04 avril 2009
La justice européenne bientôt aux trousses de Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema ?
source: afrik.com
Interview de Maud Perdriel-Vaissière, membre de l’association de juristes, Sherpa.
Omar Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema accusés d’avoir acquis en France des biens avec des fonds publics détournés, vont peut-être échapper à la justice française. Le parquet de Paris a annoncé qu’il s’opposera à l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les plaignants, deux associations et un particulier, attendent la décision de la juge d’instruction à qui revient le dernier mot. Maud Perdriel-Vaissière, juriste, est en charge du dossier chez Sherpa, l’une des associations plaignantes qui envisage de saisir la justice européenne. Elle a répondu aux questions d’Afrik.com.
La plainte déposée contre les présidents Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Théodore Obiang Nguema (Guinée équatoriale), pour détournement de fonds publics blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités, sera-t-elle reçue par la justice française ? Deux fois déjà, le parquet de Paris a classé sans suite les accusations de l’association Sherpa, l’Ong Transparency International et d’un citoyen gabonais, Grégory Ngbwa Mintsa. Une troisième fois, ces associations ont saisi, en décembre dernier, la doyenne des juges d’instruction pour les mêmes motifs, le parquet de Paris vient d’annoncer qu’il s’opposera à l’ouverture d’une enquête préliminaire. Sherpa, l’une des associations plaignantes, entend aller jusqu’au bout de sa démarche et saisir, au besoin, la justice européenne.
Afrik.com : Comment accueillez-vous la décision du parquet de Paris de s’opposer à l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire des biens mal acquis par les trois chefs d’Etat que vous accusez ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous ne sommes pas surpris par cette décision. C’est son contraire qui nous aurait étonné. La décision finale revient à la juge d’instruction, Françoise Desset. Elle a besoin de l’avis du procureur de la République pour prendre sa décision, mais elle reste indépendante et n’est pas obligée de suivre le réquisitoire du parquet.
Afrik.com : Votre association et les deux autres en sont à la troisième plainte, les deux premières ont été classées sans suite par le parquet de Paris. Quels sont les éléments nouveaux de cette troisième plainte ?
Maud Perdriel-Vaissière : Pour ouvrir une instruction en France, la loi impose des étapes à suivre. Avant de saisir le juge d’instruction, il faut passer par le parquet. Nos deux premières plaintes, qui ont été classées sans suite, ont été déposées auprès du parquet de Paris. La nouveauté dans cette troisième plainte, c’est que nous avons directement saisi la juge d’instruction.
Afrik.com :Est-ce que vous espérez vraiment traduire, devant la justice française, des chefs d’Etats africains considérés comme des piliers de la Françafrique ?
Maud Perdriel-Vaissière : Evidemment ! C’est vrai qu’il y a encore énormément d’obstacles juridiques à soulever pour obtenir la restitution des biens qu’ils ont acquis par des fonds publics détournés. Pour le moment, c’est un objectif lointain. Nous sommes conscients de la difficulté de la démarche. Mais nous voulons déjà lever un tabou et susciter un débat public.
Afrik.com : Parmi les raisons qu’il avance pour expliquer sa décision, le parquet de Paris évoque l’immunité des chefs d’Etat en exercice. Aviez-vous tenu compte de cela dans votre démarche ?
Maud Perdriel-Vaissière : Oui. Mais à l’étape de l’instruction, c’est-à-dire celle à laquelle nous sommes actuellement, il s’agit pour la justice de vérifier les faits mentionnés dans le dossier et de voir s’il y a effectivement des infractions à la loi. C’est lorsque la juge d’instruction aura décidé d’une mise en cause des personnes visées par la plainte et aura de leur renvoi devant une juridiction qu’interviendra le débat sur l’immunité. Nous n’en sommes pas encore là.
Afrik.com : La justice de Monaco a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur des présumés comptes bancaires d’Edith Bongo. Sherpa est également à l’origine de cette décision. Pensez-vous qu’elle influencera la justice française ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous nous félicitons de la décision de la justice monégasque. Nous espérons que cette enquête préliminaire permettra de faire la lumière sur les responsabilités des personnes citées dans cette affaire. On ne peut pas exclure l’hypothèse que cette décision puisse influencer les Français mais cela ne sera qu’une présomption. La doyenne des juges d’instruction appréciera la recevabilité de notre plainte seulement sur la pertinence des éléments contenus dans notre dossier.
Afrik.com : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces présumés comptes bancaires d’Edith Bongo à Monaco ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous avons reçu des informations qui nous font croire que madame Edith Bongo Ondimba aurait pu servir de prête-nom à un certain nombre de membres de la famille Bongo et de la famille Sassou Nguesso, notamment à son époux et à son père. Nous avons demandé le gel des fonds déposés sur ces comptes pour éviter qu’ils soient transférés vers d’autres destinations.
Afrik.com : Quelles sont vos sources ?
Maud Perdriel-Vaissière : Comme vous les journalistes, nous avons le droit de préserver nos sources. Mais, même si nos sources ne nous avaient pas fourni des informations, il faut vraiment être naïf pour ne pas imaginer qu’Edith Bongo Ondimba avait des comptes bancaires à Monaco. L’enquête préliminaire qu’avait ordonnée le parquet de Paris en 2007 a fait état de 200 comptes bancaires appartenant aux familles Bongo, Sassou Nguesso.
Afrik.com : A l’origine de la plainte déposée devant le parquet de Paris ensuite devant la juge d’instruction, votre association, Sherpa, l’Ong Transparency International, et Grégory Ngbwa Mintsa, un citoyen gabonais. Ce dernier a été arrêté en janvier et incarcéré au Gabon en janvier dernier. Avez-vous de ses nouvelles ?
Maud Perdriel-Vaissière : Grégory Ngbwa Mintsa n’est plus en prison. Il va bien mais il est toujours mis en examen au Gabon. Nous avons fait appel à deux avocats, un Gabonais et un Français pour le défendre. Nous espérons un aboutissement rapide. Trois autres personnes, comme Grégory, ont été mises en examen au Gabon. On leur reproche leur militantisme dans la lutte contre la corruption.
Afrik.com : Jusqu’où iriez-vous pour atteindre votre objectif ?
Maud Perdriel-Vaissière : Nous ferons appel si le juge d’instruction ne reçoit pas notre plainte. En espérant que la cour d’appel ordonnera l’ouverture d’une instruction. S’il le faut nous n’hésiterons pas à porter l’affaire au niveau européen.
09 novembre 2008
L'ONU dénonce des "crimes de guerre" au Congo
source: le monde
La situation semblait se calmer, samedi 8 novembre, dans l'est de la République démocratique Congo. Mais au cours d'une conférence de presse à Goma, le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), Alan Doss, a "déploré les violations très graves des droits de l'homme (...) dans la région de Rutshuru, à 80 km au nord de Goma, ces derniers jours". "Nous avons malheureusement découvert des tueries dans la ville de Kiwanja et à côté, y compris des civils qui ont été visés par des groupes armés", a indiqué M. Doss. "Ce sont des crimes de guerre que nous ne pouvons pas tolérer". Plus au sud, aucun tir n'était signalé samedi matin sur la ligne de front près de Kibati (12 km au nord de Goma), où des affrontements avaient opposé la veille soldats loyalistes et combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Quelque 150 militaires gouvernementaux étaient installés sur place samedi, alors que 200 à 300 autres marchaient en direction du front."Ils se préparent à faire quelque chose à Kibati, ils veulent attaquer", a affirmé le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa. "Nous sommes au courant de ces préparatifs, nous avons anticipé leur mouvement mais nous sommes inquiets de cette situation qui pourrait avoir de graves conséquences".
RISQUE DE RÉGIONALISATION DU CONFLIT
Ces nouveaux développements interviennent au lendemain d'un sommet qui a réuni à Nairobi le président congolais Joseph Kabila, son homologue rwandais Paul Kagame, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. La réunion s'est achevée sur un appel au cessez-le-feu.
Parallèlement, une source militaire onusienne dans la zone a fait état samedi de la présence sur le front de soldats angolais aux côtés de l'armée congolaise, sans en préciser le nombre. Ils auraient pris part aux affrontements de la veille, selon cet officier.
