Gabon D'abord

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04 avril 2009

La justice européenne bientôt aux trousses de Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema ?

source: afrik.com

bosInterview de Maud Perdriel-Vaissière, membre de l’association de juristes, Sherpa.
Omar Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema accusés d’avoir acquis en France des biens avec des fonds publics détournés, vont peut-être échapper à la justice française. Le parquet de Paris a annoncé qu’il s’opposera à l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les plaignants, deux associations et un particulier, attendent la décision de la juge d’instruction à qui revient le dernier mot. Maud Perdriel-Vaissière, juriste, est en charge du dossier chez Sherpa, l’une des associations plaignantes qui envisage de saisir la justice européenne. Elle a répondu aux questions d’Afrik.com.

La plainte déposée contre les présidents Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Théodore Obiang Nguema (Guinée équatoriale), pour détournement de fonds publics blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités, sera-t-elle reçue par la justice française ? Deux fois déjà, le parquet de Paris a classé sans suite les accusations de l’association Sherpa, l’Ong Transparency International et d’un citoyen gabonais, Grégory Ngbwa Mintsa. Une troisième fois, ces associations ont saisi, en décembre dernier, la doyenne des juges d’instruction pour les mêmes motifs, le parquet de Paris vient d’annoncer qu’il s’opposera à l’ouverture d’une enquête préliminaire. Sherpa, l’une des associations plaignantes, entend aller jusqu’au bout de sa démarche et saisir, au besoin, la justice européenne.

Afrik.com : Comment accueillez-vous la décision du parquet de Paris de s’opposer à l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire des biens mal acquis par les trois chefs d’Etat que vous accusez ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous ne sommes pas surpris par cette décision. C’est son contraire qui nous aurait étonné. La décision finale revient à la juge d’instruction, Françoise Desset. Elle a besoin de l’avis du procureur de la République pour prendre sa décision, mais elle reste indépendante et n’est pas obligée de suivre le réquisitoire du parquet.

Afrik.com : Votre association et les deux autres en sont à la troisième plainte, les deux premières ont été classées sans suite par le parquet de Paris. Quels sont les éléments nouveaux de cette troisième plainte ?
Maud Perdriel-Vaissière : Pour ouvrir une instruction en France, la loi impose des étapes à suivre. Avant de saisir le juge d’instruction, il faut passer par le parquet. Nos deux premières plaintes, qui ont été classées sans suite, ont été déposées auprès du parquet de Paris. La nouveauté dans cette troisième plainte, c’est que nous avons directement saisi la juge d’instruction.

Afrik.com :Est-ce que vous espérez vraiment traduire, devant la justice française, des chefs d’Etats africains considérés comme des piliers de la Françafrique ?
Maud Perdriel-Vaissière : Evidemment ! C’est vrai qu’il y a encore énormément d’obstacles juridiques à soulever pour obtenir la restitution des biens qu’ils ont acquis par des fonds publics détournés. Pour le moment, c’est un objectif lointain. Nous sommes conscients de la difficulté de la démarche. Mais nous voulons déjà lever un tabou et susciter un débat public.

Afrik.com : Parmi les raisons qu’il avance pour expliquer sa décision, le parquet de Paris évoque l’immunité des chefs d’Etat en exercice. Aviez-vous tenu compte de cela dans votre démarche ?
Maud Perdriel-Vaissière : Oui. Mais à l’étape de l’instruction, c’est-à-dire celle à laquelle nous sommes actuellement, il s’agit pour la justice de vérifier les faits mentionnés dans le dossier et de voir s’il y a effectivement des infractions à la loi. C’est lorsque la juge d’instruction aura décidé d’une mise en cause des personnes visées par la plainte et aura de leur renvoi devant une juridiction qu’interviendra le débat sur l’immunité. Nous n’en sommes pas encore là.

Afrik.com : La justice de Monaco a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur des présumés comptes bancaires d’Edith Bongo. Sherpa est également à l’origine de cette décision. Pensez-vous qu’elle influencera la justice française ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous nous félicitons de la décision de la justice monégasque. Nous espérons que cette enquête préliminaire permettra de faire la lumière sur les responsabilités des personnes citées dans cette affaire. On ne peut pas exclure l’hypothèse que cette décision puisse influencer les Français mais cela ne sera qu’une présomption. La doyenne des juges d’instruction appréciera la recevabilité de notre plainte seulement sur la pertinence des éléments contenus dans notre dossier.

Afrik.com : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces présumés comptes bancaires d’Edith Bongo à Monaco ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous avons reçu des informations qui nous font croire que madame Edith Bongo Ondimba aurait pu servir de prête-nom à un certain nombre de membres de la famille Bongo et de la famille Sassou Nguesso, notamment à son époux et à son père. Nous avons demandé le gel des fonds déposés sur ces comptes pour éviter qu’ils soient transférés vers d’autres destinations.

Afrik.com : Quelles sont vos sources ?
Maud Perdriel-Vaissière : Comme vous les journalistes, nous avons le droit de préserver nos sources. Mais, même si nos sources ne nous avaient pas fourni des informations, il faut vraiment être naïf pour ne pas imaginer qu’Edith Bongo Ondimba avait des comptes bancaires à Monaco. L’enquête préliminaire qu’avait ordonnée le parquet de Paris en 2007 a fait état de 200 comptes bancaires appartenant aux familles Bongo, Sassou Nguesso.

Afrik.com : A l’origine de la plainte déposée devant le parquet de Paris ensuite devant la juge d’instruction, votre association, Sherpa, l’Ong Transparency International, et Grégory Ngbwa Mintsa, un citoyen gabonais. Ce dernier a été arrêté en janvier et incarcéré au Gabon en janvier dernier. Avez-vous de ses nouvelles ?
Maud Perdriel-Vaissière : Grégory Ngbwa Mintsa n’est plus en prison. Il va bien mais il est toujours mis en examen au Gabon. Nous avons fait appel à deux avocats, un Gabonais et un Français pour le défendre. Nous espérons un aboutissement rapide. Trois autres personnes, comme Grégory, ont été mises en examen au Gabon. On leur reproche leur militantisme dans la lutte contre la corruption.

Afrik.com : Jusqu’où iriez-vous pour atteindre votre objectif ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous ferons appel si le juge d’instruction ne reçoit pas notre plainte. En espérant que la cour d’appel ordonnera l’ouverture d’une instruction. S’il le faut nous n’hésiterons pas à porter l’affaire au niveau européen.

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09 novembre 2008

L'ONU dénonce des "crimes de guerre" au Congo

source: le monde
congoLa situation semblait se calmer, samedi 8 novembre, dans l'est de la République démocratique Congo. Mais  au cours d'une conférence de presse à Goma, le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), Alan Doss, a "déploré les violations très graves des droits de l'homme (...) dans la région de Rutshuru, à 80 km au nord de Goma, ces derniers jours". "Nous avons malheureusement découvert des tueries dans la ville de Kiwanja et à côté, y compris des civils qui ont été visés par des groupes armés", a indiqué M. Doss. "Ce sont des crimes de guerre que nous ne pouvons pas tolérer". Plus au sud, aucun tir n'était signalé samedi matin sur la ligne de front près de Kibati (12 km au nord de Goma), où des affrontements avaient opposé la veille soldats loyalistes et combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Quelque 150 militaires gouvernementaux étaient installés sur place samedi, alors que 200 à 300 autres marchaient en direction du front."Ils se préparent à faire quelque chose à Kibati, ils veulent attaquer", a affirmé le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa. "Nous sommes au courant de ces préparatifs, nous avons anticipé leur mouvement mais nous sommes inquiets de cette situation qui pourrait avoir de graves conséquences".

RISQUE DE RÉGIONALISATION DU CONFLIT

Ces nouveaux développements interviennent au lendemain d'un sommet qui a réuni à Nairobi le président congolais Joseph Kabila, son homologue rwandais Paul Kagame, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. La réunion s'est achevée sur un appel au cessez-le-feu.

Parallèlement, une source militaire onusienne dans la zone a fait état samedi de la présence sur le front de soldats angolais aux côtés de l'armée congolaise, sans en préciser le nombre. Ils auraient pris part aux affrontements de la veille, selon cet officier.

Vendredi, une source diplomatique avait déjà indiqué à l'AFP qu'"une cinquantaine de militaires angolais et zimbabwéens étaient en mission de reconnaissance sur place en appui aux unités congolaises". Kinshasa a nié à plusieurs reprises la présence de forces étrangères sur son sol, et l'ONU, qui dispose de 17 000 casques bleus en RDC, a aussi officiellement démenti. Mais "il y a une coopération militaire" entre la RDC et l'Angola et "il y a peut-être des instructeurs angolais dans le pays", a nuancé samedi le lieutenant-colonel Dietrich. L'Angola, allié de la RDC, était intervenu dans l'ex-Zaïre en soutien au gouvernement de Kinshasa pendant la guerre régionale de 1998-2003. La présence de forces angolaises dans le pays, si elle était confirmée, marquerait une régionalisation du conflit et risque d'être perçue comme une provocation par le Rwanda.

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25 avril 2007

pour une altérnance politique

source: louetsy
Ce qui se passe en france,interpelle l'Afrique francophone.Ce pays qui apparaît comme la mère du continent,s'engage une fois encore vers le chemin du changement d'homme à la tête de l'état françcais.Les Africains en ont pris acte.Mais là ou le bât blesse,c'est ce cautionnement que la métropole apporte aux dictateurs,ceux qui s'accrochent bec et ongle au pouvoir le cas du gabon.Cette france se devoue à protèger les systèmes vomis par les populations,fait bien chez elle!
Nous espérons que le retour de l'UMP aux affaires,avec la nouvelle classe dirigéante:Mr Sarckozy les choses vont peut-être bouger chez-nous au gabon.

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10 février 2007

Lumumba, Um Nyobé, Gbagbo : l’ONU, liquidatrice des leaders africains

source: Leader Africa

Histoire – Il y a un an - Dans une communication d’une rare densité prononcée à l’occasion de la journée d’information sur la Côte d’Ivoire organisée par son parti à Douala, Moukoko Priso, secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (parti de Ruben Um Nyobé et des nationalistes camerounais), a établi un parallèle intéressant entre le Cameroun, la RDC et la Côte d’Ivoire. Où l’on se rend compte que de manière constante, l’ONU s’est mise au côté de l’impérialisme européen pour éliminer physiquement les leaders portant les aspirations légitimes des peuples africains. Un cours d’Histoire qui nous invite à la vigilance.

L’Organisation des Nations unies (Onu), fondée à la fin de la guerre de 1939-1945, s’est fixé pour but, entre autres, de veiller au maintien de la paix entre les peuples et les nations, et de permettre la coopération entre les Etats. Et elle le dit à qui veut l’entendre. Pour elle, tous les Etats sont égaux en droits. Voire.
Dès 1946, traitant du sort des anciennes colonies allemandes que la Société des nations (Sdn) avait placées “sous mandat de la Sdn”, l’Onu décida de faire de ces anciennes colonies des “ pays sous tutelle de l’Onu ”. Tel fut le cas du Kamerun, du Togo, mais aussi de la Namibie, etc. Mais ensuite ?
Plusieurs personnes vous diront que l’Onu rend de nombreux services aux peuples africains, qu’en ce moment même elle intervient au Darfour et en d’autres contrées de notre continent, et qu’en conséquence, il ne faut pas oublier ce rôle positif de l’organisation, sans parler des actions de ses agences spécialisées comme l’Unicef, le Pam, l’Onudi, l’Unesco, etc. Donc, concluront ces personnes, “ il ne faut quand même pas exagérer ”. Je me propose de suggérer ici que ces personnes ne voient que l’arbre qui cache la forêt. Elles refusent de voir, ou font semblant de ne pas voir, le rôle de l’Onu dans des situations décisives pour le présent et l’avenir des peuples africains. Car, même l’être humain le plus méchant et le plus vil, a certains côtés positifs et humains ; il lui arrive parfois de poser des actes positifs. Mais ce qui est important quand on apprécie un être humain, c’est l’aspect dominant, ce qui est fondamental. Et en ce qui concerne l’Onu et son rôle en Afrique depuis 60 ans, depuis sa fondation, c’est ce que je m’en vais essayer de mettre en lumière en examinant trois cas.

