est en aucun cas assuré du résultat. Qu'un pays s'y oppose et la procédure est bloquée. Non présente au Conseil de sécurité, l'Afrique du Sud – soupçonnée par Paris de faire du lobbying contre les sanctions – pourrait essayer d'influencer la Chine. Cependant, en lançant, à la mi-janvier et sous l'oeil indifférent des forces de l'ordre, ses Patriotes contre le contingent de l'ONU en Côte d'Ivoire, le régime de Laurent Gbagbo s'est mis à dos l'ensemble de la communauté internationale.
Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, a mis en garde les autorités ivoiriennes. Pour lui, Laurent Gbagbo et son chef d'état-major, le général Philippe Mangou, seront tenus «personnellement» responsables en cas de reprise des violences, que celles-ci visent «le personnel des Nations unies» ou soient «à caractère ethnique». «De tels actes ne sauraient être tolérés par la communauté internationale», a-t-il ajouté.
Journalistes et responsables internationaux menacés
Le contingent de l'ONU en Côte d'Ivoire pourrait être renforcé durant le week-end par un déploiement de 1 500 Casques bleus qui seraient transférés de Monrovia à Abidjan. Dans la capitale économique ivoirienne, la tension ne cesse de monter. Des mouvements de miliciens venus de province auraient été signalés. Des menaces auraient été lancées à l'encontre de journalistes politiques et responsables internationaux présents.
Pour Paris, qui dispose de 4 000 hommes sur place et qui assure «ne pas tirer les ficelles», le risque de troubles est important. S'il y a sanctions, il y aura une réaction, estime-t-on. Si la procédure n'aboutissait pas, le résultat ne serait guère différent : la crédibilité de la communauté internationale serait atteinte. Les opposants à Gbagbo risquent alors de se dire qu'ils n'ont plus rien à perdre.
04 février 2006
Côte d'Ivoire : avec les "patriotes" de Laurent Gbagbo
Source:le monde.fr
La voiture est en panne, la Côte d'Ivoire est en crise et des "Ivoiriens aux mains nues", membres comme lui de la galaxie des "patriotes", ont été tués à Guiglo, dans l'ouest du pays, en tentant d'envahir un camp de casques bleus. Mais ces jours-ci, une chose distrait de ces soucis le "maréchal" Eugène Djué, un des principaux leaders du mouvement des "patriotes" de Côte d'Ivoire. C'est la perspective de se voir frappé de sanctions par les Nations unies après la "guerre des quatre jours", du 16 au 19 janvier, pendant laquelle plusieurs milliers de "patriotes" ont paralysé Abidjan en dressant des barrages, lancé des attaques contre les positions de l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), manquant de peu de prendre d'assaut leur siège, et envahi en pleine nuit un de leurs camps à Guiglo, poussant les casques bleus bangladais à ouvrir le feu, tuant cinq personnes.
Une interdiction de voyager, le gel de ses éventuels avoirs à l'étranger le menacent ? Le "maréchal" Djué, qui se définit comme le "plus français des patriotes" et évoque sans ambages le fait que sa femme et ses deux filles vivent en France — quitte à attaquer férocement Paris à l'occasion — s'amuse d'avance d'être, peut-être, sanctionné. "Je n'en ai que foutre. Pour les voyages, moi, je reste en Côte d'Ivoire. Et pour les avoirs, ils vont faire quoi ? Geler ma femme et mes enfants ?"
Dans un coin du "quartier général" du "maréchal", un hôtel du quartier populaire de Yopougon, son garde du corps, en uniforme de l'armée dépourvu d'insignes, pouffe discrètement. Pour arriver au "QG", il a fallu quitter le Plateau, quartier des affaires d'Abidjan, par l'une des autoroutes qui sillonnent la métropole.
Après la forêt du Banco, où des myriades d'hommes font la lessive de la cité, Yopougon est là, avec son fourmillement de véhicules et de passants. Si les quartiers d'Abidjan ont tous, à peu de chose près, une "couleur" politique, Yopougon est la capitale des "patriotes", ces groupes de jeunes qui soutiennent le président Gbagbo et prennent la rue, à la demande, pour le soutenir.