Vendredi, une source diplomatique avait déjà indiqué à l'AFP qu'"une cinquantaine de militaires angolais et zimbabwéens étaient en mission de reconnaissance sur place en appui aux unités congolaises". Kinshasa a nié à plusieurs reprises la présence de forces étrangères sur son sol, et l'ONU, qui dispose de 17 000 casques bleus en RDC, a aussi officiellement démenti. Mais "il y a une coopération militaire" entre la RDC et l'Angola et "il y a peut-être des instructeurs angolais dans le pays", a nuancé samedi le lieutenant-colonel Dietrich. L'Angola, allié de la RDC, était intervenu dans l'ex-Zaïre en soutien au gouvernement de Kinshasa pendant la guerre régionale de 1998-2003. La présence de forces angolaises dans le pays, si elle était confirmée, marquerait une régionalisation du conflit et risque d'être perçue comme une provocation par le Rwanda.
25 avril 2007
pour une altérnance politique
source: louetsy
Ce qui se passe en france,interpelle l'Afrique francophone.Ce pays qui apparaît comme la mère du continent,s'engage une fois encore vers le chemin du changement d'homme à la tête de l'état françcais.Les Africains en ont pris acte.Mais là ou le bât blesse,c'est ce cautionnement que la métropole apporte aux dictateurs,ceux qui s'accrochent bec et ongle au pouvoir le cas du gabon.Cette france se devoue à protèger les systèmes vomis par les populations,fait bien chez elle!
Nous espérons que le retour de l'UMP aux affaires,avec la nouvelle classe dirigéante:Mr Sarckozy les choses vont peut-être bouger chez-nous au gabon.
10 février 2007
Lumumba, Um Nyobé, Gbagbo : l’ONU, liquidatrice des leaders africains
source: Leader Africa
Histoire – Il y a un an - Dans une communication d’une rare densité prononcée à l’occasion de la journée d’information sur la Côte d’Ivoire organisée par son parti à Douala, Moukoko Priso, secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (parti de Ruben Um Nyobé et des nationalistes camerounais), a établi un parallèle intéressant entre le Cameroun, la RDC et la Côte d’Ivoire. Où l’on se rend compte que de manière constante, l’ONU s’est mise au côté de l’impérialisme européen pour éliminer physiquement les leaders portant les aspirations légitimes des peuples africains. Un cours d’Histoire qui nous invite à la vigilance.
L’Organisation des Nations unies (Onu), fondée à la fin de la guerre de 1939-1945, s’est fixé pour but, entre autres, de veiller au maintien de la paix entre les peuples et les nations, et de permettre la coopération entre les Etats. Et elle le dit à qui veut l’entendre. Pour elle, tous les Etats sont égaux en droits. Voire.
Dès 1946, traitant du sort des anciennes colonies allemandes que la Société des nations (Sdn) avait placées “sous mandat de la Sdn”, l’Onu décida de faire de ces anciennes colonies des “ pays sous tutelle de l’Onu ”. Tel fut le cas du Kamerun, du Togo, mais aussi de la Namibie, etc. Mais ensuite ?
Plusieurs personnes vous diront que l’Onu rend de nombreux services aux peuples africains, qu’en ce moment même elle intervient au Darfour et en d’autres contrées de notre continent, et qu’en conséquence, il ne faut pas oublier ce rôle positif de l’organisation, sans parler des actions de ses agences spécialisées comme l’Unicef, le Pam, l’Onudi, l’Unesco, etc. Donc, concluront ces personnes, “ il ne faut quand même pas exagérer ”. Je me propose de suggérer ici que ces personnes ne voient que l’arbre qui cache la forêt. Elles refusent de voir, ou font semblant de ne pas voir, le rôle de l’Onu dans des situations décisives pour le présent et l’avenir des peuples africains. Car, même l’être humain le plus méchant et le plus vil, a certains côtés positifs et humains ; il lui arrive parfois de poser des actes positifs. Mais ce qui est important quand on apprécie un être humain, c’est l’aspect dominant, ce qui est fondamental. Et en ce qui concerne l’Onu et son rôle en Afrique depuis 60 ans, depuis sa fondation, c’est ce que je m’en vais essayer de mettre en lumière en examinant trois cas.
L’Onu au Congo en 1960-1961
Le 30 juin 1960, le Congo, ancienne colonie de la Belgique, recouvrait son indépendance juridique. L’éveil du mouvement national en Afrique avait contraint la Belgique aussi, à admettre le principe de l’indépendance de ses colonies dont le Congo était de loin le fleuron.
Parmi les nationalistes congolais, il y avait en gros deux groupes de forces politiques : il y avait les partis du nationalisme frelaté ou nationalisme avec la bouche comme le désignait Um Nyobé ; et il y avait les partis du nationalisme africain radical, le véritable nationalisme congolais, celui que les peuples soutenaient à travers tout le continent, et notamment au Congo. Ce qui séparait ces deux groupes, c’était le sens profond qu’il fallait donner à l’indépendance du Congo.
Le camp du nationalisme frelaté pensait à une indépendance frelatée, une indépendance que pouvaient accepter la Belgique et l’ensemble du monde occidental ; c’était une indépendance qui laisserait la liberté à ces derniers de continuer comme avant, à voler et piller les richesses du Congo et de l’Afrique. Les principales figures de ce camp s’appelaient Joseph Kasavubu, Moïse Tschombe, Albert Kalonji, etc.
Le camp du nationalisme africain véritable voulait une vraie indépendance, une indépendance radicale, qui donnerait désormais la liberté au peuple congolais de contrôler ses richesses pour le bien de tous dans l’unité avec les autres peuples africains. Les principales figures de ce camp s’appelaient Patrice Lumumba, Antoine Gizenga, etc.
La question centrale de la forme du futur Etat du Congo indépendant était un des points de désaccord fondamental entre les deux camps : Lumumba et ses amis voulaient un Congo uni, unitaire et démocratique. Kasavubu, Tschombe et consorts voulaient une fédération lâche et même une confédération. Car il fallait laisser chaque province faire ce qu’elle voulait avec les richesses de son sous-sol et les autres richesses. Mais tout le monde savait que derrière ces idées des nationalistes frelatés, ce qui se jouait, c’était la question de savoir si oui ou non, on allait laisser les sociétés colonialistes comme la toute puissante Union minière du Haut Katanga continuer à dominer l’économie du pays. Et tout le monde savait que c’est l’Union minière du Haut Katanga et ses alliés, qui soufflaient leurs théories aux nationalistes frelatés qu’on avait rebaptisés “ les modérés ”, tout comme les rebelles putschistes de Côte d’Ivoire ont été rebaptisés “ Forces nouvelles ” pour paraître plus fréquentables…
Les Belges organisèrent des élections avant la date de proclamation de l’indépendance. Les nationalistes radicaux gagnèrent les élections organisées par les Belges, sans la présence des “ observateurs internationaux ” qu’on n’avait pas encore imaginés. Le parti de Patrice Lumumba, le Mouvement national congolais (Mnc) sorti premier des élections ; il était donc premier à l’Assemblée. Donc, normalement, le chef du Mnc devait devenir chef du gouvernement congolais. Mais les Belges organisèrent un pré-Marcoussis, une étape vers l’autre Marcoussis : on l’appela la Table ronde belgo-congolaise à Bruxelles. Avec tous les chefs politiques congolais. L’OK Jazz de Luambo Makiadi et l’African Jazz de Kabasele immortalisèrent cette table ronde dans l’inoubliable chef d’œuvre musical “ Indépendance Cha Cha… ”. Au cours du traquenard de Bruxelles, les Belges et leurs amis réussirent à imposer un bicéphalisme au sommet du futur Etat congolais: Kasavubu fut nommé président de la République pour bloquer l’action du Premier ministre Patrice Lumumba, dans tous les cas où celui-ci tenterait de faire quelque chose de déplaisant pour l’Occident.
Le 30 juin 1960 donc, l’indépendance du Congo fut proclamée, et déjà, Lumumba ne fit pas plaisir aux Belges. Il ne s’écoula donc pas dix jours, dix, et le 9 juillet, Moïse Tschombé et ses amis proclamèrent l’indépendance du Katanga. Immédiatement après, les partisans de Kalonji au Kasaï assassinèrent Joseph Mbuyi, un des dirigeants nationaux du Mnc de Lumumba.
