Gabon D'abord

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09 septembre 2009

Immigration clandestine = Dictateurs en Afrique, soutenus par certains pouvoirs occidentaux: quelle hypocritie!!!

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22 avril 2007

Crimes économiques de la Françafrique: Survie porte plainte.

source:Camer.be

En déposant plainte, le 27 mars dernier, contre des dirigeants africains pour « recel de détournement de biens publics et complicité », Survie entend contribuer à la lutte contre l’impunité des crimes économiques de la Françafrique / Mafiafrique et se rendre solidaire des populations spoliées qui revendiquent la saisie et la restitution des biens « mal acquis » par leurs dictateurs.

« Recel de détournement d’argent public »

C’est aux côtés de l’association Sherpa et de la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD) que Survie a porté plainte pour « recel de détournement de biens publics et complicité » contre plusieurs Chefs d’Etats africains et leurs familles, propriétaires en France de nombreux biens immobiliers de luxe et détenteurs d’avoirs bancaires auprès de banques françaises et/ou de banques étrangères ayant des activités en France.

Cette plainte, dé
posée par l’avocat William Bourdon (également président de Sherpa) auprès du Procureur de la République près du Tribunal de Grande Instance de Paris, vise tout particulièrement Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou N’Guesso (Congo) ainsi que leurs familles.

Elle repose sur un certain nombre d’enquêtes sérieuses qui laissent penser que les biens immobiliers et les avoirs bancaires en France de ces dirigeants ont été acquis grâce au détournement de l’argent public de leur pays, au détriment de leurs populations, exclues de toute redistribution des ressources de l’Etat.

Si l’infraction principale (le détournement) a été commise à l’étranger, le recel (c’est-à-dire la dissimulation, la détention, la
transmission ou le fait de bénéficier en toute connaissance de cause de ce détournement) est quant à lui commis en France. Les plaignants ont donc estimé que le juge français était compétent pour enquêter sur ce délit.

Populations paupérisées contre riches dictateurs

Dans les pays riches en matières premières que sont le Gabon ou le Congo, les services publics (santé, éducation, transport, accès à l’eau ou à l’électricité, etc.) sont en déliquescence tandis que M. Bongo et sa famille possèdent un hôtel particulier et quatre appartements situés dans le 16ème arrondissement de Paris, ou que M. Sassou N’Guesso possède (vraisemblablement) un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d’euros dans les Yvelines ainsi qu’un appartement à Paris. Sans compter plusieurs biens immobiliers en région parisienne attribués aux proches du président congolais dont un luxueux appartement de 550 m2 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) estimé entre 2,5 et 3 millions d’euros.

La liste de ces biens appartenant ou supposés appartenir à des dirigeants africains ainsi qu’à leur famille est longue. Ils ont été répertoriés dans un rapport du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) intitulé Biens mal acquis...profitent trop souvent [1]

Ce rapport, ainsi que la plainte déposée par Survie, repose sur de nombreuses enquêtes journalistiques mais aussi sur plusieurs rapports d’organisations internationales (ONU, OCDE, UE) et d’ONG (Transparency International, Global Whitness, Plateforme Dette & Développement, etc.).

Une plainte pour faire avancer le droit international

Pour Survie, il s’agit d’être solidaire du combat mené par les populations africaines en faveur de la démocratie et contre le pillage des ressources publiques. Il s’agit aussi de dénoncer le concours des autorités françaises dans ces détournements de fonds (soutien à des dictateurs, aide budgétaire sans conditionnalités, appui aux entreprises françaises d’exploitation pétrolière, etc...). Comment la France peut-elle en effet continuer à verser de l’aide au développement à des pays dont les dirigeants détournent l’argent public à leur seul profit ? N’y a-t-il pas là une contradiction évidente ?

Si en 2005, l’aide publique mondiale au développement (APD) s’élevait à 106 milliards de dollars, la seule restitution des avoirs volés par les chefs d’Etat des pays du Sud pourrait atteindre 200 milliards de dollars [2].

En déposant cette plainte, nos associations veulent également pousser la France à se mettre en conformité avec l’ensemble de ses engagements publics et internationaux concernant la lutte contre le détournement d’argent public et la corruption [3].

On sait qu’en France les Chefs d’Etat bénéficient de l’immunité due à leur fonction. Toutefois, le « mouvement du droit international », relayé par des juridictions nationales, tendrait aujourd’hui à considérer qu’un chef d’Etat en exercice ne peut se prévaloir d’une quelconque immunité, s’agissant de biens mobiliers ou immobiliers, dès lors qu’il existe des présomptions sérieuses que leur
acquisition s’est faite au prix de la commission d’une infraction tel le détournement.

Toujours est-il que si ces Chefs d’Etat sont « intouchables », les membres de leurs familles ne peuvent quant à eux se prévaloir d’une quelconque immunité. De plus, comme le délit de recel est un délit continu, tant que dure le recel, les « futurs ex-chefs d’Etats » pourraient un jour devoir rendre des comptes devant la justice.

In fine, outre l’inculpation des principaux accusés, il s’agit d’amener la saisie et la restitution de ces biens mal acquis conformément aux revendications émises par des ONG françaises dans le cadre de la campagne « 2007 Etat d’urgence planétaire » , ainsi que par 200 organisations de la société civile africaine à travers un Appel élaboré au dernier Forum Social Mondial à Nairobi et lancé lors du Sommet citoyen France-Afrique à Paris en février 2007.

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FRANCE-AFRIQUE: La fin d’une certaine histoire

source: Sud Quotidien  

Demain dimanche 22 avril, la France choisira les deux candidats qui devraient s’affronter pour un second tour le 6 mai prochain. Ce premier tour de la présidentielle dont la campagne houleuse a été clôturée hier, vendredi 20 mars, a cela de particulier qu’elle semble encore plus ouverte que sa devancière du 21 avril 2002 avec son parfum de scandale électoral qui a mis fin à la carrière politique brillante de Lionel Jospin, suivi quelques jours plus tard, du plébiscite de Jacques Chirac contre son adversaire inattendu, Jean Marie Le Pen.