Depuis que l'ONU, après quatorze mois d'atermoiements, a finalement lancé une procédure de sanctions, les dirigeants de la dizaine d'organisations de la "galaxie patriotique", espérant se faire oublier, s'essayent à des discours modérés, loin du célèbre "A chaque Ivoirien son petit Français !" lancé dans le passé par Charles Blé Goudé, le plus célèbre des "patriotes", également sur la liste des personnalités menacées de sanctions. Le "maréchal", lui, ne dévie pas de sa ligne. "L'attaque contre l'Onuci a été dirigée et organisée par moi-même. Je le revendique. Je passe deux coups de téléphone et je peux bloquer tout le sud du pays, c'est comme ça."
Lorsque le mot d'ordre de lever les barrages est venu de la présidence, le "maréchal", du reste, s'est cabré, laissant ses troupes en place. Il a fallu que le président Gbagbo vienne, en personne, lui donner l'ordre de "tout arrêter dans les vingt minutes", raconte-t-il, pour qu'il lève le siège.
Le président de la République, après avoir créé des "présidents de la rue publique", peut-il en perdre le contrôle ? Nul n'y croit vraiment, même si ces chefs, au bout du compte, songent surtout à leurs intérêts. La plupart d'entre eux se sont formés à une même école, celle de la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire), dont Eugène Djué a été l'un des fondateurs en 1990. De ce creuset des luttes et de la violence sont sortis des responsables qui se retrouvent aujourd'hui aussi bien parmi les "patriotes" que dans le camp opposé, chez les rebelles ou dans les organisations de jeunesse de l'opposition.
VALISES DE BILLETS
L'un des plus célèbres est Charles Blé Goudé, surnommé "général de la jeunesse", ce qui a le don d'irriter le "maréchal", qui insiste : "C'était mon élève...", avant d'ajouter : "Comme les anciens secrétaires généraux de la Fesci avaient rang de général, il était normal que je devienne maréchal. Qui sait ? Je serai peut-être empereur un jour, quoique cela fasse un peu... Bokassa."
Entre les différents "chefs" des mouvements, la lutte est rude pour obtenir les faveurs de la présidence et les valises de billets qui les accompagnent. Pendant ce temps, la piétaille lance-cailloux des "patriotes" obtient de petites sommes pour descendre dans la rue, de 5 000 à 10 000 francs CFA (7 à 15 euros), "quelques sardines, du pain, des sachets d'eau", reconnaît le "maréchal".
Parmi eux, deux adolescents qui "se débrouillent" au Plateau. Ils font partie des milliers de jeunes Ivoiriens tôt jetés à la rue, où ils vivent de piécettes en assurant la garde des voitures. Tous deux récitent le catéchisme des "patriotes". "Les Français, ce sont les forces du mal de la Côte d'Ivoire", commence l'un d'eux, tandis que l'autre, déjà, réclame de l'argent pour cette prestation à son interlocuteur français en le traitant gentiment de "vieux père".
Les rivalités des anciens "fescistes" finiraient-elles par lasser Abidjan ? Lors de la "guerre des quatre jours", si mal nommée, le gros de la population n'a pas suivi dans la rue le noyau dur des militants, malgré les appels enflammés à la télévision.
Restent, au sein de la "galaxie patriotique", des groupes plus entraînés, plus équipés, portant mille noms du type "FBI", pour "Forces bénies ivoiriennes". Certains portent des uniformes et affirment être armés. Au besoin, ils servent d'auxiliaires aux forces de sécurité pour rafler les opposants dans les quartiers, voire les liquider, comme lorsque l'opposition avait tenté de manifester, en mars 2004, et que ces "patriotes" miliciens avaient participé à la répression qui avait fait plusieurs centaines de morts.
Jean-Philippe Rémy
02 janvier 2006
Attaque d'un camp militaire à Abidjan : l'armée dément toute mutinerie
Source: le monde.fr
Les hommes armés non identifiés ont attaqué, lundi 2 janvier au matin, les deux camps militaires d'Akouédo, parmi les plus importants d'Abidjan. "Nous sommes sous le coup de tirs nourris", a prévenu le commandant de ce camp, assailli à 5 heures 30 du matin. Les forces loyalistes du 1er bataillon d'infanterie du camp ont riposté par des tirs d'armes légères et lourdes, selon des sources militaires. Les commandos parachutistes, l'autre bataillon abrité sur ce site, ont également essuyé une attaque.
