12 septembre 2009
Gabon : Pour les Etats-Unis, le processus électoral n’est pas achevé.
source:gabon info
Les Etats-Unis appellent à réagir « avec calme »
Les Etats-Unis ont appelé jeudi « les partis et les citoyens gabonais à réagir dans le calme aux résultats » de l’élection présidentielle dans ce pays, a annoncé le département d’Etat.
« Nous appelons tous les partis à faire respecter le processus démocratique et à observer les procédures électorales établies », a affirmé Philip Crowley, un porte-parole, au cours du point de presse quotidien de la diplomatie américaine.
« Nous demandons fermement aux partis et aux citoyens gabonais de réagir dans le calme aux résultats », a-t-il aussitôt ajouté.
Interrogé sur le fait de savoir si Washington reconnaissait le résultat du scrutin, M. Crowley a répondu : « Je ne crois pas que nous ayons établi notre jugement, nous ne pensons pas que le processus soit achevé. »
08 janvier 2009
Sinistre scénario
source: le monde
C'est toujours le même sinistre enchaînement : il faut attendre l'inévitable "grosse bavure", et l'émotion qu'elle provoque, pour que les solutions diplomatico-humanitaires commencent à être envisagées. On a connu cela au Liban lors des interventions israéliennes de 1996 puis de 2006. C'est au tour de Gaza.
Tombés mardi 6 janvier juste à l'extérieur d'une école administrée par les Nations unies dans le nord du territoire, deux obus de char israéliens ont tué une quarantaine de civils palestiniens et blessé des dizaines d'autres. Des sources médicales concordantes, citées par l'agence Reuters, ont rapporté la scène : les projectiles qui s'écrasent parmi des hommes et des femmes en sandales - à l'évidence pas des combattants -, les corps démembrés qui jonchent le sol, les flaques de sang...
Et, comme après les précédentes "bavures", c'est à ce moment qu'une esquisse de possible dialogue politique s'ébauche, par l'intermédiaire de l'Egypte. C'est à ce moment aussi qu'Israël consent à envisager ce qui lui est réclamé, notamment par la France, depuis le début de son opération dans le territoire palestinien : l'ouverture d'un corridor humanitaire. Il faut rendre hommage aux Européens, et notamment à Nicolas Sarkozy. Ils ont été les premiers, avant le drame de mardi, à prendre le risque d'une ingrate médiation pour faire monter la pression sur les protagonistes : Israël, d'un côté, et le Hamas, de l'autre, par l'intermédiaire de l'Egypte et de la Syrie.
Car le bilan de ce qui se joue à Gaza est déjà trop lourd. Humain, d'abord, avec plus de 600 Palestiniens tués, dont au moins un quart de civils. Humanitaire, avec un territoire de plus d'un million et demi d'habitants encore un peu plus martyrisé qu'à l'habitude. Politique, avec une guerre qui radicalise chaque jour l'opinion arabo-musulmane et décrédibilise le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Israël peut avancer à bon droit qu'il lui était impossible de laisser le Hamas continuer à stocker un arsenal de milliers de roquettes de plus en plus puissantes et sophistiquées. Mais en serait-on arrivé là si l'on avait donné une chance au dialogue politique avec le Hamas ? Et sortira-t-on de cette guerre sans l'amorcer ? Non, bien sûr.
forum journal le monde
Jean-Alain L.
07.01.09 | 22h16
Le corridor ? bien sûr mais est ce une solution ? il FAUT que palestieniens et israeliens puissent vivre dans des frontières internationalisées, point barre !
CG.
07.01.09 | 22h04
La politique de l'Etat d'Israël est inexcusable. Elle a créé par son intolérance le Hamas qu'elle prétend détruire et qu'elle ne fait que renforcer. Nous en sommes au stade des crimes de guerre. M Glucksman a des indignations bien sélectives pour feindre de ne pas s'en rendre compte.
Abu_Simbel
07.01.09 | 22h02
Quelques remarques en écoutant Al-Jazeera: 1/on voudriat que le Tsahal sorte vainqueur avant une décision,c'est foutu. 2/On voudrait que ni l'Iran, ni la Syrie, ni l'Iraq, ni les palestiniens ne soient armés et se défendre. 3/L'Egypte et Israél sont les perdants de cette aventure militaire.Egy fera face à une contestation non de la rue mais des élites,Isr a perdu quelques alliés arabes. 5/A moyen terme, se fera une union des combattants palestiniens, "modérés" et "radicaux". Au fond génial.
Marc
07.01.09 | 21h44
C'es épuisant de lire les mêmes aneries, épuisant ausi de tenter d'y répondre avec peu de mots. De quelle chance au dialogue parlez-vous avec Israël ? Vous n'avez toujours pas compris depuis 60 ans que le mouvement sioniste ne veut rien d'autre que la terre et toute la terre, il se fiche du dialogue que vous prônez en intellectuel européen et occidental. Ouvrez les yeux bon sang. Israël, c'est la domination, pas le dialogue.
MAGALI C.
07.01.09 | 21h39
J'aimerais que nos journalistes nous expliquent comment le Hamas peut accumuler les roquettes et se constituer un arsenal alors que Gaza est sous embargo et que les Palestiniens n'ont pas de quoi se nourrir ni se soigner. Nous refait-on le coup des "armes de destruction massive" ? Le terrorisme est une chose, soit un crime condamnable, le meurtre perpétré par un Etat en est une autre, plus effrayante encore car c'est le crime institutionnalisé, comme la peine de mort à grande échelle.
Pierre M.
07.01.09 | 20h39
A quand des inculpations devant la Cour Internationale de Justice ? On inculpe des Soudanais, mais les Israéliens ne font pas mieux (à une plus petite échelle)
Raphaël D.
07.01.09 | 19h35
C'es épuisant de lire les mêmes aneries, épuisant ausi de tenter d'y répondre avec peu de mots. De quelle chance au dialogue parlez-vous avec le Hamas. Vous n'avez toujours pas compris que le mouvement terroriste ne veut rien d'autre que le chaos, il se fiche du dialogue que vous prôner en intellectuel européen et occidental. Ouvrez les yeux bon sang. le Hamas c'est la mort, pas le dialogue.
ANDRE S.
07.01.09 | 18h54
Malgré quelques gesticulations à destination des médias, ce "sinistre scénario" semble être accepté et approuvé par une grande partie de dirigeants politiques des pays dits "civilisés". Les solutions proposées ne prennent en compte que le point de vue d'Israel. Ceci dure déjà depuis 60 ans. Et on nous annonce, plus tard, une réaction de Obama Barak. Peut-être se réveillera-t-il quand le nombre de morts palestiniens dépassera 1000? L'analyse des raisons de ce soutien de fait reste à écrire.......
mireille u.
07.01.09 | 18h37
La victimisation d'Israël est insupportable. Combien de victimes civiles palestiniennes depuis 60 ans au nom du sionisme, ce colonialisme religieux? Combien de vies, de familles palestiniennes brisées depuis 60 ans? Peut-on accepter de perdre maisons et terres au profit des colons sans réagir? Bien sûr que non. Le Hamas et les tirs de roquette ne sont que des prétextes. Le colonialisme dans ce qu'il a de pire, c'est ce qui mène Israël. L'antisémitisme est une abomination, le sionisme aussi.
ROBERT T.
07.01.09 | 18h26
Les seuls responsables sont les Israéliens et les Palestiniens. Daniel Barenboïm a parlé fort et proposé une solution viable qui respecte les deux peuples. Ils ne tient qu'à eux de la choisir et ils n'ont besoin de personne pour le faire.
NICOLAS A.
07.01.09 | 16h55
Vous voulez dire que, comme à chaque fois, la "bavure" contre un bâtiment de l'ONU n'était pas vraiment une bavure? Alors quoi? Un crime de guerre qui restera une fois de plus impuni?
jr
07.01.09 | 16h50
Ce n'est pas un corridor humanitaire qu'il faut. C'est une force internationale entre Gaza et Israel pour faire cesser les tirs de roquettes, comme au Liban avec la FINUL. Bavure ou pas bavure, la communauté internationale n'apporte pas les solutions adéquates.
PHILIPPE J.
07.01.09 | 16h42
Israël est un Etat-voyou (rogue state) qui viole impunément la légalité internationale et les résolutions du Conseil de Sécurité depuis 40 ans. Après que la Présidence Sarkozy a passé outre à l'avis négatif du Parlement Européen, il serait inconcevable que l'UE puisse commencer le rehaussement (upgrade) de ses relations avec cet Etat- voyou, coupable de crimes de guerre au Liban (2006) et à Gaza et de crimes contre l'humanité (cf. Peter Falk, rapporteur de l'ONU, Professeur de Droit à Princeton).
alain sager (nogent sur oise)
07.01.09 | 16h42
On appelle dialogue l'art de mettre en commun des opinions divergentes en vue de parvenir à un éventuel accord sur une vérité, en considérant que le "logos" est partagé entre tous. Dans le cas présent, je ne sais pas si pour l'un ou l'autre des protagonistes, ce que je viens de dire a le moindre sens. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'ils se renvoient à la figure les différences de degré qu'il y a incontestablement entre les crimes de guerre qu'ils commettent. Dialogue, mais de sourds.
Mokhtar H.
07.01.09 | 16h36
"Difficile de dialoguer avec Hamas lorsqu'on reçoit quotidiennement des dizaines de roquettes". Ah? Et lorsqu'on reçoit des dizaines de missiles israéliens? Des assassinats "ciblés" qui tuent toute la famille? Que l'on extorque maisons, terres, eau, construit des murs d'apartheid? Quand on crée un camp à Gaza pour 1,5 million de personnes? Pourtant les palestiniens, les pays arabes ont tendu maintes fois la main pour dialoguer, proposé la paix avec le droit. Réponse sioniste?
Roger L.
07.01.09 | 16h32
>>>les Indiens d'Amérique, notamment parce que les circonstances géopolitiques ne sont pas les mêmes, ni les mentalités, ni les moyens de communications. Ce n'est pas le seul conflit insoluble que le monde connaisse mais c'est le seul dont les répercussions extérieures vont dangereusement secouer, sinon le monde entier, du moins le Moyen Orient et l'Occident qui, par lâcheté ou impuissance, est donné comme complice ou complaisant.
Un homme las
07.01.09 | 16h30
Bravo pour un deuxième bel édito. Il est vrai qu'on peut être las, et même désespéré de voir toujours les même choses, chaque fois en pire. J'entends d'ici dire "c'est de la seule faute de...", "Rien n'est possible sans...préalable". Non. Un conflit se fait à deux, les deux sont responsables. Et il faut arrêter les grandes déclarations de principes, être pragmatiques. Et ouvert. La reconnaissance réciproque ne pourra se construire que sur une relation pragmatique *saine*. Pas histérique.
FRANCOIS B.
07.01.09 | 16h25
Comme d'habitude l'armée israélienne est allée trop loin, elle ne veut pas de pertes dans ses rangs, il y en aura donc plus chez l'adversaire, sans témoins comme l'invasion de l'Iraq, c'est plus sûr. Et voilà, il y le téléphone...qui filme et transmet... Et toujours l'ONU qui met des bâtons dans les roues, pourtant l'oncle SAM veille à empêcher une résolution;.Mais le massacre est public, tant pis, il faut négocier.
MARIA B.
07.01.09 | 16h24
Mahmoud Abbas est discrédité, mais Israel va aussi payer cher le prix de son discrédit moral. Pourquoi Iraël a-t-fait ce choix ?
MICHEL B.
07.01.09 | 16h23
Le Hamas est gagnant à tous les coups: disséminé dans la population civile, pas de guerre frontale, un arsenal de missiles qu'il lance de manière sporadique et aléatoire. C'est la guerre entre un tigre et une guêpe. La guêpe gagne toujours, Israel aurait dû le savoir.
Roger L.
07.01.09 | 16h23
LE MONDE fait ce qu'il peut pour demeurer mesuré et y parvient fort bien mais, comme le dit un "réacteur", voyons les choses de loin: aucun accord n'est possible pour une vraie solution puisque nous savons que jamais Israël n'a songé sérieusement à laisser s'installer un véritable Etat à ses côtés. Elle veut une population soumise, dotée d'une sous citoyenneté. Dans certains cas une telle stratégie peut fonctionner mais nous ne sommes plus aux 16e et 17e siècles. Les Palestiniens ne sont pas>>>
jean louis r.
07.01.09 | 16h17
Si les palestiniens n'avaient pas été arraché à leur terre par la violence des colonisateurs (sionistes) il n'y aurait jamais eu de roquettes sur les colonies israéliennes. Renvoyer dos à dos colonisateurs et colonisés, c'est, qu'on le veuille ou non se faire complice de l'agresseur. Ce qui valait pour l'Algérie vaut pour la Palestine.
arggg
07.01.09 | 15h55
25% de victimes civiles, ce sont les chiffres des portes paroles de Tsahal. En passant, je sais pas si les dirigeants palestiniens sont décrédibilisés mais les dirigeants israéliens; ça fait une paire qu'ils ne font rien de bon !!!
ALAIN L.
07.01.09 | 15h44
600 morts palestinien pour 8 morts Israeliens , pourquoi n'est il pas possible de condamner une telle disproportion de force sans se faire taxer d'anti israélien? En tout cas comme à chaque fois Irsael parviendra au résultat inverse escompté, une accumulation de haine voila tout . Hamas et faucons Israélien même combat , ce sera sans issue. Seul Obama peut encore forcer le destin
Jessie
07.01.09 | 15h43
Malheureusement, tout ce qu'est en train de faire Israël, c'est d'assoir la rancoeur qui fera les terroristes de demain. Ce n'est pas de cette façon que les Israéliens vont régler leurs problèmes, bien au contraire !
Agathon
07.01.09 | 15h41
"Fiat justitia ne pereat mendus"(Hegel). Devant de tels crimes dans un conflit militaire, les voix diplomatiques et politiques sont insuffisantes(des lamentations stériles). Reste la voix juridique. Elle seule pourra mettre à mal cette impunité sans nom. Quand Olmert, Barak et Livini entendront un jour " The court, please, stand up". Et qu'ils se léveront devant une Justice, alors la paix sera possible. Les sanguinaires généraux Algériens ont eu la trouille et depuis ça va mieux. Essayons
michel o.
07.01.09 | 15h40
On a déjà connu tout ça avec Sarajévo. Les accords de Dayton et le corridor avaient mis un terme temporaire aux exactions des Serbes après entr'autre le massacre de Markale. Il faudra attendre encore quelques exactions avant que la communauté internationnale envisage des frappes aériennes contre la RFY. Depuis la Serbie est rentrée dans le rang. Bis repetita placent ... tant qu'elles ne deviennent pas insupportables au plus grand nombre. Un accessit pour l'omni : un Richard Holbrooke français ?
Aliette G.
07.01.09 | 15h39
Merci pour cet édito courageux et révolté qui réconforte sur la capacité de la Presse de raisonner et de prendre position au-delà de l'opinion et des indices de l'offre et de la demande. On peut néanmoins contribuer en constatant que l'UE et Nicolas Sarkozy ont commencé par l'erreur de cautionner l'embargo et le point de vue selon lequel le Hamas n'aurait pu être un interlocuteur démocratique citoyen. Car ce qui est "permis" au pouvoir admet toujours sa possibilité d'en réaliser l'excès.
Asinus
07.01.09 | 15h27
Qu'en aurait dit Sirius? Ce qui est écrit peut s'appliquer à la politique éditoriale du Monde concernant le conflit israëlo-palestinien. La complaisance dont ont bénéficié Israël et son armée de la part de "compagnons de route" autrement plus efficaces que ceux de la cause palestinienne, ne saurait être étrangère aux "grosses bavures" qui, maintenant, soulèvent l'indignation. Ce n'est pas le droit d'ingérence, si cher certains (ailleurs seulement), c'est l'opportunité du silence et de la parole
NICOLAS A.
07.01.09 | 15h12
Vous voulez dire que, comme à chaque fois, la "bavure" contre un bâtiment de l'ONU n'était pas vraiment une bavure?
Hervé DIVICIACOS
07.01.09 | 15h09
Quand discutera-t-on enfin avec les Palestiniens des sujets qui fâchent : 1°)droit au retour, ou son indemnisation*.2°) retrait intégral des colons de Cisjordanie 2°)Co-souveraineté sur Jérusalem. Et c'est un minimum... On ne peut traiter le Hamas d'extrémiste, et en même temps refuser de discuter des sujets à la source des problèmes...Un peu de bon sens, voyons! *Mr Sharon a indemnisé à quelle hauteur chaque colon israélien déménagé de Gaza ?
Sinistre décompte !
07.01.09 | 15h02
Comme vous y allez, un quart de victimes civiles, mettez-en un petit chouya supplémentaire svp ... De plus il n'y a pas que les dirigeants palestiniens qui soient décrédibilisés, mais bon de cela mieux vaut ne pas en parler sous peine de se faire taxer d'antisionisme( ce qui est loin d'être mon cas je tiens à le préciser), je suis tout simplement un peu plus clairvoyant que beaucoup de personnes qui font preuve d'aveuglement dès que l'on en vient à évoquer ce conflit ... Patrice S
DAVID S.