Un plébiscite de fin règne pour clôturer la fin d’une génération d’hommes politiques qui ont fait leur temps. Voilà la leçon du scrutin de mai 2002. On n’osait pas y croire, mais les 80% obtenus par Jacques Chirac au détriment de Jean Marie Le Pen, sonnait mal dans les oreilles de certains Français obligés de se débarrasser d’un candidat au profit d’un autre. La présidentielle de cette année, par rapport à sans devancière, est encore plus ouverte parce que deux hommes Nicolas Sarkozy (Ump) et François Bayrou (Udf) et une femme Ségolène Royal (Ps) devraient se partager les suffrages les plus importants au détriment sans doute d’un Jean Marie Le Pen toujours là, mais qui a vu son discours, approprié par presque tous ses adversaires du moment. La France semble avoir opté pour le changement d’hommes et de femmes quoi qu’il arrive.

Un changement d’homme et d’époque

Près de cinquante ans
après les indépendances, africaines, beaucoup, dans les rapports avec les dirigeants français qui ont fait l’histoire récente des ex-colonies, ont changé. La première nouveauté de cette élection-là vient du changement de générations avec le départ du dernier nabab, Jacques Chirac, ami de certains dinosaures de la vie politique africaine au pouvoir depuis la fin des années 1960 et qui s’accrochent encore. Ils ont nom Omar Bongo du Gabon et Paul Biya du Cameroun pour l’Afrique francophone. On peut citer aussi dans le monde arabe et le Maghreb, le président Ben Ali de Tunisie et les héritiers de Hassan II, garant de la monarchie marocaine.

Aujourd’hui, que ce soit François Bayrou, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou encore Jean Marie Le Pen qui gagne la présidentielle, la France devrait changer d’époque dans ses approches diplomatiques et politique du continent, mais également avec le monde. Une génération d’hommes politiques tant en France qu’en Afrique, s’en va. Une autre arrive. Plus jeune, plus responsable, plus au fait des affaires de bonne gouvernance. Çà change du coup, les rapports entre l’ancienne métropole et les anciennes colonies d’une part, mais encore entre les pays de la Françafrique.

Depuis les régimes de Guy Mollet dans les années 50 en passant Pierre Mendez France jusqu’à De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac, la France a été très présente en Afrique tenant à bout de
bras certains régimes de dictature, corrompus et caractérisés par l’absence de démocratie. Toutes choses à quoi on peut ajouter un certains nombre de scandales et de dérives qui ont contribué à affaiblir les positions françaises en Afrique de l’Ouest et dans le centre du continent.

La France d’abord…

Au delà du débat politique interne qui a été parfois violent et houleux, la France et ses leaders actuels ont choisi la France au lieu d’aller se jeter dans les mares boueuses du Zambèze et de l’Afrique. La France d’abord… « de toutes nos forces », pour paraphraser le candidat François Bayrou, là est l’enjeu.

Avec Ségolène Royal , Nicolas Sarkozy ou François Bayrou, ce sera avant tout la lutte contre les discriminations, le chômage, les problèmes de l’école et des enseignants, la recherche, le logement, l’
immigration clandestine qu’il faudra stopper ou réduire à tous les coups. Voilà les vrais sujets. Tous les ont abordés avec leurs limites et leurs promesses. Mais, à court d’argent et très endettée, la France va se barricader sur ces questions là, même si c’est l’extrême gauche qui arrivait au pouvoir.

Les équations sont nombreuses sur cette question parce qu’aussi la France n’a plus le moyens de recevoir tous les ressortissants des pays de l’Union européenne qui le désirent surtout ceux de l’Est après l’élargissement de l’Union à 27 pays dont la Pologne, le Bulgarie, la Hongrie... Elle ne pourra non plus recevoir quelle que soient les promesses, tous les immigrés venus d’Afrique. La vérité est dite aussi sur ce point. Et dès son arrivée au pouvoir le 6 mai, le prochain président de la République française qui sortira vainqueur de ces deux matches du premier et du second tour, devrait hériter de ces dossiers brûlants auxquels on peut ajouter un dernier qui n’est pas une mince affaire, la gestion des banlieues, après les émeutes de l’année 2005 qui ont failli ébranler les bases de ce qui a fait jusque-là la réputation de la France : une certaine tolérance et une bonne qualité de vie.

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14 juillet 2006

Bongo, quelle honte pour l'Afrique

Source: Africatime

Il y a quelques jours , je publiais sur ce site ce qui constitue la priorité de Bongo, je ne semblais pas si bien dire, n'en déplaise aux petits plaisantins, qui pensent qu'il suffit de s'installer derrière un clavier, et cracher des non sens, au mépris de la réflexion .

Je disais en filigrane que "BONGO, roulait pour lui même et non pour le Gabon et pour l'Afrique".
Cette phrase qui serait même une lapalissade, vient d'être confirmée par l'interview accordée par BOngo à RFI et, publiée par AFRICATIME
Lisez en vous même, le contenu.

PS: M2005,certainement vous metrra en ligne cet article.