L’Onu au Congo en 1960-1961

Le 30 juin 1960, le Congo, ancienne colonie de la Belgique, recouvrait son indépendance juridique. L’éveil du mouvement national en Afrique avait contraint la Belgique aussi, à admettre le principe de l’indépendance de ses colonies dont le Congo était de loin le fleuron.
Parmi les nationalistes congolais, il y avait en gros deux groupes de forces politiques : il y avait les partis du nationalisme frelaté ou nationalisme avec la bouche comme le désignait Um Nyobé ; et il y avait les partis du nationalisme africain radical, le véritable nationalisme congolais, celui que les peuples soutenaient à travers tout le continent, et notamment au Congo. Ce qui séparait ces deux groupes, c’était le sens profond qu’il fallait donner à l’indépendance du Congo.
Le camp du nationalisme frelaté pensait à une indépendance frelatée, une indépendance que pouvaient accepter la Belgique et l’ensemble du monde occidental ; c’était une indépendance qui laisserait la liberté à ces derniers de continuer comme avant, à voler et piller les richesses du Congo et de l’Afrique. Les principales figures de ce camp s’appelaient Joseph Kasavubu, Moïse Tschombe, Albert Kalonji, etc.
Le camp du nationalisme africain véritable voulait une vraie indépendance, une indépendance radicale, qui donnerait désormais la liberté au peuple congolais de contrôler ses richesses pour le bien de tous dans l’unité avec les autres peuples africains. Les principales figures de ce camp s’appelaient Patrice Lumumba, Antoine Gizenga, etc.
La question centrale de la forme du futur Etat du Congo indépendant était un des points de désaccord fondamental entre les deux camps : Lumumba et ses amis voulaient un Congo uni, unitaire et démocratique. Kasavubu, Tschombe et consorts voulaient une fédération lâche et même une confédération. Car il fallait laisser chaque province faire ce qu’elle voulait avec les richesses de son sous-sol et les autres richesses. Mais tout le monde savait que derrière ces idées des nationalistes frelatés, ce qui se jouait, c’était la question de savoir si oui ou non, on allait laisser les sociétés colonialistes comme la toute puissante Union minière du Haut Katanga continuer à dominer l’économie du pays. Et tout le monde savait que c’est l’Union minière du Haut Katanga et ses alliés, qui soufflaient leurs théories aux nationalistes frelatés qu’on avait rebaptisés “ les modérés ”, tout comme les rebelles putschistes de Côte d’Ivoire ont été rebaptisés “ Forces nouvelles ” pour paraître plus fréquentables…
Les Belges organisèrent des élections avant la date de proclamation de l’indépendance. Les nationalistes radicaux gagnèrent les élections organisées par les Belges, sans la présence des “ observateurs internationaux ” qu’on n’avait pas encore imaginés. Le parti de Patrice Lumumba, le Mouvement national congolais (Mnc) sorti premier des élections ; il était donc premier à l’Assemblée. Donc, normalement, le chef du Mnc devait devenir chef du gouvernement congolais. Mais les Belges organisèrent un pré-Marcoussis, une étape vers l’autre Marcoussis : on l’appela la Table ronde belgo-congolaise à Bruxelles. Avec tous les chefs politiques congolais. L’OK Jazz de Luambo Makiadi et l’African Jazz de Kabasele immortalisèrent cette table ronde dans l’inoubliable chef d’œuvre musical “ Indépendance Cha Cha… ”. Au cours du traquenard de Bruxelles, les Belges et leurs amis réussirent à imposer un bicéphalisme au sommet du futur Etat congolais: Kasavubu fut nommé président de la République pour bloquer l’action du Premier ministre Patrice Lumumba, dans tous les cas où celui-ci tenterait de faire quelque chose de déplaisant pour l’Occident.
Le 30 juin 1960 donc, l’indépendance du Congo fut proclamée, et déjà, Lumumba ne fit pas plaisir aux Belges. Il ne s’écoula donc pas dix jours, dix, et le 9 juillet, Moïse Tschombé et ses amis proclamèrent l’indépendance du Katanga. Immédiatement après, les partisans de Kalonji au Kasaï assassinèrent Joseph Mbuyi, un des dirigeants nationaux du Mnc de Lumumba.
Dans ces conditions, et alors que tout ce qui tenait lieu d’armée congolaise était encore sous le commandement d’officiers belges, le gouvernement congolais dirigé par Patrice Lumumba demanda à l’Onu de l’aider, y compris militairement, à mâter la rébellion tschombiste. Mais quand l’Onu envoya des “ casques bleus ”, sous commandement louche au Congo, les troupes de l’Onu firent exactement le contraire de ce pourquoi elles avaient été appelées. Par exemple, alors que Kwame Nkrumah avait dépêché 3 bataillons ghanéens à Léopoldville (comme s’appelait alors Kinshasa), ces soldats ghanéens ne purent même pas protéger Lumumba et ses amis et camarades, car les soldats étaient obligés d’obéir aux ordres contraires du commandement onusien.
L’Onu laissa le traître Mobutu, sorti du néant par Lumumba, faire tranquillement son coup d’Etat, après que la décision d’éliminer Lumumba eût été prise par les gouvernements belge, Us, français, anglais et leurs amis et complices. Ceux-ci aidèrent Mobutu à monter des unités à sa dévotion pour le coup d’Etat, pour arrêter Lumumba, et l’expédier au traître Tschombé et sa clique du Katanga. La mort de Patrice Lumumba fut annoncée à l’opinion mondiale le 17 janvier 1961, en même temps que celle de ses compagnons Joseph Okito, président du Sénat, et le colonel Mpolo, chef d’état-major, deux lumumbistes intransigeants et incorruptibles comme Joseph Mbuyi, des nationalistes africains qui ne se demandaient jamais “ on va faire comment ? ” Luambo Makiadi produisit un autre chef-d’œuvre : “ Liwa ya Lumumba ”.
Au final, l’Onu ne fit strictement rien de positif du point de vue du nationalisme africain dans cette affaire. Elle fut totalement au service de l’impérialisme occidental. Son Secrétaire général de l’époque, le Suédois Dag Hammarskjöld, se livra à un nombre si élevé de magouilles, qu’il finit par perdre la vie dans un curieux accident d’avion près de N’dola, dans ce qui s’appelait alors encore la Rhodésie du Nord (actuellement Zambie).
Une fois Lumumba et ses camarades tués, la chasse aux lumumbistes et aux autres nationalistes radicaux se poursuivit, le pays étant désormais aux mains des agents occidentaux dits “ modérés ”. L’Onu se prêta alors au jeu cynique qui consista à monter “ le maréchal Mobutu ” et à l’imposer à la tête du Congo plus ou moins unifié par une réduction de la sécession katangaise. Car étant donné qu’on pouvait désormais contrôler tout le pays, cette rébellion katangaise ne servait plus à rien. Voilà en bref pour l’Onu au Congo.

L’Onu au Kamerun en 1959-1961 et 2006

Le Kamerun était, selon l’Onu elle-même, un pays sous tutelle de l’Onu. Or, dès 1946, l’Onu fut à deux doigts d’admettre que le Kamerun soit traité par la France comme “ partie intégrante de l’empire colonial français ”. La manœuvre n’échoua que de justesse, grâce à l’action déterminée des Kamerunais vigilants et le soutien de progressistes au sein de l’Onu. Mais ce ne fut qu’un succès au plan juridique ; car dans les faits, les colonialistes français traitèrent toujours la partie du Kamerun qui leur avait été confiée pour la tutelle, comme une colonie de leur empire. De façon analogue, la Grande-Bretagne, plus connue sous le nom d’Angleterre, fit tout son possible pour intégrer la partie du Kamerun qu’elle avait en tutelle, à sa colonie du Nigeria. Et l’Onu fermait les yeux avec pudeur et cynisme. Ainsi, par exemple, au terme d’une analyse pertinente et qui ne manque pas de rigueur, l’historien antillais de langue anglaise Richard Joseph indique ce qui suit :
“ A chaque fois que Um Nyobé se présentait aux Nations unies, la France mettait en avant des délégués camerounais qui tournaient en dérision l’idée d’unification. Il y avait donc de multiples obstacles : l’idée de réunification des Cameroun n’emporta jamais l’adhésion des Nations unies. Tous les adversaires politiques de l’Upc s’y opposaient avec véhémence… Si aujourd’hui les Cameroun sont unifiés, tout le mérite en revient à l’Upc qui réussit à imposer à tous les Camerounais, et même à ses adversaires politiques, cette idée comme un corollaire nécessaire de l’indépendance du Cameroun ”. (in Richard Joseph : Le Mouvement Nationaliste au Cameroun, éditions Khartala, Paris, 1986, page 223).
Au mois de mai 1955, les colonialistes français se livrent à des massacres sur les Kamerunais, et ils osent en tirer prétexte pour bannir l’Upc le 13 juillet suivant : l’Onu, qui avait pourtant reçu de nombreux pétitionnaires kamerunais avant cette année-là, ne dit mot ; elle laissa faire les colonialistes français comme s’il s’agissait de leur empire colonial. En 1959, un premier référendum est organisé par l’Onu dans le “ Northern Kamerun ”, c’est-à-dire la partie nord du morceau du Kamerun que l’Onu avait confié au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, communément appelé l’Angleterre. A cette date, le Nigeria n’était pas encore indépendant. Mais il était évident pour tout observateur lucide et attentif, que la France et l’Angleterre s’étaient déjà entendues à propos du Kamerun afin de : (1°) combattre farouchement et sans quartier l’Upc et tout nationalisme radical au Kamerun ; (2°) laisser le Northern Kamerun sous influence anglaise via un rattachement de cette partie au Nigeria, et laisser le Southern Cameroon tomber sous influence française via une réunification avec le “Cameroun français” néo-colonial, puisqu’il était clair que la revendication upéciste de réunification ne pouvait être totalement évitée.
La conclusion de cet accord anglo-français fut que, au référendum onusien de 1959, l’Onu s’arrangea pour poser une question piège qui était la suivante : “ électeurs, électrices, voulez-vous être rattachés à la fédération du Nigeria ou alors renvoyer la décision à plus tard ? ”. On ne parlait donc même pas de la réunification du Cameroun, qui était une revendication centrale du nationalisme radical kamerunais, et que soutenaient des milliers de nos compatriotes de ce Northern Kamerun. Devant une telle alternative piégée, les électeurs votèrent à une large majorité pour renvoyer la décision à plus tard, et l’Onu rougit de honte, mais jura qu’elle saurait mieux s’y prendre la prochaine fois.
En attendant ce nouveau référendum, en février-mars 1959, se tint à New York une session spéciale de l’Assemblée générale de l’Onu sur le Kamerun. Le principe de l’indépendance du pays avait enfin été accepté, y compris par la France : en effet, comme après l’assassinat de Lumumba au Congo, les colonialistes français, ayant assassiné Ruben Um Nyobé le 13 septembre 1958, considérèrent que désormais, ils pouvaient se fier à leurs “ modérés du Cameroun ”. On pouvait donc leur confier l’indépendance. La question centrale que l’Assemblée générale de l’Onu avait à trancher était la suivante : fallait-il organiser des élections générales libres avant l’indépendance, comme le demandait le camp du nationalisme véritable au Kamerun, ce qui supposait le rétablissement de l’Upc dans la légalité ; ou alors refuser de telles élections, comme le demandait la France qui voulait donner le pouvoir à ses moutons ? Aussi étrange que cela puisse paraître, l’Onu refusa d’organiser des élections avant l’indépendance, et même de superviser des élections avant l’indépendance. Toute honte bue, l’Onu s’aligna derrière la France et ses alliés et complices. Du jamais vu : les champions de la “ liberté ” et des élections libres à Bornéo et aux Iles Caïmans, en Urss et en Chine Populaire, chez les Papous et au Nord Kalimantan, etc, refusaient d’organiser des élections libres et démocratiques dans un pays sous tutelle de l’Onu.
En 1961, dans le Northern Kamerun à nouveau, là même où, deux ans auparavant, les Kamerunais avaient, à une large majorité, voté contre le rattachement au Nigeria et préféré renvoyer la décision là plus tard pour ne pas tomber dans un piège posé par l’Onu, celle-ci organisa un second plébiscite qui fut totalement scandaleux : les Anglais s’allièrent au Nigeria devenu indépendant entre temps, pour faire voter des dizaines de milliers de Nigérians en territoire kamerunais. Et l’Onu eut le toupet et assez de cynisme pour entériner les résultats de cette mascarade : le “ oui au rattachement au Nigeria ”. C’était pratiquement le genre de référendum que Wole Soyinka demandait il y a quelque temps pour Bakassi, montrant par là même, qu’on peut être écrivain de talent sans que cela soit une garantie suffisante contre le chauvinisme et la réaction politiques les plus méprisables. Justement à propos de Bakassi avec l’Onu. A l’instigation ou avec l’accord de l’Onu, la Cour internationale de justice de La Haye a rendu un arrêt clair et net qui reconnaît que Bakassi est un territoire kamerunais. Le gouvernement nigérian de monsieur Olusegun Obasanjo refuse de quitter ce territoire qu’il occupe militairement. Que fait l’Onu, dont la Cour de justice de La Haye est un organe constitutionnel ? Elle s’acharne sur la Côte d’Ivoire pour fuir Bakassi et ne rien faire à ce propos. Que font les pays de la prétendue “ Communauté internationale ” qui manipulent à loisir le Conseil de sécurité de l’Onu en usant de leur anachronique et anti-démocratique droit de véto, vestige d’un autre âge ? Ils pompent le pétrole à Bakassi tout en essayant de berner les Kamerunais comme quoi le pétrole de leur pays est épuisé. Voilà un peu pour le Kamerun et l’Onu.

L’Onu et la Côte d’Ivoire en 2000-2006

En l’an 2000 eurent lieu des élections libres en République de Côte d’Ivoire. Un président fut élu à la régulière, et librement, par la majorité des citoyens du pays : ce président s’appelle Laurent Gbagbo. Il est, depuis son élection, le porte drapeau du camp du nationalisme africain radical dans son pays. C’est ça le fait. Avec tous les patriotes et démocrates ivoiriens sérieux, Laurent Gbagbo a engagé de nombreuses réformes positives, conformément à ce que son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi) et lui-même, avaient promis de faire au peuple de Côte d’Ivoire. Cela supposait une certaine remise en cause des positions néo-colonialistes de tel ou tel pays étranger en Côte d’Ivoire.
Or donc, en 2002, quelques personnes, dont certaines avaient été auparavant battues à la régulière dans des élections locales libres, prirent les armes contre ce pouvoir légitime et légal, tout comme Tschombé et consorts en 1960 au Congo. Dans une tentative infâme de coup d’Etat dont tous les observateurs sérieux virent peu après qu’il avait été commandité.
Au lieu de condamner une telle aventure criminelle, l’ex-puissance coloniale, et pour cause, monta un traquenard de tueurs de Sioux en plein midi, à l’orée d’un bois à Marcoussis, et poussa le cynisme jusqu’au point de vouloir imposer au peuple de Côte d’Ivoire, à la tête des ministères-clés de la Défense et de l’Intérieur, les chefs du coup d’Etat qui avait échoué. Avec une rapidité qui rappelait la percée des divisions de Panzer de Guderian en mai 1940 dans les Ardennes, cette puissance ex-coloniale déploya des milliers de soldats de son armée dans le pays, le long d’une ligne de partage visiblement conçue pour protéger les putschistes contre les efforts légitimes de l’armée nationale et loyale, visant à mettre fin à la rébellion.
Face à tout cela, l’Onu, pourtant prompte à réunir son Conseil de sécurité toutes affaires cessantes quand il s’agit de décider d’agressions contre les pays dominés ou pouvant l’être, l’Onu donc, garda un silence de crapauds dans une marre où l’on vient de jeter une grosse pierre. Il est vrai que l’Union africaine, dont la Charte condamne explicitement et clairement la prise de pouvoir par des moyens non constitutionnels et notamment des coups d’Etat, l’Ua donc, s’est totalement déculottée face aux menées néo-coloniales de la puissance en question. Et lorsque, dans un élan salutaire, le président de la République d’Afrique du Sud, désigné médiateur de l’Ua dans cette affaire, constata que les putschistes constituaient l’obstacle majeur pour ne pas dire unique à un retour à la normale et à la paix. L’Onu se mit à manœuvrer pour écarter de fait le président Thabo Mbeki de l’affaire. Dans un effort supplémentaire absolument cynique, l’Onu décida de jouer les maquilleuses de service, en transformant l’occupation militaire néo-coloniale française en une prétendue et hypocrite “ force de l’Onu en Côte d’Ivoire ”. Dans une agitation fébrile rarement vue dans les annales des relations internationales, et pêle-mêle, on réunit rapidement le Conseil de sécurité pour concocter une résolution avec comme arrière-pensée, de renverser par petits pas le président et le pouvoir légitime et légal de Côte d’Ivoire, et on monta un soi-disant “ Groupe de travail international (Gti) ” rassemblant des gens dont nul ne se souvient de les avoir jamais vus se présenter à une quelconque élection libre, et qui, simplement, ont passé l’essentiel de leur vie en d’interminables stages de dressage dans des institutions internationales néo-coloniales. Et ce Gti, qui pourrait bien s’appeler “ groupe terroriste international ”, a eu l’incroyable audace de vouloir congédier l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire pourtant, elle, normalement élue par le peuple ivoirien.
Face à tout cela, l’on a vu la voix la plus autorisé de l’Onu, celle du secrétaire général de cette organisation, se posant en “ oncle Tom ”, se répandre en diatribes et menaces, passer son temps en jacassements et œuvrant contre les patriotes africains de Côte d’Ivoire, contre les démocrates ivoiriens. Au même moment, le président d’alors de l’Union africain, qui était encore le sieur Olusegun Obasanjo, celui-là même qui s’accroche à Bakassi avec les dents du mépris d’un arrêt de la propre Cour de justice de l’Onu siégeant à La Haye, se pose en garçon de courses de la soi-disant “ communauté internationale ”, c’est-à-dire d’une partie du monde bien connue, pour aider ces gens-là dans leur complot contre la Côte d’Ivoire et contre l’Afrique.
Finalement donc, nous reposons la question du début : que veut et que fait l’Onu en Afrique depuis 60 ans ? Que veut et que fait l’Onu en Côte d’Ivoire depuis 2000?
Ce qu’elle veut et fait en ce moment, n’est-il pas ce qu’elle voulait et faisait déjà au Congo en 1960-61, et ce qu’elle a voulu et a fait au Kamerun entre 1955 et 1961 au moins ?
Le président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et ses camarades, nos camarades, vont-ils devenir en 2006 ce que Patrice Lumumba et ses camarades furent en 1960-61 au Congo, ce que Ruben Um Nyobé fut en 1958 et Félix Moumié en 1960 ?
Telles sont quelques-unes des questions cruciales qui se posent et auxquelles renvoient les évènements en cours en Côte d’Ivoire. Toutes choses qui suggèrent des choix à tout Africain conscient de notre temps.