Dans ces conditions, et alors que tout ce qui tenait lieu d’armée congolaise était encore sous le commandement d’officiers belges, le gouvernement congolais dirigé par Patrice Lumumba demanda à l’Onu de l’aider, y compris militairement, à mâter la rébellion tschombiste. Mais quand l’Onu envoya des “ casques bleus ”, sous commandement louche au Congo, les troupes de l’Onu firent exactement le contraire de ce pourquoi elles avaient été appelées. Par exemple, alors que Kwame Nkrumah avait dépêché 3 bataillons ghanéens à Léopoldville (comme s’appelait alors Kinshasa), ces soldats ghanéens ne purent même pas protéger Lumumba et ses amis et camarades, car les soldats étaient obligés d’obéir aux ordres contraires du commandement onusien.
L’Onu laissa le traître Mobutu, sorti du néant par Lumumba, faire tranquillement son coup d’Etat, après que la décision d’éliminer Lumumba eût été prise par les gouvernements belge, Us, français, anglais et leurs amis et complices. Ceux-ci aidèrent Mobutu à monter des unités à sa dévotion pour le coup d’Etat, pour arrêter Lumumba, et l’expédier au traître Tschombé et sa clique du Katanga. La mort de Patrice Lumumba fut annoncée à l’opinion mondiale le 17 janvier 1961, en même temps que celle de ses compagnons Joseph Okito, président du Sénat, et le colonel Mpolo, chef d’état-major, deux lumumbistes intransigeants et incorruptibles comme Joseph Mbuyi, des nationalistes africains qui ne se demandaient jamais “ on va faire comment ? ” Luambo Makiadi produisit un autre chef-d’œuvre : “ Liwa ya Lumumba ”.
Au final, l’Onu ne fit strictement rien de positif du point de vue du nationalisme africain dans cette affaire. Elle fut totalement au service de l’impérialisme occidental. Son Secrétaire général de l’époque, le Suédois Dag Hammarskjöld, se livra à un nombre si élevé de magouilles, qu’il finit par perdre la vie dans un curieux accident d’avion près de N’dola, dans ce qui s’appelait alors encore la Rhodésie du Nord (actuellement Zambie).
Une fois Lumumba et ses camarades tués, la chasse aux lumumbistes et aux autres nationalistes radicaux se poursuivit, le pays étant désormais aux mains des agents occidentaux dits “ modérés ”. L’Onu se prêta alors au jeu cynique qui consista à monter “ le maréchal Mobutu ” et à l’imposer à la tête du Congo plus ou moins unifié par une réduction de la sécession katangaise. Car étant donné qu’on pouvait désormais contrôler tout le pays, cette rébellion katangaise ne servait plus à rien. Voilà en bref pour l’Onu au Congo.
L’Onu au Kamerun en 1959-1961 et 2006
Le Kamerun était, selon l’Onu elle-même, un pays sous tutelle de l’Onu. Or, dès 1946, l’Onu fut à deux doigts d’admettre que le Kamerun soit traité par la France comme “ partie intégrante de l’empire colonial français ”. La manœuvre n’échoua que de justesse, grâce à l’action déterminée des Kamerunais vigilants et le soutien de progressistes au sein de l’Onu. Mais ce ne fut qu’un succès au plan juridique ; car dans les faits, les colonialistes français traitèrent toujours la partie du Kamerun qui leur avait été confiée pour la tutelle, comme une colonie de leur empire. De façon analogue, la Grande-Bretagne, plus connue sous le nom d’Angleterre, fit tout son possible pour intégrer la partie du Kamerun qu’elle avait en tutelle, à sa colonie du Nigeria. Et l’Onu fermait les yeux avec pudeur et cynisme. Ainsi, par exemple, au terme d’une analyse pertinente et qui ne manque pas de rigueur, l’historien antillais de langue anglaise Richard Joseph indique ce qui suit :
“ A chaque fois que Um Nyobé se présentait aux Nations unies, la France mettait en avant des délégués camerounais qui tournaient en dérision l’idée d’unification. Il y avait donc de multiples obstacles : l’idée de réunification des Cameroun n’emporta jamais l’adhésion des Nations unies. Tous les adversaires politiques de l’Upc s’y opposaient avec véhémence… Si aujourd’hui les Cameroun sont unifiés, tout le mérite en revient à l’Upc qui réussit à imposer à tous les Camerounais, et même à ses adversaires politiques, cette idée comme un corollaire nécessaire de l’indépendance du Cameroun ”. (in Richard Joseph : Le Mouvement Nationaliste au Cameroun, éditions Khartala, Paris, 1986, page 223).
Au mois de mai 1955, les colonialistes français se livrent à des massacres sur les Kamerunais, et ils osent en tirer prétexte pour bannir l’Upc le 13 juillet suivant : l’Onu, qui avait pourtant reçu de nombreux pétitionnaires kamerunais avant cette année-là, ne dit mot ; elle laissa faire les colonialistes français comme s’il s’agissait de leur empire colonial. En 1959, un premier référendum est organisé par l’Onu dans le “ Northern Kamerun ”, c’est-à-dire la partie nord du morceau du Kamerun que l’Onu avait confié au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, communément appelé l’Angleterre. A cette date, le Nigeria n’était pas encore indépendant. Mais il était évident pour tout observateur lucide et attentif, que la France et l’Angleterre s’étaient déjà entendues à propos du Kamerun afin de : (1°) combattre farouchement et sans quartier l’Upc et tout nationalisme radical au Kamerun ; (2°) laisser le Northern Kamerun sous influence anglaise via un rattachement de cette partie au Nigeria, et laisser le Southern Cameroon tomber sous influence française via une réunification avec le “Cameroun français” néo-colonial, puisqu’il était clair que la revendication upéciste de réunification ne pouvait être totalement évitée.
La conclusion de cet accord anglo-français fut que, au référendum onusien de 1959, l’Onu s’arrangea pour poser une question piège qui était la suivante : “ électeurs, électrices, voulez-vous être rattachés à la fédération du Nigeria ou alors renvoyer la décision à plus tard ? ”. On ne parlait donc même pas de la réunification du Cameroun, qui était une revendication centrale du nationalisme radical kamerunais, et que soutenaient des milliers de nos compatriotes de ce Northern Kamerun. Devant une telle alternative piégée, les électeurs votèrent à une large majorité pour renvoyer la décision à plus tard, et l’Onu rougit de honte, mais jura qu’elle saurait mieux s’y prendre la prochaine fois.
En attendant ce nouveau référendum, en février-mars 1959, se tint à New York une session spéciale de l’Assemblée générale de l’Onu sur le Kamerun. Le principe de l’indépendance du pays avait enfin été accepté, y compris par la France : en effet, comme après l’assassinat de Lumumba au Congo, les colonialistes français, ayant assassiné Ruben Um Nyobé le 13 septembre 1958, considérèrent que désormais, ils pouvaient se fier à leurs “ modérés du Cameroun ”. On pouvait donc leur confier l’indépendance. La question centrale que l’Assemblée générale de l’Onu avait à trancher était la suivante : fallait-il organiser des élections générales libres avant l’indépendance, comme le demandait le camp du nationalisme véritable au Kamerun, ce qui supposait le rétablissement de l’Upc dans la légalité ; ou alors refuser de telles élections, comme le demandait la France qui voulait donner le pouvoir à ses moutons ? Aussi étrange que cela puisse paraître, l’Onu refusa d’organiser des élections avant l’indépendance, et même de superviser des élections avant l’indépendance. Toute honte bue, l’Onu s’aligna derrière la France et ses alliés et complices. Du jamais vu : les champions de la “ liberté ” et des élections libres à Bornéo et aux Iles Caïmans, en Urss et en Chine Populaire, chez les Papous et au Nord Kalimantan, etc, refusaient d’organiser des élections libres et démocratiques dans un pays sous tutelle de l’Onu.