LES DECLARATIONS DE BONGO AU SOMMET DE BANJUL ONT-ELLES OU NON SERVI LA CAUSE DE L’UNION AFRICAINE ?
(Sanfinna du 10 au 16 juillet 2006)

Le président gabonais, apprécié par le uns pour sa dextérité à dire droit dans les yeux à qui que ce soit la vérité, détesté par les autres par sa propension à honnir les Africains par ses prises de position démagogiques, a donné le 2 juillet dernier son appréciation à Dominique Vignon de RFI sur des questions qui ont interpellé les chefs d’Etat au Sommet de Banjul, notamment l’immigration et la charte de la démocratie. Il n’est pas passé par 4 chemins pour minimiser la loi Sarkozy et refusé l’esprit de la charte. Une polémique a aussitôt surgi entre ceux qui estiment que Bongo est allé trop loin et ceux qui affirment qu’il a dit des vérités qui font mal mais qui ne tuent pas. Deux sons de cloche.

OMAR ONDIMBA BONGO A BIEN FAIT DE CRACHER DES VERITES A BANJUL

Le président Omar Bongo, avec sa voix de baryton, son français facile et l’aisance que lui procure l’expérience du pouvoir et des hommes, s’est exprimé au micro de Boniface Vignon sur des questions abordées au Sommet de Banjul. Et une fois de plus, il n’a laissé personne indifférent. Quoi qu’on dise, si l’homme n’existait pas, il aurait fallu le créer ! Sur les questions inscrites à l’ordre du jour, il a avec sa limpidité habituelle, donné les justes réponses là où d’autres se perdraient en circonlocutions. Au sujet de l’immigration choisie, il a pris le contre-pied de tous ceux qui l’ont condamnée sans appel comme une nouvelle traite négrière. C’est vrai qu’il condamne le pompage des cerveaux africains mais pour lui, il ne faut pas en faire un fromage : les lois françaises vont et viennent, donc il ne faut pas trop s’en inquiéter. Ce que le Ministre de l’Intérieur a fait, un autre, voire l’intéressé même, peut le défaire. Le président Bongo qui, à en croire la Lettre du Continent, a reçu lors de son dernier voyage à Paris, Nicolas Sarkozy à son hôtel, doit certainement savoir de quoi il parle ! Quant à sa réaction par rapport à la Charte africaine de la démocratie, qu’y a-t-il de blasphématoire dans ce qu’il a dit ? Il a seulement souligné, et c’est son droit le plus absolu, qu’il n’est pas à l’Union africaine pour desservir ses intérêts, qu’il y a des sujets plus importants que cette charte, que la question des mandats présidentiels ne saurait être réglée à l’UA dans l’indifférence et le mépris de la volonté des peuples africains. Quel démocrate convaincu de ce que la souveraineté appartient au peuple, peut se lever pour dire ici que Bongo a faux ? Non, il a sa façon de parler. Même s’il dit qu’un président peut rester 5, 10 ou 20 ans au pouvoir si tel est le vœu de son peuple et que ça peut choquer les puristes, cela n’en demeure pas moins correct du point de vue de la légitimation populaire. Que l’on regarde de temps en temps un peu ailleurs qu’en Afrique pour chercher des présidents qui martyrisent la démocratie et leurs peuples : en Asie, en Amérique et même en Europe, il en existe. Alors, basta !

TOZI.
OMAR BONGO EST UN DANGEREUX DEMAGOGUE QUI FAIT HONTE ET MAL A L’AFRIQUE

Au sommet de l’UA à Banjul, les chefs d’Etat africains ont une fois de plus donné leurs pays et le continent en spectacle. Comme il fallait s’y attendre, à chaque fois qu’il faut faire monter en première ligne quelqu’un pour défendre les intérêts du « Syndicat », Omar Bongo s’est distingué. Il n’a rien à perdre, il a l’aisance financière, son pays bien en main, qu’importe alors qu’il soit considéré comme l’un des chefs d’Etat qui dessert le plus l’image de l’Afrique et qui le dessert le plus. Dominique Vignon savait certainement, en l’approchant, qu’il ne se déroberait pas à une interview pour réagir par rapport au sommet. Et il y est allé comme le «Caterpillar » qu’on le connaît. Sur cette question de l’immigration, qu’il a traitée par-dessus la jambe, il a insulté la douleur de tous ceux qui en subissent les affres. Il aurait gagné à s’inspirer des propos de Alpha Oumar Konaré en appelant à un traitement collectif et structurel de la question. Lui, donne l’impression de préférer les magouilles de la Françafrique. La Charte africaine de la démocratie, il l’ignore royalement. Pourquoi faut-il s’en étonner ? La démocratie, on le sait, n’a jamais été le « dada » de ce prince président qui règne sur son pays, sur l’Afrique et la Françafrique depuis près de 40 ans et qui pourrait même le faire jusqu’à sa mort. Ce qu’il a dit par rapport à cette charte, il le pense. Ce qui importe pour lui, ce n’est pas l’intérêt de son peuple ou celui de l’Afrique, c’est le sien, c’est le maintien de son leadership, il ne faut pas s’y tromper. C’est ce qui apparaît quand il lance à propos des propositions de l’UA, avec un air de mépris définitif « Je suis prêt à tout adopter mais dans l’intérêt bien compris du Gabon d’abord ». Pour lui, le sujet relève de la souveraineté des Etats et non de l’UA (et sous-entendu Alpha Oumar Konaré) qui a intérêt à se calmer et ne pas chercher à fourrer son nez dans les prérogatives des chefs d’Etat. On le voit bien, ce n’est pas avec de tels chefs d’Etat que l’UA pourra se construire. Tant qu’ils sont là, à pérorer comme ils le font, l’Africain continuera d’être la risée de l’extérieur et à propager l’image du « Nègre, y a bon Banania » !

TOMI.

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12 juillet 2006

Bois françafricain: Lettre au Monde diplomatique

Source: bdpgabon.org
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BDP, 11-07-2006

Rubrique: Editoriaux

Le Monde diplomatique à l'enversC’est toujours mauvais signe quand un papier dans un mensuel de gauche commence par une citation, toute admirative, d’un article paru dans Défense nationale.  Malheureusement, ce genre de symptôme, celui qui ne trompe pas, se manifeste chaque fois que le mensuel s’appelle le Monde diplo et le thème à « traiter » la Françafrique.  Parfois, en matière de mystification, plus c’est gros plus ça passe.