Secrétaire général de l’UPC
Moukoko Priso

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07 janvier 2007

Le livre noir du gaullisme : Le Gaullisme, l’Afrique et ses morts

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Source: Continent Premier Magazine Janvier 2007

Du Gaullisme, parlons-en ! - … Il y a des moments dans la vie où le silence des victimes encourage l’arrogance des vainqueurs. Ils se mettent alors à exécuter devant nous leur danse macabre, leur danse de morts. Conscients de l’impunité de leurs actes criminels, ils ont l’audace de vouloir faire avaler au monde entier, la pilule de l’amnésie collective.

Du Gaullisme, parlons-en ! - … Il y a des moments dans la vie où le silence des victimes encourage l’arrogance des vainqueurs. Ils se mettent alors à exécuter devant nous leur danse macabre, leur danse de morts. Conscients de l’impunité de leurs actes criminels, ils ont l’audace de vouloir faire avaler au monde entier, la pilule de l’amnésie collective. Nous vous interpellons, car l’Afrique dite francophone, a vécu une semaine d’anniversaire, de commémoration et d’hommage au général De Gaulle et nous avons vu des Africains aller goûter à la sauce, aromatisée et gluante du Gaullisme, bon marché dont les tenants ne se rappellent même plus le mal, qu’ils imposent ainsi aux peuples en souffrance qui gardent dans leur chair, le désespoir et la ruine que cette doctrine a infligé au corps économique, social, politique et institutionnel de nos pays africains de l’espace francophone.

Nous avons ainsi eu droit à des messes de requiem, à des expositions de photographies, à l’appel du 18 juin, et au discours de Brazzaville sur certaines radios africaines, bref le grand jeu pour un mort lointain. Alors que nos populations crèvent de faim et de soif pour ne pas parler de la pandémie du Sida.
Frappés par l’amnésie, la cécité politique et l’infertilité morale, certains gouvernants africains semblent aujourd’hui être plus préoccupés par ce qui vient de l’extérieur, l’anniversaire de la mort du général Charles De Gaulle, est un évènement pour eux. Au lieu de se préoccuper du bien - être de nos populations qui végètent aujourd’hui encore dans la crasse, la pauvreté et la maladie, dans des villages sans eau ni électricité.
L’Afrique dite francophone souffre de la nocivité du gaullisme et de ses séquelles, c’est pourquoi en ce qui nous concerne, nous refuserons toujours d’être les Africains de service, ceux qu’on utilise comme des paravents pour faire croire que tout va bien.
Ceux qui dans les temps obscurs de l’esclavage, dormaient dans la maison du maître, quand les nôtres passaient la nuit dans la grange avec le bétail, ceux qui dans la période douloureuse de l’apartheid, servaient d’indicateurs à la police du régime criminel blanc d’Afrique du Sud. Ceux-là même qu’on utilise aujourd’hui encore contre nous pour mieux nous endormir.
De Gaulle est mort le 9 novembre 1970 dans sa résidence de Colombey-les- deux-églises en haute Marne. Il laissait à la France cette doctrine politique qu’est le gaullisme, dont les gardiens du temple, nous disent sans sourciller que:

c’est une philosophie politique dont le principe repose sur la grandeur de la France, son existence en tant que nation, son rayonnement dans le monde ainsi que l’adaptation de ses institutions et de sa vie sociale aux exigences du monde moderne.
Le gaullisme a commencé pendant la guerre comme un mouvement de résistance patriotique. Il se caractérise par - l’unité, le rassemblement et la résistance contre l’occupation hitlérienne.
L’indépendance de la France, et le refus de sa « vassalisation » par des organismes supranationaux ( ONU, OTAN et de la superpuissance des USA). Cette indépendance est défendue dans les domaines politique, économique, culturel, diplomatique et militaire.
Sa méthode dit-on, repose sur le pragmatisme et le refus des carcans idéologiques en vue d’atteindre les objectifs fixés : l’indépendance de la France, son rayonnement dans le monde, l’unité intérieure de la France au service du projet patriotique de son leader relié directement au peuple français par le suffrage universel direct.
C’est aussi la fin de l’engagement colonial de la France à travers l’indépendance des pays d’Afrique noire et de l’Algérie.
C’est sur l’aspect concernant le rayonnement de la France et de la fin de son engagement colonial que nous voulons intervenir pour relever les ambiguïtés que l’Afrique a héritées du gaullisme et qui sont en partie responsables des malheurs de l’Afrique dite francophone.
Le sacrifice des indépendances africaines par le gaullisme
Il y a quatre raisons fondamentales qui expliquent la nocivité du gaullisme vis-à-vis des indépendances africaines :