TIRS DANS LE QUARTIER DU PRÉSIDENT GBAGBO
Des soldats fortement armés sont arrivés en renfort, dans des blindés et des véhicules tout-terrain, a constaté l'AFP. Si l'attaque contre le camp de commandos parachutistes a été rapidement repoussée, selon des sources militaires, l'arsenal était lui toujours contrôlé par les assaillants en milieu de matinée. Des tirs ont aussi été entendus dans le quartier de Cocody, où réside le président Laurent Gbagbo. Mais le porte-parole du chef de l'Etat ivoirien, Désiré Tagro, a déclaré à Reuters que la situation était "sous contrôle".
Peu après 10 heures, le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, a indiqué à la radio et à la télévision publiques que ses troupes avaient repris le contrôle du site. "Les deux camps d'Akoudéo ont été attaqués par des éléments infiltrés. Nous sommes là pour rasssurer la population, pour dire à cette population que la situation est sous contrôle, nos éléments procèdent au ratissage au niveau de l'ancien camp et au niveau du nouveau camp", a-t-il précisé, en tenue de combat et gilet pare-balles.
UNE "DIZAINE" DE CADAVRES
A la mi-journée, des cadres militaires du camp d'Akouédo ont indiqué que trois militaires loyalistes et une dizaine d'assaillants avaient été tués lors de l'attaque. Un journaliste de l'AFP a pu constater sur place la présence d'une dizaine de cadavres de personnes en tenue civile, présentées comme des assaillants.
Selon certaines informations, non confirmées de sources militaires, cette attaque pourrait avoir pour origine une mutinerie liée "aux mauvaises conditions de vie des soldats", et au non-paiement d'une prime. Selon d'autres sources, ces mutins auraient été mécontents de l'arrestation de camarades accusés de racket. Mais le général Mangou, dans une nouvelle intervention télévisée lundi après-midi, a déclaré qu'il ne s'agissait "nullement d'une mutinerie". "Nos hommes ont toujours fait preuve d'esprit de compréhension, et ils se sont toujours bien comportés face au retard connu dans les primes. A aucun moment, les éléments des Fanci (Forces armées nationales de Côte d'Ivoire) n'ont manifesté ou n'ont tiré des coups de feu pour réclamer leur prime", a précisé le chef de l'état major ivoirien, tandis que la télévision diffusait des images des morts et des blessés de l'attaque. Il a annoncé que l'identité des assaillants et le bilan seraient communiqués dès la fin des ratissages.
Dans une rue proche des la base attaquée, un correspondant de Reuters a pu voir la carcasse calcinée et encore fumante d'un pick-up de l'armée et d'une voiture particulière. De nombreux barrages ont été mis en place dans Abidjan. Des éléments de la garde républicaine ont bouclé le Plateau, le quartier administratif et des affaires.
Ces combats surviennent quelques jours après la présentation par le premier ministre, Charles Konan Banny, d'un gouvernement appelé à conduire la Côte d'Ivoire jusqu'aux élections prévues en octobre selon les termes d'un plan de paix de l'ONU. Début décembre, déjà, des hommes non identifiés avaient attaqué une caserne de gendarmerie dans la banlieue d'Abidjan, mais ils avaient été repoussés à l'issue d'un bref combat.
Avec AFP, Reuters et AP
28 décembre 2005
La Côte d'Ivoire se dote d'un gouvernement de transition
Le nouveau premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a constitué, mercredi 28 décembre, un gouvernement de transition, dont la priorité est d'organiser le désarmement et l'élection présidentielle au plus tard le 31 octobre 2006, a affirmé une source officielle. La liste des membres du nouveau gouvernement, qui doit comprendre toutes les parties impliquées dans la crise ivoirienne, n'a pas encore été rendue publique en fin d'après-midi. 
Le nouveau cabinet s'est réuni dans la journée au Palais de la présidence à Abidjan en présence du président Laurent Gbagbo et du nouveau premier ministre. Il comprendrait une trentaine de membres, contre plus de 40 dans le précédent, issu de l'accord de paix interivoirien de Marcoussis, conclu en janvier 2003, et censé ramené la paix en Côte d'Ivoire.