On appréciera votre choix des deux experts appelés à exécuter ce boulot dans le numéro de juin (« Vers un divorce entre Paris et le continent africain ? »).  Delphine Lecoutre, « doctorante en science politique à l’université Paris-I » et « attachée à l’Institut d’études éthiopiennes de l’université d’Addis-Abeba et au Centre français des études éthiopiennes » est surtout l’auteur de quatre articles, depuis avril 2005, dans Géopolitique africaine, le trimestriel de Denis Sassou-Nguesso.[1]  L’avenir de cette chercheuse risque d’être radieux : elle est spécialiste de la même Union africaine que préside actuellement le sanguinaire président d’honneur du comité éditorial.  La doctorante se fait publier également dans Marchés tropicaux (ex-Marchés coloniaux).  Ce que font les jeunes pour payer leurs études !

En Admore Mupoki Kambudzi, « analyste politique à la Commission de l’Union africaine », Delphine Lecoutre trouve le co-signataire idéal, c’est-à-dire, un universitaire zimbabwéen totalement inconnu au bataillon françafricain. 

Il y a quelques mois, j’ai pris la liberté de réagir à l’impudique « L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » que vous avez glissé dans le numéro de février.  Je vous ai signalé cinq erreurs de fait ainsi que huit, plus graves, de goût.[2]  Comme votre nouveau papier ressemble par endroits à s’y méprendre au précédent, et ne touche au secteur forestier que le temps d’une courte parenthèse, je me dois cette fois d’être plus bref.  Pari difficile, vu la richesse de ce qui nous est proposé.

Voyez ce fort fil conducteur qu’est l’extrait de Défense nationale.  Pascal Chaigneau, directeur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS), annonce : « Il serait temps […] si l’on souhaite préserver notre crédibilité et nos intérêts, de quitter la politique des petits pas et des faux pas […] ».  Que « l’on » le souhaite bien, que personne n’aille expliquer de quelle « crédibilité » on parle, que la légitimité des dits « intérêts » aille de soi, que la politique à quitter soit trop timorée et maladroite plutôt que, par exemple, trop musclée et trop habile, tous ces non-dits existent déjà, à vrai dire, dans la première ligne de « Vers un divorce » : 

« “Fin de l’empire français en Afrique”, “La France lâche l’Afrique”,  “Paris est dépassé”… Les titres alarmistes des journaux français et étrangers se multiplient. » 

Attention : la cause d’alarme, mesdames et messieurs, c’est l’empire, non pas sa fin…

Vos nostalgiques ont-ils choisi le meilleur de Chaigneau ?  Ce n’est pas sûr.  Dans la même sortie défense-nationaliste, il déclare :

« L’Afrique, notre prolongement géopolitique, nous apporte le clientélisme qui, aujourd’hui à l’ONU, demain à l’OMC, nous permettra d’être encore un acteur du système international. »

C’est depuis des lustres que résonne la sagesse de Chaigneau – qui accèdera au comité éditorial de Géopolitique africaine en 2004.  En 1997 déjà, trois ans après le génocide rwandais, le bon professeur crie au Figaro :

« Pour la France, l'Afrique est le dernier continent où elle soit en situation de numéro un. [...] En 1994, les Français s'étaient retrouvés seuls pour agir au Rwanda. [...] Quand l'Ouganda présidé par un Tutsi allié de Washington, Yoweri Museveni, avait lancé ses troupes contre les Hutus du Rwanda la Maison-Blanche opta pour la politique des bras croisés et le bilan fut d'un demi-million de morts. [...] Pour préserver son rôle et son rang, la France ne peut rester indifférente à cette férule américaine qualifiée à juste titre par Jacques Chirac de “nouvel hégémonisme”. »[3]

Bien entendu, la plupart du temps, la grande gagnante de cette pensée n’est autre que la férule en question.  En février 1999, Elf étant encore partant pour le projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun, Chaigneau s’agenouille ainsi devant Idriss Déby :

« C’est un particulier honneur d’être aujourd’hui au Tchad pour remettre à Son Excellence le Président Idriss Déby le diplôme Honoris causa de l’École des Hautes études internationales [EHEI] [...] [créé pour] récompenser les hommes ayant œuvré pour la paix. [...] Car vous avez mis fin à trente années de conflictualité dans ce pays. Vous avez réconcilié le Tchad avec lui-même et les Tchadiens avec eux-mêmes [...]. Distinguer un homme tel que vous, c’est distinguer quelqu’un qui a la double légitimité des armes et des urnes [...]. Une poignée d’hommes au 20ème siècle a écrit l’histoire militaire pour ensuite écrire l’histoire tout court de De Gaulle à Eisenhower. Et Monsieur le président, c’est ce que vous avez fait. [...] La paix étant instaurée, vous avez fabriqué un État de Droit. [...] Le général De Gaulle [...] a écrit qu’un instant privilégié de l’existence est celui où l’on distingue plus grand que soi. C’est le moment que je ressens à cet instant, Monsieur le président [...] ».[4]

A supposer qu’ils ne l’aient pas eux-mêmes commandé, Exxon, Bill Clinton, la CIA, plusieurs branches du département d’Etat, et jusqu’aux plus petits membres de la famille Bush ont dû adorer ce geste.[5]   

En pointant le « cynisme marchand » yankee, vos deux chercheurs risquent de laisser entendre qu’ils croient sa contrepartie tricolore moins cynique et moins marchande.  Telle Blanche-Neige ne comprenant rien aux affaires, « Paris ne sait pas – contrairement aux Etats-Unis – bien “vendre” ses actions ».  A en juger par les ventes du Monde diplo en France, Paris ne sait que trop bien ce que c’est de cibler un marché captif.