la première, c’est le rang de la France dans les relations internationales et à l’ONU particulièrement avec un cortège de pays clients qui votent à sa suite.
La deuxième, c’est l’accès aux matières premières stratégiques ( pétrole, uranium) ou juteuses (cacao, café, bois précieux, etc. ) auquel il faut ajouter la domination économique et monétaire à travers la gestion du franc CFA relié au Franc français.
La troisième, c’est un financement d’une ampleur considérable de la vie politique française, à travers des prélèvements sur l’aide publique au développement, la vente des matières premières et l’attribution des grands marchés d’équipements de nos pays aux entreprises françaises quel que soit le montant de la facture.
La quatrième, c’est le rôle de la France comme sous-traitant des USA dans la guerre froide, pour maintenir l’Afrique francophone dans la mouvance anti-communiste contre l’URSS.
Donc pour ces quatre raisons De Gaulle met en place un système qui va nier les indépendances de nos pays africains. C’est cela le caractère nocif du gaullisme sur lequel nous reviendrons plus loin.
Retour à Brazzaville.
La conférence de Brazzaville convoquée dans la précipitation est ouverte par le chef de la France libre le 30 janvier 1944. Aussi bizarre que cela peut paraître, il n’y avait pas de représentant des différents pays colonisés. Curieuse conférence. Elle est sensée examiner l’avenir des relations entre la France et ses colonies avec les colons plus nombreux à la table de non négociation, devant quelques pauvres noirs de service.
Charles De Gaulle fut pour les français sans doute un homme de référence et les hommages qui pleuvent aujourd’hui encore sur sa mémoire nous font dire qu’ils sont plus attachés à ses idées. Examinons ici ce qu’il disait à Brazzaville, la capitale de l’AEF de l’époque dont le gouverneur Félix Eboué, était un noir, franc-maçon, originaire de la Guyane actuelle.
« Depuis un demi-siècle, à l’appel d’une vocation civilisatrice vieille de beaucoup de centaines d’années, sous l’impulsion des gouvernements de la République et sous la conduite des hommes tels que : Galliéni, Brazza, Dodds, Joffre, Binger, Marchand, Gentil, Foureau, Lamy, Borgni-Debordes, Archinard Lyautey, Gouraud, Mangin, Largeau.
Les français ont pénétré, pacifié, ouvert au monde, une grande partie de cette Afrique noire, que son étendue, les rigueurs du climat, la puissance des obstacles naturels, la misère et la diversité de ses populations avaient maintenue, depuis l’aurore de l’histoire, douloureuse et impénétrable ».
Bref, nous vous épargnons la suite de cette allocution qui parle d’établir de nouvelles bases des conditions de la mise en valeur de notre Afrique, du progrès humain de ses habitants et de l’exercice de la souveraineté française sur nos malheureux pays africains.
Douche froide dans une curieuse conférence
C’est un tournant de l’histoire coloniale française et pourtant la fin de l’œuvre coloniale proclamée par celui qui parle au nom de la France, écarte toute idée d’autonomie et d’indépendance des possessions dite françaises.
De Gaulle n’est pas le décolonisateur dont la France vante le mérite, c’est une immense supercherie des tenants du gaullisme sur laquelle nous nous réservons le droit de revenir, car en définitive, c’est bien nous les africains qui sommes aujourd’hui encore les victimes de ce poison nocif qu’est le gaullisme.
Le général De Gaulle souligne la nécessité d’amener les africains à participer à la gestion de leurs propres affaires, mais avec une restriction importante : « la fin de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies dit-il, écartent toute idée d’autonomie, toute idée d’évolution hors du bloc français de l’empire ; la constitution éventuelle - même lointaine - de self-governments dans les colonies est à écarter »
Nous connaissons la suite : l’union française est crée en 1946, après le retrait du général de Gaulle de la vie politique pour entamer à Colombey-les-deux-églises « une longue traversée du désert »
Le 13 mai 1958, il revient au pouvoir pour amorcer le processus éphémère de la soit disant communauté franco-africaine en clair un mariage du cheval et du cavalier.
Laissons ici le grand Sily guinéen Ahmed Sékou Touré exprimer ce que les Africains dans leur immense majorité pensent réellement de l’homme à la croix de Lorraine, de la France et de la communauté de souffrance qu’ils proposent aux peuples africains des colonies françaises.
Le gaullisme comme une immense duperie
Lundi 25 Août 1958, la rencontre du Sily avec la croix de Lorraine est une page de dignité dans l’histoire des peuples africains, peu importe ce que cela coûtera à Sékou Touré et à la Guinée, mais les blancs savent depuis ce jour là que tous les africains ne sont pas des laquais prêt à s’inviter à la soupe gluante et puante du gaullisme triomphant.
La réception de Conakry fut grandiose et inoubliable, De Gaulle lui même en témoigne et le souligne dans ses mémoires. Les historiens français ne nous contrediront pas sur ce point. Ce jour là De Gaulle habitué aux interlocuteurs africains de service, plus formalistes, n’a aucune idée du tempérament fougueux et de la phraséologie révolutionnaire et syndicaliste du jeune leader guinéen.
Après avoir salué l’homme du 18 juin, le patriote résistant, le héros de guerre, l’homme à la croix de Lorraine, l’éléphant orateur, le Sily guinéen entre dans le vif du sujet : « Notre option fondamentale qui a elle seule, conditionne les différents choix que nous allons effectuer, réside dans la décolonisation intégrale de l’Afrique, ses hommes, son économie, son organisation administrative, etc, en vue de bâtir une communauté franco-africaine solide dont la pérennité sera d’autant plus garantie qu’elle n’aura plus en son sein des phénomènes d’injustice, de discriminations ou tout autre cause de dépersonnalisation et d’indignité. » Et le Sily ajoute comme pour porter l’estocade : « Nous ne renonçons pas et nous ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance. Car nous entendons exercer pleinement ce droit, le projet de constitution ne doit pas s’enfermer dans la logique du régime colonial ». Puis il ajoute comme pour enfoncer l’estocade : « Nous sommes africains et nos territoires ne sauraient être une partie de la France. La qualité ou plutôt la nouvelle nature des rapports entre la France et ses anciennes colonies devra être déterminer sans duperie. En disant Non de manière catégorique à tout aménagement du régime colonial et à tout esprit paternaliste, nous entendons ainsi sauver dans le temps et l’espace les engagements qui seront conclus par la nouvelle communauté franco-africaine.
Notre cœur, notre raison, en plus de nos intérêts les plus évidents , nous font choisir sans hésitation, l’indépendance et la liberté dans cette union, plutôt que de nous définir sans la France et contre la France.
Il n’y a pas de dignité sans liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégradent celui sur qui elle pèse, et lui retire une part de sa qualité d’homme et en fait arbitrairement un être inférieur. Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage »
Ce discours est d’actualité et il n’y a aucun africain aujourd’hui digne de sa race qui ne se reconnaît pas dans l’intervention sans concession du grand Sily guinéen. Il ne s’agit pas ici d’être pour la France ou contre la France et les Gaullistes. Il s’agit d’établir de nouveaux rapports qui instaurent la confiance et l’amitié vraie dans les relations franco-africaines.
Observez aujourd’hui la pénétration des Chinois en Afrique et vous comprendrez que c’est sur la base de l’amitié, du travail bien fait dans la confiance sans volonté de dominer l’autre qui fait qu’aujourd’hui les Africains se tournent vers la Chine pour construire de petites infrastructures que les Français auraient facturé au triple du coût normal.
La duperie, oui la duperie et le mensonge ont vicié nos relations avec la France officielle, il est temps de décoloniser les relations Franco-africaine.
Pour que nous retrouvons ensemble ce que le Sily guinéen proposait à De Gaulle à Conakry, il y a 48 ans. Un vrais mariage sur la base de la confiance et de l’estime entre les deux parties.
Et la France officielle doit être heureuse que ce soit un chercheur africain qui le dit clairement avec son indépendance d’esprit. Car demain. Ce sera des hommes et des femmes, avec machette et fusil en main dans la rue qui l’exigeront de Lomé à Dakar, de Douala à Brazzaville, de N’djamena à Abidjan, si ce n’est déjà fait pour cette dernière ville.
Et ce jour là la France officielle et les gaullistes du dimanche se rendront compte tardivement de la rupture nécessaire qu’ils ont refusé d’opérer avec le paternalisme de type gaullien dans les relations franco-africaines.
Aujourd’hui, il y a en Afrique une autre race de chefs d’états. Ils ne sont pas nombreux, mais c’est une question de temps. Ils ne ressemblent pas et n’ont rien à avoir avec les Houphouet-Boigny, Mobutu, Bokassa, Habyarimana, Léon Mba, Eyadéma, Yaméogo, Hamani Diori, Tombalbaye, Amadou Ahidjo, Bongo, Biya, Sassou Nguesso, Compaoré et consorts.
Ils ont pour nom : Ellen Johnson-Sirleaf, Tabo Mbeki, Yahi Boni, Gbabo Laurent, John Agyekum KUFUOR. Et nous pouvons vous assurer qu’ils pensent tous la même chose que le défunt Sily guinéen. Ils souhaitent tous une amitié sincère avec la France, loin des assujettissements qui nous ont conduits dans les impasses du temps présent.
Revenons à Conakry pour écouter Charles De Gaulle
Face a une exigence de bon sens et une main tendue par les nationalistes guinéens pour construire une communauté fraternelle et humaine. Calmement, De Gaulle se lève d’un pas lourd, le regard lointain et méprisant, cette expression se retrouve toujours chez les blancs quand ils ont affaire aux africains.
Fier de lui même et de sa patrie il va répondre au grand Sily. Le commandant de la révolution guinéenne qui affronte ce jour là comme disent nos parents malinké le deuxième des trois jours inscrits dans son destin. (le jour de la naissance, le jour du courage et celui de la mort)
La réponse du général est claire et brutale : « on a parlé d’indépendance ; ( comme s’il ne connaissait pas celui qui a parlé d’indépendance, c’est une manière hautaine et ironique de ridiculiser celui qu’on a en face de soit) je dis ici plutôt qu’ailleurs que l’indépendance est à la disposition de la Guinée. Elle peut la prendre le 28 septembre en disant « Non » à la proposition qui lui est faite et, dans ce cas je garantis que la métropole n’y fera pas d’obstacle.
Elle en tirera bien sûr des conséquences mais d’obstacle elle n’en fera pas et votre territoire pourra comme il le voudra et dans les conditions qu’il voudra suivre la route qu’il voudra ». Puis De Gaulle poursuit sans état d’âme : « La communauté, si nous la faisons ensemble, ce sera un acte de foi dans une destinée commune et humaine et ce sera aussi, je crois bien, la manière, la seule manière d’établir une collaboration pratique pour bien des hommes dont nous avons la responsabilité. Je crois que la Guinée dira Oui à la France et alors je crois que la route nous sera ouverte où nous pourrons marcher en commun ».
Le général De Gaulle ce jour là a manqué de psychologie et de tact vis-à-vis des Africains.
En effet les nationalistes guinéens n’attendaient qu’une simple promesse d’aménagement de ce qui était proposé pour voter Oui, au lieu de cela, le chef de la France libre brandit des menaces à peine voilées.
Le temps des ruptures
Nous rappelons ici que les Soussou, les Bambara et les malinké sont des vieux peuples d’Afrique de l’ouest, des peuples très fiers qui en Afrique connaissaient la notion d’Etat quand l’Europe d’aujourd’hui était encore en plein moyen âge. Aller chez eux et s’adresser à eux en terme de menace, sur des sujets concernant l’indépendance et la liberté, même l’homme le plus fou de la terre ne fera pas cette grave erreur historique.
L’histoire des Etats qui se sont constitués au cœur du continent africain depuis le XIVème siècle et le XVIème siècle et qui par leur dimension, le niveau de leur organisation et l’ampleur de leur rayonnement, avaient dépassé le stade des institutions et des structures des sociétés médiévales européennes, étaient aussi l’œuvre des Bambara, des peuls et des malinké dont une bonne partie vivent dans la guinée actuelle.
Arrogant, hautain, menaçant un des peuples les plus ancien du continent africain et surtout en homme suffisant et rempli de ses certitudes d’homme blanc, De Gaulle ce jour là ne cherchait pas un dialogue constructif, il voulait que le peuple guinéen dans son entier soit à genoux devant lui pour son triomphe personnel et celui du Gaullisme gluant et puant d’arrogance.
Au lieu d’un vrai mariage entre égaux, De Gaulle parle de sécession pénale : « nous voulons la liberté, on nous promet des sanctions », dira plus tard Sékou Touré.
Ce fut ces considérations qui motivèrent le « Non » de la Guinée au référendum du 28 septembre 1958. Rappelons pour ceux qui ne le savent pas que la question posée par le référendum était : « acceptez-vous que votre pays forme avec la France une communauté de peuples dont le fonctionnement est défini par le texte soumis à votre appréciation ? » C’est dans ces conditions exposées plus haut que la Guinée vota pour un « NON » retentissant, non à De Gaule, non au paternalisme et non au néocolonialisme français. Les Guinéens aujourd’hui encore estiment que les humiliations, et les luttent menées par les résistants africains, n’ont pas été faites pour que le jour venu, ils refusent l’indépendance et la liberté à travers un simple vote.
C’est également le même mépris et la même arrogance qu’on retrouve chez les néo-gaullistes qui à travers les accords de Marcoussis ont obligé un chef d’état africain, Laurent Gbagbo, le président actuel de la Côte d’Ivoire à accepter des rebelles dans son gouvernement pour voir la France mettre toute sa diplomatie dans le concert international au service d’une Rébellion armée dans le seul but d’affaiblir un chef d’état qui refuse la vassalisation de son pays et qui exige sans complaisance, la refondation des accords de coopération franco-ivoirienne.
De l’obliger à accepter les exigences d’une rébellion crapuleuse et favoriser une révision des listes électorales permettant un peuplement artificiel de la zone occupée par la rébellion en vue de l’organisation des élections permettant à un gouvernement fantoche d’arriver au pouvoir.
Et cela pour les seuls intérêts de la France dans un pays qui n’aspire qu’à être libre dans la diversification de ses choix, de ses amitiés et de sa coopération avec le reste du monde. C’est ce qui explique la difficulté présente d’un règlement durable de la crise ivoirienne.
La France néo-gaullienne n’a pas tiré les leçons du Fantochisme et de ses conséquences à long terme dans le Moyen orient d’aujourd’hui. Nous soumettons à la méditation des gaullistes et des experts du quai d’Orsay qui n’ont pas prévu une seule seconde l’opposition d’une société civile ivoirienne aux accords de Marcoussis, de réfléchir à l’affaire Mossadegh.
Les leçons de l’affaire Mossadegh
Permettez - nous de rappeler aux néo-gaullistes l’histoire du nationaliste iranien Mohammed Mossadegh. Sachez que pour la première fois, le 19 mars 2000, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, reconnaissait publiquement l’implication des USA dans le coup d’Etat qui renversa le premier ministre iranien le Dr Mohammad Mossadegh le 19 Août 1953.
Les circonstances de cette implication sont aujourd’hui bien connues, car le New York Times a divulgué en avril 2000 un rapport secret de la CIA sur le rôle joué par la CIA et les services secrets britanniques dans un événement qui bouleversa durablement les rapports de forces au Proche- Orient.
Mossadegh, était un juriste qui avait étudié les sciences politiques en France et le droit à Neuchâtel en Suisse. C’était un nationaliste intransigeant sur les intérêts de son pays vis-à-vis de l’étranger et surtout un anticolonialiste fondamentalement opposé à toutes les formes de subordinations de son pays. C’est lui qui, en 1944 rédigea la loi iranienne interdisant à quiconque de négocier un accord de prospection, de concession et d’exploration pétrolière avec des compagnies étrangères sans l’aval du parlement élu par le peuple iranien. Devenu premier ministre de l’Iran le 29 avril 1951, il nationalise l’Anglo-Iranian Oil Company.
Contrairement à ce qu’affirme à l’époque la propagande britannique, le Dr Mossadegegh est résolument démocrate. Nationaliste et non-communiste. Il présente une offre d’indemnisation aux britanniques, qui exigent une compensation pour la totalité des revenus dont-ils seront privés dans les 40 années suivantes. C’est cette arrogance qui radicalisa la position des nationalistes iraniens et celle du Dr Mossadegh.
Les anglais s’adressent à la cour internationale de justice de la Haye.
Le Dr Mossadegh, qui conteste cette juridiction s’y rend et plaide lui-même le 9 juin 1952 la cause de son pays . « L’Anglo-Iranian oil, était un Etat dans l’Etat. Tout était aux mains des anglais, l’Iran n’avait aucun droit de regard sur sa propre production et les prix, les recettes sont dissimulées à travers les malversations d’une double comptabilité démontrée, audit à l’appui. Cette affaire relève d’une juridiction iranienne ». Il obtiendra satisfaction lorsque, le 22 juillet 1952, la cour par 9 voix contre 5 se déclare incompétente.
La CIA et le M16 britannique mettent alors en place « l’opération Ajax », dont le but est de déstabiliser l’Iran et de renverser le Dr Mossadegh à travers un coup d’Etat avec le soutient d’un empereur d’opérette le Shah d’Iran Mohammad Reza Palavi.
Les affrontement entre pro et anti-monarchistes dégénèrent. Le 19 août 1953, 6000 figurants rémunérés par la CIA, marchent sur le palais impérial pour réclamer la démission du Dr Mossadegh, qui est arrêté et jeté en prison. Le Shah est ramené d’exil par les USA qui lui impose comme premier ministre le général de pacotille Fazlollah Zahédi. Ce dernier met en place une terrible répression contre les milieux nationalistes iraniens et une police politique , la Savak, sur le modèle de la Gestapo et laisse, les USA, les Britanniques, les français et les Hollandais, contrôler le pétrole iranien.
Le 6 mars 1967, trois malheureuses lignes annonceront dans la presse iranienne le décès du Dr Mossadegh. Considéré comme un martyr par son peuple, des milliers d’Iraniens se rendent chaque année sur sa tombe à Ahmad-Abad pour rendre hommage à sa mémoire.
Le Shah considéré comme un traître par son peuple fut renversé en 1979 par une révolution islamique. Il est mort en exil et fut enterré au Caire en Egypte. Son nom est aujourd’hui associé au fantochisme, à la traîtrise et à l’irresponsabilité. Mieux encore, le nom de REZA PALAVI, est porté aujourd’hui par des animaux comme les chiens dans les rues de Téhéran. Cela doit donner à réfléchir à tous ceux qui en Afrique, complotent avec l’étranger contre les intérêts de leur propre pays.
L’éviction du Dr Mossadegh consacre l’échec de la première tentative d’un pays du tiers monde d’acquérir la maîtrise de ses richesses naturelles. Cet événement a nourri la frustration et de profonds ressentiments chez les iraniens d’aujourd’hui qui considèrent les USA et leurs alliés arabes et occidentaux comme des êtres malfaisants avec lesquels aucun dialogue n’est possible.
Aujourd’hui, les Mossadegh se multiplient dans le tiers monde, comme Nasser hier en Egypte, ils ont pour noms : Evo Morales en Bolivie, Lula au Brésil, Hugo Chavez au vénézuéla, Laurent Gbagbo en Côte d’ivoire, Thabo Mbeki en Afrique du Sud, Abd el-Aziz Boutéflika en Algérie etc. La paix mondiale dépend aujourd’hui de la justice et du respect des autres dans les relations entre nations.
L’arrogance des néo-gaullistes qui ont imposé des rebelles aux institutions de la Côte d’Ivoire et le ridicule comportement de la France à l’ONU visant à suspendre la constitution ivoirienne pour faire plaisir à la rébellion, nourrit déjà le dégoût et le ressentiment des ivoiriens contre la France néo-gaulliste, chiraquienne et sa coalition politico-rebelle, depuis l’échec du coup d’Etat du 19 septembre 2002, qui marque le début de la crise franco-ivoirienne.
De Gaulle : Décolonisateur ou pas ?
Pour nous les Africains, le seul devoir moral que nous avons aujourd’hui vis à vis du gaullisme, c’est de contribuer à détruire le mythe de cette fausse croyance de légitimation du général De Gaulle comme décolonisateur, ami de l’Afrique et des africains. Nous allons démontrer ici le contraire pour permettre à notre jeunesse de regarder le gaullisme avec d’autres yeux .
Les petits bonimenteurs du messianisme et de la mystification gaullienne, veulent nous faire croire que dans le cadre de la décolonisation, De Gaulle avait vite compris les africains pour leur redonner la fierté et la liberté. En ce sens De Gaulle apparaît comme un messie attendu qui aurait fait en sorte que l’Africain soit soulagé de tous ses malheurs.
À en croire les exégètes du gaullisme, tout ce passe comme si l’autonomie interne que De Gaulle propose quand il revient au pouvoir en 1958 est le paradis pour les africains. C’est de la foutaise. Observez les colonies anglaises d’Afrique de la même période et vous comprendrez, Mesdames et Messieurs le ridicule des encenseurs, des troubadours et autres laudateurs mesquins du gaullisme.
La vérité est que le mot indépendance n’était pas prononcé à Brazzaville ainsi qu’à Conakry, c’est par la menace qu’il répond aux nationalistes guinéens. En terme plus précis De Gaulle ne constitue pas un magicien de la décolonisation et les rapports qu’il entretient avec la décolonisation sont des rapports de mépris qui doivent figurer en bonne place dans le livre noir du gaullisme.
Le général De Gaulle n’a pas condamné les massacres de Thiaroye près de Dakar au Sénégal, le 1er décembre 1944 au cours desquels des anciens combattants d’Afrique noire qui revendiquaient leurs salaires et les indemnités de démobilisation, furent massacrés par l’armée française en terre africaine.
Ce fut un carnage, une boucherie digne de la France gaullienne, bref un immense bain de sang, les braves militaires français, dont le pays était hier encore occupé par l’Allemagne, s’en sont donnés à cœur joie ce jour là sur des soldats africains sans armes et cet fut une tragédie inexcusable dans le manteau puant de lâcheté qui recouvre la France coloniale et gaullienne : 35 morts, 35 blessés graves, 850 blessés légers, 34 inculpations et 34 condamnations à des peines de 1 à 10 ans de prison ferme pour insubordination, refus d’autorité et mutinerie. A cela s’ajoutent des amendes de 10 000f. Mieux encore, les 34 inculpés furent exhibés en petite tenue dans les rues de Dakar sous forte escorte militaire afin d’intimider la population. Nous parlons ici de faits réels et non d’un roman de science fiction.