07.01.09 | 14h50
Il fallait engager le dialogue avec le Hamas, facile à dire de loin. Plus difficile lorsqu'on reçoit quotidiennement des dizaines de roquettes.
rastaman
07.01.09 | 14h48
Merci de faire lire votre édito à vos contributeurs, par exemple monsieur Glucksman qui nous fait une analyse sémantique du mot "disproportionné".
Mike
07.01.09 | 14h27
Pour amorcer un dialogue, il faut être 2 à le vouloir. Il me semble que le Hamas n'a pas été élu au nom de cette idée. La "grosse bavure" était inévitable vu que le propre des guerres asymetriques est de provoquer ce genre de choses en s'abritant dans des endroits incongrus (écoles, maisons) et d'utiliser des boucliers humains. Tout est question de timing. Le Hamas cherche à montrer qu'il resiste longtemps et le temps joue contre Israel. Espérons le dialogue mais l'avenir est sombre.
Jean-Paul A.
07.01.09 | 14h25
L'attitude israélienne est simplement criminelle, au sens du crime contre l'humanité. On peut comprendre l'exaspération des israéliens recevant des roquettes régulièrement, mais ces roquettes sont plus symboliques que réellement dangereuses: la réaction est hors de proportion, sans commune mesure avec l'agression. En somme, ce sont des représailles collectives infligées à la population. Sans parler du fait qu'Israël bafoue les résolutions de l'ONU depuis des décennies, en toute impunité.
Jean-Claude P.
07.01.09 | 14h20
Enfin on ouvre les yeux sur les "dites" bavures quand cela est possible et que l'on ne dit pas à la presse ne venait pas,c c'est trop dangereux ou circulait, il n'y a rien à voir ici. oui, c'est la Democratie !
27 septembre 2008
1er débat Obama/Mc Cain
source: le monde
Question:Commençons par ce qu'a dit le général Eisenhower a dit, pendant la campagne de 1952 : "Nous devons atteindre à la fois la sécurité et la solvabilité. En fait, le fondement de la force militaire et la force économique". Avec cette citation à l'esprit, la première question est la suivante : à ce stade, aujourd'hui, sénateur quelle est votre position en ce qui concerne le plan de sauvetage financier ?
Barack Obama : Merci à la commission et à notre hôte du Mississippi et je pense que le moment est venu à point nommé pour parler de l'avenir de notre pays. Nous sommes à un moment crucial de notre Histoire. Notre pays est impliqué dans deux guerres et nous vivons la pire crise financière depuis la grande dépression. Nous avons beaucoup entendu parler de Wall Street, mais "Main Street" (l'homme de la rue) a aussi beaucoup souffert de cette crise et cela pourrait avoir un énorme impact sur tous les secteurs de notre économie. L'homme de la rue se demande quel impact cela aura sur sa vie, sa retraire, son logement, sur son emploi et ses possibilités financières pour financer les études universitaires de ses enfants.
Il nous faut agir rapidement et nous devons agir judicieusement. C'est pourquoi je voudrais présenter une série de propositions qui garantissent la protection des contribuables tout au long de ce plan de sauvetage. Premièrement, nous devons nous assurer que nous gardons le contrôle de cep processus de sauvetage. 700 milliards de dollars, c'est quand même beaucoup d'argent. Deuxièmement, nous devons nous assurer que les contribuables lorsqu'ils investissent cet argent auront la possibilité de le récupérer, quand l'économie se redressera. Troisièmement, nous devons nous assurer que cet argent ne servira en rien à enrichir encore plus les PDG ni non plus à leur offrir des parachutes dorés. Quatrièmement, nous devons absolument aider les propriétaires de maison, parce que le problème fondamental concerne les saisies, qui sont effectuées actuellement sur tout le territoire américain. Nous devons également reconnaître qu'il s'agit là du verdict de huit années de politique économique désastreuse menée par George Bush et soutenue par le sénateur McCain. L'idée de cette politique que nous pouvons dérèglementer tous azimuts et réduire la protection des consommateurs et donner encore plus à ceux qui ont déjà et que, d'une façon ou d'une autre, la prospérité va bénéficier à toutes les classes sociales. Ça ne fonctionne pas et je pense qu'il faut mesurer les fondamentaux de l'économie de la façon suivante : la classe moyenne reçoit-elle la part de la prospérité qui lui revient ? C'est ce dont nous allons, je l'espère, parler ce soir.
John McCain : Merci. J'ai une triste nouvelle, ce soir : le sénateur Kennedy a été hospitalisé ; les prières et les pensée de toute sa famille et de son entourage vont vers lui. Je souhaite également remercier l'Université du Mississippi de nous accueillir. Jim, il y a pas mal de choses récemment qui me chagrinent. D'ailleurs, c'est le cas pour beaucoup d'Américains qui sont confrontés à des défis. Mais je me sens un petit peu mieux ce soir et je vais vous expliquer pourquoi. En effet, pendant que nous sommes ici, nous observons, pour la première fois depuis longtemps, des républicains et des démocrates qui se réunissent pour essayer des solutions à la crise dans laquelle nous sommes plongés. Et il ne faut pas se cacher l'ampleur de cette crise. Nous ne parlons pas de faillites à Wall Street, mais de problèmes économiques majeurs pour "Main Street". Nous parlons là de gens qui vont perdre leur emploi, perdre leur crédit hypothécaire et leur maison. A moins que nous ne trouvions une solution à la plus grande crise économique de notre époque. Et j'ai vu beaucoup de choses dans ma vie.
Mais, là, ce qui est important c'est qu'enfin nous voyons les républicains et les démocrates se réunir pour négocier un train de mesures. Ce dernier doit comporter des éléments de transparence, de responsabilité et de contrôle ; des solutions pour consentir des prêts aux entreprises en difficultés, le gouvernement pouvant reprendre ces prêts à son compte. En fait, ce train de mesures doit comporter un certain nombre d'éléments clés. Récemment, à Washington, j'ai rencontré un certain nombre de républicains à la chambre des représentants qui ne faisaient pas partie de l'équipe de négociation, car ils n'ont pas voulu en faire partie et je peux le comprendre. D'autres républicains de la chambre ont souhaité être impliqués dans la recherche d'une solution. Mais il y a une chose que je souhaite souligner une chose : pour tous les Américains aujourd'hui, il ne s'agit as du commencement ou de la fin de cette crise, il s'agit de la fin du commencement si nous parvenons à trouver une solution pour sauver ces établissements et nous avons beaucoup de pain sur la planche. Nous devons créer des emplois et un des moyens est de diminuer notre dépendance par rapport au pétrole étranger.
Jim Lehrer : Quel est votre avis sur le plan de sauvetage ?
Barack Obama : Je suis optimiste sur l'avenir de ce plan. La question que l'on doit se poser c'est : comment en est-on arrivé là ? Il y a deux ans, j'ai lancé une mise en garde et j'ai dit, à cause des "subprimes", à cause du laxisme des réglementations, nous allions au devant de problèmes et j'ai dit qu'il fallait mettre fin à certains abus en matière hypothécaire que l'on pouvait constater à l'époque. L'année passée, j'ai écrit au secrétaire d'Etat au trésor pour m'assurer qu'il comprenait bien le problème et pour l'exhorter à réunir toutes les parties prenantes pour essayer d'en discuter. Alors la question qu'il faut se poser est la suivante : oui nous devons essayer de résoudre cette crise dans de brefs délais, mais il faut également se demander comment nous avons pu pousser la déréglementation aussi loin. Comment se fait-il que n'ayons pas pu mettre sur pied un cadre réglementaire depuis l'an 2000 pour gérer ce type de problème ? Cette situation est due à une philosophie selon laquelle la réglementation est toujours quelque chose de mauvais.
John McCain : J'espère que ce plan va fonctionner. J'ai lancé aussi des mises en garde sur Freddie Mac et Fannie Mae sur l'avidité des entreprises, sur le niveau de rémunérations des PDG. Beaucoup d'entre nous ont vu la crise arriver. Mais se pose également la question de la responsabilité. A ce propos, je voudrais reprendre l'exemple du président Eisenhower, qui la veille du Débarquement s'est rendu dans sa chambre et a rédigé deux lettres. L'une de ces lettres félicitait les militaires des pays alliés pour avoir conduit et réussi la plus grande invasion militaire de l'histoire. D'ailleurs, c'est toujours la plus grand prouesse militaire jusqu'à maintenant. Mais, l'autre était une lettre de démission, au cas où le Débarquement aurait échoué. D'une certaine manière, il avait fait preuve de responsabilité. Moi-même j'ai été critiqué pour avoir demandé la démission du président de la SEC [gendarme des marchés américain]. Nous devons commencer à exiger que les gens rendent des comptes et les récompenser lorsqu'ils réussissent. Cependant, on constate actuellement qu'à Washington comme à Wall Street, c'est l'avidité qui est récompensée, c'est l'excès qui est récompensé et la corruption ainsi que l'absence de responsabilité sont également récompensées. Si je suis élu président, mon administration devra être responsable. Et ça, je vous le promets.
Question : Sénateur Obama avez-vous quelque chose à ajouter ?
Barack Obama : Oui, le sénateur McCain a raison : nous avons besoin de davantage de responsabilité. Et ce dès maintenant pour surmonter la crise. En effet, pendant des années, l'idéologie dominante a été la suivante : ce qui est bon pour Wall Street est bon pour "Main Street". Et les gens ont commencé à souffrir bien avant l'éclatement de la crise. Nous avons fermé les yeux devant les problèmes qui ont entraîné une chute des salaires et des revenus pour l'Américain moyen, un effondrement du système de protection sociale, un dysfonctionnement des politiques énergétiques. Il y a dix jours, John a dit que les fondamentaux étaient sains.
Question : Pourquoi ne lui dites-vous pas directement ?
Barack Obama : John, il y a dix jours, John vous avez dit que les fondamentaux étaient sains (rires).
John McCain : Il avait peur que je n'entende pas ! (Rires)
Question : Mon rôle est de vous inciter à vous parler directement…
Barack Obama : Je ne suis fondamentalement pas d'accord. Il faut que nous ayons le sens des responsabilités 24 heures sur 24. C'est nécessaire pour défendre les Américains, comme les infirmières, les enseignants, les officiers de police, qui ont des problème financiers, qui doivent contracter de nouveaux prêts simplement pour pouvoir faire face à leurs remboursements hypothécaires. Nous ne nous sommes pas suffisamment occupés d'eux, particulièrement en matière de politique fiscale.
Question : Sénateur McCain êtes-vous d'accord avec ces propos ? Si non, sur quoi n'êtes-vous pas d'accord ?
John McCain : Nous devons réparer ce système qui pose des problèmes fondamentaux. "Main Street" fait les frais des excès qui ont été commis et de l'avidité manifestée par Washington et Wall Street. Donc il est évident que nous avons beaucoup de pain sur la planche. Bien évidemment il faut interpréter de façon plus rigoureuse les réglementations et renforcer les différents organismes de réglementation, qui n'ont pas bien fait leur travail, qui ont contribué à la crise. Mais je crois fondamentalement dans la solidité et la force des travailleurs américains qui sont les plus productifs, les plus innovateurs, l'Amérique étant toujours le plus grand producteur, exportateur et importateur. Mais nous devons nous sortir de cette crise. Cela dit, je crois en l'Amérique et, avec une bonne administration, l'Amérique a de beaux jours devant elle.
Question : Passons à la deuxième question qui tourne autour du deuxième sujet : pour reprendre vos termes, parlant de "fondamentaux", y a-t-il des différences fondamentales entre votre approche et celle du sénateur Obama en ce qui concerne ce que vous feriez en tant que président pour sortir de cette crise financière ?
John McCain : La première chose à faire est de réduire les dépenses à Washington, qui ne sont pas du tout maîtrisées actuellement. Nous avons vécu l'augmentation des dépenses gouvernementales la plus importante depuis la "Grande société" de Lindon Johnson. Nous autres, les Républicains, sommes venus au pouvoir pour changer les méthodes gouvernementales mais ce sont elles qui nous ont changés. Et le pire symptôme de cette maladie est décrit par mon ami Tom Coburn comme les "affectations budgétaires" qui deviennent une voie ouverte vers les dépenses effrénées et vers la corruption. Et nous constatons que des membres du Congrès démissionnent à cause de leurs pratiques répréhensibles de clientélisme. Par exemple, on a dépensé 30 millions de dollars pour étudier l'ADN de l'ours au Montana. Je ne sais pas s'il s'agit d'un problème d'ordre pénal ou autre. Le fait que 30 millions de dollars de deniers publics ont été dépensés et que c'est ce genre de dépense qu'il faut maîtriser.
En tant que président des Etats-Unis, je vais vous montrer, j'ai un crayon et avec ce crayon, je vais apposer mon veto à toutes les demandes de dépenses qui viennent sur mon bureau. Le sénateur Obama a demandé des affectations budgétaires se montant à 932 millions de dollars reposant sur le clientélisme. C'est-à-dire pratiquement un million de dollars pour chaque jour qu'il a siégé au Sénat. Je vous suggère de vous rendre sur le site Internet appelé citoyens contre le gaspillage gouvernemental et de jeter un coup d'œil sur ces projets. Ce n'est vraiment pas la bonne manière pour maîtriser les dépenses à Washington. C'est l'une des différences fondamentales entre le sénateur Obama et moi-même.
Barack Obama : Le sénateur McCain a tout à fait raison, il y a eu des abus en matière d'affectations budgétaires. C'est pourquoi j'ai suspendu toutes demandes budgétaires pour mon Etat et il a également raison lorsqu'il affirme que les lobbyistes et les intérêts spécifiques sont souvent derrière ce type de demande budgétaire. Bien que cela ne soit pas vrai en ce qui me concerne. Mes affectations budgétaires se sont montées à 18 milliards de dollars. Le sénateur McCain propose des réductions fiscales de 300 milliards de dollars et c'est une différence fondamentale avec moi. Et ceci en faveur des sociétés et des entreprises les plus riches dans notre pays. 300 milliards de dollars. 18 milliards de dollars, c'est une somme importante. 300 milliards de dollars, c'est une somme énorme. Dans son plan fiscal, M. McCain a prévu d'accorder aux entreprises les plus riches en moyenne 700 000 dollars de réductions fiscales alors que 100 millions d'Américains ne seront pas concernés par cette réduction. Je suis persuadé qu'il faut reconstruire l'économie à partir du bas. Et ce que je souhaite, c'est instaurer une réduction fiscale pour 95 % des familles qui travaillent. Ce qui signifie que pour l'Américain moyen, qui reçoit sa paie chaque jour, il s'agira d'avoir un petit plus d'argent pour acheter un ordinateur pour les enfants, pour remplir son réservoir d'essence dont le prix bat tous les records et, à long terme, je pense que c'est une meilleure recette pour assurer la croissance économique que la politique du président Bush que McCain souhaite poursuivre.
John McCain : Je ne veux pas constamment revenir sur le passé. Le sénateur Obama a suspendu ses demandes budgétaires fondées sur le clientélisme après s'être porté candidat à la présidence. Pendant ces trois premières années en tant que sénateur, il ne s'en était pas aperçu. 932 millions de dollars d'affectations budgétaires, peut-être pour le sénateur Obama, ce n'est pas beaucoup d'argent et j'entends dire, oui, mais ce n'est que 18 milliards de dollars. Savez-vous que ce montant a été multiplié par trois durant ces cinq dernières années ? Savez-vous que ce système est devenu incontrôlable au point où il suscite la corruption ? C'est pourquoi certaines personnes sont sous le coup d'inculpation. Il s'agit d'un système qui doit être épuré. Pendant toute ma carrière, j'ai lutté contre ce système. Un des principaux membres de la Commission des affectations budgétaires m'a appelé le shérif. Le sénateur Obama n'a pas précisé que mis à part ces réductions fiscales, il propose également un montant de dépenses de 800 milliards de dollars pour de nouveaux programmes. C'est une différence fondamentale entre le sénateur Obama et moi-même. Personnellement, je pense que la pire chose que l'on puisse faire en ces temps de crise, c'est d'augmenter les impôts.
Barack Obama : Il y a une chose qui doit être claire, c'est qu'il ne s'agit pas d'accorder des réductions fiscales aux entreprises. Arrêtons de favoriser fiscalement les entreprises qui dévalorisent les emplois. Moi, je veux m'assurer que nous ayons un système sain qui permette à tous les citoyens de bénéficier d'une couverture sociale suffisante, et je pense qu'il s'agit là de priorités importantes pour lesquelles il faut être prêt à dépenser. Mais revenons au point qui nous occupe. John, personne ne nie qu'une somme de 18 milliards de dollars, c'est une somme importante. Et personnellement, en tant que président, je passerai en revue toutes les lignes budgétaires pour être sûr que nos dépenses se font à bon escient. Mais le fait est que la réduction des affectations budgétaires n'est pas la panacée pour renflouer la classe moyenne. Et votre politique fiscale est conçue principalement en faveur de ceux qui s'en tirent bien. Et vous négligez ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Je pense qu'il s'agit d'une poursuite de la politique menée au cours des huit dernières années, et nous ne pouvons pas nous permettre encore quatre années avec cette politique.