Voici la deuxième des explications des « jugements souvent sévères » portés par « nombre d’Africains » sur la France :

« La France a la réputation de soutenir envers et contre tout les dictateurs de l’espace francophone : pour ne citer que des défunts, Jean-Bédel Bokassa (Centrafrique), Joseph Mobutu (République démocratique du Congo [RDC], ex-Zaïre) et Gnassingbé Eyadéma (Togo).  Paris s’opposa notamment aux sanctions décidées par l’Union européenne contre le Togo en 1993. »

Venant d’un membre de l’équipe Sassou, on ne peut qu’admirer le courage de cette décision de « ne citer que des défunts ».  Espérons seulement que la formulation « La France a la réputation de soutenir » les tyrans tiendra les avocats à distance.  Si le choix d’un « notamment » qui remonte à 13 ans – rien de notable, c’est clair, depuis lors – mérite une note très honorable, ce n’est qu’avec la précision « les dictateurs de l’espace francophone » qu’on frôle le sublime. 

La France, exactement comme les Etats-Unis, n’a-t-elle pas la « réputation » de soutenir les dictateurs de n’importe quel « espace » ?  Son soutien à Charles Taylor « envers et contre tout », comment a-t-il pu échapper à l’attention de vos experts ?  José Eduardo dos Santos, aujourd’hui si ennuyeux pour la cellule africaine de l’Elysée, n’a-t-il pas plutôt été lusophone au faîte de sa gloire ?  Niño Vieira, le Bissau-guinéen, rêvait-il en langue française lors de la guerre secrète chiraquienne menée pour sauver sa peau en 1998 ?  Tenez, l’ardeur françafricaine depuis dix ans pour Kadhafi[6] et pour Omar el Béchir, à quoi sert-il de la cacher ?  Le tête-à-tête Chirac-Mugabe en février 2003 en marge du sommet Afrique-France,[7] n’a-t-il pas été « réputé » soutenir ce dictateur, invité à Paris en dérogation des sanctions européennes ?  Sur cette dernière question au moins, l’avis du zimbabwéen Mupoki Kambudzi aurait été des plus précieux.

La stratégie du cheval de Troie est partout en évidence dans ce texte hyper-cynique et marchand.  Enrobées d’un discours alter-mondialiste un peu mou, des surprises totalement pourries.  La France « préconise la stabilité des relations internationales, ce qui l’incite à négliger la nature des régimes en place ».  Pyromane notoire,[8] la Françafrique, elle, ne « néglige » pas des régimes illégitimes : aux côtés de ses alliés américains, elle s’épuise à les installer et les promouvoir.  La France est « souffrant[e] probablement du complexe de culpabilité du colonisateur » : dépourvue de contrôle parlementaire ou médiatique, la Françafrique, elle, est « probablement » libre d’agir sans complexe.  L’ « autorité politique » de la France « se voit contestée » : euh… son autorité ?  Laquelle, probablement ?  « Nombre d’Africains pensent que la France a sacrifié leurs intérêts au profit des siens » : plus nombreux encore sont ceux qui pensent que leurs intérêts ne sont jamais entrés dans ce calcul.  « La France semble ne plus avoir de politique africaine lisible » : entreprise mafieuse dès le départ, la Françafrique ne fait pas de politique lisible.  « En matière de développement économique, la France persiste à privilégier une approche élitiste et institutionnelle » : dommage, et la Françafrique persiste, elle, à privilégier une approche élitiste et para-institutionnelle.

Passons aux choses sérieuses : l’exploitation forestière, forcément.  Pas d’occultation de la Françafrique qui n’ait pas son petit mot à dire sur le bois.  La première raison pour laquelle l’Africain n’aime plus la France c’est que – thèse à consonance lepéniste – il n’arrive pas à décrocher un visa pour aller en France.  La quatrième raison, loin derrière, la voici :

« […] Les populations locales supportent de plus en plus mal l’exploitation de matières premières abondantes sans qu’en résulte un décollage économique dans un espace francophone pourtant richement doté – pétrole (Gabon, Congo, Cameroun, Tchad) et bois (Gabon et Cameroun). »

Ceci ne va pas.  Même en se cantonnant à l’espace francophone (ne me demandez pas pourquoi), il manque deux ou trois pays pétroliers ; des pays forestiers, il en manque huit ou neuf.  Les descriptifs « abondantes » puis « richement doté », appliqués après 125 ans d’exploitation forestière, font décidément trop; le pronostic pétrolier, lui, n’est pas rose non plus.  Aussi aurait-on aimé voir défiler une ou deux matières premières de plus, radioactives ou autres. 

Mais l’insupportable dans ce couplet c’est la manoeuvre : « les populations locales supportent de plus en plus mal l’exploitation ».[9]  No pasarán.

Fait historique, les habitants de la forêt africaine ont toujours supporté « de plus en plus mal » leurs exploitants.  D’un trait superbe, Lecoutre et Cie. font oublier un travail forestier souvent forcé, en « espace francophone », jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.  Passée à la trappe la dépopulation du Gabon lors de la ruée vers l’okoumé des années 20.  Ces épisodes ont été très mal supportés par « les populations locales », celles qui ont survécu.

Au Cameroun, en 1955 les indépendantistes de l’UPC incendient en tout premier lieu la belle scierie d’Eséka, la plus grande du protectorat.  Loin, très loin, des médias français, leur mouvement sera éteint sur le tard par les troupes de Pierre Messmer, de l’Académie française.[10] 

Vous aimez les devinettes ?  En quelle année s’est-on plaint que

« […] De vastes étendues de […] forêts sont arrachées aux autochtones […] sans oublier les prétendues “réserves forestières” grâce auxquelles l’administration fait main basse sur des forêts et des terrains appartenant aux paysans. » 

Vous avez dit « 2002 » ?  Greenpeace ?  La bonne réponse est « 1953 », Jacques Ngom, dans un discours appelé « Exploitation et lutte du peuple ».[11]

Deuxième chance.