Nous rapportons ici des faits, vérifiables, nous demandons qu’un seul français nous porte la contradiction sur les faits que nous évoquons dans ces lignes et nous nous ferons le plaisir de brandir l’extraordinaire plaidoirie de Maître Lamine Gueye, qui fut l’avocat des soldats africains de Thiaroye , devant le tribunal de Dakar, qui est considérée aujourd’hui, comme un document d’anthologie dans l’histoire du barreau africain. Il plaida la relaxe pure et simple de ses clients.
Ce document se trouve dans les archives nationales du Sénégal et est facilement accessible. Malgré l’évidence des faits la justice française, cette justice teintée de racisme et de lâcheté condamna sévèrement les anciens combattants africains, curieuse justice, celle qui condamne les victimes. La France a manqué à son devoir de dignité ce jour là. C’est pourquoi elle se couvre aujourd’hui encore du manteau puant et gluant de son éternelle hypocrisie.
Alors quand la France, les gaullistes et les Français se gargarisent des mots bon marché de liberté, de fraternité et d’égalité ainsi que de patrie des droits de l’homme, nous devons les prier de se regarder bien en face et d’avoir un minimum de retenue pour nos morts, c’est à dire ceux qui ont été des victimes de la méchanceté criminelle, d’un pays sans honneur qui s’appelle la France dont Charles De Gaulle en était le Chef.
La tragédie de Thiaroye fut un immense choc pour les Africains. Elle creusa un grand fossé entre les peuples africains et le gouvernement provisoire de la République français que dirigeait le général De Gaulle. Car De Gaulle n’avait pas condamné les massacres de Thiaroye. Mieux encore en tant que chef du gouvernement Provisoire de l’après guerre, il n’avait même pas daigné amnistier, les soldats africains qui avaient soutenu la France dans sa guerre contre l’Allemagne.
Le cynisme de son comportement devant une telle tragédie, renforça le camp des sceptiques qui doutaient de la sincérité des promesses hautaines faites à la conférence de Brazzaville en Janvier-février 1944 par le même général De Gaulle sous la pression des événements.
La tragédie de Thiaroye fut une grande désillusion pour les peuples africains, une blessure au cœur de tous les anciens combattants africains qui reprochèrent à la France ses doubles langages, son cynisme et son ingratitude.
La tuerie de Thiaroye a soulevé une vague d’indignation dans toute l’Afrique. Ce fut l’événement de référence qui a déclenché brutalement la prise de conscience des sujets coloniaux et qui a donné le point de départ à la lutte d’émancipation africaine.
Les massacres à la chaîne de la France gaullienne
En définitive les Africains d’aujourd’hui n’ont aucune considération pour la France et son armée, qui ont érigé le massacre des populations civiles comme moyen de perpétuer l’honneur perdu de la France à Thiaroye.
Le 8 mai 1945 répression sanglante à Sétif et Guelma en Algérie 20 000 morts, même l’aviation française fut réquisitionnée pour bombarder les zones insurgées.
Le 29 mars 1947, une insurrection éclate à Madagascar, des renforts sont rapidement acheminés et ce fut le carnage : des milliers de civils sont abattus et massacrés à la baïonnette, des villages rasés : 100 000 morts : la pacification de Madagascar est le grand oublié des massacres coloniaux et De Gaulle bien sûr n’a pas condamné ce massacre indigne de son pays.
Le 17 octobre 1961, la France du général De Gaulle ordonne la répression criminelle d’une manifestation sur l’initiative de la fédération de France du FLN dans les rue de Paris et en banlieue. Cette manifestation visait à dénoncer le couvre-feu raciste imposé au « français musulmans d’Algérie » la police parisienne était commandée par le préfet Maurice Papon. Les manifestants furent mitraillés et massacrés : 900 morts en plein Paris. Certains furent jetés dans la Seine après avoir été bastonné, ceux qui ne purent s’échapper furent raflés pour être envoyé dans des centres de rétention où ils furent torturés, certains furent même pendus à des arbres dans les bois.
Le savoir-faire de Maurice Papon sous l’administration du Général De Gaulle, montre une fois de plus la collusion étroite entre les méthodes fascistes et coloniales. La France, fidèle aux syndromes de Thiaroye a occulté jusqu’à ce jour cette partie de sa propre histoire.
Massacre en pays bamiléké au Cameroun. Entre 1960 et 1970, les forces camerounaises sous la direction de l’armée française commandée par le général Max Briand rasent le pays Bamiléké : 156 villages sont incendiés, 40 000 personnes sont massacrées.
Le ministre des armées du général De Gaulle, Mr. Pierre Guillauma, a évoqué cette tragédie en des termes plutôt élogieux dans un livre de François Xavier Verschave : voici ce que déclare Mr. Guillauma : « Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamiléké avec Ahidjo et les services spéciaux. C’est la première fois qu’une révolte de cette ampleur a été écrasée convenablement. » C’est le ministre des armées d’une des grandes démocraties du monde occidental qui parle. La postérité appréciera. Sincèrement, y a t-il des preuves plus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d’une personnalité de ce rang ? Jamais de mémoire d’homme, on a vu un pays qui accepte de façon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilité d’un désastre aussi important contre les populations civiles d’un autre pays.
Le colonialisme français n’est-il pas coupable de crime contre l’humanité, de génocide, de racisme, de massacres, de négation des autres cultures et de domination des autres peuples ? Voilà des questions importantes auxquelles les gaullistes et les néo-gaullistes doivent répondre avec sincérité pour que tout le monde soient à l’aise. Cela donnera de la modestie et de l’humilité à la voix de la France dans les relations internationales, au lieu d’étaler leur médiocrité, leur suffisance et surtout leur arrogance de matamore chaque fois qu’ils sont devant les africains.
Ils ont la mémoire courte, il faut leur rappeler que quand leur armée s’était liquéfiée devant la puissance de feu et les frappes des troupes de la Weimar, c’est vers nous, qu’ils ont trouvé les premiers soutiens. Nos villages de la savane, de la jungle tropicale et du désert sahélien, très loin du front, ont donné à la France leurs hommes les plus valeureux alors que le gouvernement français de Vichy prônait la collaboration avec les nazis.
Il est possible que les français, les gaullistes et les néo-gaullistes du dimanche ont honte de cette partie de leur propre histoire, mais c’est un problème qu’ils peuvent aujourd’hui régler en adoptant une attitude morale vis à vis de l’Afrique et des peuples africains et non pas en s’illustrant dans l’étalage d’une l’arrogance contre productive qui n’impressionne plus personne. Car en définitif, observez bien les Britanniques, ils n’ont pas envoyé en masse des africains se battre pour eux, ils ont préféré eux-mêmes se mettre en première ligne pour affronter les canons et les balles de l’ennemi allemand. On appelle cela, assumer sont destin.
Pour nous les africains, nous ne remettons pas en cause la modification du statuts des colonies par De Gaulle nous lui reconnaissons ce mérite et refusons de nous abîmer dans la mare boueuse de la malhonnêteté intellectuelle et perdre de vue les changements survenus en Afrique depuis 1960, car les indépendances même octroyées existent belle et bien.
Pourquoi les ivoiriens sont descendus en masse dans les rues pour sauver le régime de Laurent Gbagbo contre les chars de l’armée française ? C’est tout simplement au nom de l’idée d’indépendance de la Côte d’Ivoire. L’idée que ce pays existe et que ce n’est pas à la France de décider de qui doit diriger la Côte d’Ivoire. Comme disent les patriotes d’Abidjanais : « Nous préférons un mauvais gouvernement choisi par nous, qu’un bon gouvernement imposé par la France ».
Nous ne jetons pas la pierre à De Gaulle loin de nous cette idée, mais nous laissons le soin aux naïfs de croire que le Gaullisme est accoucheur de la décolonisation, il y aura toujours des petits français et des africains de service et des pantins pour le croire mais pas nous et les faits exposés plus haut nous renforcent dans cette position. En proposant la communauté et plus tard la coopération aux pays d’Afrique noire, c’est pour faire de nos pays des instruments d’une politique internationale au service de la gloire de son pays la France.
À écouter les gaullistes, c’est comme si les peuples africains étaient restés inactifs, impressionnés et sans réactions devant les manigances du colonialisme français. Comme si la mythologie gaullienne et l’histoire du gaullisme n’étaient pas redevables de l’espace et du sang des africains. Les français, ne doivent donc plus nous parler de décolonisation, en racontant la réalité de leur histoire d’amour avec De Gaulle. Nous ne nous sentons plus concerné par ce débat.
Chez De Gaulle, l’intérêt de son pays était plus important que la survie de notre continent. Il n’était donc pas un décolonisateur, c’était un colonisateur, qui avait mieux perçu dans quelle direction soufflait le vent de l’histoire.
Il faut que cela change pour notre avenir commun
Permettez - nous de rendre hommage à nos paysans du milieu rural africain. Nos origines paysannes nous autorisent à vous dire ici que nos parents ont donné la preuve de leur foi dans la construction nationale en Afrique. Par l’émulation dans un labeur enthousiaste. Ils ont produit du café, du cacao, du coton, de l’hévéa, des ananas, du riz, du mil, du sorgho, de l’arachide etc.. Pendant longtemps rien n’a pu décourager cette ardeur dans le travail au service de la patrie, rien, ni les calamités naturelles, ni les carences des gouvernements médiocres et corrompus issus de la décolonisation, plus préoccupés par leur image à l’étranger que d’œuvrer de manière conséquente pour le progrès économique et social de nos masses laborieuses.
Mais à présent, la coupe est pleine, c’en est trop, l’enthousiasme des ouvriers, des paysans des cadres s’émousse un peu partout en Afrique à un rythme inquiétant, cédant la place à la rancœur, au découragement. Le peuple se sent trahi, frustré des droits pour lesquels il s’est héroïquement battu, spolié dans ses richesses et bafoué dans sa dignité.
Voilà pourquoi de Cotonou à Dakar, d’Abidjan à Lomé, de Ouagadougou à Bamako, de Libreville à Yaoundé, de Niamey à N’djamena et de Brazzaville à Nouakchott, le peuple veut que cela change.
Nous voulons pour nos peuples africains, une politique intérieure de démocratie et de progrès. Une politique extérieure d’indépendance et de dignité nationale.
Nous voulons une politique de coopération interafricaine qui prenne le pas sur la coopération franco-africaine, une politique qui répudie donc la francophonie, ses mythes et ses projets.
Nous voulons une politique de coopération internationale rompant avec les alliances impérialistes et rejetant toute subordination de nos pays au mercantilisme néo-colonial français, avec ses barbouzes, ses réseaux occultes, ses mercenaires, ses combines et autres instruments d’intimidations et de morts.
Il est vrai que les monarques n’entendent pas la voix des peuples quand ils sont blottis dans leurs tours d’ivoire, jusqu’au jour où il devient trop tard. Nous craignons aussi que ce jour-là, il ne soit trop tard pour la France qui se fait aujourd’hui protectrice des régimes impopulaires, pour renouer un dialogue constructif avec les patriotes africains, pour sauver l’amitié de son peuple avec les africains. C’est justement parce que tel n’est pas notre souhait que nous tirons la sonnette d’alarme pendant qu’il est encore temps.
La France et sa francophonie
Concernant la francophonie, la France avance de façon subtile en croyant que les africains ne perçoivent pas la nocivité de sa stratégie à moyen et à long terme. Dans cette affaire la France sera le deuxième Gahou, c’est-à-dire la victime de sa propre naïveté.
Nous continuons de penser que la francophonie n’est rien d’autre que l’adaptation et la perpétuation de la « communauté impériale ». C’est au zèle et à l’imagination de ses agents locaux que l’impérialisme français doit cette trouvaille de la francophonie.
Qu’est-ce, au fond que la francophonie ? Présentée comme un cadre de coopération culturelle, elle n’est rien d’autre, en vérité qu’un substitut de la communauté éclatée,et de la communauté sous sa forme impériale. Elle l’est par sa doctrine et sa stratégie.
Une doctrine de coopération qui se fonde sur l’appartenance à une même communauté de langue et de culture, qui ne sont autres que la langue et la culture du conquérant. De ce point de vue la francophonie apparaît clairement comme une doctrine d’impérialisme culturel. C’est là l’impérialisme le plus redoutable, celui qui sans coup férir ouvre la voie aux autres formes de dominations, économiques et politiques. C’est l’impérialisme le plus redoutable. Celui qui assure les meilleures chances de pérennité par des aliénations et des destructions anthropologiques.
Dans ce cas, quel avenir peut-on espérer pour les langues nationales, pour les cultures nationales sous le régime d’une telle doctrine ? Ouvrez les yeux et observez Mesdames et Messieurs, les ministères de la francophonie qui ont poussé comme des champignons dans nos gouvernements d’Afrique, pour comprendre notre rage vis-à-vis de cette doctrine néfaste.
Nous le disons clairement et sans faux-fuyant, que par sa stratégie de reconquête, la francophonie est également une grave menace contre l’unité à la fois politique, économique et culturel de notre continent. Sa démarche avouée ou non, tend à contrecarrer le processus de formation d’espaces de solidarité décolonisés, géographiquement et historiquement plus homogènes.
Ce n’est pas tout car par sa nocivité, la francophonie, dispose aussi d’un organe qui, bien qu’informel , n’en constitue pas moins un cadre de concertation néo-coloniale. Nous voulons parler de la « conférence franco-africaine » qui, par sa composition, par les sujets qu’elle aborde, par les décisions qu’elle prend, par le rôle prépondérant qu’y joue la France, est une conférence impériale et néo-coloniale.
En tant que stratégie de reconstruction d’un espace de domination néo-coloniale, la francophonie est la négation de toute entreprise de création de solidarité horizontale ou même verticale géopolitiquement cohérent. Observez les pays africains francophone et vous verrez qu’en matière de coopération, le volume des échanges est toujours moins avec leurs voisins anglophones.
Ouvrez les yeux et vous observerez comme nous que tous les pays africains francophones se sont alignés politiquement et diplomatiquement sur la position de la France, favorable à la rébellion dans le cadre de la crise ivoirienne. Les pays qui ont soutenus le président Gbagbo sont l’Angola, la Ghana, la Tanzanie, l’Afrique du sud et la Guinée.
La France et les dirigeants politiques français doivent se rappeler aujourd’hui, que leur pays est une ancienne puissance coloniale, un pays qui occupe dans le présent une position moyenne dans les affaires internationales.
Sa langue est battue en brèche par l’anglais, la langue des USA la seule puissance du monde unipolaire dans lequel nous vivons. Le soutien des africains sera donc nécessaire à la France dans le concert des nations, c’est dans cette voie que l’humilité comme sous-bassement d’une coopération sans duperie, juste et humaine sera d’une grande utilité pour reconstruire notre avenir commun. Perdre de vue cette réalité, c’est tout simplement, parier sur le plus lamentable des fiascos. Car la démographie est une science et elle nous dit que dans 20 ans plus de la moitié des locuteurs de la langue française seront africains.
L’avenir du français en tant qu’instrument de communication entre les nations, se joue donc en Afrique. Nous prions les francophiles, les gaullistes, les néo-gaullistes et tous ceux qui ont foi en cette langue, de se mettre au travail dès aujourd’hui pour qu’elle ne se présente pas à nous comme une langue de domination. Car la nouvelle génération d’africains observera à la loupe le comportement du principal locuteur avant de s’engager dans la défense de la langue française, qui est pour nous une langue d’emprunt et non une langue maternelle.
Conclusion générale
Nous avons examiné le contenu des accords de 1961, dits de coopération qui lient la France aux anciennes colonies africaines. En réalité ces accords vident l’indépendance nationale de son contenu. Il faut que les gaullistes, les néo-gaullistes et tous les français qui pensent perpétuer la domination française sur nos malheureux pays africains se ressaisissent. Car ce sera une erreur désastreuse, les exemples cité plus haut montrent les limites d’un tel choix.
Nos pays souhaitent un partenariat loyal et une amitié sincère avec la France, mais nos pays africains ne veulent plus être une chasse gardée de la France ou des partenaires exclusifs et inconditionnels de la France encore moins des agents français, des laquais comme le fut le Shah d’Iran pour les USA, avec l’errance, la fin malheureuse et minable que nous avons retenue de lui.
Notre conception des rapports franco-africains a évolué suivant les deux lignes crêtes que nous livrons aujourd’hui aux gaullistes et aux néo-gaullistes pour que la francophobie qui couve aujourd’hui et qui risque de s’installer durablement entre nous s’atténue et cède le pas à une coopération au bénéfice de nos pays africains et de la France et non au profit exclusif de la France, dans l’humiliation continue de nos peuples.
1) La première est une ligne idéaliste, philosophique, sentimentale qui correspondait à la phase euphorique des indépendances. Nous n’étions pourtant pas aveugles sur la nature des relations définies par les « accords de communauté, ou de coopération » et qui recelaient structurellement des risques perceptibles de domination et de satellisation de nos pays africains.
La France , nation aînée, détenait les centres de décisions, occupait la position de leader du groupe. Mais on espérait, malgré tout, que l’amitié fraternelle qui était à la base de nos rapports l’emporterait sur les effets d’emprise des structures, sur l’instinct de puissance et les tentations de l’ex-colonisateur à imposer ses lois et ses volontés comme normes de coopération. Faute d’analyse objective, nous avons confondu le domaine de la science politique avec celui de la métaphysique, frayant ainsi le chemin à d’amères désillusions.
2) C’est là que nous sommes passé à une seconde ligne qui consacre notre phase de désillusion .
C ’est la découverte du réalisme politique fondé sur une analyse objective des rapports internationaux. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre les combats de nos pères et de nos frères d’hier : de Kwamé Nkrumah à Patrice Lumumba, du Colonel Gamal Abdel Nasser à Sylvanus Olympio, de Ruben Um Nyobé à d’Amilcar Cabral, du Commandant Marien Ngouabi, au Capitaine Thomas Sankara.
Les combats qu’ils ont menés nous enseignent qu’il n’y a pas d’exemple dans l’histoire de pays dominés qui ont réussi leur développement, ou dont le plein épanouissement national à été l’œuvre d’un autre pays. C’est grâce au pouvoir d’autodétermination conféré par l’indépendance qu’un peuple retrouve la libre disposition de lui-même et peut alors s’organiser de manière à bâtir une économie, une culture, une nation à son service.
Voilà pourquoi nous revendiquons la deuxième indépendance de nos pays africains issus de la colonisation française afin de briser le carcan étouffant des séquelles du gaullisme et du néo-gaullisme qui continuent de vicier nos rapports avec la France officielle.
Nous pouvons choisir dans cette voie l’épreuve de force à la manière du Dr Mossadegh ou du Colonel Nasser, avec la certitude de gagner à long terme ou la voie du dialogue constructif dans une renégociation qui prend en compte les intérêts des deux parties. Car en définitif, nous considérons d’une manière générale que la souveraineté d’un pays ne doit s’accommoder d’aucune allégeance quelle qu’elle soit, et que la coexistence des Etats a besoin, pour être durable et profitable à tous, doit être établie sur le respect et la considération réciproque et non sur des rapports entre tuteur et mineur. Elle doit être exempte de toute contrainte et laisser intacte, chez chacun, la capacité de choisir et de refuser.
La situation de monopole des entreprises françaises dans nos pays, leurs tendances à la surfacturation et à l’ingérence dans nos affaires, leur volonté de vouloir décider pour nous sans notre avis et cela avec le soutien des gouvernants français dont les campagnes électorales sont financés par ces entreprises et les régimes fantoches d’Afrique, nous font dire ici :
Que la vraie coopération franco-africaine doit prendre à bras le corps la lutte contre la pauvreté, pour que nous puissions avoir chez nous aussi des routes praticables en toutes saisons, des hôpitaux pour nous soigner des écoles pour éduquer et former notre jeunesse, bref, faire en sorte que des choses simples comme se loger, mettre son fils à l’école et se nourrir convenablement ne soient plus un rêve pour notre génération.
Que la gestion du francs CFA sorte complètement de l’opacité actuelle pour ne pas faire de nos pays des éternels pourvoyeurs de devises du trésor français. C’est un immense scandale qui s’apparente à du vol. Nous demandons aux dirigeants français d’ouvrir simplement leurs yeux si longtemps fermés sur la réalité africaine. Pour constater que tous les pays anglophones d’Afrique, disposent de leur propre monnaie, il n’y a pas de souveraineté sans monnaie. Une monnaie sur laquelle on a aucune emprise, une monnaie téléguidée de l’étranger n’a jamais dans l’histoire assuré le développement économique d’un peuple.
Que les dirigeants politiques Français, y prennent garde. Car ce sera la source du prochain grand contentieux franco-africain.
Avec l’armée française tirant à balles réelles sur des foules africaines et des contingents de rapatriés français fuyant l’Afrique en perdant tous leurs biens devant la colère des peuples trahis par la France officielle. Cette réalité risque de se répéter dans de nombreux pays africains.
Comme nous le montre si bien les images des évacuations en catastrophe des français d’Abidjan en novembre 2004. la crise ivoirienne deviendra un vrai cas d’école pour tous les pays africains qui étouffent sur l’emprise de l’ogre français. Devant de telles images nous sommes tous saisis par un profond dégoût vis-à-vis du gaullisme et de ses séquelles profondément enracinées dans la coopérations franco-africaine. Bref dépoussiérer les accords de coopération avec la France de ses séquelles coloniales et néo-coloniales hérité du gaullisme pour que naisse enfin après la mort du général De Gaulle , une coopération franco- africaine, accoucheuse de la deuxième indépendance de nos pays africains de l’espace francophone. Un tel changement de cap sera bénéfique à la France et lui donnera plus de poids et de crédibilité dans les relations internationales nous permettant de dire qu’elle a humanisé le gaullisme comme le résume si bien cette vieille chanson paysanne du Venezuela :