John McCain : Je vais vous donner un exemple de ce que le sénateur Obama remet en question : l'impôt sur les sociétés. En ce moment les entreprises aux Etats-Unis d'Amérique paient le deuxième impôt le plus élevé au monde, à savoir 35 %. L'Irlande paie 11 %. Vous savez, si vous êtes dans le monde des affaires et si vous regarder où travailler dans le monde, alors franchement si vous allez dans le pays où l'impôt sur les sociétés n'est que de 11 % et si vous le comparez aux 35 %, vous allez pouvoir créer des emplois, vous allez développer votre activité, vous allez pouvoir investir plus, etc. Je veux réduire cet impôt sur les sociétés. Je veux le réduire afin que les entreprises restent aux Etats-Unis et qu'elles créent des emplois. En fait il s'agit de beaucoup plus de 18 milliards de dollars de dépenses. Le Sénat va prendre une résolution demain ou dans les jours à venir, peut être la semaine prochaine, avec 2 000. Vous allez être époustouflés. Le sénateur Obama est un nouvellement converti après avoir demandé 932 millions de dollars dans le cadre d'un projet de dépenses pour les entreprises. Donc, ce que je veux dire, c'est que je veux des réduction d'impôt pour les gens, je veux que chaque famille ait droit à 5 000 dollars d'allègement d'impôt pour qu'elle puisse acheter leur propre couverture santé. Je veux doubler de 3 50 dollars à 7 000 dollars les allocations pour tout enfant à la charge de sa famille. Je sais que la pire chose que l'on puisse faire c'est d'augmenter les impôts. Beaucoup de personnes souhaiteraient connaître ce que le sénateur Obama entend par "riche".
Barack Obama : Je souhaite dire plusieurs choses. Voici ce que je peux dire au peuple américain. 95% du peuple américain aura une réduction d'impôt. Et si vous gagnez moins de 250 000 dollars, soit un quart de million de dollars par an, vous n'aurez pas un centime d'augmentation d'impôt. John a parlé d'impôt sur les sociétés. Il est élevé dans ce pays et il a tout à fait raison. C'est cela le problème. Il y a beaucoup de lacunes dans le système d'imposition qui semblent aller dans le sens mentionné par le sénateur McCain. En effet nos entreprises paient un des impôts les plus élevés au monde. Ce que cela signifie, c'est qu'il y a des gens qui travaillent tous les jours et qui n'ont pas de réduction d'impôt et vous voulez leur en donner plus. Vous ne donnez pas l'impression de vouloir trouver une solution dans les lacunes du système d'imposition. Vous voulez des réductions d'impôt pour tous en sus de ces lacunes. C'est un problème. le Sénateur McCain a parlé d'un crédit dans le domaine de la santé de 5 000 dollars. Mais ce' qu'il ne nous dit pas, c'est que pour la première fois dans l'histoire, il a l'intention d'imposer les bénéfices réalisés dans le domaine de la santé. Donc vous aurez peut être un crédit d'impôt de 5 000 dollars mais votre employeur devra payer des impôts sur votre contribution pour votre couverture santé. Et si vous perdez cette couverture santé dans le cadre de votre entreprise vous devrez aller sur le marché privé pour en trouver une autre. Ce n'est pas bon pour le peuple américain. Mais c'est un exemple qui nous montre qu'on pense qu'encore une fois le marché peut tout résoudre et que moins le marché est réglementé mieux c'est pour tous.
John McCain : C' est un exemple typique de ceux qui ne font jamais ce qu'ils disent. Nous avions une loi votée par le Sénat dans le domaine de l'énergie qui était décorée comme un sapin de Noël, avec toutes sortes de cadeaux pour les sociétés pétrolières. En fait des milliards de dollars. J'ai voté contre et le sénateur Obama pour. Il faut regarder ce que nous avons fait. C'est cela qui compte. Qui s'est battu contre les affectations budgétaires et les dépenses inutiles ? Qui a été celui qui a essayé de maîtriser les dépenses publiques ? Qui est celui qui a cru que la meilleure chose pour les Etats-Unis c'est d'avoir un système d'imposition qui soit fondamentalement juste ? Je me suis battu pour le simplifier. J'ai des propositions qui visent à le simplifier. Donnons à chaque Américain le choix. Deux assiettes d'imposition, des allocations généreuses et laissons les Américains choisir entre ces deux options. Soit le système d'imposition actuel ou un nouveau système d'imposition. Il faut regarder ce que l'on a fait, notamment la loi dans le domaine de l'énergie. Le sénateur Obama, plusieurs fois, a changé. Il a voté au Sénat pour augmenter les impôts sur des personnes qui gagnent aussi peu que 42 000 dollars par an.
Barack Obama : Ce n'est pas vrai
John McCain : C'est un fait. Vous pouvez vérifier.
Barack Obama : Non, ce n'est pas vrai. Et puisque l'on parle des bénéfices des compagnies pétrolières, si je regarde vos plans concernant les impôts, et c'est indéniable, ces entreprises obtiendraient 4 milliards supplémentaires sous forme d'allègements fiscaux. Bien sûr on aimerait tous réduire l'imposition pour tous. Mais le problème est le suivant. Si l'on donne trop aux entreprises, il y en a qui n'en bénéficieront pas.
John McCain : J'étais contre ces allègements fiscaux. La loi sur l'énergie votée par le Sénat comporte des éléments intéressants. Par exemple concernant les forages off-shore. Mais vous êtes contre ceci parce que vous ne pouvez plus avoir ces allègements fiscaux que vous voulez donner aux compagnies pétrolières.
question : Maintenant parlons de sujets que vous voulez aborder. Autre question qui a trait au plan de sauvegarde financier. Je vous pose la question à vous Sénateur Obama. En tant que Président, quelles seraient les priorités qu'il faudrait laisser tomber après avoir payé pour ce plan de sauvegarde financier ?
Barack Obama : En fait il y a plusieurs choses que l'on pourrait repousser. Nous ne savons pas encore ce que sera le montant de nos recettes fiscales. L'économie ralentit. Donc essayer d'anticiper aujourd'hui ce que sera le budget est difficile. Cependant il ne fait aucun doute que nous ne pourrons pas mettre en œuvre tous les plans qui à mon avis sont nécessaires. Il y a certaines choses cependant qui doivent être réalisées. Il nous faut une indépendance énergétique. Je propose un plan qui nous permettrait en dix ans de ne plus être dépendants du pétrole du Moyen-Orient grâce à l'augmentation de la production aux USA. Mais plus important en commençant à investir dans des énergies alternatives. L'énergie solaire, l'énergie éolienne et les biocarburants. Il faut travailler sur la conception de voitures qui soient plus économes en carburant, ici, aux Etats-Unis, dans l'Ohio et le Michigan plutôt qu'au Japon et en Corée du sud. Il faut reconstruire le système de santé qui fait peser un fardeau énorme sur les familles. Il y a un rapport qui vient juste d'être publié montrant que la franchise moyenne a augmenté de 30 % pour les familles américaines.
Les familles étouffent. Il y en a beaucoup , partout dans notre pays, qui sont mises en faillite et c'est la conséquence de notre système de santé. Il faut faire cette réforme maintenant parce que nos entreprises et nos familles ne s'en porteront que mieux. La troisième chose à faire c'est de s'assurer à rester concurrentiel. Dans le domaine de l'enseignement, il faut investir dans la science et la technologie. La Chine vient de lancer une fusée dans l'espace et a débuté sa conquête de l'espace. Il faut que nos enfants restent dans la course en mathématiques, en sciences, et également il faut une université abordable pour chaque jeune Américain. De plus je pense qu'il faut reconstruire nos infrastructures qui est bien en retard, comme nos routes, nos ponts mais aussi nos voies d'accès aux régions rurales. Il nous faut également un nouveau réseau électrique national pour disposer des nouvelles sources d'énergie pour les gens qui en ont besoin. Donc il y a des changements structurels qui sont nécessaires pour rester concurrentiels dans cette économie mondialisée. On ne peut pas faire l'économie de ces mesures. Il nous faut éliminer les programmes qui ne marchent pas et être certains que les programmes que nous voulons mettre en œuvre soient plus efficaces et moins onéreux.
Question : Quelles sont les priorités que vous voudriez modifier si vous étiez président, Sénateur McCain , après le plan de sauvegarde financier ?
John McCain : Quoi qu'il arrive, on doit réduire les dépenses publiques. Comme je l'ai dit, le gouvernement n'arrive plus à maîtriser ses dépenses. Le Sénateur Obama a mené une politique laxiste au Sénat. Il est difficile d'aller aussi loin à gauche. En fait, nous devons examiner à nouveau toutes les agences gouvernementales. Pour commencer je suis opposé aux subventions pour l'éthanol. Je pense notamment en ce qui concerne les dépenses dans le domaine de la Défense, ce qui est le plus gros budget, il faut se débarrasser des contrats forfaitaires. Nous avons maintenant des systèmes de défense dans lesquels les coûts ne sont pas maîtrisés. Nous avons essayé de construire un petit navire "littoral combat ship" qui était censé coûté 140 millions de dollars, en fait son coût a été de 400 millions et il n'est toujours pas terminé.
Donc il nous faut des contrats à coûts fixes. Il nous faut absolument comprendre que les dépenses pour la défense sont importantes et vitales, notamment à la lumière des défis auxquels nous avons à faire face dans le monde. Mais il nous faut beaucoup mieux maîtriser les dépassements de coûts. Je sais comment faire cela. J'ai fait économiser au contribuable 6,8 milliards de dollars en m'opposant à un contrat en cours de négociation entre Boeing et le ministère de la défense qui était très mauvais. Notre solution a été d'y mettre un terme. Nous avons arrêté ce contrat et les responsables ont été emprisonnés. Je sais comment m'y prendre parce que je m'occupe de ce genre d'affaires depuis de très nombreuses années. Je crois qu'il nous faut étudier le fonctionnement de chaque agence gouvernementale et voir celles qui font bien leur travail pour les garder et trouver ceux qui ne travaillent pas bien et s'en débarrasser. Nous allons devoir étudier en profondeur chaque agence gouvernementale.
Question : Si je vous ai bien compris tous les deux, vous n'êtes pas en faveur d'un changement en profondeur, si je regarde ce que vous souhaitez faire en tant que président après avoir déployé ce plan de sauvegarde. Ai-je bien compris ?
Barack Obama : Non. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il va falloir que certaines choses…
Question : Quel genre de choses ?
Barack Obama : Que certaines choses soient repoussées. Par exemple, je veux m'assurer que nous étudions le domaine de l'énergie afin de ne plus être dépendant du pétrole étranger. C'est un projet de taille, un projet qui couvre plusieurs années.
Question : Et vous n'êtes pas prêts à abandonner cela ?
Barack Obama : On a vraiment besoin de le faire mais il y a certains éléments dont on peut se passer. Et John a raison, nous devrons faire certaines coupes. Aujourd'hui, nous donnons chaque année 15 milliards de dollars sous forme de subventions aux assureurs privés dans le cadre du système "Medicare". Cela ne marche pas mieux avec les assureurs privés. Ils récoltent donc 15 milliards de dollars. C'était en fait un cadeau et la raison est en partie due aux groupes de pression qui sont en mesure d'imposer le système "Medicare". Ils l'ont fait pour la loi concernant les prescriptions de médicaments "Medicaid". Il nous faut changer cette culture. Tom, ou plutôt John, a dit que j'étais très laxiste. En fait c'est parce que depuis que je suis au Congrès je m'oppose aux mauvaises politiques de George Bush mais je crois qu'il est important de reconnaître que je travaille avec Tom Coburn, l'un des Républicains les plus conservateurs, dont John a déjà parlé, pour mettre sur pied un Google du gouvernement. Cela veut dire que nous allons dresser la liste de chaque dépense fédérale pour nous assurer que chaque contribuable puisse y jeter un coup d'œil et voir qui fait la promotion de ces projets de dépense qui font enrager John.
Question : Ce que j'essaie de dire c'est que l'un de vous deux sera président des Etats-Unis en janvier. Nous sommes au milieu d'une gigantesque crise financière qui n'est pas encore résolue. Ce que j' essaie de comprendre, c'est la façon dont cela va vous changer. Je ne veux pas parler des détails mais des changements dans votre programme présidentiel.
John McCain : Pourquoi ne pas geler toutes les dépenses dans tous les domaines exceptés la défense, les anciens combattants, les droits à la sécurité sociale.
Question : Gel des dépenses ?
John McCain : En effet je pense qu'il faut sérieusement le prendre en compte à l'exception de l'aide aux vétérans, de la défense nationale et d'autres sujets vitaux.
Question : Sénateur Obama, irez-vous dans le même sens ?
Barack Obama : Le problème avec un gel des dépenses c'est qu'on utilise la hache là où il faudrait utiliser le scalpel. Certains programmes sont très importants et ne sont pas suffisamment financés. J'ai augmenté les allocations scolaires pour les jeunes enfants et penser qu'on devrait les geler alors qu'il y aurait une subvention "Medicare", cela n'a pas de sens. Je vais vous dire où réaliser des économies. On dépense en ce moment 10 milliards de dollars par mois en Irak alors qu'ils ont des excédents de 79 milliards de dollars. Il me semble que si l'on veut être fort chez soit et à l'étranger, il faut mettre un terme à cette guerre.
John McCain : Un instant. On envoie 700 milliards de dollars par an à l'étranger vers des pays qui ne nous aiment pas beaucoup et il y a parfois un peu de cet argent qui finit dans les mains d'organisations terroristes. Il nous faut avoir l'éolien, l'énergie marémotrice, le solaire, le gaz naturel et de nouveaux carburants pour les voitures et tout le reste. Il nous faut des forages off-shore et la puissance nucléaire. Le sénateur Obama est contre le stockage et le traitement des déchets nucléaires. En fait on peut créer 700 000 emplois en construisant 45 nouvelles centrales nucléaires d'ici 2030. L'énergie nucléaire n'est pas aussi importante que notre dépendance au pétrole étranger mais il en va de notre responsabilité puisqu'il s'agit de changement climatique. C "'est un sujet sur lequel je travaille depuis plusieurs années et je suis très content du travail que j'ai fait avec le Président Clinton.
Question : Avant de passer à une autre question, je vais vous reposer la même question en la reformulant. Etes-vous prêts à reconnaître que cette crise financière va changer la façon dont vous allez gouverner le pays. Quels en seront les impacts principaux.
Barack Obama : Il est certain que la crise va avoir une incidence sur nos budgets. Même si on arrive à récupérer les 700 milliards de dollars si les marchés nous le permettent, c'est à dire si on garde assez longtemps les actifs pour rembourser les contribuables et c'est ce qui s'est passé lors de la Grande Dépression lorsque Roosevelt a racheté nombre de maison. Avec le temps ces maisons ont pris de la valeur et le gouvernement en a tiré un profit. Si on a de la chance et si on fait correctement les choses, cela pourrait arriver. En attendant, l'argent est sorti et on risque de ne pas le revoir avant longtemps. Avec un ralentissement économique on aura moins de recettes fiscales. En tant que Président je devrais prendre des décisions difficiles. Ce que je veux dire c'est que pour prendre ces décisions, il faut connaître ses valeurs, il faut savoir pourquoi on se bat et connaître ses priorités. Si on permet des réductions d'impôts de 300 Mds de dollars pour des gens qui n'en ont pas besoin et qui ne l'ont pas demandé, et si l'on oublie notre système de santé qui étouffe la population partout dans le pays, alors c'est une mauvaise décision. Je veux être certain de ne pas changer nos priorités à long terme.
John McCain : Moi, je veux m'assurer de ne pas gérer le système de santé au niveau du gouvernement fédéral et c'est ce qui se passerait avec la plan du sénateur Obama. Je veux que ce soit les familles qui prennent les décisions elles mêmes avec leurs docteurs, pas le gouvernement fédéral. Il est certain que nous devons réduire les dépenses. Nous nous sommes battus pour les réduire. Le Sénateur Obama a engagé des programmes de dépenses à hauteur de 800 milliards de dollars. Je propose qu'il en annule quelques uns de ces nouveaux programmes. Je ne crois pas que l'on puisse continuer à changer nos dépenses pour s'occuper des programmes les plus importants, ce qui comprend les anciens combattants.
A nouveau je pense qu'une économie saine, avec peu d'impôts, sans augmentation d'impôt pour personne est probablement la meilleure recette pour une reprise économique. La restriction budgétaire fait partie de ce programme. L'une des raisons pour lesquelles nous vivons aujourd'hui ces difficultés, c'est parce que les dépenses ne sont plus maîtrisées. Nous devons à la Chine 500 milliards de dollars. Je sais qu'on peut maîtriser les dépenses car durant toute ma carrière je me suis battu contre les dépenses exagérées. J'ai des plans pour réduire et me débarrasser des dépenses inutiles. Si quelqu'un ici pense qu'il y a des agences gouvernementales où l'on peut réduire les dépenses et les budgets, c'est qu'il n'a pas passé beaucoup de temps à Washington.