« Nous ne saurions nous opposer aveuglément à une exploitation normale des forêts tenant compte […] des droits traditionnels […]. Ce sont les méthodes arbitraires et les intrigues actuellement employées pour déposséder les petits planteurs […] de leurs terres qui révoltent l’opinion publique. Prenons par exemple une région comme la Sanaga-Maritime.  En 19[x], les demandes de concessions forestières par diverses sociétés […] portaient sur plus de 2/3 de l’étendue de cette région. […] Devant le refus de la population, on a eu recours à l’autorité administrative, à l’intimidation, à l’intrigue et aux menaces. C’est ainsi que la société [x] a obtenu 250 000 hectares […] dans des conditions scandaleuses. Lorsque les planteurs sont allés protester […] ils ont été reçus par des policiers et gardes armés de matraques […]. Sur le chiffre colossal de 2 046 057 hectares de forêts et terrains concédés en une seule année […] 2 010 062 hectares ont été distribués à des non-autochtones […]. »

Conférence sur la biodiversité en 2004 ?  Surtout pas.  Plainte syndicale auprès des Nations unies en 1949.[12]  Après « gardes armés de matraques » merci de réinsérer : « et chicottes ».

L’action directe moderne ne date pas non plus d’hier.  Prenons le cas de Rougier, leader du bois françafricain.  Le 15 avril 1993, les chefs des villages dans l’arrondissement de Mbang, à l’Est-Cameroun, adressent une lettre à M. le sous-préfet dans le style classique : « Concrètement nous vous demandons d’intervenir à court terme pour éviter que la SFID[13] coupe nos derniers arbres moabi ».  Le 2 février 1994 on passe à la séquestration d’un directeur, qui « n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention musclée d’un contingent de gendarmes […] ».[14]

A cette époque, d’ingrats gabonais s’étaient déjà exprimés.  En avril 1993, à Booué, dans l'Ogooué-Ivindo, la direction expatriée de Rougier doit être évacuée en catimini lors d’une fronde des paysans « aveuglés par le fanatisme et l'intolérance », pour reprendre l’expression du Premier ministre Oye Mba, dûment cité par l’AFP.[15]  Suit une opération que La Lettre du Continent, hélas trop confidentielle, a qualifié de « représailles », mobilisant 300 gendarmes, deux avions et trois hélicoptères.  Elle se solde par deux morts, deux blessés graves et trois personnes disparues.[16] 

Dans les pays d’où certains aimeraient voir venir ce que votre tandem appelle un « quitus des errements du passé » les griefs des villageois ne ressemblent en rien, on le sait, à ceux que se permettent parfois des nantis de la ville.  Même si, en janvier 1990, lors d’une grève dégénérant en pillage urbain, des étudiants de l’Université Omar Bongo ne manquent pas de faire escale au siège librevillois de Rougier Gabon.[17]

Dans ces années lointaines, il se chuchotait que la SFID aurait été liée à un dénommé Jean-Christophe Mitterrand – méchanceté véhiculée dans la question écrite qu’ose, sans conditionnel, la députée verte belge Magda Aelvoet à la Commission européenne le 21 octobre 1994.[18]  Démenti catégorique et sans ambiguïté de la part de l’intéressé… fin 2001.[19]  Espérons que Papamadit réagisse aussi rapidement à ceux qui l’accusent aujourd’hui d’avoir serré la main, plus qu’une fois, du trafiquant d’armes et forestier principal de Charles Taylor, Gus Kouwenhoven, condamné le 7 juin dernier à huit ans de prison.  Lancée à l’indicatif (et au présent…), cette rumeur n’existe pour l’instant qu’en hollandais.[20] 

Mais tous les forestiers, pas seulement les Rougier, ont eu leurs différends avec les Francophones de la brousse.  Dans un nouveau rapport des Amis de la Terre, on apprend que les bisbilles entre Pallisco et divers Luddites camerounais datent de septembre 1982.[21]  La chronologie s’arrête, provisoirement, en octobre 2004, avec une grève et séquestration à la scierie de Mindourou.[22]  Peu de temps après l’intervention de l’ambassadeur de France, l’incident se dénouera par arrestations et détentions préventives prolongées.  Epilogue en mars 2005, au fin fond du pays de Vitré (Ille-et-Vilaine) : lors du 80ème anniversaire de la société mère de cette entreprise lourdement subventionnée, le très libéral Pierre Méhaignerie, invité d’honneur, lui offre ses compliments.[23]  Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et secrétaire général du parti de la France d’après est également président de Vitré-Communauté.

*

Au moment où je m’apprête à vous envoyer ces lignes, tombe entre mes mains votre numéro de juillet.  Imaginez un peu ma surprise d’y voir un supplément de quatre pages consacré à « L’Afrique et ses matières premières ».  Je l’ai lu.

Rousseau parle de « ce dangereux supplément qui trompe la nature […], ce vice que la honte et la timidité trouvent si commode ».[24]  Il a oublié de dire – que vos abonnés soient avertis – ça peut aussi rendre aveugle, et définitivement.  Dans « L’Afrique et ses matières premières », je ne vois encore et toujours que la main de la droite.

Arnaud Labrousse, juillet 2006



[1] « Pour communiquer à l’international, le président Sassou Nguesso dispose de la revue “Géopolitique africaine” […] ». La Lettre du Continent, 18/05/2006.  L’ancien général de division Claude Mouton, un des trois présidents du comité éditorial, co-dirige la rédaction depuis un an.  « L’Afrique et la réforme des Nations unies » de Delphine Lecoutre est paru dans le Monde diplo de juillet 2005.