« Se Puede matar el hombre
Pero no mataran la forma
En que se alegraba su alma
Cuando sonaba ser libre »

Ils peuvent tuer l’homme
Mais ils ne peuvent tuer la façon
Dont son âme se réjouit
Lorsqu’elle rêve d’être libre.

Par Dr Serge-Nicolas NZI, Chercheur en communication
Directeur du Centre Africain d’Etudes Stratégiques

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Pascal SEVRAN et la « bite des Noirs »: « Le degré zéro de la légitimation intellectuelle du racisme anti-Noir » selon Doudou DI

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Source: Continent Premier Magazine Janvier 2007 

Sous le couvert de la liberté d’expression, on assiste à une reproduction du langage historique du racisme anti - Noir. L’animateur télé, Pascal Sevran n’a fait que grossir le constat en justifiant que « la bite des Noirs était responsable de la famine en Afrique » et qu’il « fallait stériliser » la moitié de la planète, c’est à dire éliminer la moitié des Blacks du Continent.

Sous le couvert de la liberté d’expression, on assiste à une reproduction du langage historique du racisme anti - Noir. L’animateur télé, Pascal Sevran n’a fait que grossir le constat en justifiant que « la bite des Noirs était responsable de la famine en Afrique » et qu’il « fallait stériliser » la moitié de la planète, c’est à dire éliminer la moitié des Blacks du Continent. « Ces propos dégueulasses », pour reprendre Abdoulaye Wade Président du Sénégal, s’indignant sur RTL , témoignent de l’irresponsabilité incalculable de certains hommes de médias qui ne sont que les faces visibles des comités d’arrière garde en Occident qui pensent que leur identité nationale est menacée par la présence des étrangers notamment des Noirs.
Nous assistons, aujourd’hui, au retour des vieilles constructions sémantiques de l’homme noir. Le début du 21ème siècle est marqué par la légitimation intellectuelle de toutes les formes de racisme comme c’est le cas avec Samuel Huntington aux USA qui dans son dernier livre « Who are we ? » ( Qui sommes - nous ? », préconise que la présence des Latinos aux Etats – Unis d’Amérique, constitue une menace pour l’identité américaine. La France, a aussi son intellectuel réactionnaire, Alain Finkielkraut qui a voulu théoriser le concept de racisme anti – blanc.

Le Sénégalais Doudou Diène, rapporteur des Nations – Unies contre le racisme ne cesse de dénoncer dans ses rapports « la reproduction du langage historique du racisme ». Interrogé sur les propos de Sevran rapportés par l’APPA, il nous a déclaré : « C’est une affaire sérieuse et grave qu’il ne faut pas donner une importance ou une dignité qu’elle ne mérite pas ». « Cependant, l’affaire est préoccupante car nous sommes dans un contexte où les mots ont un poids ». Le rapporteur de dégager deux remarques, « Il ne faut pas laisser passer de tels propos à cause du climat actuel marqué par un retour du refoulé idéologique et sémantique sur le racisme. Si Pascal Sevran a vraiment tenu de telles paroles, analyse Doudou Diène, « il ne fait que reproduire une des vieilles images construites par les idéologues du 18ème siècle pour animaliser et déshumaniser l’homme Noir.»

« La déshumanisation ne portait pas uniquement sur l’absence de culture mais de l’image de l’homme noir comme un animal mu par des pulsions fondamentalement animales donc dépourvues de pensée », assène le rapporteur des Nations – Unions contre le racisme.

Pour Doudou Diène, « certains média contribuent à la légitimation intellectuelle du racisme. »

L’image de construction de l’animalité de l’homme noir est l’image de la bête sexuelle. Cette déshumanisation traduit l’expression d’une vieille philosophie chrétienne du 18ème siècle d’une méfiance à l’égard de la chair et du sexe. Les propos de Pascal Sevran sont donc dangereux. Force est de reconnaître que beaucoup de médias occidentaux participent à renforcer la peur entre les différentes communautés de la famille humaine. Et ce, dans un contexte idéologique et post idéologie du 11 septembre avec son climat de peur qui ramène à une diabolisation de communautés entières.

L’ONU n’a –t- elle pas échoué ?

« Peut – être que vous avez raison », nous rétorque Doudou Diène, et de préciser « s’il y a échec, il faudra plutôt l’imputer aux Etats membres, aux sociétés du monde qui ont échoué face à la lutte contre le racisme. »

Le rapporteur des Nations – Unies, tend à rassurer : « la troisième conférence de Durban sur le racisme montre que le combat est dur et difficile mais le fait de tenir cette rencontre et d’adopter un programme consensuel démontre aussi que le combat n’est pas perdu. »

Il faudrait, a –t- il ajouté, « appliquer le programme d’actions de Durban. Il faudrait aussi faire une lecture approfondie de la résurgence du racisme, de la discrimination et de la xénophobie »

La violence de cette résurgence du racisme et notamment le recours à la violence physique, dans beaucoup de pays du Nord comme au Sud, est le signe qu’il y a une crise identitaire dans les sociétés où cela se produit.

« Les vieilles identités nationales ethnocentrées ne sont plus conformes et sont en conflit avec les dynamiques multiculturelles et religieuses qui sont en train de restructurer toutes ces sociétés » décortique le philosophe sénégalais. « Les vieilles identités nationales inscrites dans le marbre des constitutions et enseignées dans les écoles ne sont plus conformes aux réalités plurielles et multiculturelles des sociétés actuelles. »

Ainsi, serait – on tenter à croire que la montée du racisme et de la xénophobie sont les dernières résistances au surgissement et à la naissance de nouvelles identités multiculturelles.

Ces résistances prennent deux formes selon Doudou Diène:

« Une instrumentalisation politique par l’utilisation de plate - formes xénophobes qui se basent sur la menace de l’identité nationale. Cette instrumentalisation qui était le domaine des partis politiques d’extrême droite a infiltré des partis dits démocratiques avec la lutte contre l’immigration clandestine et le droit d’asile. L’autre forme, c’est la légitimation intellectuelle avec le concept de défense de l’identité nationale contre l’invasion multiculturelle et religieuse et sur la défense des valeurs nationales. »

« L’intégration strip – tease »

En effet, beaucoup de pays en Europe, développent une approche de « l’intégration strip – tease » selon laquelle l’immigré doit se déshabiller à la frontière de toute singularité religieuse, culturelle ou même si possible ethnique pour se présenter nu et être intégré.

Ceci renvoie au concept qui stipule que « les immigrés doivent s’adapter à nos valeurs. » Ne peut – on pas voir dans une telle posture, le retour du vieux discours historique de l’inhumanité et de la non culture des peuples non - européens. C’est ce discours là qui avait légitimé des entreprises historiques comme l’esclavage et la colonisation pour masquer les intérêts économiques qui les sous tendaient. Derrière l’image de civilisation et d’émancipation, se cachait l’exploitation de l’homme « barbarisé » par l’homme « civilisé ».

« Les propos de Sevran sont le degré zéro de cette légitimation intellectuelle du racisme anti – Noir », conclut Doudou Diène.

Par Gorgui Wade NDOYE

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BOUBACAR BORIS DIOP DENONCE LES MEDIAS DU NORD : « L’image véhiculée vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et

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Source: le messager

Boubacar Boris Diop, écrivain majeur de l’Afrique contemporaine, serait - il le James - Bond intellectuel de l’Afrique noire ? Moins d’une année après son roman, Kaveena ( mars 2006), qui dénonce la présence sanguinaire de la France en Afrique, tout en dénonçant la complicité des élites, Boris sort en 2007 « L’Afrique au - delà du miroir ». Une compilation qui rejoint la thématique générale de l’auteur « une méditation sur la condition humaine à travers les tragédies et les espérances du continent noir. »

Boubacar Boris Diop, écrivain majeur de l’Afrique contemporaine, serait - il le James - Bond intellectuel de l’Afrique noire ? Moins d’une année après son roman, Kaveena ( mars 2006), qui dénonce la présence sanguinaire de la France en Afrique, tout en dénonçant la complicité des élites, Boris sort en 2007 « L’Afrique au - delà du miroir ». Une compilation qui rejoint la thématique générale de l’auteur « une méditation sur la condition humaine à travers les tragédies et les espérances du continent noir. »

Ce dernier ouvrage qui paraît le 4 janvier aux Editions Philippe Rey dénonce l’image que les médias occidentaux donnent de l’Afrique et qui ne correspond en aucune façon à la réalité. Pour l’écrivain sénégalais, l’image ainsi véhiculée par les médias du Nord sur l’Afrique noire « vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. » Et l’auteur de dégainer : « Ce n’est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. »
L’auteur s’explique : « Les textes réunis dans cet ouvrage sont nés du désir de dire, en tant qu’intellectuel africain, ma part de vérité. » Outre des hommages à Cheikh Anta Diop et Mongo Beti, « l’Afrique au - delà du miroir » aborde des sujets aussi variés que le dilemme de l’écrivain coincé entre deux langues, le naufrage du Joola au Sénégal, les nouveaux flux migratoires vers l’Europe ou les défis culturels de la globalisation. Une place importante est accordée au génocide des Tutsi du Rwanda que trop de gens cherchent encore à nier.

Correspondance particulière de El Hadji
Gorgui Wade NDOYE ( ContinentPremier.Com)
05 Jan 2007

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Kagame appelle à une coalition "pour contrer" les adversaires de l'Afrique

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Source: le devoir  

De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances étrangéres.

De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances étrangéres.

Le président rwandais Paul Kagamé a appelé à la formation d'une coalition de pays africains pour "contrer tout adversaire anti-africain", notamment la France, dans un entretien paru vendredi dans plusieurs journaux ivoiriens.

"Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition pour contrer tout adversaire anti-africain auquel nous sommes confrontés, qu'il s'agisse de la France ou de tout autre adversaire", a déclaré M. Kagamé à plusieurs quotidiens ivoiriens.

"Bien évidemment au nombre de ceux qui affichent des attitudes anti-africaines figure la France", a ajouté le président rwandais dont les propos sont rapporté par des journalistes rentrés d'un séjour d'une semaine aux pays des milles collines.