En 1961, dans le Northern Kamerun à nouveau, là même où, deux ans auparavant, les Kamerunais avaient, à une large majorité, voté contre le rattachement au Nigeria et préféré renvoyer la décision là plus tard pour ne pas tomber dans un piège posé par l’Onu, celle-ci organisa un second plébiscite qui fut totalement scandaleux : les Anglais s’allièrent au Nigeria devenu indépendant entre temps, pour faire voter des dizaines de milliers de Nigérians en territoire kamerunais. Et l’Onu eut le toupet et assez de cynisme pour entériner les résultats de cette mascarade : le “ oui au rattachement au Nigeria ”. C’était pratiquement le genre de référendum que Wole Soyinka demandait il y a quelque temps pour Bakassi, montrant par là même, qu’on peut être écrivain de talent sans que cela soit une garantie suffisante contre le chauvinisme et la réaction politiques les plus méprisables. Justement à propos de Bakassi avec l’Onu. A l’instigation ou avec l’accord de l’Onu, la Cour internationale de justice de La Haye a rendu un arrêt clair et net qui reconnaît que Bakassi est un territoire kamerunais. Le gouvernement nigérian de monsieur Olusegun Obasanjo refuse de quitter ce territoire qu’il occupe militairement. Que fait l’Onu, dont la Cour de justice de La Haye est un organe constitutionnel ? Elle s’acharne sur la Côte d’Ivoire pour fuir Bakassi et ne rien faire à ce propos. Que font les pays de la prétendue “ Communauté internationale ” qui manipulent à loisir le Conseil de sécurité de l’Onu en usant de leur anachronique et anti-démocratique droit de véto, vestige d’un autre âge ? Ils pompent le pétrole à Bakassi tout en essayant de berner les Kamerunais comme quoi le pétrole de leur pays est épuisé. Voilà un peu pour le Kamerun et l’Onu.
L’Onu et la Côte d’Ivoire en 2000-2006
En l’an 2000 eurent lieu des élections libres en République de Côte d’Ivoire. Un président fut élu à la régulière, et librement, par la majorité des citoyens du pays : ce président s’appelle Laurent Gbagbo. Il est, depuis son élection, le porte drapeau du camp du nationalisme africain radical dans son pays. C’est ça le fait. Avec tous les patriotes et démocrates ivoiriens sérieux, Laurent Gbagbo a engagé de nombreuses réformes positives, conformément à ce que son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi) et lui-même, avaient promis de faire au peuple de Côte d’Ivoire. Cela supposait une certaine remise en cause des positions néo-colonialistes de tel ou tel pays étranger en Côte d’Ivoire.
Or donc, en 2002, quelques personnes, dont certaines avaient été auparavant battues à la régulière dans des élections locales libres, prirent les armes contre ce pouvoir légitime et légal, tout comme Tschombé et consorts en 1960 au Congo. Dans une tentative infâme de coup d’Etat dont tous les observateurs sérieux virent peu après qu’il avait été commandité.
Au lieu de condamner une telle aventure criminelle, l’ex-puissance coloniale, et pour cause, monta un traquenard de tueurs de Sioux en plein midi, à l’orée d’un bois à Marcoussis, et poussa le cynisme jusqu’au point de vouloir imposer au peuple de Côte d’Ivoire, à la tête des ministères-clés de la Défense et de l’Intérieur, les chefs du coup d’Etat qui avait échoué. Avec une rapidité qui rappelait la percée des divisions de Panzer de Guderian en mai 1940 dans les Ardennes, cette puissance ex-coloniale déploya des milliers de soldats de son armée dans le pays, le long d’une ligne de partage visiblement conçue pour protéger les putschistes contre les efforts légitimes de l’armée nationale et loyale, visant à mettre fin à la rébellion.
Face à tout cela, l’Onu, pourtant prompte à réunir son Conseil de sécurité toutes affaires cessantes quand il s’agit de décider d’agressions contre les pays dominés ou pouvant l’être, l’Onu donc, garda un silence de crapauds dans une marre où l’on vient de jeter une grosse pierre. Il est vrai que l’Union africaine, dont la Charte condamne explicitement et clairement la prise de pouvoir par des moyens non constitutionnels et notamment des coups d’Etat, l’Ua donc, s’est totalement déculottée face aux menées néo-coloniales de la puissance en question. Et lorsque, dans un élan salutaire, le président de la République d’Afrique du Sud, désigné médiateur de l’Ua dans cette affaire, constata que les putschistes constituaient l’obstacle majeur pour ne pas dire unique à un retour à la normale et à la paix. L’Onu se mit à manœuvrer pour écarter de fait le président Thabo Mbeki de l’affaire. Dans un effort supplémentaire absolument cynique, l’Onu décida de jouer les maquilleuses de service, en transformant l’occupation militaire néo-coloniale française en une prétendue et hypocrite “ force de l’Onu en Côte d’Ivoire ”. Dans une agitation fébrile rarement vue dans les annales des relations internationales, et pêle-mêle, on réunit rapidement le Conseil de sécurité pour concocter une résolution avec comme arrière-pensée, de renverser par petits pas le président et le pouvoir légitime et légal de Côte d’Ivoire, et on monta un soi-disant “ Groupe de travail international (Gti) ” rassemblant des gens dont nul ne se souvient de les avoir jamais vus se présenter à une quelconque élection libre, et qui, simplement, ont passé l’essentiel de leur vie en d’interminables stages de dressage dans des institutions internationales néo-coloniales. Et ce Gti, qui pourrait bien s’appeler “ groupe terroriste international ”, a eu l’incroyable audace de vouloir congédier l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire pourtant, elle, normalement élue par le peuple ivoirien.
Face à tout cela, l’on a vu la voix la plus autorisé de l’Onu, celle du secrétaire général de cette organisation, se posant en “ oncle Tom ”, se répandre en diatribes et menaces, passer son temps en jacassements et œuvrant contre les patriotes africains de Côte d’Ivoire, contre les démocrates ivoiriens. Au même moment, le président d’alors de l’Union africain, qui était encore le sieur Olusegun Obasanjo, celui-là même qui s’accroche à Bakassi avec les dents du mépris d’un arrêt de la propre Cour de justice de l’Onu siégeant à La Haye, se pose en garçon de courses de la soi-disant “ communauté internationale ”, c’est-à-dire d’une partie du monde bien connue, pour aider ces gens-là dans leur complot contre la Côte d’Ivoire et contre l’Afrique.
Finalement donc, nous reposons la question du début : que veut et que fait l’Onu en Afrique depuis 60 ans ? Que veut et que fait l’Onu en Côte d’Ivoire depuis 2000?
Ce qu’elle veut et fait en ce moment, n’est-il pas ce qu’elle voulait et faisait déjà au Congo en 1960-61, et ce qu’elle a voulu et a fait au Kamerun entre 1955 et 1961 au moins ?
Le président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et ses camarades, nos camarades, vont-ils devenir en 2006 ce que Patrice Lumumba et ses camarades furent en 1960-61 au Congo, ce que Ruben Um Nyobé fut en 1958 et Félix Moumié en 1960 ?
Telles sont quelques-unes des questions cruciales qui se posent et auxquelles renvoient les évènements en cours en Côte d’Ivoire. Toutes choses qui suggèrent des choix à tout Africain conscient de notre temps.