[2] « Bois et déboires en Afrique », http://www.bdpgabon.org/content/view/3291/71/.

[3] 25/02/1997. Voir les commentaires des Billets d’Afrique, 04/1997.

[4] Voir Billets d’Afrique, 04/1999.

[5] Dernière synergie occultée en date : l’AFD s’engage, le 28 juin 2006, à investir 5 millions € dans l’industrie du bois dans une Centrafrique plus ou moins en guerre, au moment où le département d’Etat américain, pensant au Soudan voisin, met la pression sur la Banque mondiale pour ouvrir grand ouvert le robinet de son aide au régime Bozizé.

[6] Lecoutre et Mupoki Kambudzi comptent la Libye parmi les pays dont « Paris semble ignorer l’émergence […] dans les domaines économique et diplomatique ».  Stupéfiant.

[7] Vos deux déclinologues se plaignent que ces sommets sont devenus « de plus en plus stériles ».  Pas de commentaires.

[8] Dans « Bois et déboires en Afrique » j’ai longuement cité les remerciements offerts par le chef milicien le plus anti-français de Côte d’Ivoire à la société forestière française Thanry.  La filiale gabonaise de l’entreprise nancéenne est une des grandes assistées de l’aide publique française au développement. 

En mai 2006 la presse ivoirienne a rapporté que « des centaines » d’armes automatiques laissées par des casques bleus dans des conteneurs à la scierie de Thanry à Guiglo se seraient évanouies dans la nature.  Un responsable de la société

« aurait d’ailleurs demandé que l’Onuci lui verse une certaine somme d’argent pour désintéresser la Thanry qui a conservé les dits effets. Mais en fin de compte, les Casques bleus se sont rendu compte qu’un des conteneurs a été dépouillé des armes automatiques qu’il contenait. L’affaire a vite été étouffée par l’Onuci pour qu’elle ne fasse pas grand bruit. Cependant, elle aurait entraîné la fermeture, durant trois jours, de l’agence de la Thanry, à Abidjan. Nos sources auprès de la Thanry indiquent que M. Thanry est lui-même revenu de France pour essayer de trouver un arrangement avec le commandement des Casques bleus. […] Selon une source diplomatique confirmée par des indiscrétions au sein des forces impartiales, entre 12 et 15% […] de l’ensemble des stocks d’armes de l’Onuci ont disparu et se trouveraient selon toute vraisemblance, entre les mains des miliciens. » 

L’Onuci, pour sa part, affirme que toutes ses armes ont bien été récupérées. (24 Heures, 11/05/2006 ; http://www.ivorian.net/contribution/index.php?p=4210&more=1&c=1&tb=1&pb=1)

[9] Invitée à l’antenne de France-Inter le 12 juin pour discuter de son « enquête », Delphine Lecoutre remarque qu’en Afrique le double langage français « commence à fatiguer » – qu’« au bout d’un moment » (150 ans, précise-t-elle) les Africains « font leurs comptes ».   (http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/)  La rupture du consensus serait donc de date récente.

[10] Voir Arnaud Labrousse et François-Xavier Verschave,  Les pillards de la forêt : exploitations criminelles en Afrique (Agone, 2002) et Richard Joseph, Le mouvement nationaliste au Cameroun : Les origines sociales de l’UPC (Karthala, 1986).

[11] Jacques Ngom, secrétaire général de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC), adresse donnée au Congrès syndical mondial de Vienne, Cahiers internationaux, 01/1954.

[12] « Mémorandum de l’USCC remis à la mission du Conseil de tutelle de l’Organisation des Nations Unies lors de sa visite de contrôle au Cameroun sous administration française, en novembre 1949 ».  La période dont il s’agit dans la dernière phrase couvre de novembre 1947 à novembre 1948.  La société demanderesse en 1947 de 250 000 ha de forêt était Les Bois du Cameroun, victime de l’incendie par l’UPC commémoré ci-dessus.

[13] Société forestière industrielle de la Doumé, filiale phare.

[14] Le Messager, 07/02/1994.

[15] 17/05/1993.  Les forestiers étaient loin d’être seuls à ressentir la pression des manifestants, mués en coupeurs de routes. 

[16] La Lettre du Continent, 06/05/1993.

[17] Voir www.brainforest.org/PAGES/dossiers/Rougier.doc.

[18] Elle dénonce « […] un accord signé entre la France et le Cameroun […] au profit de plusieurs entreprises françaises. Il s’agit, en premier lieu, de la Société forestière industrielle de la Doumé (SFID) dont un haut responsable est Jean-Christophe Mitterrand […] ». Question écrite E-2206/94, Journal officiel des Communautés européennes n° C36/52 du 13 février 1995.  La députée fait écho à l’affirmation du New Scientist du 29 janvier 1994 selon laquelle « One of the leading figures in the SFID is the French President’s son, Jean-Christophe Mitterrand, who opened its sawmill at Mbang in central Cameroon in 1989 ».

[19] « J’ai relevé ma dernière acquisition sur l’Internet : une concession forestière au Cameroun d’où auraient été importés les bois utilisés pour la décoration de la Très Grande Bibliothèque François-Mitterrand. C’est un site dénonçant la “Françafrique” qui le dit. » Mémoire meurtrie (Plon, 2001).

[20] « “Kouwenhoven kent onder meer de omstreden zoon van oud-president François Mitterand [sic], Jean-Christophe [...]. Die is heel vaak in Hotel Africa geweest.” » Nieuwe Revu 14, http://www.nieuwerevu.nl/media/karskens/revu14.pdf  La citation est de Pascal Henry, journaliste français.