Barack Obama : J'ai une chose à dire Jim. John, c'est votre président avec qui vous étiez d'accord à 90 % qui voulait augmenter ces dépenses. Une orgie de dépenses et des déficits énormes. Vous avez voté en faveur de pratiquement tous ces budgets. Maintenant après 8 ans, vous nous dites que vous allez maîtriser les dépenses publiques et que vous allez équilibrer nos réductions d'impôts pour aider les familles des classes moyennes alors que pendant 8 ans cela n'a pas eu lieu. C'est difficile à avaler.
Question : Réponse rapide Sénateur McCain ?
John McCain : Oui, c'est bien connu, je n'ai pas été élu "miss je fais plaisir à tous les Américains" au Sénat ni dans nos administrations. Je me suis opposé au président concernant les dépenses, les changements climatiques, la torture des prisonniers et Guantanamo. Et sur la façon dont on a mené la guerre en Irak. Le peuple américain me connaît très bien. Je suis un indépendant, un franc-tireur au Sénat et je suis content de vous annoncer que j'ai maintenant à mes côtés une autre franc-tireur
Question : Passons à autre chose. Deux minutes pour vous sénateur McCain. On a beaucoup parlé des leçons du Vietnam. Quels sont les enseignements pour l'Irak ?
John McCain : Je pense que les enseignements que l'on peut tirer de l'Irak sont très clairs : on ne peut pas avoir une stratégie qui a échoué et qui finira par nous faire presque perdre la guerre. Notre victoire militaire initiale : nous sommes entrés à Bagdad et tout le monde l'a célébré. Et ensuite la guerre a été très mal gérée. Je suis allé en Irak en 2003. Je suis revenu en disant : il faut changer la stratégie. Pour cette stratégie, on a besoin de davantage de troupes ; on a besoin de changements stratégiques fondamentaux, et je me suis battu pour cela, et on a fini par trouver une stratégie qui fonctionne ; cette stratégie a fonctionné, et on gagne la guerre en Irak. Et nous rentrerons chez nous après une victoire et couverts d'honneur.
Et ce retrait est le résultat de toutes les contre-insurrections qui réussissent. Et je tiens à vous dire que, maintenant que nous allons pouvoir réussir et que nos soldats vont rentrer et non pas suite à une défaite, vous verrez que nous aurons un allié stable dans la région et une démocratie qui s'épanouit. Les conséquences d'une défaite auraient été un accroissement de l'influence iranienne ; cela aurait entraîné une augmentation des violences partisanes et aurait conduit à une extension du conflit, et de fait les Etats-Unis auraient été obligés de revenir. Donc il y avait beaucoup de choses en jeu. Grâce à ce grand général qu'est le général David Petraeus et aux troupes sous son commandement, ils ont réussi et nous gagnons la guerre en Irak. Et nous rentrerons au pays comme nous l'avons fait quand nous avons gagné d'autres guerres et non pas suite à une défaite.
Question : Deux minutes. Vous, Sénateur Obama, quelles leçons pensez-vous qu'on puisse tirer de l'Irak ?
Barack Obama : C'est un sujet sur lequel le Sénateur McCain et moi-même avons des opinions fondamentalement différentes parce que je pense que la première question à poser est de savoir avant toute chose si on aurait dû se lancer dans cette guerre. Eh bien, il y a six ans, je me suis opposé à cette guerre, à l'époque où c'était risqué de le faire, d'un point de vue politique. Parce que ce que j'avais dit, c'est que non seulement on ne savait pas combien cela allait coûter, quelle pourrait être notre stratégie de sortie, quels effets cela aurait sur nos relations avec le reste du monde et si nos renseignements étaient bons… mais aussi parce qu'on n'avait pas terminé notre tâche en Afghanistan. On n'avait pas capturé Ben Laden ; on n'avait pas mis fin aux agissements d'al-Qaida, et par conséquent je pensais que ça allait nous détourner de ce problème. Le Sénateur McCain et le président Bush avaient une opinion très différente. J'aurais aimé avoir tort dans l'intérêt de notre pays. J'avais peut-être raison mais le problème n'est pas là. Nous avons déjà dépensé plus de 600 milliards de dollars. On arrivera bientôt à 1 000 milliards.
Nous avons perdu près de 4 000 soldats. Nous avons eu 30 000 blessés. Et, plus important encore du point de vue de la stratégie de sécurité nationale, la résurgence d'Al-Qaida est plus forte aujourd'hui qu'à tout moment depuis 2001. Nous avons perdu de vue notre objectif, sans parler du fait que nous continuons à dépenser dix milliards de dollars par mois, alors que leur excédent est de 79 milliards de dollars. Alors que nous connaissons des moments très difficiles aux Etats-Unis, et on vient de parler du fait que notre budget est beaucoup trop tendu et on emprunte de l'argent à l'étranger simplement pour essayer de financer certaines des fonctions de base de notre gouvernement. Je crois que la leçon à tirer de cela, c'est qu'il ne faut jamais hésiter à avoir recours à la force militaire et, en tant que président, je n'hésiterais pas s'il s'agit de garantir la sécurité du peuple américain ; mais il faut utiliser notre force militaire avec sagesse. Et nous ne l'avons pas utilisée avec sagesse en Irak.
Question : Sénateur, les leçons à tirer de l'Irak ?
John McCain : Le prochain président des Etats-Unis n'aura pas à régler la question de savoir s'il faut aller en Irak ou pas. Le prochain président aura à décider comment on va se retirer, quand on va se retirer et ce qu'on va laisser derrière nous. Ça c'est la décision qu'aura à prendre le prochain président des Etats-Unis. Le Sénateur Obama a dit que le "surge" [renfort] ne fonctionnerait pas ; que ça accentuerait les violences partisanes. Il a dit qu'elle était condamnée à l'échec. Récemment, lors d'une émission télévisée, il a dit que cela avait dépassé nos attentes les plus folles. Mais tout en ayant reconnu, il continue de dire qu'il s'opposerait à le "surge" s'il devait à nouveau prendre cette décision aujourd'hui. Et ce qui est incroyable, c'est que le Sénateur Obama ne s'est pas rendu en Irak pendant 900 jours et n'a jamais demandé à rencontrer le général Petraeus.
Question : Passons au Sénateur Obama.
John McCain (qui reprend la parole) : Le Sénateur Obama préside un comité de contrôle de l'OTAN qui se trouve en Afghanistan. A ce jour il n'a jamais eu d'audition…
Barack Obama (intervenant) : Ce sous-comité fait partie d'un comité qui s'occupe de ces problèmes.
Question : Revenons au dernier point : le fait que vous ne soyez pas allé…
Barack Obama : Ecoutez, je suis très fier du vice-président que j'ai choisi, Joe Biden, qui est le président du Comité sénatorial des affaires étrangères. Et comme le dit et comme John le sait, les questions concernant l'Afghanistan, les questions concernant l'Irak, des questions aussi cruciales ne sont pas examinées par mon sous-comité parce qu'elles le sont par le comité dans son ensemble. Mais, ça, ce sont les affaires internes du Sénat. Revenons-en à la question principale : le Sénateur McCain a tout à fait raison lorsqu'il dit que les violences ont diminué grâce aux sacrifices extraordinaires consentis par nos troupes et par les familles de nos soldats. Ils ont accompli un travail remarquable et le général Petraeus a fait un travail remarquable. Mais comprenez bien : c'était une tactique conçue pour limiter les dégâts causés par les quatre années précédentes de mauvaise gestion de cette guerre. John, tu fais comme si cette guerre avait commencé en 2007. Tu parles de la "surge" mais la guerre a commencé en 2003. Et au moment où la guerre a commencé, tu avait dit qu'elle serait facile et rapide ; tu avais dit qu'on savait où se trouvaient les armes de destruction massive. Tu avais tort. Tu avais dit qu'on serait accueillis en libérateurs. Tu avais tort. Tu avais dit qu'il n'y avait jamais eu de violences entre les chiites et les sunnites. Et tu avais tort.
Question : Sénateur Obama, répondez à la question.
Barack Obama : Si la question est "qui est le mieux à même en tant que prochain président de prendre de bonnes décisions quant à la façon d'utiliser nos forces militaires, comment on s'assure d'être préparés et prêts pour le prochain conflit", eh bien là il n'y a qu'à se référer à nos prises de position passées.
John McCain : J'ai peur que le Sénateur Obama ne comprenne pas la différence entre une tactique et une stratégie. Mais ce que je veux vous dire c'est qu'il y a deux ans au 4 juillet, je me trouvais à Bagdad. Le général Petraeus nous avait invités, le Sénateur Lindsay Graham et moi-même, à assister à une cérémonie durant laquelle 688 jeunes et braves Américains dont la période d'engagement avait expiré avaient décidé de se réengager pour rester et combattre pour la liberté en Irak et la liberté américaine. C'était un honneur pour moi d'être là et de pouvoir m'adresser à ces soldats. Et vous savez, par la suite on passé beaucoup de temps avec eux. Et vous savez ce qu'ils nous ont dit ? "Laissez-nous gagner, laissez-nous gagner. Nous ne voulons pas que nos enfants aient à revenir ici." Et cette stratégie et ce général gagnent. Le sénateur Obama refuse de reconnaître que nous sommes en train de gagner en Irak. Il vient d'approuver une loi électorale au cours des derniers jours.
Barack Obama (intervenant) : Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai.
John McCain : Il y a des progrès socio-économiques et une stratégie… une stratégie qui consiste à aller dans une région pour faire le ménage et tenir bon. Alors le pays reprend vie avec vous. Ils dénoncent les méchants, et la paix est établie dans le pays, ainsi que la prospérité. C'est ce qui est en train de se passer en Irak, et ce n'était pas une tactique. Cette même stratégie sera employée en Afghanistan par ce grand général. Et le Sénateur Obama, après avoir promis qu'il ne voterait pas en faveur des réductions du budget des troupes, a fait cette chose incroyable et a voté en faveur de la réduction du budget des troupes en Irak et en Afghanistan.
Barack Obama : John, il y a tout un tas de points sur lesquels je veux répondre. Tout d'abord, parlons de cette question du financement des troupes parce que John ne cesse d'y faire allusion. Le Sénateur McCain s'est opposé au financement des troupes dans le cadre d'une loi qui prévoyait un calendrier parce qu'il ne croyait pas à ce calendrier. Moi je me suis opposé au financement d'une mission qui n'était pas assortie d'un calendrier et qui revenait à donner un chèque en blanc à George Bush. Nous avions des divergences sur la question du calendrier, pas quant au fait qu'il fallait financer les troupes. Nous avions des différences d'opinion légitimes, et je comprends parfaitement la différence entre une tactique et une stratégie. Mais la question stratégique que le président doit poser n'est pas de savoir s'il faut avoir recours à une approche particulière dans le pays une fois qu'on a décidé d'y aller ; mais la question est de savoir si c'était une décision sage. On a vu la situation en Afghanistan empirer, se détériorer. On a besoin de davantage de soldats là-bas. On a besoin de plus de ressources là-bas.
Le Sénateur McCain, dans sa hâte d'aller en Irak, a dit "Vous savez quoi ? On a réussi en Afghanistan. il n'y a personne qui puisse présenter une menace pour nous là-bas". Alors qu'à l'époque, Ben Laden était toujours en liberté et maintenant ils ont reconstitué leurs forces. Le secrétaire à la défense, Robert Gates, a lui-même reconnu que la guerre contre le terrorisme avait commencé en Afghanistan et que c'est là qu'elle doit se terminer. Mais nous n'y parviendrons pas si nous ne rendons pas les rênes du pays à l'Irak. Ce que j'ai dit, c'est qu'il fallait mettre un terme à cette guerre de manière responsable. Il faudra procéder par étapes. Mais d'ici seize mois, on devrait être en mesure de réduire nos effectifs de combat, de soulager nos soldats et leurs familles et de renforcer nos efforts en Afghanistan pour pouvoir capturer et tuer Ben Laden et écraser Al-Qaida. A l'heure actuelle, le commandement en Afghanistan ainsi que l'amiral Mullen reconnaissent que nous n'avons pas suffisamment de troupes pour faire face en Afghanistan parce que nous avons encore plus de soldats en Irak que nous n'en avions avant le "surge".
John McCain : L'amiral Mullen a laissé entendre que le plan du sénateur Obama était dangereux (…) (Protestation d'Obama) (…) Et le général Petraeus a dit la même chose. Oussama Ben Laden et le général Petraeus ont une chose en commun : à ce que je sache, ils ont dit tous les deux que l'Irak était le terrain de bataille central. Le général Petraeus a loué les succès… Mais il a dit que ces succès étaient fragiles et que si l'on fixe une date précise de retrait … Et d'ailleurs, le sénateur Obama avait un plan initial qui prévoyait le retrait des troupes au printemps dernier, avant même que le "surge" ait une chance de réussir. Et je ne comprends pas pourquoi le Sénateur Obama a été surpris et a déclaré que le "surge" avait réussi au delà de ses attentes les plus folles ; ça n'a pas réussi au delà de mes attentes parce que sais que c'est une stratégie qui a déjà fonctionné et qui peut réussir. Si on ne laisse pas une chance à la victoire et qu'on adopte le plan du sénateur Obama, alors la guerre sera plus étendue et ça rendra les choses plus compliquées dans toute la région, y compris en Afghanistan.
Question : L'Afghanistan. Autre sujet maintenant. Ayant résolu la question de l'Irak, on va passer à l'Afghanistan. Et c'est une question pour vous, Sénateur Obama. Ça nous ramène à un point déjà soulevé : pensez-vous que davantage de soldats américains devraient être envoyés en Afghanistan ? Combien ? Et quand ?
Barack Obama : Oui je crois qu'on a besoin de plus de soldats. Je le dis depuis plus d'un an maintenant. Je crois qu'on doit le faire aussi rapidement que possible parce que cela a été reconnu par le commandement sur le terrain : la situation empire ; elle ne s'améliore pas. Au cours de l'année dernière, nous avons perdu plus de soldats américains qu'à tout moment depuis 2002, et on assiste à de grandes offensives. Al-Qaida et les talibans franchissent la frontière et attaquent nos soldats de manière hardie. Ils se sentent très audacieux. On ne peut pas séparer la question de l'Afghanistan de l'Irak parce que l'état-major a dit qu'il ne disposait pas des effectifs pour faire face à la situation en Afghanistan. Moi, j'enverrais deux brigades supplémentaires en Afghanistan. N'oublions pas que nous avons quatre fois plus de soldats en Irak, où personne n'avait quoi que ce soit à voir avec les attentats du 11 septembre avant que nous n'y intervenions, où en fait Al-Qaida n'était pas présent avant que nous n'allions là-bas. Mais nous avons quatre fois plus de soldats là-bas qu'en Afghanistan.
Et c'est une erreur stratégique parce que tous les services de renseignement reconnaissent qu'Al-Qaida représente la plus grande menace pour les Etats-Unis et le secrétaire à la défense, M. Gates, a reconnu que le front principal, l'endroit où il faudra régler le problème avec ces gens-là, seront l'Afghanistan et le Pakistan. Voilà ce qu'il va falloir faire de manière globale. Il ne s'agit pas seulement d'augmenter les effectifs. Il faut faire pression sur le gouvernement pakistanais pour veiller à ce qu'il œuvre réellement pour le peuple. C'est ce que j'ai dit au président afghan Hamid Karzai. Deuxièmement, il va falloir lutter contre le trafic croissant de fleurs de pavot, qui a littéralement explosé depuis quelques années. Troisièmement, il faut régler la question du Pakistan parce qu'Al-Qaida et les talibans trouvent refuge au Pakistan de l'autre côté de la frontière, dans les régions du nord-ouest. Et, bien que sous la présidence de George Bush et avec l'appui du sénateur McCain, nous leur avons donné dix milliards de dollars au cours des sept dernières années, ils n'ont pas fait ce qui doit être fait pour supprimer ces zones de refuge. Tant que ce ne sera pas le cas, les Américains ne seront pas en sûreté sur leur propre sol.
Question : L'Afghanistan, sénateur McCain ?
John McCain : Tout d'abord je ne referai pas une erreur que je regrette énormément, à savoir qu'après qu'on ait pu aider les combattants afghans pour la liberté et qu'on ait fait sortir les Russes d'Afghanistan, en fait on s'est lavé les mains du sort de la région. Le résultat à long terme a été : les talibans, Al-Qaida et un grand nombre de difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui. Donc nous ne pouvons pas ignorer les leçons de l'Histoire. Pour ce qui est de la question de l'aide au Pakistan, comme me le disait George Schultz, notre grand secrétaire d'Etat : si vous visez quelqu'un avec une arme, vous avez intérêt à être prêt à appuyer sur la gâchette. A ce stade, je ne suis pas prêt à couper l'aide au Pakistan ; donc ne je suis pas prêt non plus à le menacer, comme le sénateur Obama souhaite le faire apparemment. De même qu'il a dit qu'il annoncerait des frappes militaires contre le Pakistan. Il faut pouvoir compter sur l'appui du peuple du Pakistan. Il a dit qu'il lancerait des attaques militaires contre le Pakistan. Eh bien, ça ne se fait pas. On ne le dit pas haut et fort. S'il faut, il faut et on doit travailler avec le gouvernement pakistanais.