M. BANNY SERAIT ÉGALEMENT MINISTRE DES FINANCES
La radio nationale ivoirienne, qui a diffusé une liste "pas encore officielle" des ministres, a indiqué que M. Banny détiendrait également le poste des finances, qui était l'objet de tractations intenses depuis plusieurs jours. Ce poste était occupé par M. Paul Bohoun Bouabré, un des caciques du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel). Guillaume Soro, le chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis son coup d'Etat raté en septembre 2002 contre M. Gbagbo, serait ministre d'Etat chargé de la reconstruction. La défense, qui faisait aussi l'objet de tractations, serait confiée à un magistrat.
La rébellion ivoirienne des Forces nouvelles avait menacé jusqu'à la dernière minute de ne pas siéger dans le gouvernement de transition si le FPI obtenait les trois ministères des finances, de la défense et de la sécurité. "Les FN marqueront leur désaccord total sur toute formule qui tiendrait à accorder quelque prérogative que ce soit au président Laurent Gbagbo et au FPI dans la gestion" de ces ministères, avait prévenu son porte-parole Sidiki Konaté dans un communiqué à l'AFP.
Le président du FPI, Pascal Affi N'Guessan, avait auparavant qualifié d'"inacceptable" une proposition de M. Banny attribuant cinq ministères au parti présidentiel dans le futur gouvernement et avait indiqué en particulier qu'il était "hors de question que le FPI lâche le ministère des finances".
M. Banny, ancien gouverneur en congé de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), a été désigné premier ministre de Côte d'Ivoire, dimanche 4 décembre, par une médiation africaine, conformément à la résolution 1633 du Conseil de sécurité. Cette résolution a maintenu M. Gbagbo pour un an maximum, en lui adjoignant un premier ministre aux pouvoirs élargis, chargé en priorité de procéder au désarmement, d'organiser une élection présidentielle et la réunification du pays.
Avec AFP
09 décembre 2005
Gbagbo transmet ses condoléances à Ouattara
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Source: Le Grioo
Charles Konan Banny désigné premier ministre par intérim en Côte d’Ivoire
Source: Le Grioo | ||||||||||||||||||||||||||||||
Côte d'Ivoire : Blé Goudé interpellé puis relâché à Bruxelles
9/12/2005
Abidjan, 9 décembre (GABONEWS) - Charles Blé Goudé, l'un des principaux instigateurs des manifestations anti-françaises en Côte d' Ivoire a été interpellé ce vendredi par la police Bruxelloise avant d'être relâché après 6 heures de détention, a appris GABONEWS de source proche de l'intéressé.
Selon ses proches, le leader des « Jeunes Patriotes », une milice proche du président ivoirien Laurent Gbagbo, a été arrêté à la demande de la police française sans préciser ce qui lui était reproché.
M. Blé Goudé « est arrivé à 5 heures du matin (04H00 GMT) d'Abidjan à l'aéroport de Bruxelles (Belgique) en transit pour la ville italienne de Perugia à l'invitation officielle du maire de cette ville », a expliqué, Pierre Lemauvais l'un de ses proches qui dirige le quotidien le Matin d'Abidjan. « Blé Goudé a été détenu pendant plus de six heures », a-t-il ajouté.
Accueillie avec émoi, la nouvelle de l'arrestation de Blé Goudé a aussitôt suscité des réunions dans son état major en vue d'actions de masse a mené pour exiger sa libération. La tension qui commençait à monter est vite tombée quand sa relaxe a été annoncée.
En novembre 2004, les «jeunes Patriotes » ont lancé de violentes manifestations antifrançaises qui ont occasionnées l'expatriation précipitée de plus de 8.000 européens, en majorité des français, de Côte d'Ivoire.
Plusieurs familles françaises ont porté plainte dans leur pays pour destruction de biens et viol à la suite de ces événements.
Les jeunes « Patriotes » qui agissent dans l'impunité totale sont également connus à Abidjan pour plusieurs actes de destruction des patrimoines de l'opposition
GN/YKD/IM/YLG/05