Il a également appelé à une collaboration inter-africaine pour la résolution des différends et la construction des Etats du continent noir.

"Nous devons collaborer davantage, travailler ensemble pour résoudre les problèmes auxquels notre continent est confronté et demander à nos partenaires d'être non des maîtres, mais des partenaires", a-t-il ajouté.

Le président rwandais a annoncé qu'il se rendrait prochainement en Côte d'Ivoire pour une visite qui "doit être appréciée d'un point de vue purement positif et non interprétée comme une visite qui vise à nuire à un adversaire quelconque".

Le Rwanda est en crise ouverte avec la France avec lequel il a rompu récemment ses relations diplomatiques après la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre M. Kagamé pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Paris et Abidjan entretiennent des relations difficiles. Paris est accusé ouvertement de couvrir les rebelles et d'empêcher la réunification du pays en installant ses 3.500 militaires aidés par 7.000 Casques bleus sur une bande coupant ainsi le pays en deux parties (nord et sud), et en instrumentalisant le conseil de securité de l'Onu.

VOICI l'INTEGRALITE DE L'INTERVIEW PRESIDENT RWANDAIS PAUL KAGAME

Monsieur le Président, votre pays se relève petit à petit des évènements douloureux qu’il a vécus; je veux parler du génocide qui a fait près d’un million de morts.
Douze ans après ces évènements douloureux et 6 ans après votre accession au pouvoir, comment se porte le Rwanda aujourd’hui?

Bien, nous demeurons convaincus que le peuple rwandais ne mérite pas ce qui lui a été donné de vivre, et nous croyons fermement que ce peuple vaut nettement mieux que l’image que le précédent régime a fait répandre de lui. Ce peuple mérite un meilleur avenir et il a les moyens d’y parvenir. Nous encourageons donc nos concitoyens à aller de l’avant, à tirer des leçons du passé (aussi douloureux soit-il). La détermination des Rwandais a donné lieu à des progrès considérables en termes de dépassement des difficultés liées à la tragédie qu’a vécue notre nation.

Monsieur le Président, la séparation des pouvoirs est une réalité aussi bien au Rwanda qu’en France. Pourquoi avoir rompu vos relations diplomatiques avec la France dans une affaire qui relève de la justice au plan strict?

Cette question ne concerne en rien la justice. Pour une bonne compréhension du problème que pose ce juge français (Jean-Louis Bruguière, ndlr), il faut avoir une bonne connaissance de toute l’histoire. Il s’agit plus de politique qu’autre chose; il s’agit de l’implication ou non de la France dans la tragédie du Rwanda, le génocide.
Il est à mon sens très important de situer le débat dans le contexte international et de comprendre qu’il s’agit de toute la problématique de la juridiction internationale. Il ne s’agit pas seulement de la France d’une part et du Rwanda de l’autre, mais plutôt d’un problème d’équité entre les nations du monde. Le Rwanda et l’Afrique, de manière générale, ne semblent pas avoir la même valeur que les autres nations du monde. Par conséquent, la justice apparaît comme ayant moins de valeur quand il s’agit du Rwanda ou de l’Afrique que pour les autres nations du monde. Pour illustrer mon point de vue, je ferai référence au génocide rwandais dans lequel a péri un million de personnes. Pour ce juge français, ces personnes (un million de Rwandais tués) sont beaucoup moins importantes que leur ami Habyarimana (qui certes était Rwandais) et moins importantes que les cinq membres de l’équipage français qui ont péri dans l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana, qui a été abattu et pour lequel les responsabilités semblent ne pas être encore clairement situées, étant donné qu’il n’y a pas eu d’enquêtes ouvertement menées ou du moins que l’on n’a pas fait connaître les coupables, quoiqu’à notre niveau, les responsabilités soient établies.
Par ailleurs il se pose un problème beaucoup plus dangereux: un juge en France agissant pour le compte du gouvernement français tente de faire apparaître que le génocide rwandais a été provoqué par l’attentat de l’avion du Président Habyarimana, alors que nous savons, d’après notre histoire et d’après les faits, que le génocide remonte à 1959; et même plus récemment avant l’année 1994, plus précisément depuis le début des années 90 (à savoir 1991, 92, 93). Après le déclenchement du génocide, il y a eu des preuves patentes de la préparation de ce génocide. Alors, prétendre que le génocide a été provoqué par l’attentat est une manière de travestir les faits et par là-même, notre histoire et la tragédie de notre peuple.
Alors, le simple fait qu’un juge vienne d’un pays développé suffit pour faire apparaître tout ce qu’il dit comme parole d’Evangile; il peut se permettre d’ignorer totalement les faits majeurs.
Nous pensons que si ce juge se veut crédible, il devrait faire preuve d’un minimum de sérieux. Ceci nous amène à nous poser deux questions essentielles:
- Comment ce juge a-t-il pu se permettre d’introduire en justice avec autant de liberté un dossier aussi léger et incohérent, qui n’aurait jamais pu être accepté par aucune juridiction?
- Pourquoi ce juge français occulte-t-il entièrement la question de l’implication de la France dans le génocide du Rwanda? Il ne mentionne absolument rien sur cette question qui demeure pour nous le problème essentiel; il ignore également un fait que nous dénonçons, à savoir que plusieurs génocidaires résident aujourd’hui en France. Tout ceci paraît très peu important pour ce juge français.

Monsieur le Président, l’Afrique est minée par de nombreux conflits. Crises en Côte d’Ivoire, au Tchad et en Centrafrique. Dans certains de ces pays, la France est intervenue militairement dans les combats pour sauver des régimes. Ce qui n’a pas été le cas quand il s’est agi de la Côte d’Ivoire. Alors Monsieur le Président, la France ne gère-t-elle pas ces conflits de façon sélective au gré de ses intérêts?

Je pense que nous Africains sommes les premiers responsables de ce qui nous arrive. Comment pouvons-nous permettre à d’autres de venir nous manipuler au gré de leurs intérêts et décider pour nous?
Ceci n’absout pas la France et toutes les autres nations qui viennent s’immiscer négativement dans les affaires d’autres nations, au point de s’arroger le droit de choisir qui peut être au pouvoir et qui ne doit pas l’être; qui ils n’aiment pas et qui ils veulent démettre de ses fonctions.
Si nous admettons qu’il n’appartient pas aux autres de décider à notre place, alors nous devons faire en sorte que ceux qui veulent nous imposer leur bon vouloir n’y parviennent pas.

Monsieur le Président, il y a un an, vous aviez invité le Président Laurent Gbagbo, un Africain de l’Ouest, au sommet du COMESA, plate-forme d’échanges économiques entre pays de l’Afrique australe.Quelles sont les motivations de cette invitation, pour le moins inattendue?

Par ailleurs, j’ai souvenance que lors de ce même sommet, vous aviez présenté le Président Laurent Gbagbo comme un digne fils de l’Afrique.

Qu’est-ce qui vous l’a fait dire ?

Le COMESA fait partie du projet d’intégration de l’Afrique qui est en cours et nous sommes heureux de l’existence d’un tel projet qui rassemble des pays africains; et pour le cas d’espèce, l’Afrique Australe et de l’Est. Cependant, l’idéal auquel nous aspirons consiste à rassembler toute l’Afrique; c’est bien sûr un idéal; nous sommes réalistes et savons bien évidemment que cela va se faire progressivement. Il existe différents groupes sous-régionaux et nous voulons que le COMESA soit l’un de ces groupes. Certains pays ont déjà fait une demande d’adhésion. Je me souviens encore que nous avions demandé au Président Gbagbo d’être notre invité, il avait exprimé en son temps le désir de faire partie ou de collaborer avec le COMESA. La Libye avait également manifesté le désir d’adhérer au COMESA; elle est par la suite devenue membre à part entière du COMESA. Nous ne pouvons donc pas refuser ceux qui manifestent le désir d’adhérer au COMESA. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de trouver la bonne formule qui permettra le bon fonctionnement de l’association, étant donné que nous sommes originaires de différentes régions géographiques d’Afrique.
Après notre rencontre et les discussions que nous avons eues, le Président Gbagbo m’est apparu comme un de ces dignes fils d’Afrique qui désire ardemment travailler pour le bien-être de notre continent. Ce que j’ai appris le concernant, et ce que je savais auparavant, et le soutien sans faille que lui voue son peuple sont autant d’éléments qui me confortent dans ma position. Je n’ai donc aucune raison de douter de ce que le Président Gbagbo est cet homme-là qui est au service de son peuple, et partant, de l’Afrique tout entière.

Monsieur le Président, je voudrais demander votre indulgence pour poser une dernière question en deux parties.
Premièrement, est-ce que l’on peut parler d’un axe Abidjan-Kigali, pour
constituer «l’axe fort» contre l’ordre établi, l’ordre des grands dans les relations
internationales? Deuxièmement, quand est-ce qu’on peut s’attendre à vous voir à Abidjan puisque le Président Laurent Gbagbo est venu ici vous témoigner son amitié?

Je me souviens d’un dirigeant européen (Ndlr, Jacques Chirac) qui disait à propos du Président sud-africain (Ndlr, Thabo Mbeki) qu’il n’était pas en mesure de comprendre ce qui se passait en Afrique de l’Ouest. Une personne ne peut pas à partir de l’Europe, prétendre connaître mieux l’Afrique qu’un autre Africain. Je ne partage pas du tout ce point de vue. Pour moi, les Africains sont les mieux placés pour se comprendre, échanger, travailler avec d’autres Africains. Je ne dis pas que la contribution de non Africains dans les rapports entre nations n’est pas utile, mais cela ne fait l’objet d’aucun doute que nous, Africains, avons besoin de plus de rapprochement dans la résolution de nos différends, dans la construction de nos Etats. Nous avons besoin de communiquer entre nous dans notre recherche d’aide et de partenariat. Le fait que le Rwanda appartienne à tel pays européen, et que la Côte d’Ivoire appartienne à tel autre pays d’Europe n’a aucun sens. Je pense honnêtement que ces choses doivent être revues, repensées; nous n’appartenons à personne, nous nous appartenons à nous-mêmes. Cet ordre des choses doit changer.
Nous avons besoin de communiquer avec le reste du monde, c’est certain. Nous parlons d’un nouveau type de partenariat dans lequel nous nous évaluons sur la base de l’équité.
Je serais très heureux de rendre visite au Président Gbagbo et au peuple de Côte d’Ivoire. Cette visite doit être appréciée d’un point de vue purement positif et non interprétée comme une visite qui vise à nuire à un adversaire quelconque. Nous voudrions tout simplement lui rendre l’amitié qu’il nous a faite en se rendant au Rwanda. J’aimerais bien me rendre en Côte d’Ivoire. Il s’agit pour moi de déterminer le moment adéquat pour effectuer le voyage.

Monsieur le Président, je voudrais d’abord citer le Président ougandais Yoweri Museveni qui est un grand ami à vous: «La France s’ingère dans les affaires africaines de façon ouverte. Alors, il faut une coalition africaine anti-française». Est-ce que vous pensez la même chose? Si oui, comment pensez-vous que cette coalition peut s’organiser?

Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition pour contrer tout adversaire (anti- africain) auquel nous serons confrontés, qu’il s’agisse de la France ou de tout autre adversaire. Bien évidemment, au nombre de ceux qui affichent des attitudes anti-africaines, figure la France. Pour moi, nous devons, collaborer davantage, travailler ensemble pour résoudre les problèmes auxquels notre continent est confronté et demander à nos partenaires d’être non des maîtres, mais des partenaires. (Propos recueillis à Kigali par Ferro M. Bally)

De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent de plus en plus la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances européennes et américaines.

Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de l'Est

L'Erythrée avait mis en lumière les visées des États-Unis d'utiliser le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, prévoyant le déploiement d'une force militaire internationale en Somalie, comme «camouflage à une invasion» de ce pays.

Selon le ministre érythréen de l'Information, Ali Abdu, «les États-Unis sont les auteurs véritables de ce projet de résolution - dont le peuple somalien ne veut pas - et ils ne l'ont écrit que pour camoufler leur invasion de la Somalie.»

M. Abdu a ajouté que l'intention des États-Unis était également de déstabiliser toute la région de la Corne de l'Afrique.

Washington a présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution prévoyant le déploiement en Somalie d'une force de paix composée de contributions de pays de la région. Ce projet a été accepté par le conseil de sécurité.

Cette force est soi disant destinée à renforcer le gouvernement somalien de transition "menacé" par les milices des tribunaux islamiques qui contrôlent la capitale et la majeure partie du centre et du sud du pays. L'intervention américaine ne servira à rien d'autre sinon à destabiliser davantage ce pays et ceux de la zone. Ce que dénonce tous les chefs d'Etats de la région.

Le projet d'envoi d'une force régionale en Somalie «constitue un danger pour la sécurité et la stabilité de la région. Il faut laisser les Somaliens résoudre leurs problèmes tous seuls», aavait-il insisté.

Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de l'Est

Le président érythréen Issaias Afeworki avait d'ailleurs accusé les Etats-Unis de contribuer à l'instabilité et aux conflits dans la Corne de l'Afrique, particulièrement en Somalie.

Les Etats-Unis "aiment vivre sur les conflits, ils les créent et les exploitent". Leur principal allié dans la région, l'Ethiopie, est "leur outil et leur marionnette".

Lors d'un entretien mardi 14/11/2006 à Djibouti en marge du sommet du Marché commun d'Afrique australe et de l'Est (Comesa), M. Afeworki avait souligné que "la stabilité en Somalie", en guerre civile depuis 1991, "influe sur la stabilité dans la Corne de l'Afrique".

Selon lui, le gouvernement d'Addis Abeba "a contribué à l'instabilité en Somalie et les Etats-Unis ont contribué à l'instabilité dans la Corne de l'Afrique. L'implication extérieure est la menace la plus importante qui pèse sur la Somalie".

"Nous soutenons le choix du peuple somalien, nous n'acceptons aucune intervention extérieure", avait dit M. Afeworki.

Le chef de l'Etat érythréen reproche en outre aux Etats-Unis "d'invoquer encore la menace terroriste dans la région".

Pourtant, selon lui, "la situation sur le terrain a changé: les Somaliens sont fatigués des combats, des chefs de guerre, et maintenant ils veulent la reconstitution de la Somalie, que ce soit par les tribunaux (islamiques) ou n'importe qui".

"S'il y a des preuves de présence terroriste en Somalie, qu'on nous le fasse savoir", lance le président érythréen.

M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant "le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela compliquera tout".

Les Etats-Unis ne veulent pas de la paix dans cette région africaine. "Ils aiment vivre sur les conflits, ils les créent et les exploitent", avait-il lancé.

Pour lui, "les Etats-Unis ne veulent pas résoudre les problèmes et l'Ethiopie en profite". Les responsables éthiopiens ne sont selon lui que "des outils et des marionnettes" de Washington, conclut-il.

Le président ougandais dénonce les ingérences de la France en Afrique

Le chef de l’Etat ougandais, Yoweri Kaguta Museveni a vivement condamné la propension du gouvernement français à vouloir se mêler des affaires africaines.