Le nouveau président du Pakistan, M. Kadari [Asif Ali Zardari, ndlr] a du pain sur la planche, et cette zone frontalière n'a pas été réellement gouvernée depuis l'époque d'Alexandre le Grand. Je me suis rendu au Waziristan. J'ai vu à quel point ce terrain était difficile. Il est régi par une poignée de tribus et, certes, le sénateur Obama demande l'envoi de troupes supplémentaires mais ce qu'il ne comprend pas c'est qu'il faut que ce soit une nouvelle stratégie, la même stratégie qu'il avait condamnée pour l'Irak qu'on va devoir appliquer en Afghanistan. Il va falloir aider les Pakistanais à aller dans ces régions et s'assurer l'allégeance de ces personnes. Ce sera difficile : ils ont été "mariés" avec Al-Qaida et les talibans. Ce sera difficile : on doit s'assurer la coopération du peuple dans ces zones-là. Les Pakistanais vont devoir comprendre que l'attentat à la bombe contre l'hôtel Mariott, à Islamabad, était un signe des terroristes, qui ne veulent pas que ce gouvernement coopère avec nous dans notre combat contre les talibans et les éléments djihadistes. Donc on a beaucoup de travail à faire en Afghanistan. Mais je suis certain que, maintenant que le général Petraeus a assumé le nouveau commandement, nous allons mettre en œuvre une stratégie qui ne suppose pas uniquement l'envoi de troupes supplémentaires. Au passage, il y a eu vingt mille soldats supplémentaires. On est passé de 32 000 à 53 000, et il nous en faut davantage. Ce n'est seulement les effectifs supplémentaires qui comptent : c'est une stratégie qui réussira, et le Pakistan en est un élément très important. Je sais comment travailler avec eux, et je peux vous garantir que je déclarerai pas en public que je vais les attaquer.
Barack Obama : Personne n'a dit qu'il fallait attaquer le Pakistan. Voilà ce que j'ai dit, et si John n'est pas d'accord, il n'a qu'à me le dire. Si les Etats-Unis ont Al-Qaida, Ben Laden et ses plus importants lieutenants dans leur ligne de mire et que le Pakistan ne puisse pas ou ne veuille pas agir, alors il faudra qu'on les supprime. Je crois que c'est la bonne stratégie, la bonne politique. Et, John, tu as parfaitement raison : il faut que les présidents soient prudents quant à ce qu'ils disent. Mais, venant de toi qui par le passé as proféré des menaces contre la Corée du Nord et qui a chanté les louanges du bombardement de l'Iran, je ne sais pas à quel point tu es crédible. Je pense que c'est la bonne stratégie. Le sénateur McCain a également raison mais c'est difficile ; ce n'est pas une situation facile. Vous avez des attaques transfrontalières contre les troupes américaines. On a le choix : on peut permettre à nos troupes d'être sur la défensive et de faire face à ces attaques répétées si le Pakistan ne veut pas coopérer, ou il va falloir commencer à prendre des décisions . Mais, John, le problème avec la stratégie qui a été mise en œuvre, c'est que pendant dix ans on a "câliné" Musharraf ; on a alién la population pakistanaise parce qu'on était anti démocratiques ; on avait une vision du XXe siècle, à savoir : c'est peut-être un dictateur mais c'est notre dictateur. Par conséquent, on perdu notre légitimité au Pakistan. On a dépensé dix milliards de dollars. Pendant ce temps-là ils ne luttaient pas contre Al-Qaida. Aujourd'hui ils sont plus puissants que jamais depuis que nous avons commencé la guerre en Afghanistan. Ça va changer lorsque je serai président des Etats-Unis.
John McCain : Je ne pense pas que le sénateur Obama comprenne que le Pakistan était en déroute lorsque Musharraf est arrivé au pouvoir. Tous ceux qui étaient là à l'époque et qui y étaient depuis un moment sagaient que c'était un Etat en déroute. Mais permettez-moi de vous dire à propos du bombardement de l'Irak et de tout le reste, permettez-moi de dresser mon bilan. En 1983, quand je faisais mes débuts au Congrès américain, la personne que j'admirais le plus et que j'admire encore le plus, Ronald Reagan, voulait envoyer les Marines au Liban. J'ai vu quelle était la situation et j'ai voté contre parce que j'avais peur qu'en envoyant 300, 400 ou plusieurs centaines de Marines ça ne suffirait pas pour faire la paix et faire la différence. Malheureusement j'avais raison : près de 300 Marines sont morts dans l'attentat à la bombe de leurs campements. Et puis il y a eu la Somalie. Et puis il y a eu la première guerre du Golfe, et j'étais pour. J'étais pour qu'on aille en Bosnie alors qu'un certain nombre de membres de mon propre parti et de mes collègues étaient contre cette opération en Bosnie. C'était la bonne chose à faire pour mettre fin au génocide et pour préserver ce qui était nécessaire en Europe.
J'ai aussi appuyé ce que nous avons fait au Kosovo. Je l'ai appuyé en raison du nettoyage ethnique et du génocide qui sévissaient là-bas. Pour ce qui est de mon bilan et de la Somalie, j'étais opposé à ce que nous fassions de la force de maintien de la paix en Somalie une force d'établissement de la paix, ce dont nous n'étions pas capables. J'ai donc un bilan à mon acquit ayant été impliqué dans des questions de sécurité nationale au plus haut niveau de responsabilités et concernant les décisions les plus difficiles qu'un président ait à prendre, à savoir d'envoyer nos jeunes femmes et hommes se faire tuer. Je vous le dis : j'ai participé à une réunion de la municipalité de Wolfeboro, dans le New Hampshire, et une femme s'est levée. Elle a dit : "sénateur McCain, je veux que vous me fassiez l'honneur de porter un bracelet sur lequel est inscrit le nom de mon fils. Il avait 22 ans et il a été tué au combat, près de Bagdad, juste avant Noël, l'année dernière. Il s'appelait Matthew Stanley." Ceci s'est passé en août de l'année dernière, et je lui ai dit "Je serai honoré de porter son bracelet". Penser à ces jeunes qui ont combattu à Bagdad, penser à cette mère que j'ai rencontré à l'aéroport l'autre jour et dont le fils a été tué, et ils m'ont tous dit : "Nous ne voulons pas la défaite". Je sais ce que c'est une armée vaincue parce que j'ai fait partie d'une armée qui – et ce n'était pas sa faute – a été vaincue. Je sais combien il est difficile pour les forces militaires de surmonter la défaite. Je ne souhaite pas que notre armée revienne vaincue dans le déshonneur et doive repartir si nous échouons.
Barack Obama : Moi aussi, j'ai eu le message de la mère d'un sergent et cette mère m'a demandé : pouvez-vous assurer que d'autres mères ne passent pas parce que moi je suis passée. Aucun soldat américain ne meurt jamais en vain parce qu'ils exécutent les missions de leur commandant en chef. Et nous sommes conscients de tous les services qu'ils nous rendent. Et nos militaires se sont comportés de manière remarquable. La question qui se pose pour le prochain président, c'est est-ce que notre jugement est sain en ce qui concerne la manière dont nous pouvons préserver la sécurité américaine. Justement parce que l'envoi de nos militaires dans un combat représente une décision cruciale. Et ce que j'ai dit précédemment, c'est que nous avons arrêté de nous concentrer sur l'Afghanistan, nous avons arrêté de nous concentrer sur les auteurs des attentats du 11-Septembre qui continuent à nous envoyer des bandes vidéo et, sénateur McCain, personne ne parle de défaite en Irak. Mais je dois dire que nous avons d'énormes problèmes en Afghanistan à cause de cette décision. Et ce n'est pas vrai que vous ayez été préoccupé par ce qui se passe en Afghanistan. A un moment donné, alors que l'on parlait de l'Irak, vous avez dit, bon, nous pouvons nous débrouiller en Afghanistan, avec les moyens du bord. Ce n'est pas suffisant pour éradiquer le terrorisme, pour lutter contre Ben Laden, pour éliminer les talibans. C'est quelque chose que nous devons prendre au sérieux et lorsque je serai président, c'est ce que je ferai.
John McCain : Eh bien, on pourrait penser qu'avec ce type de préoccupation, le sénateur Obama se serait rendu en Afghanistan, surtout à cause de sa responsabilité en tant que président de la sous-commission ! Quand je suis président d'une sous-commission, nous nous occupons des problèmes qui relèvent de notre responsabilité. Mais l'important, c'est que moi, je me suis rendu en Afghanistan et je me suis rendu dans tous ces endroits, et je sais quels sont nos besoins en matière de sécurité. Ce que je veux dire, c'est que nous allons être vainqueurs en Afghanistan, mais nous avons besoin d'une nouvelle stratégie pour réussir. L'important, c'est que si nous subissons une défaite en Irak – et c'est ce que prévoit le général Petraeus si nous adoptons la stratégie du sénateur Obama du retrait des forces – cela aura un effet catastrophique sur l'Afghanistan et sur les intérêts américains de sécurité dans la région. Le sénateur Obama semble ne pas comprendre qu'il y a un lien entre les deux.
Question : J'ai une mauvaise et une bonne nouvelle. Votre temps de parole est jusqu'à présent égal, ce qui est remarquable. Mais la mauvaise nouvelle, c'est que mes 5 minutes sont dépassées. Nouvelle question. Quelle est votre interprétation de la menace que représente l'Iran pour la sécurité des Etats-Unis ?
John McCain : Mon interprétation de la menace que représente l'Iran pour les Etats-Unis est que si l'Iran acquiert l'arme nucléaire, il s'agit d'une menace existentielle à l'encontre de l'Etat d'Israël. Et c'est une menace à l'encontre de la région parce que les autres Etats de la région vont également ressentir le besoin d'acquérir l'arme nucléaire. Nous ne pouvons pas permettre un deuxième Holocauste. Et ça ça doit être très clair. Cela fait longtemps que je propose – et j'en ai parlé à des dirigeants étrangers – la constitution d'une ligue de démocratie. Soyons clair : les Russes préparent des actions importantes au Conseil de sécurité des Nations unies. Je propose la constitution d'une ligue de démocratie, un groupe de gens, un groupe de pays qui partagent des intérêts, des valeurs, des idéaux communs. Et qui contrôle aussi une grande partie du pouvoir économique mondial. Nous pourrions imposer des sanctions importantes et douloureuses à l'Iran, ce qui aurait un effet bénéfique. Les Iraniens ont un gouvernement pourri. Par conséquent, leur économie est en mauvais état bien qu'ils aient des recettes pétrolières importantes. C'est pourquoi, je suis convaincu qu'avec les Français, avec les Britanniques, avec les Allemands, et avec d'autres pays, les démocraties de ce monde, nous pouvons exercer une influence sur le comportement des Iraniens. Mais soyez-en sûr, les Iraniens sont en train de s'acheminer vers l'acquisition de l'arme nucléaire au moment même où nous parlons ce soir. Et c'est une menace non seulement pour la région mais pour le monde entier. Je voudrais également faire remarquer que les Iraniens sont en train de placer des engins explosifs les plus meurtriers en Irak qui tuent des jeunes Américains. Il s'agit de groupes spéciaux en Iran qui se rendent en Irak et qui sont formés en Iran. Il y a les gardes républicains en Iran et le sénateur Kyl a présenté un amendement pour les désigner comme responsables du terrorisme, et le sénateur Obama a déclaré que ce serait provocateur. Il s'agit là d'une menace grave pour la sécurité dans le monde, je pense que nous pouvons agir et agir avec nos amis et alliés aussi rapidement que possible. En tout cas, n'ayez aucun doute sur ce sujet, les Iraniens sont en train d'acquérir l'arme nucléaire.
Barack Obama : Je voudrais dire quelque chose clairement. Je crois que les gardes républicains iraniens sont une organisation terroriste. Et je l'ai toujours dit. Ce à quoi fait référence le sénateur McCain, c'est à une mesure prise au Sénat qui modifierait le mandat en Irak afin de traiter du problème iranien. Et de manière ironique, au cours des dernières années, l'élément qui a vraiment renforcé l'Iran, ça a été la guerre en Irak. L'Irak était un ennemi de l'Iran. Et ce n'est plus le cas. Et au cours des dernières années, nous avons vu l'accroissement de l'influence iranienne. Ils ont financé le Hezbollah, le Hamas, ils sont passés de zéro à 400 centrifugeuse afin de mettre au point leur arme nucléaire. Donc, de toute évidence, notre politique des huit dernières années n'a pas fonctionné. Le sénateur McCain a absolument raison. Nous ne pouvons pas tolérer un Iran nucléaire. Cela changerait totalement les règles du jeu. Non seulement, ce serait une menace pour Israël, un pays qui est notre allié indéfectible, mais également cela créerait un environnement qui déclencherait une course aux armements au Moyen-Orient. Voilà ce que nous devons faire. Nous avons besoin de sanctions plus rigoureuses. Je ne suis pas d'accord avec le sénateur McCain. Je ne pense pas que nous puissions réussir à imposer ces sanctions sans la coopération de pays comme la Russie ou la Chine qui ne sont pas des démocraties – le sénateur McCain sera d'accord avec moi - , mais qui ont de nombreux liens commerciaux avec l'Iran. Et qui potentiellement ont un intérêt à ce que l'Iran n'ait pas une arme nucléaire. Mais nous devons entamer également des négociations directes et dures avec l'Iran. Et c'est là la principale différence qui m'oppose au sénateur McCain qui défend l'idée qu'on punit les gens en refusant de leur parler. Ca n'a pas fonctionné en Iran, en Corée du Nord. Dans chacun de ces deux cas, nos efforts en vue d'isoler ces deux pays a, en fait, accéléré leurs efforts pour acquérir l'arme nucléaire. Cela changera lorsque je serai président des Etats-Unis.
John McCain : Le sénateur Obama a dit, à deux reprises, au cours du débat, qu'il allait s'asseoir avec Ahmadinejad, Chavez et Raul Castro sans condition préalable. Là vous avez Ahmadinejad qui est à New York et qui parle de l'extermination de l'Etat d'Israël et qui parle d'éradiquer Israël de la carte du monde. Et nous allons donc nous asseoir sans condition préalable pour légitimiser et donner une plate-forme de propagande à une personne qui préconise l'extermination de l'Etat d'Israël. Et donc, nous allons lui donner plus de crédibilité dans le monde et, par conséquent, donner à penser qu'ils se sont bien comportés puisque vous allez vous asseoir autour de la même table qu'eux, ce qui va légitimiser leur comportement illégal. Je voudrais souligner que par le passé, que l'on cite l'exemple de Ronald Reagan qui n'a pas voulu négocier avec Brejnev, Andropov et Tchernenko jusqu'à ce que Gorbatchev n'instaure la Glassnost et la Perestroïka. Ou que l'on cite l'exemple du voyage de Nixon en Chine qui a été précédé par les nombreuses visites préalables de Kissinger. Bon, moi, je veux bien m'asseoir autour d'une table avec n'importe qui mais il faut qu'il y ait des conditions préalables. Et une de ces conditions, c'est que l'on ne peut pas légitimiser par une rencontre face-à-face un individu comme Ahmadinejad. Le sénateur Obama a dit sans condition préalable.
Barack Obama : Tout d'abord, Ahmadinejadn'est pas la personne qui a le plus de pouvoir en Iran. Donc ce n'est peut-être pas le bon interlocuteur. Mais en tant que président des Etats-Unis, je me réserve le droit de rencontrer n'importe qui, quand je le souhaite. Si je pense que cela peut préserver la sécurité des Etats-Unis. Et je suis content que le sénateur McCain ait évoqué notre histoire bipartisane en matière de diplomatie. Le sénateur McCain a mentionné Henry Kissinger qui est l'un de ses conseillers et qui, comme cinq secrétaires d'Etat récents, a déclaré que nous devrions rencontrer l'Iran et ceci sans condition préalable. Il s'agit de l'un de vos conseillers qui a dit ca. Comprenons-nous bien, qu'est-ce que cela signifie sans condition préalable. Cela ne veut pas dire qu'on les invite à prendre le thé. Cela veut dire que nous ne faisons plus ce que nous avons fait jusqu'à présent, c'est-à-dire affirmer tant que vous n'acceptez pas de faire exactement ce que nous voulons, nous n'aurons pas de contact direct avec vous. Il y a une différence entre condition préalable et préparation. Bien sûr, il faut se préparer ! En commençant avec des discussions diplomatiques de bas niveau. Et il se peut que cela ne marche pas parce que l'Irak est un régime voyou. Je ferai remarquer que l'on m'a taxé de naïveté lorsque j'ai suggéré que nous devions envisager l'hypothèse de contact avec l'Iran.