Secrétaire général de l’UPC
Moukoko Priso
07 janvier 2007
Le livre noir du gaullisme : Le Gaullisme, l’Afrique et ses morts
Du Gaullisme, parlons-en ! - … Il y a des moments dans la vie où le silence des victimes encourage l’arrogance des vainqueurs. Ils se mettent alors à exécuter devant nous leur danse macabre, leur danse de morts. Conscients de l’impunité de leurs actes criminels, ils ont l’audace de vouloir faire avaler au monde entier, la pilule de l’amnésie collective. Du Gaullisme, parlons-en ! - … Il y a des moments dans la vie où le silence des victimes encourage l’arrogance des vainqueurs. Ils se mettent alors à exécuter devant nous leur danse macabre, leur danse de morts. Conscients de l’impunité de leurs actes criminels, ils ont l’audace de vouloir faire avaler au monde entier, la pilule de l’amnésie collective. Nous vous interpellons, car l’Afrique dite francophone, a vécu une semaine d’anniversaire, de commémoration et d’hommage au général De Gaulle et nous avons vu des Africains aller goûter à la sauce, aromatisée et gluante du Gaullisme, bon marché dont les tenants ne se rappellent même plus le mal, qu’ils imposent ainsi aux peuples en souffrance qui gardent dans leur chair, le désespoir et la ruine que cette doctrine a infligé au corps économique, social, politique et institutionnel de nos pays africains de l’espace francophone. Nous avons ainsi eu droit à des messes de requiem, à des expositions de photographies, à l’appel du 18 juin, et au discours de Brazzaville sur certaines radios africaines, bref le grand jeu pour un mort lointain. Alors que nos populations crèvent de faim et de soif pour ne pas parler de la pandémie du Sida. c’est une philosophie politique dont le principe repose sur la grandeur de la France, son existence en tant que nation, son rayonnement dans le monde ainsi que l’adaptation de ses institutions et de sa vie sociale aux exigences du monde moderne. la première, c’est le rang de la France dans les relations internationales et à l’ONU particulièrement avec un cortège de pays clients qui votent à sa suite. « Se Puede matar el hombre Ils peuvent tuer l’homme Par Dr Serge-Nicolas NZI, Chercheur en communication | |
Pascal SEVRAN et la « bite des Noirs »: « Le degré zéro de la légitimation intellectuelle du racisme anti-Noir » selon Doudou DI
Sous le couvert de la liberté d’expression, on assiste à une reproduction du langage historique du racisme anti - Noir. L’animateur télé, Pascal Sevran n’a fait que grossir le constat en justifiant que « la bite des Noirs était responsable de la famine en Afrique » et qu’il « fallait stériliser » la moitié de la planète, c’est à dire éliminer la moitié des Blacks du Continent. Sous le couvert de la liberté d’expression, on assiste à une reproduction du langage historique du racisme anti - Noir. L’animateur télé, Pascal Sevran n’a fait que grossir le constat en justifiant que « la bite des Noirs était responsable de la famine en Afrique » et qu’il « fallait stériliser » la moitié de la planète, c’est à dire éliminer la moitié des Blacks du Continent. « Ces propos dégueulasses », pour reprendre Abdoulaye Wade Président du Sénégal, s’indignant sur RTL , témoignent de l’irresponsabilité incalculable de certains hommes de médias qui ne sont que les faces visibles des comités d’arrière garde en Occident qui pensent que leur identité nationale est menacée par la présence des étrangers notamment des Noirs. Le Sénégalais Doudou Diène, rapporteur des Nations – Unies contre le racisme ne cesse de dénoncer dans ses rapports « la reproduction du langage historique du racisme ». Interrogé sur les propos de Sevran rapportés par l’APPA, il nous a déclaré : « C’est une affaire sérieuse et grave qu’il ne faut pas donner une importance ou une dignité qu’elle ne mérite pas ». « Cependant, l’affaire est préoccupante car nous sommes dans un contexte où les mots ont un poids ». Le rapporteur de dégager deux remarques, « Il ne faut pas laisser passer de tels propos à cause du climat actuel marqué par un retour du refoulé idéologique et sémantique sur le racisme. Si Pascal Sevran a vraiment tenu de telles paroles, analyse Doudou Diène, « il ne fait que reproduire une des vieilles images construites par les idéologues du 18ème siècle pour animaliser et déshumaniser l’homme Noir.» « La déshumanisation ne portait pas uniquement sur l’absence de culture mais de l’image de l’homme noir comme un animal mu par des pulsions fondamentalement animales donc dépourvues de pensée », assène le rapporteur des Nations – Unions contre le racisme. Pour Doudou Diène, « certains média contribuent à la légitimation intellectuelle du racisme. » L’image de construction de l’animalité de l’homme noir est l’image de la bête sexuelle. Cette déshumanisation traduit l’expression d’une vieille philosophie chrétienne du 18ème siècle d’une méfiance à l’égard de la chair et du sexe. Les propos de Pascal Sevran sont donc dangereux. Force est de reconnaître que beaucoup de médias occidentaux participent à renforcer la peur entre les différentes communautés de la famille humaine. Et ce, dans un contexte idéologique et post idéologie du 11 septembre avec son climat de peur qui ramène à une diabolisation de communautés entières. L’ONU n’a –t- elle pas échoué ? « Peut – être que vous avez raison », nous rétorque Doudou Diène, et de préciser « s’il y a échec, il faudra plutôt l’imputer aux Etats membres, aux sociétés du monde qui ont échoué face à la lutte contre le racisme. » Le rapporteur des Nations – Unies, tend à rassurer : « la troisième conférence de Durban sur le racisme montre que le combat est dur et difficile mais le fait de tenir cette rencontre et d’adopter un programme consensuel démontre aussi que le combat n’est pas perdu. » Il faudrait, a –t- il ajouté, « appliquer le programme d’actions de Durban. Il faudrait aussi faire une lecture approfondie de la résurgence du racisme, de la discrimination et de la xénophobie » La violence de cette résurgence du racisme et notamment le recours à la violence physique, dans beaucoup de pays du Nord comme au Sud, est le signe qu’il y a une crise identitaire dans les sociétés où cela se produit. « Les vieilles identités nationales ethnocentrées ne sont plus conformes et sont en conflit avec les dynamiques multiculturelles et religieuses qui sont en train de restructurer toutes ces sociétés » décortique le philosophe sénégalais. « Les vieilles identités nationales inscrites dans le marbre des constitutions et enseignées dans les écoles ne sont plus conformes aux réalités plurielles et multiculturelles des sociétés actuelles. » Ainsi, serait – on tenter à croire que la montée du racisme et de la xénophobie sont les dernières résistances au surgissement et à la naissance de nouvelles identités multiculturelles. Ces résistances prennent deux formes selon Doudou Diène: « Une instrumentalisation politique par l’utilisation de plate - formes xénophobes qui se basent sur la menace de l’identité nationale. Cette instrumentalisation qui était le domaine des partis politiques d’extrême droite a infiltré des partis dits démocratiques avec la lutte contre l’immigration clandestine et le droit d’asile. L’autre forme, c’est la légitimation intellectuelle avec le concept de défense de l’identité nationale contre l’invasion multiculturelle et religieuse et sur la défense des valeurs nationales. » « L’intégration strip – tease » En effet, beaucoup de pays en Europe, développent une approche de « l’intégration strip – tease » selon laquelle l’immigré doit se déshabiller à la frontière de toute singularité religieuse, culturelle ou même si possible ethnique pour se présenter nu et être intégré. Ceci renvoie au concept qui stipule que « les immigrés doivent s’adapter à nos valeurs. » Ne peut – on pas voir dans une telle posture, le retour du vieux discours historique de l’inhumanité et de la non culture des peuples non - européens. C’est ce discours là qui avait légitimé des entreprises historiques comme l’esclavage et la colonisation pour masquer les intérêts économiques qui les sous tendaient. Derrière l’image de civilisation et d’émancipation, se cachait l’exploitation de l’homme « barbarisé » par l’homme « civilisé ». « Les propos de Sevran sont le degré zéro de cette légitimation intellectuelle du racisme anti – Noir », conclut Doudou Diène. Par Gorgui Wade NDOYE | |
BOUBACAR BORIS DIOP DENONCE LES MEDIAS DU NORD : « L’image véhiculée vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et
Boubacar Boris Diop, écrivain majeur de l’Afrique contemporaine, serait - il le James - Bond intellectuel de l’Afrique noire ? Moins d’une année après son roman, Kaveena ( mars 2006), qui dénonce la présence sanguinaire de la France en Afrique, tout en dénonçant la complicité des élites, Boris sort en 2007 « L’Afrique au - delà du miroir ». Une compilation qui rejoint la thématique générale de l’auteur « une méditation sur la condition humaine à travers les tragédies et les espérances du continent noir. » Boubacar Boris Diop, écrivain majeur de l’Afrique contemporaine, serait - il le James - Bond intellectuel de l’Afrique noire ? Moins d’une année après son roman, Kaveena ( mars 2006), qui dénonce la présence sanguinaire de la France en Afrique, tout en dénonçant la complicité des élites, Boris sort en 2007 « L’Afrique au - delà du miroir ». Une compilation qui rejoint la thématique générale de l’auteur « une méditation sur la condition humaine à travers les tragédies et les espérances du continent noir. » Ce dernier ouvrage qui paraît le 4 janvier aux Editions Philippe Rey dénonce l’image que les médias occidentaux donnent de l’Afrique et qui ne correspond en aucune façon à la réalité. Pour l’écrivain sénégalais, l’image ainsi véhiculée par les médias du Nord sur l’Afrique noire « vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. » Et l’auteur de dégainer : « Ce n’est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. » Correspondance particulière de El Hadji | |