D’après Museveni les « Européens doivent être raisonnables.
Ils devraient rester en dehors des affaires africaines. Et je leur ai dit cela récemment lors de mon dernier séjour à Bruxelles en Belgique», a dit le président ougandais au cours de sa conférence qui a duré deux heures de temps.

Le sudan aussi s'oppose à la présence étrangére dans cette zone

Le président soudanais Omar el-Béchir a fortement contesté la grille de lecture occidentale du conflit au Darfour, qui n'est rien d'autre qu'un conflit local exacerbé par des ingérences étrangères et ne nécessitant aucune intervention internationale.

M. Béchir a assuré qu'"on ne pouvait parler ni de génocide, ni de nettoyage ethnique ni de viols collectifs" dans le Darfour, dans ses réponses lundi soir aux questions de journalistes l'interrogeant de plusieurs capitales occidentales et arabes par liaison vidéo.

Ce sont les Etats-Unis qui parlent de génocide dans cette région, relayés par leurs alliés britanniques et français, et leurs nombreuses ONG. Un rapport international vient d'ailleurs de nier l'existence de tout génocide au Darfour.

"Le chiffre de 200.000 morts est faux et le nombre de victimes n'a pas atteint les 9.000", a déclaré M. Béchir à propos du bilan bombardé quotidiennement depuis des mois par les agences de presse et medias occidentaux.

"Toutes les statistiques sont faussées et le taux de mortalité infantile au Darfour ne dépasse pas celui de Khartoum", a-t-il dit, accusant les médias occidentaux de gonfler les chiffres des pertes humaines pour justifier une intervention internationale dans son pays.

"Toute information sur une détérioration de la situation au Darfour est fausse", a-t-il poursuivi en affirmant que sur les 23 sous-préfectures des trois Etats du Darfour, seules cinq situées dans le nord de cette région et le long de la frontière avec le Tchad, connaissent des problèmes de sécurité.

Le président soudanais décrit le conflit comme la conséquence d'années de sécheresse au Darfour qui ont créé des frictions entre tribus pastorales et agriculteurs, le tout exploité par des pays étrangers. L'importance des réserves de pétrole du Darfour attise en effet toutes les convoitises.

De même ce sont les pays occidentaux, dont les visées économiques sautent aux yeux, qui parlent constamment de " conflit ethnique". Ce qui est totalement faux.

Omar el Bachir avait dit que les forces de paix africaines déjà sur le terrain étaient capables de contenir la situation.

A propos de la propagande occidentale pour déployer des "forces de l'Onu" au darfour, le président repnd que:
"On risque d'avoir au Soudan un Bremer numéro deux et regardez ce qu'il a fait de l'Irak", a-t-il dit en référence à Paul Bremer, l'administrateur civil américain, dont la gestion des affaires irakiennes après la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 a été catastrophique et très critiquée.

Les pressions occidentales (Etats-Unis, Grande Bretagne et France notamment)pour disposer de troupes onusiennes au Darfour a de nouveau été rejetée par le président soudanais.qui dénonce ainsi la tentative de coloniser le pays et M. Béchir a expliqué que la résolution 1706 était inacceptable parce qu'elle prévoit de "placer le Darfour hors de l'autorité du gouvernement". Ce que refusent evidememnt Khartoum, de même que l'Union Africaine, la Ligue Arabe, la Chine, la Russie...

Le président el-Bachir rejoint les nombreux chefs d'Etats africains qui dénoncent de plus en plus la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances européennes et américaines.

M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant "le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela compliquera tout".

De même le Soudan refuse que les Etats-Unis (et leurs alliés stratégiques en Afrique: France et Grande Bretagne)interviennent au Darfour en utilisant les forces de l'Onu.

Donc le Darfour dépasse le seul cadre soudanais, et il convient désormais que les autorités africaines prennent leurs responsabilités et cessent de suivre les propos et les actes occidentaux dont les seuls objectifs sont l'exploitation des ressources du continent, et cela par tous les moyens.

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20 décembre 2006

OPINION-LA CIRCONCISION PROTEGE CONTRE LE SIDA: UNE DECOUVERTE FATALE !!!

Source: sud quotidien

La circoncision est une tradition qui remonte au Prophète Abraham ; elle a été perpétuée dans toutes les religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam). Avec le temps, les positivistes, chrétiens essentiellement, l’ont trouvée superflue, mais avec l’avènement du SIDA, tout laisse à croire qu’elle va retrouver son importance d’antan, voire plus.
En effet, plusieurs études viennent de confirmer sans l’ombre d’un doute que les hommes circoncis sont beaucoup moins vulnérables au SIDA que les autres (5). Selon Roger SHORT de l’Université de Melbourne en Australie, dans une publication dans le prestigieux British Medical Journal, la circoncision pourrait devenir un instrument de choix dans la lutte contre le SIDA dans les pays où l’infection atteint des niveaux élevés (5) (1).
La circoncision supprimerait les « cellules réceptrices au VIH » et rendrait donc la transmission du virus plus difficile (5). Il serait aussi question d’épaississement de la peau du gland qui s’opposerait à la pénétration du VIH (6).
Auparavant, des études ont confirmé le rôle protecteur de la circoncision contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Donc rien d’étonnant qu’elle protége contre le SIDA quand on admet que la sensibilisation préalable des lymphocytes par un agent pathogène, tels les mycoplasmes ou d’autres germes responsables d’infections sexuellement transmissibles, est nécessaire pour que l’infection au VIH soit productive de SIDA. C’est la « théorie des cofacteurs » dont le Professeur Montagnier est l’un des plus grands défenseurs (3) (1).
Dans tous les cas, ces résultats scientifiquement très solides constituent une explication supplémentaire de la faible incidence de l’infection au VIH et du SIDA dans les pays musulmans où la circoncision est un acte cultuel (2) (4).
Ainsi, selon R. SHORT, la circoncision constitue un moyen bon marché, facile à mettre en œuvre dans les pays pauvres où la maladie fait des ravages (5). Il est cependant important de préciser que les données épidémiologiques dans les pays musulmans confirme que la pauvreté ne peut pas être considérée comme un facteur favorisant la propagation du SIDA - Bien au contraire ! (1) (7) (8)
Oui, la pauvreté ne peut légitimer aucun comportement à risque (prostitution, toxicomanie). Bien au contraire, elle contribue chez le croyant à la fortification psychique et accroît donc la capacité à rebondir après une épreuve et à gérer les frustrations. Sinon, comment comprendre l’incidence plus élevée des troubles psychiatriques en Occident. A titre d’exemple, il y’a en France au moins 12000 cas de suicides par an – un véritable fléau ! Un redoutable défi pour les psychologues et psychiatres ! N’est-ce pas ?
Il est donc très clairement établi que la circoncision protége contre le SIDA dans au moins 50% des cas. Ces résultats ont été vérifiés et contrôlés par différentes études managées par les américains (en Ouganda et au Kenya) et les français (en Afrique du Sud) avec des partenaires africains.
Devant l’évidence de la réalité de la protection de la circoncision contre le VIH/SIDA, les études ont été arrêtées par les américains. Nous le regrettons et pensons que la réflexion doit être poursuivie et les résultats affinés en tenant compte des motivations de la circoncision et de la confession.
Selon le Professeur Delfressy, Directeur de l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA (ANRS), cette avancée majeure ouvre des perspectives qui dépassent largement le cadre de la recherche et de la science et interpelle la société civile dans tout son ensemble et toute sa diversité (intellectuels, religieux etc.) (6).
Ainsi, toutes les sciences sociales – dont la religion – devront être mises à contribution.
Voilà donc une découverte extrêmement importante ; une découverte révolutionnaire, mais ‘’fatale’’, car, à l’évidence, elle risque de déstructurer la médecine moderne qui est laïque par essence et par excellence - Un véritable ‘’séisme’’ en perspective qui lui permettra de se réformer, de se globaliser, de se spiritualiser, en tenant donc compte de la dimension véritable de l’homme qui est à la fois corps et esprit. Et ainsi, la médecine moderne ne s’en porterait que mieux (1).
En effet, le SIDA est l’énigme de tous les énigmes ; il est le rappel de toutes les difficultés et incompréhensions rencontrées dans la médecine, depuis son avènement à ce jour ; il embrasse donc toutes les disciplines, et au delà, tous les domaines de la vie. Dès lors, son élucidation contribuera très certainement à l’avancée de la connaissance dans tous les domaines et à une meilleure compréhension de nos problèmes existentiels et donc à la guérison de notre névrose (1).
Précisons d’emblée que dans la perspective religieuse, cette découverte ne fera pas baisser les bras pour ce qui de la prévention. Bien au contraire, car c’est l’acte répréhensif (adultère, homosexualité) qui y est déterminant. Oui, c’est le péché qui tue et non le VIH. Ainsi, toutes les stratégies visant à se protéger ne font que déplacer les problèmes en entraînant d’autres fléaux (néoplasies ou autres affections létales auto-immunes ou dégénératives, ou infectieuses, sans compter les « plaies » et catastrophes naturelles de toutes sortes). (13) (1)
Il et aussi bon de préciser que dans la perspective religieuse, rien n’interdit l’usage du préservatif ; il pourrait très certainement rendre des services dans bien des cas. En effet, c’est toujours bon de se protéger, mais c’est encore mieux d’éviter le péché.
Nous avons l’intime conviction, comme de plus en plus de confrères, que ces travaux confirmeront encore une fois la pertinence des Textes Sacrés (9).
En réalité, tout ce que Dieu recommande est bénéfique pour l’homme, même si on en ignore le fondement. Le plus souvent, ce n’est que bien plus tard que l’on se rend compte de la pertinence d’une telle mesure. L’exemple de la circoncision est là et plus qu’évocateur. Pour ce qui est du vin, du tabac et des autres drogues, la cause est entendue depuis très longtemps (10). Pour ce qui est de la bête trouvée morte, l’infection au virus Ebola confirme (11). Et à l’évidence, le porc qui est interdit explicitement ou implicitement par toutes les religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam) ne devrait pas échapper à la règle (12).
Dans la perspective islamique qui n’est pas différente dans les principes de celle des autres religions monothéiste (Christianisme, Judaïsme), la sensibilisation classique fondée sur une information générale pragmatique et porteuse d’une certaine morale ne suffit pas (2), car il est en réalité très difficile de se départir d’un comportement à risque en dehors d’une motivation spirituelle. En effet, c’est la prière, et elle seule, qui peut, en vérité, prémunir l’homme de la tentation et donc de la turpitude et des actions blâmables (14). Encore un axe de recherche qu’il faut explorer. Un défi coranique et biblique ! N’est-ce pas ?
Ainsi, un dialogue islamo chrétien axée sur cette problématique est devenu une exigence scientifique.
Il est regrettable de constater que la plupart des recherches sur le SIDA semblent se limiter présentement à la production d’anti-rétroviraux. Ceci est vraiment dommage, ce d’autant que le VIH n’est pas seul en cause dans la survenue du SIDA (3) et que les antiviraux d’une manière générale n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité, même dans les maladies virales communes (grippe, rougeole, etc.) (1).
Ainsi, les chercheurs doivent impérativement se départir du dictat de l’Industrie Pharmaceutique ; sinon, ils perdront toutes leur crédibilité.
Je persiste à douter, comme de plus en plus de confrères , de l’efficacité réelle de la tri-thérapie et de la nécessité de sa généralisation surtout dans nos pays pauvres où même les soins de santé primaires ne sont pas garantis. Ce serait illogique, aberrant, voire irrationnel – Que l’on nous démontre le contraire !!!
A l’évidence, la validation d’une telle approche, remettrait en question le leadership des chercheurs occidentaux, hélas trop matérialistes. Ainsi, du fait des enjeux stratégiques qu’il sous-tend, le SIDA apparaît donc comme la plus redoutable des « armes de destruction massive », mais il faut qu’on en parle.
N’ayons pas peur d’en parler ! Oui, il faut qu’on en parle ! Ainsi, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) qui coordonne les activités de lutte de huit organisations internationales (UNICEF, PNUD, FUNUAP, PNUCID, OIT, UNESCO, OMS, Banque Mondiale) et d’autres partenaires (gouvernements, ONG, chercheurs spécialistes ou non) sera le premier interpellé. Il devra impérativement se réformer, en faisant preuve de plus de démocratie et de transparence surtout dans l’exploitation des données épidémiologiques. Ce n’est qu’à ce prix que le SIDA pourra être vaincu, ainsi que beaucoup d’autres affections.

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25 novembre 2006

Le Rwanda rompt ses relations diplomatiques avec la France

Source: AFP et Reuters
rwandaLa décision du juge d'instruction français Jean-Louis Bruguière de mettre en cause, mercredi, de hautes personnalités rwandaises dans l'attentat contre le président Habyarimana le 6 avril 1994 a entraîné une soudaine détérioration des relations franco-rwandaises.

Kigali a annoncé, vendredi 24 novembre, qu'il avait rompu ses relations diplomatiques avec la France et donné vingt-quatre heures à l'ambassadeur français pour quitter le pays. "Nous, au gouvernement, avons décidé de rompre nos relations diplomatiques avec la France, a déclaré le chef de la diplomatie de Kigali, Charles Murigande. Nous avons ordonné à l'ambassadeur de France de quitter notre pays sous vingt-quatre heures et avons accordé aux autres membres de la mission diplomatique un délai de soixante-douze heures pour faire de même." Plus tôt dans la journée, il avait indiqué que l'ambassadeur de France à Kigali avait été convoqué afin d'expliquer "pourquoi son pays n'a cessé de nous harceler au cours des douze dernières années". 
MANIFESTATIONS MASSIVES CONTRE PARIS

Le juge Bruguière a lancé, mercredi 22 novembre, des mandats d'arrêt pour "assassinats" ou "complicité d'assassinats" contre neuf proches de M. Kagamé. Il les soupçonne d'être impliqués dans l'attentat perpétré le 6 avril 1994 contre l'avion du président Habyarimana, dont la mort avait marqué le début du génocide rwandais. Le magistrat français a également recommandé des poursuites contre M. Kagamé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour sa "participation présumée" à cet attentat.

Jeudi, des milliers de Rwandais – 25 000, selon un chiffre non officiel – ont manifesté contre Paris, qu'ils accusent de complicité de génocide. Dans les rues de la capitale, ils ont brandi des pancartes affirmant "France=génocidaire", "Arrêtez de protéger les tueurs" ou "La France hors du Rwanda". Kigali affirme aujourd'hui que les initiatives du juge Bruguière s'inscrivent dans un effort de Paris pour dissimuler le rôle que les militaires français ont joué.

Les relations franco-rwandaises restent marquées par le souvenir du soutien français au régime de l'ancien président hutu Habyarimana. Sa disparition avait été le prétexte avancé par les extrémistes hutus pour massacrer les Tutsis, à qui ils attribuaient la responsabilité de l'assassinat. Le génocide avait fait, d'avril à juillet 1994, environ 800 000 morts, essentiellement tutsis, selon l'ONU.

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