Et d'ailleurs, le président Bush lui-même a dit récemment qu'un ambassadeur de haut niveau, Bill Burns allait participer à des pour-parlers avec des Européens pour discuter de l'arme nucléaire en Iran. Là encore, cela ne va peut-être pas marcher. Mais si cela ne marche pas, cela aura renforcé nos capacités à nouer des alliances pour imposer les sanctions lourdes que le sénateur McCain vient de mentionner. Pour prendre un autre exemple, en Corée du Nord, nous avons interrompu les pourparlers. Rappelez-vous de l'Axe du Mal. Pas question de négocier avec eux. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Ils ont quadruplé leur capacité nucléaire. Ils ont testé leurs missiles. Ils se sont retirés du traité de non-prolifération. Et ils ont envoyé des secrets nucléaires dans des pays comme la Syrie. Et lorsque nous avons redémarré les négociations – car là encore, l'administration Bush a changé d'avis – nous avons réussi à faire des progrès bien qu'actuellement, nous ayons des problèmes en Corée du Nord et nous sommes sur un terrain fragile. L'administration Bush ainsi que certains conseillers du sénateur McCain pensent que c'est important et le sénateur McCain fait de la résistance. Il a même dit, l'autre jour, qu'il ne rencontrerait pas le premier ministre de l'Espagne, parce qu'il n'était pas sûr qu'il était aligné sur la politique américaine. Imaginez-vous l'Espagne ! L'Espagne est un allié de l'OTAN, si nous ne pouvons même pas rencontrer nos amis, je ne sais pas qui nous allons rencontrer lorsqu'il s'agit de discuter de sujets critiques comme le terrorisme.
John McCain : Je n'ai pas l'intention de fixer le calendrier des visites présidentielles avant de devenir président des Etats-Unis. Le docteur Kissinger n'a pas dit qu'il préconisait une rencontre face-à-face entre le président des Etats-Unis et le président Hamadimejab. Il a dit qu'il pourrait y avoir des rencontres au niveau des secrétaires d'Etat ou de bas niveau, et je les ai toujours encouragés. Les Iraniens ont rencontré l'ambassadeur Crocker à Bagdad. Ce que le sénateur Obama semble ne pas comprendre c'est que s'il n'y a pas de condition préalable, on s'assied autour d'une table avec quelqu'un qui a appelé Israël "cadavre puant". Et qui veut supprimer ce pays de la carte du monde. Dans ce cas là, vous légitimisez ces remarques. C'est dangereux, c'est pas seulement naïf, c'est dangereux. Et là, nous avons une divergence fondamentale. En ce qui concerne la Corée du Nord, notre secrétaire d'Etat, Madeleine Allbright s'est rendu en Corée du Nord. D'ailleurs, la Corée du Nord a un des régimes les plus brutaux et répressifs du monde. Les Coréens du Sud, en moyenne, ont une taille de 3 inch supérieure à la taille des Coréens du Nord, en moyenne. Nous ne connaissons pas l'état de santé du "président adoré" actuellement. Mais nous savons une chose, c'est que les Coréens du Nord ont rompu tous les accords qu'ils avaient signés jusqu'à présent. Il n'est certainement pas envisageable de s'asseoir autour d'une table avec eux, sans condition préalable. Contrairement à ce qu'a dit le sénateur Obama, c'est tout simplement dangereux.
Barack Obama : Le sénateur McCain n'arrête pas d'utiliser cet exemple d'un président qui s'asseoirait autour d'une table pour négocier sans pourparlers préalables. Personne n'a envisagé cela. Comme le fait fort bien le sénateur McCain, c'est une présentation fallacieuse de ma position. Lorsque l'on parle de condition préalable, et Henry Kissinger a dit que l'on devrait avoir des contacts sans condition préalable, l'idée, c'est que nous ne pouvons espérer résoudre tous les problèmes avant de commencer les pourparlers. L'administration Bush a admis que cela n'avait pas fonctionné, cette idée que nous refusons de parler à un ennemi. Et l'idée que l'on pourrait rencontrer Ahmadinejad et ne pas réagir alors qu'il profère toutes ces absurdités est ridicule. Personne n'envisage cela.
John McCain : Alors, essayons de comprendre. Nous rencontrons Ahmadinejad qui nous dit nous allons supprimer Israël de la carte et nous, nous lui rétorquons, il n'en est pas question. Allons donc ! Je pense que le docteur Kissinger, qui est mon ami depuis trente-cinq ans, serait fort intéressé par cette conservation et la conception qu'a le sénateur Obama de sa position sur cette question. Cela fait trente-cinq ans que je connais et je peux vous garantir qu'il ne préconiserait pas des pourparlers au niveau présidentiel. Bien sûr, il préconiserait – et d'autres personnes le font – des contacts et des négociations. C'est ce que l'on fait tout le temps. Le sénateur Obama détourne le sens des mots lorsqu'il dit que les conditions préalables veulent dire préparation.
Barack Obama : Je ne détourne pas le sens des mots, j'utilise les mêmes termes que ceux utilisés par vos conseillers.
Question : La Russie, 2 minutes, sénateur Obama. Comment voyez-vous les relations avec la Russie ? Vous la voyez comme concurrente ou comme ennemie ou comme partenaire éventuel ?
Barack Obama : Etant donné ce qui s'est passé depuis quelques semaines ou depuis quelques mois, notre démarche vis à vis de la Russie doit être évaluée parce qu'une Russie très agressive et renaissante est une menace pour la paix et la stabilité dans la région. Ce qu'elle a fait en Géorgie est inacceptable. Ils n'étaient pas désirés et le prochain président devra absolument respecter le cessez-le-feu en six points. Il faudra que la Russie se retire de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Il est absolument nécessaire d'avoir un front uni et d'expliquer aux Russes qu'on ne peut pas être une super puissance ou une puissance au XXIe siècle et se comporter comme une dictature du XXe siècle. Il faut également soutenir toutes les démocraties naissantes dans cette région, les Estoniens, les Lithuaniens, les Lettons, les Polonais, les Tchèques et leur montrer notre soutien et notre solidarité dans leurs efforts. Ils sont des membres de l'OTAN. Pour la Géorgie et l'Ukraine, je crois qu'il faut insister sur le fait qu'ils sont libres de rejoindre l'OTAN si ils arrivent à répondre à ses exigences. Ils doivent mettre sur pied immédiatement un plan d'action pour devenir membre de l'OTAN pour qu'on puisse les intégrer. On ne peut pas maintenant revenir à un état de guerre froide avec la Russie. Il faut reconnaître qu'il y a des domaines d'intérêt commun avec la Russie, en premier lieu la prolifération nucléaire. Ils ont 15 000 têtes nucléaires mais ils ont de quoi en construire encore 40 000 et certaines de ces armes pourraient tomber entre les mains d'Al-Qaida. C est un sujet que j'ai lancé au Sénat. J'ai travaillé un Républicain Dick Lugar pour aborder la question de la prolifération des armes nucléaires. C'est un domaine dans lequel il faudra travailler avec la Russie mais il faut être parfaitement clair : il ne faut pas uniquement regarder la Russie dans les yeux pour voir son âme, il faut parler à la Russie en lui montrant les intérêts nationaux des Etats-Unis dans le domaine de la sécurité. Il faut admettre que récemment la communauté internationale et nos alliés ont répondu fermement.
Question : Deux minutes pour vous sénateur McCain sur la Russie.
John McCain : Les réactions du sénateur Obama m'ont intéressé quand il a parlé de la Russie contre la Géorgie. Ce qu'il a dit en premier c'est que les deux partis devaient montrer leur force. Là encore, il est naîf. Il ne comprend pas que la Russie a commis une agression grave contre la Georgie. La Russie est maintenant une nation qui tire sa force des pétrodollars avec un gouvernement d'apparatchiks du KGB. J'ai regardé M. Poutine et j'ai vu trois lettres : KGB. Leur agression en Géorgie n'est pas un comportement acceptable. Je ne crois pas que l'on va retourner à un état de guerre froide, je suis certain que cela n'arrivera pas. Je crois qu'il faut soutenir nos amis et nos alliés et d'ailleurs ce n'est pas juste un problème entre la Russie et la Géorgie. En fait c'est très étroitement lié à l'énergie. Il y a un gazoduc qui va de la mer Caspienne, qui passe par la Géorgie et ensuite passe par la Turquie. Bien sûr, on sait que les Russes contrôlent d'autres sources d'énergie qu'ils distribuent en Europe. Ils ont utilisé cet argument de temps en temps. Ce n''est donc pas un hasard si les présidents de la Lettonie, de l'Estonie et de Lithuanie, de Pologne et d'Ukraine se sont rendus en Géorgie et à Tbilissi.
Moi-même j'ai passé beaucoup de temps là-bas avec ce jeune président, Micha Saakachvili. Ils ont montré leur solidarité et lui ont dit qu'ils étaient préoccupés concernant les menaces russes qui consistent à reconstruire l'ancien empire russe. Je pense que les Russes devraient comprendre que nous, les Etats-Unis, nous soutiendrons l'intégration de la Georgie et de l'Ukraine dans un processus naturel d'intégration au sein de l'OTAN. Il faut dire également clairement que les Russes violent leurs accords de cessez-le-feu. Ils ont placé des troupes supplémentaires en Abkhazie et en Ossétie du Sud. D'ailleurs je m'y suis rendu une fois. J'ai vu en territoire géorgien une affiche énorme de Vladimir Poutine qui disait : "Vladimir Poutine, notre président". Les intentions des Russes étaient donc très claires. Ils attendaient juste le bon moment pour saisir cette occasion. Donc la situation est très difficile. Nous voulons travailler avec les Russes mais nous avons le droit d'attendre d'eux qu'ils se conduisent bien avec un pays, qu'ils respectent les frontières internationales et les règles de comportement qui s'appliquent à tous les pays. Etudions l'Ukraine. Tout ceci à beaucoup à voir avec l'Ukraine, la Crimée, la base de la flotte russe à Sébastopol et l'effondrement du processus politique en Ukraine entre Timochenko et Iouchtchenko est un problème grave. Attention à l'Ukraine. Il faut que les Ukrainiens comprennent que nous sommes leurs amis et leurs alliés.
Question : Est-ce que vous êtes en désaccord avec le sénateur McCain ?
Barack Obama : Non je crois qu'en fait le sénateur McCain et moi sommes dans l'ensemble d'accord sur ces sujets. Bien sûr, je ne suis pas d'accord avec l'idée selon laquelle nous ne nous sommes pas opposés avec assez d'énergie lorsque les Russes sont entrés en Géorgie. J'ai immédiatement dit que c'était illégal et que je m'y opposais. Oui, tout à fait, je souhaite que cette violence cesse parce qu'il y a une énorme pression sur la Géorgie. C'est pour cela que j'étais le premier à dire qu'il fallait reconstruire l'économie géorgienne et que j'ai souhaité lever un milliard de dollars qui leur a été maintenant envoyés pour la reconstruction. L'un des objectifs dela Russie était d'affaiblir leur économie pour que le président Saakachvili soit affaibli et remplacé par quelqu'un que Poutine préfèrerait. Il y a selon moi deux choses très importantes concernant la Russie.
Premièrement, il nous faut être clairvoyant et anticiper certains de ces problèmes. En avril j'ai prévenu l'administration qu'il y avait des Forces de la paix russes en territoire géorgien. Cela n'avait aucun sens. Ce qu'il fallait c'était les remplacer par des forces internationales et des envoyés spéciaux pour résoudre cette crise avant qu'elle ne prenne trop d'ampleur. Mais cela n'a pas été fait. Si cela avait été fait, on en serait pas là. Deuxièmement, il s'agit de la question de l'énergie. La Russie renait d'une certaine manière et Poutine se sent puissant grâce aux pétrodollars comme l'a dit le sénateur McCain. Cela veut dire que nous qui sommes l'un des plus grands consommateurs de pétrole –25 % de la production mondiale- devons avoir notre propre stratégie énergétique, non seulement pour faire face à la Russie mais également faire face à de nombreux Etats voyoux dont nous avons parlé : Iran et Vénézuéla. Cela veut dire augmentation de la production nationale et forages en off-shore. Mais nous n'avons que 3 % des ressources en pétrole dans le monde alors que nous consommons le quart de la production mondiale. C'est difficile de trouver une bonne solution à ce problème. Il faut donc se tourner vers des énergies nouvelles : solaire, éolien, biocarburants et oui, l'énergie nucléaire, les technologies sans charbon. Vous savez mon plan vise à investir beaucoup d'argent dans les 10 ans à venir pour cela. Je crois que le sénateur McCain et moi sommes d'accord sur le fait que l'énergie est un sujet important. Mais comme l'a dit le sénateur McCain, il faut voir ce que nous avons fait par le passé. En l'espace de 26 ans le sénateur McCain a voté 23 fois contre ces nouvelles énergies, le solaire, l'éolien et les biocarburants. Donc, il faut joindre les actes à la parole lorsqu'on parle d'indépendance énergétique. Parce que cela va être sûrement être essentiel pour notre économie. Les gens souffrent à la pompe et l'hiver approchant, pour se procurer du fuel pour se chauffer. Il en va de notre sécurité nationale sans oublier le changement climatique.
Question : Nous avons encore le temps pour une question et je souhaiterais une réponse rapide.
John McCain : Personne en Arizona n'est contre l'énergie solaire et le sénateur Obama dit qu'il est en faveur du nucléaire mais il ne veut pas stocker et retraiter les déchets nucléaires !
Barack Obama : Non ce n'est pas vrai John, ce n'est pas vrai.
John McCain : Il reste du chemin à parcourir. Le forage off-shore c'est aussi très important. Cela sert de passerelle. On sait que si l'on fore en mer et qu'on exploite ces réserves, cela nous aidera au moins pendant un certain temps et soulagera notre dépendance. Je pense que cela aura une incidence importante sur le prix du baril.
Barack Obama : Je veux répondre rapidement pour corriger ce qui vient d'être dit.
John McCain : Ce que je veux dire c'est que la loi Nunn-Luger...
Question : Pardon Sénateur
Barack Obama : John ?
John McCain : J'ai soutenu Nunn-Luger au début des années 90 alors que beaucoup de mes collègues ne le faisaient pas. C'était une loi essentielle à l'époque et cela nous a permis de nous débarrasser de la question des déchets nucléaires et de la façon de gérer le nucléaire.
Barack Obama : Je dois corriger quelque chose. Je n'ai jamais dit que j'étais contre les déchets nucléaires. Je dis qu'il faut les stocker d'une façon sûre alors que le sénateur McCain parle de l'Arizona. Je voulais apporter cette correction.
John McCain : J'ai toujours voté en faveur des énergies alternatives. D'ailleurs personne ne peut être contre.
Question : C'est la dernière question. Vous avez deux minutes chacun. La question est, en commençant par vous sénateur McCain. Que pensez-vous de l'éventualité d'une nouvelle attaque style 11-Septembre sur le territoire américain ?
John McCain : Je pense que l'insécurité est bien moindre que juste après le 11-Septembre. Je pense que notre nation est plus sûre, mais nous sommes encore loin d'avoir une sécurité totale. Et je dois vous dire qu'il y a une chose parmi d'autres dont je suis fier - parce que j'ai travaillé avec tous les courants politiques et j'ai un long palmarès en la matière avec une longue série de réformes -, après le 11-Septembre, le sénateur Libermann et moi-même avons décidé de constituer une commission d'enquête sur le 11-Septembre pour voir ce qui s'était passé et trouver une solution. Nous nous sommes heurtés à l'opposition de l'administration. Encore une question où je n'étais pas d'accord avec l'administration. Et nous avons insisté jusqu'à ce que les familles touchées par le 11-Septembre se déplacent jusqu'à Washington et, à ce moment-là, nous avons réussi à promulguer la législation. Une série de recommandations a été adoptée, plus de quarante, et je suis content de pouvoir dire que nous avons pu faire passer la plupart des réformes recommandées par cette commission. Je suis fier de ce travail, là encore bipartisan, impliquant tous les courants politiques, avec une coopération entre les démocrates et les républicains.
Donc, nous avons beaucoup de progrès à faire au sein de nos services de renseignements. Nous devons améliorer notre travail en matière de renseignements humain et nous devons nous assurer de former correctement les personnes responsables de l'interrogation des prisonniers pour éviter à l'avenir la torture. Nous devons améliorer nos capacités en matière technologique et en matière de renseignement. Nous devons coopérer plus étroitement avec nos alliés. Je connais nos alliés, et je peux coopérer plus étroitement avec eux. Mais je peux vous affirmer qu'à mon sens, les Etats-Unis sont plus en sécurité aujourd'hui que le 11-Septembre. Ce qui ne veut pas dire que nous n'avons pas encore beaucoup de chemin à parcourir. Et je voudrais vous rappeler également qu'à la suite de ces recommandations, nous avons probablement procéder à la plus importante réorganisation au sein de notre gouvernement depuis que nous avons créé le ministère de la défense. Et je pense que les hommes et les femmes qui travaillent dans ces services font un excellent travail. Mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir déclarer que les Etats-Unis vivent dans la sécurité et cela implique qu'il faut améliorer le travail que nous faisons le long de nos frontières.