Kagame appelle à une coalition "pour contrer" les adversaires de l'Afrique
De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances étrangéres. De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances étrangéres. Le président rwandais Paul Kagamé a appelé à la formation d'une coalition de pays africains pour "contrer tout adversaire anti-africain", notamment la France, dans un entretien paru vendredi dans plusieurs journaux ivoiriens. "Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition pour contrer tout adversaire anti-africain auquel nous sommes confrontés, qu'il s'agisse de la France ou de tout autre adversaire", a déclaré M. Kagamé à plusieurs quotidiens ivoiriens. "Bien évidemment au nombre de ceux qui affichent des attitudes anti-africaines figure la France", a ajouté le président rwandais dont les propos sont rapporté par des journalistes rentrés d'un séjour d'une semaine aux pays des milles collines. Il a également appelé à une collaboration inter-africaine pour la résolution des différends et la construction des Etats du continent noir. "Nous devons collaborer davantage, travailler ensemble pour résoudre les problèmes auxquels notre continent est confronté et demander à nos partenaires d'être non des maîtres, mais des partenaires", a-t-il ajouté. Le président rwandais a annoncé qu'il se rendrait prochainement en Côte d'Ivoire pour une visite qui "doit être appréciée d'un point de vue purement positif et non interprétée comme une visite qui vise à nuire à un adversaire quelconque". Le Rwanda est en crise ouverte avec la France avec lequel il a rompu récemment ses relations diplomatiques après la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre M. Kagamé pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Paris et Abidjan entretiennent des relations difficiles. Paris est accusé ouvertement de couvrir les rebelles et d'empêcher la réunification du pays en installant ses 3.500 militaires aidés par 7.000 Casques bleus sur une bande coupant ainsi le pays en deux parties (nord et sud), et en instrumentalisant le conseil de securité de l'Onu. VOICI l'INTEGRALITE DE L'INTERVIEW PRESIDENT RWANDAIS PAUL KAGAME Monsieur le Président, votre pays se relève petit à petit des évènements douloureux qu’il a vécus; je veux parler du génocide qui a fait près d’un million de morts. Bien, nous demeurons convaincus que le peuple rwandais ne mérite pas ce qui lui a été donné de vivre, et nous croyons fermement que ce peuple vaut nettement mieux que l’image que le précédent régime a fait répandre de lui. Ce peuple mérite un meilleur avenir et il a les moyens d’y parvenir. Nous encourageons donc nos concitoyens à aller de l’avant, à tirer des leçons du passé (aussi douloureux soit-il). La détermination des Rwandais a donné lieu à des progrès considérables en termes de dépassement des difficultés liées à la tragédie qu’a vécue notre nation. Monsieur le Président, la séparation des pouvoirs est une réalité aussi bien au Rwanda qu’en France. Pourquoi avoir rompu vos relations diplomatiques avec la France dans une affaire qui relève de la justice au plan strict? Cette question ne concerne en rien la justice. Pour une bonne compréhension du problème que pose ce juge français (Jean-Louis Bruguière, ndlr), il faut avoir une bonne connaissance de toute l’histoire. Il s’agit plus de politique qu’autre chose; il s’agit de l’implication ou non de la France dans la tragédie du Rwanda, le génocide. Monsieur le Président, l’Afrique est minée par de nombreux conflits. Crises en Côte d’Ivoire, au Tchad et en Centrafrique. Dans certains de ces pays, la France est intervenue militairement dans les combats pour sauver des régimes. Ce qui n’a pas été le cas quand il s’est agi de la Côte d’Ivoire. Alors Monsieur le Président, la France ne gère-t-elle pas ces conflits de façon sélective au gré de ses intérêts? Je pense que nous Africains sommes les premiers responsables de ce qui nous arrive. Comment pouvons-nous permettre à d’autres de venir nous manipuler au gré de leurs intérêts et décider pour nous? Monsieur le Président, il y a un an, vous aviez invité le Président Laurent Gbagbo, un Africain de l’Ouest, au sommet du COMESA, plate-forme d’échanges économiques entre pays de l’Afrique australe.Quelles sont les motivations de cette invitation, pour le moins inattendue? Par ailleurs, j’ai souvenance que lors de ce même sommet, vous aviez présenté le Président Laurent Gbagbo comme un digne fils de l’Afrique. Qu’est-ce qui vous l’a fait dire ? Le COMESA fait partie du projet d’intégration de l’Afrique qui est en cours et nous sommes heureux de l’existence d’un tel projet qui rassemble des pays africains; et pour le cas d’espèce, l’Afrique Australe et de l’Est. Cependant, l’idéal auquel nous aspirons consiste à rassembler toute l’Afrique; c’est bien sûr un idéal; nous sommes réalistes et savons bien évidemment que cela va se faire progressivement. Il existe différents groupes sous-régionaux et nous voulons que le COMESA soit l’un de ces groupes. Certains pays ont déjà fait une demande d’adhésion. Je me souviens encore que nous avions demandé au Président Gbagbo d’être notre invité, il avait exprimé en son temps le désir de faire partie ou de collaborer avec le COMESA. La Libye avait également manifesté le désir d’adhérer au COMESA; elle est par la suite devenue membre à part entière du COMESA. Nous ne pouvons donc pas refuser ceux qui manifestent le désir d’adhérer au COMESA. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de trouver la bonne formule qui permettra le bon fonctionnement de l’association, étant donné que nous sommes originaires de différentes régions géographiques d’Afrique. Monsieur le Président, je voudrais demander votre indulgence pour poser une dernière question en deux parties. Je me souviens d’un dirigeant européen (Ndlr, Jacques Chirac) qui disait à propos du Président sud-africain (Ndlr, Thabo Mbeki) qu’il n’était pas en mesure de comprendre ce qui se passait en Afrique de l’Ouest. Une personne ne peut pas à partir de l’Europe, prétendre connaître mieux l’Afrique qu’un autre Africain. Je ne partage pas du tout ce point de vue. Pour moi, les Africains sont les mieux placés pour se comprendre, échanger, travailler avec d’autres Africains. Je ne dis pas que la contribution de non Africains dans les rapports entre nations n’est pas utile, mais cela ne fait l’objet d’aucun doute que nous, Africains, avons besoin de plus de rapprochement dans la résolution de nos différends, dans la construction de nos Etats. Nous avons besoin de communiquer entre nous dans notre recherche d’aide et de partenariat. Le fait que le Rwanda appartienne à tel pays européen, et que la Côte d’Ivoire appartienne à tel autre pays d’Europe n’a aucun sens. Je pense honnêtement que ces choses doivent être revues, repensées; nous n’appartenons à personne, nous nous appartenons à nous-mêmes. Cet ordre des choses doit changer. Monsieur le Président, je voudrais d’abord citer le Président ougandais Yoweri Museveni qui est un grand ami à vous: «La France s’ingère dans les affaires africaines de façon ouverte. Alors, il faut une coalition africaine anti-française». Est-ce que vous pensez la même chose? Si oui, comment pensez-vous que cette coalition peut s’organiser? Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition pour contrer tout adversaire (anti- africain) auquel nous serons confrontés, qu’il s’agisse de la France ou de tout autre adversaire. Bien évidemment, au nombre de ceux qui affichent des attitudes anti-africaines, figure la France. Pour moi, nous devons, collaborer davantage, travailler ensemble pour résoudre les problèmes auxquels notre continent est confronté et demander à nos partenaires d’être non des maîtres, mais des partenaires. (Propos recueillis à Kigali par Ferro M. Bally) De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent de plus en plus la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances européennes et américaines. Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de l'Est L'Erythrée avait mis en lumière les visées des États-Unis d'utiliser le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, prévoyant le déploiement d'une force militaire internationale en Somalie, comme «camouflage à une invasion» de ce pays. Selon le ministre érythréen de l'Information, Ali Abdu, «les États-Unis sont les auteurs véritables de ce projet de résolution - dont le peuple somalien ne veut pas - et ils ne l'ont écrit que pour camoufler leur invasion de la Somalie.» M. Abdu a ajouté que l'intention des États-Unis était également de déstabiliser toute la région de la Corne de l'Afrique. Washington a présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution prévoyant le déploiement en Somalie d'une force de paix composée de contributions de pays de la région. Ce projet a été accepté par le conseil de sécurité. Cette force est soi disant destinée à renforcer le gouvernement somalien de transition "menacé" par les milices des tribunaux islamiques qui contrôlent la capitale et la majeure partie du centre et du sud du pays. L'intervention américaine ne servira à rien d'autre sinon à destabiliser davantage ce pays et ceux de la zone. Ce que dénonce tous les chefs d'Etats de la région. Le projet d'envoi d'une force régionale en Somalie «constitue un danger pour la sécurité et la stabilité de la région. Il faut laisser les Somaliens résoudre leurs problèmes tous seuls», aavait-il insisté. Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de l'Est Le président érythréen Issaias Afeworki avait d'ailleurs accusé les Etats-Unis de contribuer à l'instabilité et aux conflits dans la Corne de l'Afrique, particulièrement en Somalie. Les Etats-Unis "aiment vivre sur les conflits, ils les créent et les exploitent". Leur principal allié dans la région, l'Ethiopie, est "leur outil et leur marionnette". Lors d'un entretien mardi 14/11/2006 à Djibouti en marge du sommet du Marché commun d'Afrique australe et de l'Est (Comesa), M. Afeworki avait souligné que "la stabilité en Somalie", en guerre civile depuis 1991, "influe sur la stabilité dans la Corne de l'Afrique". Selon lui, le gouvernement d'Addis Abeba "a contribué à l'instabilité en Somalie et les Etats-Unis ont contribué à l'instabilité dans la Corne de l'Afrique. L'implication extérieure est la menace la plus importante qui pèse sur la Somalie". "Nous soutenons le choix du peuple somalien, nous n'acceptons aucune intervention extérieure", avait dit M. Afeworki. Le chef de l'Etat érythréen reproche en outre aux Etats-Unis "d'invoquer encore la menace terroriste dans la région". Pourtant, selon lui, "la situation sur le terrain a changé: les Somaliens sont fatigués des combats, des chefs de guerre, et maintenant ils veulent la reconstitution de la Somalie, que ce soit par les tribunaux (islamiques) ou n'importe qui". "S'il y a des preuves de présence terroriste en Somalie, qu'on nous le fasse savoir", lance le président érythréen. M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant "le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela compliquera tout". Les Etats-Unis ne veulent pas de la paix dans cette région africaine. "Ils aiment vivre sur les conflits, ils les créent et les exploitent", avait-il lancé. Pour lui, "les Etats-Unis ne veulent pas résoudre les problèmes et l'Ethiopie en profite". Les responsables éthiopiens ne sont selon lui que "des outils et des marionnettes" de Washington, conclut-il. Le président ougandais dénonce les ingérences de la France en Afrique Le chef de l’Etat ougandais, Yoweri Kaguta Museveni a vivement condamné la propension du gouvernement français à vouloir se mêler des affaires africaines. D’après Museveni les « Européens doivent être raisonnables. Le sudan aussi s'oppose à la présence étrangére dans cette zone Le président soudanais Omar el-Béchir a fortement contesté la grille de lecture occidentale du conflit au Darfour, qui n'est rien d'autre qu'un conflit local exacerbé par des ingérences étrangères et ne nécessitant aucune intervention internationale. M. Béchir a assuré qu'"on ne pouvait parler ni de génocide, ni de nettoyage ethnique ni de viols collectifs" dans le Darfour, dans ses réponses lundi soir aux questions de journalistes l'interrogeant de plusieurs capitales occidentales et arabes par liaison vidéo. Ce sont les Etats-Unis qui parlent de génocide dans cette région, relayés par leurs alliés britanniques et français, et leurs nombreuses ONG. Un rapport international vient d'ailleurs de nier l'existence de tout génocide au Darfour. "Le chiffre de 200.000 morts est faux et le nombre de victimes n'a pas atteint les 9.000", a déclaré M. Béchir à propos du bilan bombardé quotidiennement depuis des mois par les agences de presse et medias occidentaux. "Toutes les statistiques sont faussées et le taux de mortalité infantile au Darfour ne dépasse pas celui de Khartoum", a-t-il dit, accusant les médias occidentaux de gonfler les chiffres des pertes humaines pour justifier une intervention internationale dans son pays. "Toute information sur une détérioration de la situation au Darfour est fausse", a-t-il poursuivi en affirmant que sur les 23 sous-préfectures des trois Etats du Darfour, seules cinq situées dans le nord de cette région et le long de la frontière avec le Tchad, connaissent des problèmes de sécurité. Le président soudanais décrit le conflit comme la conséquence d'années de sécheresse au Darfour qui ont créé des frictions entre tribus pastorales et agriculteurs, le tout exploité par des pays étrangers. L'importance des réserves de pétrole du Darfour attise en effet toutes les convoitises. De même ce sont les pays occidentaux, dont les visées économiques sautent aux yeux, qui parlent constamment de " conflit ethnique". Ce qui est totalement faux. Omar el Bachir avait dit que les forces de paix africaines déjà sur le terrain étaient capables de contenir la situation. A propos de la propagande occidentale pour déployer des "forces de l'Onu" au darfour, le président repnd que: Les pressions occidentales (Etats-Unis, Grande Bretagne et France notamment)pour disposer de troupes onusiennes au Darfour a de nouveau été rejetée par le président soudanais.qui dénonce ainsi la tentative de coloniser le pays et M. Béchir a expliqué que la résolution 1706 était inacceptable parce qu'elle prévoit de "placer le Darfour hors de l'autorité du gouvernement". Ce que refusent evidememnt Khartoum, de même que l'Union Africaine, la Ligue Arabe, la Chine, la Russie... Le président el-Bachir rejoint les nombreux chefs d'Etats africains qui dénoncent de plus en plus la "création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances européennes et américaines. M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant "le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela compliquera tout". De même le Soudan refuse que les Etats-Unis (et leurs alliés stratégiques en Afrique: France et Grande Bretagne)interviennent au Darfour en utilisant les forces de l'Onu. Donc le Darfour dépasse le seul cadre soudanais, et il convient désormais que les autorités africaines prennent leurs responsabilités et cessent de suivre les propos et les actes occidentaux dont les seuls objectifs sont l'exploitation des ressources du continent, et cela par tous les moyens. | |
20 décembre 2006
OPINION-LA CIRCONCISION PROTEGE CONTRE LE SIDA: UNE DECOUVERTE FATALE !!!
Source: sud quotidien
La circoncision est une tradition qui remonte au Prophète Abraham ; elle a été perpétuée dans toutes les religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam). Avec le temps, les positivistes, chrétiens essentiellement, l’ont trouvée superflue, mais avec l’avènement du SIDA, tout laisse à croire qu’elle va retrouver son importance d’antan, voire plus.
En effet, plusieurs études viennent de confirmer sans l’ombre d’un doute que les hommes circoncis sont beaucoup moins vulnérables au SIDA que les autres (5). Selon Roger SHORT de l’Université de Melbourne en Australie, dans une publication dans le prestigieux British Medical Journal, la circoncision pourrait devenir un instrument de choix dans la lutte contre le SIDA dans les pays où l’infection atteint des niveaux élevés (5) (1).
La circoncision supprimerait les « cellules réceptrices au VIH » et rendrait donc la transmission du virus plus difficile (5). Il serait aussi question d’épaississement de la peau du gland qui s’opposerait à la pénétration du VIH (6).
Auparavant, des études ont confirmé le rôle protecteur de la circoncision contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Donc rien d’étonnant qu’elle protége contre le SIDA quand on admet que la sensibilisation préalable des lymphocytes par un agent pathogène, tels les mycoplasmes ou d’autres germes responsables d’infections sexuellement transmissibles, est nécessaire pour que l’infection au VIH soit productive de SIDA. C’est la « théorie des cofacteurs » dont le Professeur Montagnier est l’un des plus grands défenseurs (3) (1).
Dans tous les cas, ces résultats scientifiquement très solides constituent une explication supplémentaire de la faible incidence de l’infection au VIH et du SIDA dans les pays musulmans où la circoncision est un acte cultuel (2) (4).
Ainsi, selon R. SHORT, la circoncision constitue un moyen bon marché, facile à mettre en œuvre dans les pays pauvres où la maladie fait des ravages (5). Il est cependant important de préciser que les données épidémiologiques dans les pays musulmans confirme que la pauvreté ne peut pas être considérée comme un facteur favorisant la propagation du SIDA - Bien au contraire ! (1) (7) (8)
Oui, la pauvreté ne peut légitimer aucun comportement à risque (prostitution, toxicomanie). Bien au contraire, elle contribue chez le croyant à la fortification psychique et accroît donc la capacité à rebondir après une épreuve et à gérer les frustrations. Sinon, comment comprendre l’incidence plus élevée des troubles psychiatriques en Occident. A titre d’exemple, il y’a en France au moins 12000 cas de suicides par an – un véritable fléau ! Un redoutable défi pour les psychologues et psychiatres ! N’est-ce pas ?