Question : Deux minutes sénateur Obama
Barack Obama : Eh bien, tout d'abord, je pense qu'effectivement, nous avons plus de sécurité à certains égards. Evidemment, nous avons investi des milliards de dollars dans la sécurité de nos aéroports. Nous avons amélioré la sécurité de cibles potentielles mais nous avons encore du pain sur la planche. Nous devons sécuriser nos sites chimiques. Nous n'avons pas suffisamment amélioré la situation du point de vue des transports et des ports. Et la principale menace à laquelle nous sommes confrontés actuellement, ce n'est pas un missile nucléaire qui tomberait du ciel, cette menace se trouve dans une valise. C'est pourquoi, la question de la prolifération nucléaire est si importante. La principale menace pour les Etats-Unis viendrait d'un terroriste qui s'emparerait d'armes nucléaires. Nous, nous dépensons des milliards de dollars pour le bouclier antimissile. En fait, je pense que nous avons besoin de ce bouclier à cause de l'Iran et de la Corée du Nord et de la possibilité qu'ils ont d'acquérir et de lancer des armes nucléaires, mais je crois aussi que lorsque nous dépensons quelques centaines de millions de dollars pour lutter contre la prolifération nucléaire, nous faisons une erreur. Il y a une autre chose sur laquelle nous devons cependant nous concentrer, c'est Al-Qaida.
Cette organisation opère désormais dans soixante pays. Nous ne pouvons pas nous concentrer sur l'Irak. Nous devons nous attaquer à la racine du mal, c'est-à-dire en Afghanistan et au Pakistan. Cela va être critique. Nous aurons besoin de davantage de coopération avec nos alliés. Et une dernière remarque : il est important pour nous de comprendre que la manière dont nous sommes perçus dans le monde va faire une différence. Du point de vue de notre capacité à obtenir de la coopération et à exterminer le terrorisme. L'une des choses que j'ai l'intention de faire en tant que président, c'est de rétablir l'image de l'Amérique dans le monde. Nous sommes moins respectés maintenant que nous ne l'étions il y a huit ans ou même quatre ans. Nous vivons dans le plus grand pays du monde. Cependant, à cause de certaines erreurs qui ont été faites – et je rends hommage au sénateur McCain pour avoir identifié le problème de la torture comme quelque chose qui sape notre sécurité à long terme – nous allons avoir beaucoup de travail lors de la prochaine administration pour rétablir cette idée que l'Amérique est un phare qui brille sur une colline.
Question : Est-ce que vous êtes d'accord pour dire qu'il y a pas mal de travail dans ce domaine pour la nouvelle administration.
John McCain : Mais dans le cas du bouclier antimissile, le sénateur Obama a dit et je cite qu'il fallait que son efficacité soit prouvée. Elle n'a pas été prouvée lorsque Ronald Reagan a lancé la Special Defense Initiative (SDI), ce qui est un bouclier antimissile. Et cela a été un facteur primordial dans la fin de la guerre froide. Il semble que nous tournions en rond à nouveau. Le sénateur Obama ne comprend pas bien que si nous échouons en Irak, cela encouragera Al-Qaida. Dans ce cas, ils établieraient une base en Irak. Le plan de retrait du sénateur Obama aboutirait à une défaite quelles que soient les conditions selon tous nos chefs militaires et tous nos experts. Cela signifierait que le sang américain aurait été sacrifié en vain. Ce qui nous attristerait profondément. Tout ceci aura été en vain si nous appliquions le plan du sénateur Obama avec un retrait à des dates spécifiques quelles que soient les conditions sur le terrain. Le général Petraeus affirme que nous avons remporté des succès mais qui sont encore très fragiles. Et nous ne pouvons pas appliquer le plan du sénateur Obama. C'est la question cruciale de notre époque et je pense que les Américains décideront du prochain président des Etats-Unis suivant le bon ou le mauvais chemin que nous déciderons d'emprunter.
Question : Est-ce que vous y voyez les mêmes liens que le sénateur McCain.
Barack Obama : Oui, indubitablement. Ecoutez, au cours des huit dernières années, cette administration avec le sénateur McCain s'est concentrée uniquement sur l'Irak. Cela a été leur priorité. C'est là où toutes nos ressources ont été investies. En attendant, Ben Laden existe toujours, il n'a pas été capturé. Il n'a pas été tué. Al-Qaida est de nouveau actif. En attendant, nous avons des défis à relever. Par exemple, la Chine à laquelle nous empruntons des milliards de dollars. La part de notre endettement détenue par les Chinois se monte à 1 000 milliards de dollars. Et ils sont actifs dans des continents comme l'Amérique latine, l'Asie ou l'Afrique. Ils sont d'autant plus visibles que nous sommes absents parce que nous nous sommes concentrés sur l'Irak. Nous avons affaibli notre capacité à profiter de notre puissance dans le monde parce que nous avons tout regardé à travers une seule lorgnette et je ne parle même pas de notre économie. Nous dépensons maintenant 10 milliards de dollars ou davantage chaque mois. Cela signifie que nous ne pouvons pas fournir suffisamment de soins médicaux aux personnes qui en ont besoin. Nous ne pouvons pas investir suffisamment dans les domaines scientifique et technologique, ce qui aura un impact sur notre compétitivité future. Il n'y a jamais eu de pays dans le monde dont l'économie est en déclin et qui puisse quand même maintenir sa supériorité militaire. Il s'agit donc d'une question de sécurité nationale. Nous n'avons pas suffisamment investi en ce qui concerne les mesures en faveur des anciens combattants. Je suis membre de la Commission des anciens combattants et nous sommes assiégés de questions par les vétérans de tout le pays qui nous demandent comment obtenir des indemnités d'invalidité ? "Je souffre du syndrome du choc post-traumatique et je n'arrive pas à obtenir de traitement." Par conséquent, nous devons tout mettre en œuvre dès à présent et il n'est pas question de perdre cette guerre. Il s'agit de reconnaître que le prochain président doit avoir une vision stratégique plus large concernant les défis auxquels nous sommes confrontés. Cette vision était absente au cours des huit dernières années. C'est cela que je veux rétablir.
John McCain : J'ai été impliqué, comme je vous l'ai déjà dit, dans la plupart des grands défis de sécurité nationale auxquels nous avons été confrontés depuis 20 ans. Il y a quelques avantages à avoir de l'expérience, des connaissances et du discernement. Honnêtement, je ne pense pas que le sénateur Obama ait les connaissances ou l'expérience. Il a fait des erreurs de jugement dans un certain nombre de domaines y compris dans sa réaction initiale à l'invasion russe… à l'agression russe en Géorgie. Vous savez, nous avons déjà connu dans ce gouvernement cette obstination à s'accrocher à cette idée que la déferlante n'avait pas réussi. Il n'a pas su reconnaître qu'il avait eu tort quant à le "surge" (renfort). Cela montre qu'un président des Etats-Unis a besoin de faire preuve de plus de souplesse. Pour ce qui est des autres questions qu'il a soulevées, je connais les anciens combattants, je les connais bien. Et je sais qu'ils savent que je m'occuperai bien d'eux. Je suis fier de leur appui et de leur reconnaissance pour les services que je leur ai rendus. Je les aime et je m'occuperai d'eux et ils savent que je m'occuperai d'eux. A moi de le faire , ce sera ma responsabilité. J'ai également la capacité, les connaissances et l'expérience pour prendre les bonnes décisions pour préserver la sécurité et la sûreté de ce pays. Les réformes, la prospérité et la paix constituent les défis principaux pour les Etats-Unis d'Amérique. Je ne pense pas avoir besoin d'une formation sur le tas. Je suis prêt dès maintenant.
Barack Obama : Permettez-moi de faire une dernière conclusion. Vous savez que mon père venait du Kenya d'où mon nom. Dans les années 60, mon père avait écrit d'innombrables lettres pour pouvoir venir faire ses études universitaires aux Etats-Unis, persuadé qu'il était qu'aucun autre pays sur terre ne pourrait lui offrir les mêmes possibilités. Les idéaux et les valeurs des Etats-Unis étaient une source d'inspiration pour le monde entier. Je ne pense pas qu'aucun de nous puisse dire que notre image dans le monde aujourd'hui, la manière dont les enfants du monde entier voient les Etats-Unis soit la même. Une partie de ce que le prochain président doit faire, et cela relève en partie de notre discernement, et c'est aussi comme cela que nous préserverons l'Amérique, consistera à envoyer le message suivant au monde : nous allons investir dans des domaines tels que l'éducation auxquels les personnes ordinaires qui aspirent à réaliser leur rêve peuvent s'identifier. C'est ce à quoi je m'engagerai en tant que président des Etats-Unis.
Question : Il reste quelques secondes. Nous avons presque terminé.
John McCain : Jim, quand je suis rentré chez moi après avoir été prisonnier, j'ai vu que nos anciens combattants étaient très maltraités et cela m'a attristé. J'ai entrepris des efforts pour résoudre la question des prisonniers de guerre et les portés disparus au combat. Ce que nous avons fait, autant du côté des démocrates que des républicains. Puis j'ai travaillé à la normalisation des relations entre nos deux pays pour que nos anciens combattants puissent retrouver le chemin de la maison. Je vous garantis qu'en tant que président des Etats-Unis je sais comment panser les blessures de la guerre, je sais comment traiter nos adversaires et je sais comment travailler avec nos amis.
25 juillet 2008
A Berlin, Barack Obama appelle à "faire tomber les murs" entre les pays
source: le monde avec AFP
"Peuple de Berlin, peuples du monde, notre heure est venue."
"L'AMÉRIQUE N'A PAS DE MEILLEUR ALLIÉ QUE L'EUROPE"
"Le XXIe siècle s'est ouvert sur un monde plus interdépendant que jamais dans l'histoire humaine. (...) Mais ce rapprochement a entraîné de nouveaux dangers qui ne peuvent pas être endigués par les frontières ou les océans", a poursuivi le sénateur de l'Illinois. "Aucune nation, aussi grande et aussi puissante soit-elle, ne peut relever seule ces défis", a observé M. Obama, dans un discours sans précédent pour un candidat à la présidence des Etats-Unis. "L'Amérique n'a pas de meilleur allié que l'Europe", a affirmé le candidat démocrate. Mais "un vrai partenariat exige un travail constant et des sacrifices (...), des alliés qui savent écouter, apprendre les uns des autres et surtout se faire confiance".
Barack Obama a ensuite demandé aux Européens de poursuivre leur engagement en Afghanistan. "Pour le peuple d'Afghanistan, et pour notre sécurité commune, il faut terminer le travail, a-t-il dit. L'Amérique ne peut pas le faire seule. Le peuple afghan a besoin de nos troupes et des vôtres ; de notre soutien et du vôtre pour vaincre les talibans et Al-Qaida, pour développer son économie et pour l'aider à reconstruire son pays." ENTRETIENS "CHALEUREUX ET PRODUCTIFS" AVEC Mme MERKEL
Evoquant la chute du mur de Berlin en 1989, il a appelé à abattre d'autres murs. "Les murs entre les alliés de longue date, de part et d'autre de l'Atlantique, ne peuvent pas rester debout. Les murs entre les pays les plus riches et les plus pauvres ne peuvent pas rester debout. Les murs entre les races et les tribus, entre les indigènes et les immigrants, entre chrétiens, musulmans et juifs ne peuvent pas rester debout." C'est la première fois qu'un candidat à la présidence des Etats-Unis prononce un grand discours de politique étrangère en dehors des Etats-Unis. Après son discours, fréquemment interrompu par les applaudissements et les cris "Yes we can !" ("Oui, nous pouvons"), son slogan de campagne, M. Obama s'est mêlé pendant cinq minutes à la foule, qui se pressait pour lui serrer la main et le photographier.
Plus tôt, le sénateur de l'Illinois, arrivé dans la matinée à Berlin, avait été reçu pendant une heure par la chancelière conservatrice Angela Merkel, puis par le ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. Les entretiens avec Mme Merkel, qualifiés par son conseiller Robert Gibbs de "chaleureux et productifs", ont porté notamment sur l'Afghanistan et l'Irak – où le sénateur vient de se rendre –, l'Iran, le processus de paix au Proche-Orient, la Russie et l'OTAN. M. Obama a salué les efforts de la chancelière pour faire face au changement climatique et répété son engagement à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % aux Etats-Unis d'ici à 2050 s'il est élu. Le candidat a ensuite signé le livre d'or de la ville de Berlin, qu'est venu lui présenter le maire, Klaus Wowereit. Berlin symbolise "l'impossibilité de diviser les hommes dans leur recherche de la liberté", y a écrit Barack Obama.
23 juin 2008
Barack Obama creuse l'écart dans les sondages face à son rival John McCain
source: le monde
Le camp de Barack Obama commence à croire à une victoire écrasante lors de l'élection présidentielle en novembre prochain. Et le dernier sondage réalisé par le magasine Newsweek qui donne une avance de 15 points à Barack Obama face à son rival républicain, John McCain, ne viendra pas ternir cet espoir.
51 % pour M. Obama contre 36 % pour M. McCain. Ce sondage, réalisé sur un échantillon de 1 010 électeurs, montre trois choses. Premièrement, le bon report des intentions de vote des électeurs de Clinton. Les incorruptibles pro-Clinton se sont finalement ralliés au sénateur de l'Illinois, renforçant ainsi le socle électoral du candidat démocrate. L'unité du parti s'accroît et les démocrates peuvent aborder la convention dans de meilleures conditions qu'il y a un mois.
Ensuite, la confortable avance de Barack Obama dans les sondages. Le sénateur de l'Illinois caracole en tête dans tous les sondages nationaux depuis début mai. Apparemment, le caractère racial de sa candidature n'a pas l'effet escompté par les républicains.
Pour finir, l'équation McCain = Bush fonctionne. La stratégie du démocrate consistant à associer McCain à Bush s'est facilement diffusée dans l'opinion. La position du candidat républicain sur la reprise des forages sur la côte pacifique et le golfe du Mexique rejoint celle du président Bush.
DÉFAUT DE CRÉDIBILITÉ ?
Petit bémol toutefois, cette étude a été réalisée juste avant la décision de Barack Obama de ne pas bénéficier des aides publiques pour financer sa campagne. Depuis lors, cette volte-face a largement été débattue ce week-end et pourrait nuire à sa cote de popularité. Beaucoup suspectent dans cette stratégie un moyen de contourner la loi de financement des campagnes de 1971 et de prendre un avantage décisif dans la course. En effet, si le candidat avait initialement prévu de bénéficier des fonds publics, c'était avant de battre tous les records dans sa collecte de fonds : tout au long des primaires, M. Obama a rassemblé près de 265 millions de dollars... soit le triple de ce qu'offrent les fonds du Trésor public (environ 84,1 millions de dollars), analyse le New York Times.
Ce revirement est-il nocif pour Barack Obama ? Le fait qu'il "revienne sur sa promesse de prendre part au système de financement public" décrédibilise-t-il aussi sa promesse d'un nouveau type de politique ? C'est en tout cas l'argument du camp McCain.
14 juin 2008
Barack Obama est le candidat que préfère le reste du monde
source: le monde
Barack Obama, candidat global ? “L’”obamania” est devenue un phénomène planétaire d’une ampleur peut-être plus grande que celle de la “dianamania”", a écrit Timothy Garton Ash, professeur d’études européennes à Oxford. C’est dire.
Vu de l’étranger, l’homme séduit. D’abord, le sénateur de l’Illinois se distingue par son opposition résolue à la guerre en Irak. M. Obama l’a répété : une fois élu, il retirera les troupes américaines. Il marque les consciences collectives en nourrissant l’idée d’un véritable changement au Moyen-Orient.
Ensuite, ses origines familiales et son parcours, de sa naissance à l’âge adulte, renvoient l’image d’un personnage politique nouveau. C’est un Américain du tiers-monde, un candidat avec une relation personnelle et intime avec d’autres continents. Multiracial, M. Obama - père kényan et mère américaine, né à Hawaï, élevé en Indonésie et diplômé de Harvard - possède un parcours inhabituel qui le rend apte à transcender les barrières culturelles. “Chacun sent chez Obama que l’expérience vécue, le tempérament et les idées ne font qu’un”, souligne le New York Times Magazine. N’a-t-il pas dit que le principe fondamental de sa vision internationale est que “la sécurité du peuple américain est inextricablement liée à la sécurité de tous les peuples” ?
D’après une enquête du Pew Research Center réalisée dans vingt-quatre pays et publiée le 12 juin, la candidature de Barack Obama à la présidentielle américaine suscite non seulement de grands espoirs, mais améliore l’image des Etats-Unis dans le monde. Avec lui, l’élection du 4 novembre est perçue un peu partout comme une occasion de tourner la page des années Bush. Comme si M. Obama était capable de remettre un peu d’ordre sur cette planète tourmentée depuis les attaques du 11-Septembre et réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde.
Selon ce sondage, M. Obama inspire confiance et caracole en tête face à son rival M. McCain dans pratiquement tous les pays. Grand favori des européens (84 % des Français lui accorderaient leur vote, 82 % des Allemands, 74 % des Anglais, 72 % des Espagnols), il est également plébiscité en Australie, au Japon, au Brésil, ou encore en Corée du Sud. Au Kenya, un vrai culte est voué “au fils de la nation” comme l’appelle la presse et de nombreux pays africains estiment, comme Le Soleil de Dakar que sa victoire serait “une revanche sur l’histoire”.
Certaines déclarations de M. Obama ont pu étonner ou susciter de vives critiques. Des commentateurs voient en lui un candidat difficile à cerner, trop jeune ou manquant d’expérience. Toutefois, en cinq mois de campagne, il a su se forger une stature d’homme d’Etat avec une capacité instinctive à bâtir des ponts et a créer des relations nouvelles. En Israël, par exemple, alors que la majorité de l’opinion publique affichait ouvertement une préférence pour M. McCain, l’engagement et le ton de M. Obama lors de son passage à l’Aipac (American Israël Public Affairs Council), le 4 juin, a surpris. L’alignement du candidat démocrate sur les positions de l’administration Bush concernant le statut de Jérusalem qui doit, selon M. Obama, rester la capitale “unifiée et indivisible” d’Israël a fait reculer les craintes que pourrait provoquer son élection. Ehoud Olmert, premier ministre israélien, s’est même déclaré “impressionné”.
Dans le camp palestinien et au sein du monde arabe, les propos de M. Obama ont, d’abord jeté la consternation d’autant qu’ils ont été prononcés par un candidat d’origine musulmane. Certains chroniqueurs arabes ont toutefois décidé de prendre du recul. Dans son billet hebdomadaire publié par le quotidien libanais Al-Safir, l’écrivain libanais Abbas Beïdoune, peu suspect de sympathies pro américaines, a ainsi épinglé ceux qui ont délibérément occulté la singularité du cas Obama, “un homme de race noir et fils d’un musulman”. Editorialiste au quotidien saoudien Al-Hayat, Mohammed Salah s’est, lui, interrogé : “Etions-nous en droit de nous attendre à des déclarations différentes d’un candidat à la présidence américaine devant la plus puissante association américaine de soutien à Israël dont il sollicitait le soutien ?”
Dans le cas de Cuba, les déclarations de M. Obama sont également révélateurs de sa capacité à jouer sur différents tableaux à la fois. Lors de son discours de Miami, le 23 mai, dans lequel il a rappelé vouloir dialoguer avec le président Raul Castro et lever les restrictions de voyage, “Obama a proposé des initiatives positives, visant à faciliter les contacts et l’aide économique entre les familles cubaines divisées des deux côtés du détroit de Floride”, a estimé Miriam Leiva, une des fondatrices des Dames en blanc, l’association des épouses de prisonniers politiques cubains. Plus étonnant, Fidel Castro partage l’opinion des dissidents : M. Obama est “sans aucun doute le candidat le plus avancé du point de vue social et humain”, a écrit l’ancien président cubain le 26 mai.
Les médias russes misent eux aussi en nombre sur la victoire de Barack Obama, “la chance noire de l’Amérique” selon le quotidien Vremia Novosteï du 5 juin. La veille, la radio Echo de Moscou recueillait des impressions sur M. Obama. “Il est frais, pur, jeune et n’a aucun lien avec le complexe militaro-industriel ou le lobby américain du pétrole”, s’est réjouit le politicien ultranationaliste Vladimir Jirinovski, le qualifiant de “jeune Gorbatchev de l’Amérique”.
En revanche, le Canada et le Mexique, deux pays frontaliers des Etats-Unis s’inquiètent, eux, du vent de protectionnisme qui souffle chez les démocrates, aux Etats-Unis. Au Mexique, certains secteurs libéraux ont peu apprécié les déclarations d’Obama critiquant l’Alena, l’Accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis, “en usant les vieux prétextes de la protection de l’environnement et de la défense des droits de l’homme”, comme le souligne Antonio Rosas-Landa, dans El Universal. A Ottawa, le sénateur de l’Illinois a été accusé de ne pas prendre la question de l’Alena au sérieux. Son conseiller économique Austan Goolsbee, aurait assuré aux Canadiens que sa position n’était qu’une rhétorique de campagne pour calmer les craintes des “cols bleus” américains. M. Obama ne laisse personne indifférent. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est inquiété dans un entretien à El Pais, le 5 mars, disant qu’une victoire de M. Obama était impossible “à cause des forces cachées qui sévissent aux États-Unis”. Même le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a mis en garde le candidat démocrate, mercredi 11 juin : “Nous lui demandons d’être fier de lui en tant que Noir et d’être conscient que toute l’Afrique est derrière lui, parce que s’il ne se débarrasse pas de ce complexe d’infériorité, sa politique étrangère sera pire que celle des Blancs qui l’auront précédé”. Obama une révolution ?
07 janvier 2008
Obama va caser la Barack ?
source: le monde
Change, change, change ! Les derniers jours de campagne dans l'Etat du New Hampshire, pour la deuxième primaire d'importance, mardi 8 janvier, dans le processus de désignation des deux grands candidats à l'élection présidentielle américaine, ont été dominés par un seul slogan, tant du côté démocrate que du côté républicain : l'Amérique veut du changement. Sur le plan intérieur, alors que les économistes se demandent si le pays entre en récession où s'il y est déjà plongé ; et en politique étrangère, les Etats-Unis semblant subir davantage que maîtriser les événements.
A beaucoup, particulièrement parmi les jeunes et les "déçus de la politique", M. Obama, 46 ans, paraît inspiré, porteur d'espoir. A ceux qui évoquent son inexpérience, ses partisans rappellent que John Kennedy, l'homme qui avait fait souffler un vent nouveau sur l'Amérique, avait été élu, en 1960, à 43 ans. "Le phénomène Obama est une réalité, écrivait, samedi, Bob Herbert, chroniqueur au New York Times. Il a l'air authentique. Quand il rit, vous avez le sentiment que c'est parce que c'est drôle." Du côté républicain, l'émergence de l'ex-gouverneur de l'Arkansas, Michael Huckabee, qui l'a également emporté dans l'Iowa après avoir critiqué "l'arrogance" américaine en matière de politique étrangère, est venu conforter l'idée que les Américains attendent un nouveau visage autant qu'un homme de convictions.
Samedi avaient lieu les deux derniers débats d'avant scrutin. Change, change, change… Hormis le sénateur républicain de l'Arizona, John McCain, chacun a tenté de démontrer qu'il était incarnait le changement. Mitt Romney, ex-gouverneur du Massachussetts, a tancé ses adversaires : ils feraient bien de ne pas mépriser cet aspect, leur a-t-il lancé ; sinon, M. Obama pourrait réserver au candidat républicain la même surprise que celle que connaît Mme Clinton. Sourire en coin, M. McCain a susurré qu'effectivement, M. Romney est "le candidat du changement". Une partie de la salle a éclaté de rire devant cette allusion au fait que l'ancien gouverneur a changé d'avis plusieurs fois sur divers grands thèmes de la campagne.
Lors du débat démocrate, Mme Clinton a fini par perdre patience. Le changement ? Oui, mais avec quel contenu ? "Changer" les choses, ce n'est pas "discourir", c'est agir, c'est savoir gouverner, a-t-elle clamé. M. Obama a laissé John Edwards, ancien sénateur de Caroline du Nord, répondre : ceux qui critiquent les partisans du changement sont toujours "des tenants du statu quo".
Le scrutin dans le New Hampshire, où les "indépendants" peuvent voter, est déterminant pour plusieurs candidats, et d'abord pour Mme Clinton, distancée par M. Obama dans les sondages. Qu'elle l'emporte finalement, et sa candidature sera relancée.
Qu'elle soit à nouveau devancée, et toute sa stratégie de campagne en pâtira, sachant que M. Edwards a montré, samedi, qu'en cas d'échec personnel, il apportera son soutien, vraisemblablement, au sénateur de l'Illinois. Chez les républicains, M. Romney joue gros. Il avait beaucoup misé sur deux succès initiaux. Or il a échoué dans l'Iowa. Un nouvel échec pourrait lui être fatal. M. McCain joue également une partie essentielle. Considéré, il y a encore trois mois, comme ayant perdu toute chance, il attend énormément du scrutin dans le New Hampshire, où il est donné en tête (32 % des intentions de vote, contre 24 % pour M. Romney). Déjà candidat il y a huit ans, M. McCain l'avait alors largement emporté, dans cet Etat, avant d'être défait ultérieurement par George Bush. S'il gagnait de nouveau, sa candidature pourrait redevenir d'actualité, même si, à 71 ans, élu depuis 1982, il est, de tous les candidats, le moins à même d'incarner le "changement".
06 janvier 2008
Débats à couteaux tirés entre démocrates d'une part, républicains de l'autre
source: AFP et Reuters
Ils ont beau avoir remporté les caucus de l'Iowa qui ont ouvert les primaires américaines, Barack Obama et Mike Huckabee n'ont pas été les cibles principales de leurs rivaux lors des débats organisés samedi 5 janvier par la chaîne de télévision ABC. Souvent seuls contre deux, Hillary Clinton, dans le camp démocrate, et Mitt Romney, côté républicain, ont subi les attaques les plus virulentes, à trois jours des primaires dans le New Hampshire
"Je veux le changement, et j'ai déjà réalisé le changement", s'est emportée Mme Clinton, livide, reprenant à son compte les réformes mises en oeuvre par l'administration de son mari Bill Clinton dans les années 1990, et assurant que l'arrivée d'une femme dans le Bureau ovale représenterait en soi un changement majeur.
ATTAQUES "ERRONÉES"
Le débat entre les candidats républicains, qui ouvraient l'émission de deux fois 90 minutes, ont également été houleux. Les rivaux de Mitt Romney ne lui ont pas laissé le temps de savourer sa victoire du jour aux caucus du Wyoming, qui lui ont accordé huit de leurs douze délégués.
Alors qu'il s'en prenait aux promesses de John McCain en matière d'immigration, celui-ci lui a reproché ses virulents spots télévisés."Vous pouvez dépenser toute votre fortune dans vos attaques, elles resteront erronées", a lancé le sénateur de l'Arizona. Ce franc-tireur, qui semble en mesure de se relancer dans la course, était en verve :"Nous sommes d'accord, vous êtes le candidat du changement", a-t-il lancé en riant au mormon, façon cruelle de rappeler aux électeurs qu'il était favorable au droit à l'avortement avant d'y être farouchement opposé, favorable à une couverture santé pour tous avant de dénoncer les projets des démocrates en la matière.
L'ancien gouverneur du Massachusetts s'est aussi vu reprocher ses atermoiement et prises de positions changeantes sur le conflit irakien. Mike Huckabee l'a accusé de ne pas avoir soutenu le 'surge', cette stratégie américaine en Irak, qui s'est traduite par un accroissement du nombre de soldats envoyés sur le terrain."Sur la guerre, j'ai soutenu le président avant vous" et "je ne suis pas de ceux qui sont ici pour lancer des attaques excessives contre le président", a-t-il poursuivi."Ne caricaturez-pas mes opinions", a répondu Romney, assurant que les Américains "veulent que nous parlions de politique, ils ne veulent pas d'attaques personnelles". "Il ne s'agit pas d'une attaque personnelle, vous avez soutenu un retrait programmé des troupes", a rétorqué l'ancien gouverneur de l'Arkansas. Mike Huckabee a cependant calmé le jeu, en soulignant l'enthousiasme suscité par leur adversaire commun Barack Obama :"Si nous ne présentons pas aux Américains ce que nous défendons, plutôt que ce qui nous oppose, nous allons perdre".
Les derniers sondages donnent une avance moins importante pour Hillary Clinton dans le New Hampshire
source: AFP et Reuters
Les dernières études d'opinion, réalisées après les résultats du caucus de l'Ohio et diffusées samedi 5 janvier, montrent une érosion de l'avance que possédaient Hillary Clinton dans le New Hampshire, deuxième Etat à voter sur l'investiture démocrate à la présidentielle.
A trois jours de la primaire, Mme Clinton ne dispose plus que de quatre points d'avance (32 % d'intentions de vote) sur le sénateur de Chicago, Barack Obama (28 %), selon un sondage réalisé, entre jeudi et vendredi, pour l'institut Zogby International. Un sondage réalisé avant la victoire de M. Obama dans l'Ohio donnait une avance de six point à l'ancienne première dame. John Edwards, arrivé deuxième dans l'Ohio, reste en retrait avec 20 % d'intentions de vote.
BILL CLINTON APPELÉ EN RENFORT
La perte de vitesse d'Hillary Clinton au profit de Barack Obama est encore plus importante selon un autre sondage, réalisé pour l'université de Suffolk à Boston, passant de 16 points (39 % contre 23 %), jeudi, à 7 points (36 % contre 29 %). Le débat télévisé opposant les candidats démocrates qui doit avoir lieu samedi apparaît donc crucial pour Mme Clinton. Afin de relancer sa campagne, elle a ainsi multiplié les réunions d'électeurs, samedi, autour du thème "le changement n'arrive qu'avec l'expérience", alors que son mari Bill Clinton sillonnait le New Hampshire pour mobiliser ses électeurs.
Côté républicain, la course se resserre également dans le New Hampshire : John McCain, qui avait pris la tête des sondages, semble fléchir sous le coup des attaques de Mitt Romney. L'université de Suffolk replace M. Romney en tête (29 % contre 25 %). Pour l'institut Zogby en revanche, M. McCain reste devant (32 % contre 30 %) dans cet Etat qu'il avait remporté lors de sa campagne présidentielle en 2000.
Le grand gagnant du caucus républicain de l'Iowa, Mike Huckabee, dont le positionnement chrétien est peu porteur dans cet Etat du Nord-Est, est en progrès avec 13 % des intentions de vote, selon l'université de Suffolk, et 10 % pour l'institut Zogby, mais reste largement en retrait. Il devance Rudolph Giuliani (9 % dans les deux sondages), dont la stratégie repose sur une victoire en Floride à la fin du mois.
04 novembre 2006
Aux Etats-Unis, les candidats afro-américains aux élections ont le vent en poupe
Source: le monde
Nul n'incarne mieux le changement. Au moment où les électeurs américains sont 65 % à réclamer un "changement de direction" du pays, les Noirs font un retour dans le débat national. Non pas à la manière illustrée par l'ouragan Katrina, comme les victimes d'un système d'inégalités qui perdure. Mais d'une façon qui prétend "transcender la race", selon l'expression du Washington Post.
Plusieurs démocrates sont sortis du rang à la faveur de la campagne pour les élections de mi-mandat du 7 novembre. Ils sont la face publique d'un nombre de candidats Afro-Américains sans précédent cette année, dans chacun des partis. Le plus connu est Barack Obama, 43 ans, l'unique Afro-Américain du Sénat. Il n'est pas candidat - son mandat court jusqu'en 2010 -, mais il est partout. A trois semaines des élections, il a publié un livre, ce qui lui permet d'occuper le terrain.
M. Obama a indiqué qu'il n'excluait plus de briguer l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2008 contre Hillary Clinton. Il n'en fallait pas plus pour susciter un engouement sans précédent. Barack Obama n'a que deux ans d'expérience au Sénat, mais est devenu l'homme politique le plus demandé dans les circonscriptions. Né de père kényan et de mère américaine, diplômé d'Harvard et élu de Chicago, il ne craint pas de parler de religion. Le titre de son livre - The Audacity of Hope - est tiré d'un sermon.
Il prétend incarner la génération postérieure au baby-boom et se démarque des divisions idéologiques des années 1960. Il dit le plus grand bien d'Hillary Clinton tout en regrettant qu'elle ait voté en 2002 pour la guerre en Irak, une manière de souligner qu'il n'est pas associé au fiasco actuel. "Après huit ans de George Bush et de sa politique étrangère narcissique - moi, moi, nous, nous -, il serait formidable d'avoir un président qui porte un message différent, ne serait-ce que par sa complexion", écrit l'éditorialiste Richard Cohen dans le Washington Post.
Dans le Massachusetts, un autre Afro-Américain, Deval Patrick, pourrait devenir le premier Noir à occuper le poste de gouverneur. Il serait le deuxième gouverneur noir jamais élu aux Etats-Unis. Comme Barack Obama, Deval Patrick, 50 ans, est diplômé de la faculté de droit d'Harvard. Il a travaillé au ministère de la justice sous Bill Clinton et a dirigé les services juridiques de Texaco et de Coca-Cola. Son histoire emprunte à la légende américaine : fils d'un saxophoniste qui était toujours sur les routes, il a grandi sans père dans les quartiers sud de Chicago. Il a fui les gangs et obtenu une bourse d'études...
Dans le Tennessee, Harold Ford a entrepris de gagner des électeurs au-delà de la mouvance afro-américaine traditionnelle. Diplômé de droit, il pourrait devenir le premier Afro-Américain élu au Sénat dans un Etat du Sud. Lui aussi insiste sur la religion. L'un de ses messages publicitaires le présente sur un prie-Dieu, dans l'église de son enfance.
Les républicains ne s'y sont pas trompés. Sentant la menace sur le Sud, autant que sur le Sénat, ils ont diffusé une publicité qui a révulsé une partie du pays. Réalisée par un protégé de Karl Rove, le stratège électoral de George Bush, elle montre une fille aguichante qui fait un clin d'oeil au candidat : "Harold, appelle-moi." La publicité fait allusion au fait que Harold Ford, célibataire âgé de 36 ans, a assisté parmi 3 000 autres personnes à une soirée financée par Playboy en 2005, après le match du Superbowl (championnat de football) en Floride.
Le pays est tellement marqué par le passé que beaucoup ont vu dans la publicité non pas une simple connotation sexuelle, mais une femme blanche faisant des avances à un homme noir. De politique, le débat a été déplacé sur l'aspect racial. M. Ford était un démocrate centriste. La polémique l'a ramené à la dimension de la couleur.
Corine Lesnes