Il est donc très clairement établi que la circoncision protége contre le SIDA dans au moins 50% des cas. Ces résultats ont été vérifiés et contrôlés par différentes études managées par les américains (en Ouganda et au Kenya) et les français (en Afrique du Sud) avec des partenaires africains.
Devant l’évidence de la réalité de la protection de la circoncision contre le VIH/SIDA, les études ont été arrêtées par les américains. Nous le regrettons et pensons que la réflexion doit être poursuivie et les résultats affinés en tenant compte des motivations de la circoncision et de la confession.
Selon le Professeur Delfressy, Directeur de l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA (ANRS), cette avancée majeure ouvre des perspectives qui dépassent largement le cadre de la recherche et de la science et interpelle la société civile dans tout son ensemble et toute sa diversité (intellectuels, religieux etc.) (6).
Ainsi, toutes les sciences sociales – dont la religion – devront être mises à contribution.
Voilà donc une découverte extrêmement importante ; une découverte révolutionnaire, mais ‘’fatale’’, car, à l’évidence, elle risque de déstructurer la médecine moderne qui est laïque par essence et par excellence - Un véritable ‘’séisme’’ en perspective qui lui permettra de se réformer, de se globaliser, de se spiritualiser, en tenant donc compte de la dimension véritable de l’homme qui est à la fois corps et esprit. Et ainsi, la médecine moderne ne s’en porterait que mieux (1).
En effet, le SIDA est l’énigme de tous les énigmes ; il est le rappel de toutes les difficultés et incompréhensions rencontrées dans la médecine, depuis son avènement à ce jour ; il embrasse donc toutes les disciplines, et au delà, tous les domaines de la vie. Dès lors, son élucidation contribuera très certainement à l’avancée de la connaissance dans tous les domaines et à une meilleure compréhension de nos problèmes existentiels et donc à la guérison de notre névrose (1).
Précisons d’emblée que dans la perspective religieuse, cette découverte ne fera pas baisser les bras pour ce qui de la prévention. Bien au contraire, car c’est l’acte répréhensif (adultère, homosexualité) qui y est déterminant. Oui, c’est le péché qui tue et non le VIH. Ainsi, toutes les stratégies visant à se protéger ne font que déplacer les problèmes en entraînant d’autres fléaux (néoplasies ou autres affections létales auto-immunes ou dégénératives, ou infectieuses, sans compter les « plaies » et catastrophes naturelles de toutes sortes). (13) (1)
Il et aussi bon de préciser que dans la perspective religieuse, rien n’interdit l’usage du préservatif ; il pourrait très certainement rendre des services dans bien des cas. En effet, c’est toujours bon de se protéger, mais c’est encore mieux d’éviter le péché.
Nous avons l’intime conviction, comme de plus en plus de confrères, que ces travaux confirmeront encore une fois la pertinence des Textes Sacrés (9).
En réalité, tout ce que Dieu recommande est bénéfique pour l’homme, même si on en ignore le fondement. Le plus souvent, ce n’est que bien plus tard que l’on se rend compte de la pertinence d’une telle mesure. L’exemple de la circoncision est là et plus qu’évocateur. Pour ce qui est du vin, du tabac et des autres drogues, la cause est entendue depuis très longtemps (10). Pour ce qui est de la bête trouvée morte, l’infection au virus Ebola confirme (11). Et à l’évidence, le porc qui est interdit explicitement ou implicitement par toutes les religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam) ne devrait pas échapper à la règle (12).
Dans la perspective islamique qui n’est pas différente dans les principes de celle des autres religions monothéiste (Christianisme, Judaïsme), la sensibilisation classique fondée sur une information générale pragmatique et porteuse d’une certaine morale ne suffit pas (2), car il est en réalité très difficile de se départir d’un comportement à risque en dehors d’une motivation spirituelle. En effet, c’est la prière, et elle seule, qui peut, en vérité, prémunir l’homme de la tentation et donc de la turpitude et des actions blâmables (14). Encore un axe de recherche qu’il faut explorer. Un défi coranique et biblique ! N’est-ce pas ?
Ainsi, un dialogue islamo chrétien axée sur cette problématique est devenu une exigence scientifique.
Il est regrettable de constater que la plupart des recherches sur le SIDA semblent se limiter présentement à la production d’anti-rétroviraux. Ceci est vraiment dommage, ce d’autant que le VIH n’est pas seul en cause dans la survenue du SIDA (3) et que les antiviraux d’une manière générale n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité, même dans les maladies virales communes (grippe, rougeole, etc.) (1).
Ainsi, les chercheurs doivent impérativement se départir du dictat de l’Industrie Pharmaceutique ; sinon, ils perdront toutes leur crédibilité.
Je persiste à douter, comme de plus en plus de confrères , de l’efficacité réelle de la tri-thérapie et de la nécessité de sa généralisation surtout dans nos pays pauvres où même les soins de santé primaires ne sont pas garantis. Ce serait illogique, aberrant, voire irrationnel – Que l’on nous démontre le contraire !!!
A l’évidence, la validation d’une telle approche, remettrait en question le leadership des chercheurs occidentaux, hélas trop matérialistes. Ainsi, du fait des enjeux stratégiques qu’il sous-tend, le SIDA apparaît donc comme la plus redoutable des « armes de destruction massive », mais il faut qu’on en parle.
N’ayons pas peur d’en parler ! Oui, il faut qu’on en parle ! Ainsi, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) qui coordonne les activités de lutte de huit organisations internationales (UNICEF, PNUD, FUNUAP, PNUCID, OIT, UNESCO, OMS, Banque Mondiale) et d’autres partenaires (gouvernements, ONG, chercheurs spécialistes ou non) sera le premier interpellé. Il devra impérativement se réformer, en faisant preuve de plus de démocratie et de transparence surtout dans l’exploitation des données épidémiologiques. Ce n’est qu’à ce prix que le SIDA pourra être vaincu, ainsi que beaucoup d’autres affections.
25 novembre 2006
Le Rwanda rompt ses relations diplomatiques avec la France
Source: AFP et Reuters
La décision du juge d'instruction français Jean-Louis Bruguière de mettre en cause, mercredi, de hautes personnalités rwandaises dans l'attentat contre le président Habyarimana le 6 avril 1994 a entraîné une soudaine détérioration des relations franco-rwandaises.
Kigali a annoncé, vendredi 24 novembre, qu'il avait rompu ses relations diplomatiques avec la France et donné vingt-quatre heures à l'ambassadeur français pour quitter le pays. "Nous, au gouvernement, avons décidé de rompre nos relations diplomatiques avec la France, a déclaré le chef de la diplomatie de Kigali, Charles Murigande. Nous avons ordonné à l'ambassadeur de France de quitter notre pays sous vingt-quatre heures et avons accordé aux autres membres de la mission diplomatique un délai de soixante-douze heures pour faire de même." Plus tôt dans la journée, il avait indiqué que l'ambassadeur de France à Kigali avait été convoqué afin d'expliquer "pourquoi son pays n'a cessé de nous harceler au cours des douze dernières années".
MANIFESTATIONS MASSIVES CONTRE PARIS
Le juge Bruguière a lancé, mercredi 22 novembre, des mandats d'arrêt pour "assassinats" ou "complicité d'assassinats" contre neuf proches de M. Kagamé. Il les soupçonne d'être impliqués dans l'attentat perpétré le 6 avril 1994 contre l'avion du président Habyarimana, dont la mort avait marqué le début du génocide rwandais. Le magistrat français a également recommandé des poursuites contre M. Kagamé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour sa "participation présumée" à cet attentat.
Jeudi, des milliers de Rwandais – 25 000, selon un chiffre non officiel – ont manifesté contre Paris, qu'ils accusent de complicité de génocide. Dans les rues de la capitale, ils ont brandi des pancartes affirmant "France=génocidaire", "Arrêtez de protéger les tueurs" ou "La France hors du Rwanda". Kigali affirme aujourd'hui que les initiatives du juge Bruguière s'inscrivent dans un effort de Paris pour dissimuler le rôle que les militaires français ont joué.
Les relations franco-rwandaises restent marquées par le souvenir du soutien français au régime de l'ancien président hutu Habyarimana. Sa disparition avait été le prétexte avancé par les extrémistes hutus pour massacrer les Tutsis, à qui ils attribuaient la responsabilité de l'assassinat. Le génocide avait fait, d'avril à juillet 1994, environ 800 000 morts, essentiellement tutsis, selon l'ONU.