[21] http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/rapport_final_sauvegarde-2.pdf

[22] Mutations, 03/11/2004. 

[23] Ouest-France, 07/03/2005.  Parions qu’à ce moment, comme au moment de sa tournée africaine aux côtés de Nicolas Sarkozy en mai 2006, ce fils du terroir n’a pas eu connaissance de cette grève.  Voir http://ecolonews.info/article.php3?id_article=1370

[24] Voir Les Confessions, Livre III.

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27 juin 2006

les sentiers de la misère

Source:sombiemedia.org (Dr Guy Parfait Songue, Politologue)

  L'une des structures nées de « l'évolution » de l'Afrique est la Communauté des États de l'Afrique Centrale (CEMAC). Nous allons devoir nous pencher sur cette sous région, pour ressortir des aspects empiriques et ontologiques de la misère qui mine la presque totalité de l'Afrique subsaharienne. Étant donné que le Cameroun détient à lui seul la moitié de la population et du PIB de la sous région, sa responsabilité est on ne peut plus incontournable dans l'essor économique de l'Afrique Centrale. Si l'Afrique centrale ne décolle pas, c'est parce qu'entre autres défaillances, le Cameroun n'assume pas son rôle de leader.

De la période de l'esclavage, passant par la colonisation jusqu'aux indépendances, l'Afrique a le plus souvent été en arrière plan quant à une véritable éclosion culturelle, économique et sociale. Malgré l'énorme potentiel dont elle jouit naturellement, elle n'as jamais pu décoller de manière à se faire une place respectable dans l'économie mondiale ; ce en partie parce qu'elle est pillée de façon intensive par les pays de l'Europe occidentale avec lesquels elle entretient de liens étroits et des rapports déséquilibrés établis depuis plus d'un siècles .En outre il est facile de constater que ce continent (l'Afrique ) au lieu d'avancer dans le développement, n'a fait que reculer vers la pauvreté. ; en grande partie, sont responsables de cet état de paupérisation accélérée,les gouvernements africains . Après la périodes des indépendances, le continent noir s'est subdivisé en plusieurs blocs géographiques et économiques.

L'une des structures nées de « l'évolution » de l'Afrique est la Communauté des États de l'Afrique Centrale (CEMAC). Nous allons devoir nous pencher sur cette sous région, pour ressortir des aspects empiriques et ontologiques de la misère qui mine la presque totalité de l'Afrique subsaharienne.

Rappelons à votre souvenir que le traité instituant l'Union Douanière et Économique de l'Afrique Centrale (UDEAC), a été signé le 08 décembre 1964 par cinq pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon,Tchad) ; le démarrage des ses activités a eu lieu en janvier 1966, et la Guinée Equatoriale (sixième pays ) a adhéré en janvier 1984. Le temps et les évènements y ayant aidé, les insuffisances de l'UDEAC ont mené à la création de la CEMAC le 16 mars 1994 à Ndjamena au Tchad ; et le traité instituant la CEMAC est entré en vigueur en juin 1999 lors de la Conférence des Chefs d'Etat de la CEMAC à Malabo.
Regroupant six pays de l'Afrique centrale, la CEMAC constitue un prolongement de l'Union monétaire (BEAC) et de « l'Union Douanière et Économique de l'Afrique centrale » (UDEAC) dont elle prend le relais et qu'elle renforce. Les missions et les objectifs de la CEMAC sont les suivants : l'établissement d'une union de plus en plus étroite entre les peuples des États membres pour raffermir leurs liens géographiques et humains. La promotion des marchés nationaux par l'élimination des entraves au commerce intercommunautaire, la coordination des programmes de développement , l'harmonisation des projets industriels le développement de la solidarité des pays membres au profit des pays et régions défavorisées la création d'un véritable marché commun africain. Voici un ensemble d'objectifs louables qui comme d'habitude en Afrique peinent très fortement à être atteints. Il faudrait déjà constater que dans la zone CEMAC, les rapports de force sont déséquilibrés, ce vu les divers potentiels économiques et démographiques en présence. Selon les chiffres disponibles sur le site de la CEMAC, la répartition du PIB de la Communauté en 1998 se faisait comme suit : République Centre africaine 5%, Guinée Equatoriale 2%, Tchad 9%, Congo 10%, Gabon 24% et Cameroun 50%. Le taux de croissance économique de la zone CEMAC en 2003 se situe autour de 4%. Néanmoins, la réduction de la pauvreté requiert un taux de croissance supérieur à 7% par an selon les institutions de Brettons Woods (FMI et Banque Mondiale). Par rapport aux objectifs qu'elle s'est assignée, la CEMAC est très en retard, la pauvreté est encore trop présente dans toute la zone de l'Afrique subsaharienne.

En outre, dans toute la zone subsaharienne, elle n'arrive pas à jouer un rôle majeur dans l'impulsion qu'elle se devait d'apporter à lutte contre la pauvreté. Étant donné que le Cameroun détient à lui seul la moitié de la population et du PIB de la sous région, sa responsabilité est on ne peut plus incontournable dans l'essor économique de l'Afrique Centrale.

Si l'Afrique centrale ne décolle pas, c'est parce qu'entre autres défaillances, le Cameroun n'assume pas son rôle de leader. Dans le but de se faire un regard objectif des problèmes de la CEMAC, il pourrait être instructif de tenter une étude des problèmes que connaît le Cameroun, tant sur le plan économique que sociopolitique.

Sur le plan économique :
L'économie du Cameroun dispose de nombreux atouts : la diversité de ses ressources naturelles, sa position géographique dans la sous région, son fort potentiel intellectuel, etc. Cependant elle reste confrontée à des handicaps d'ordre structurels : une médiocrité des infrastructures de base et des services publics marchands, une faible compétitivité de ses produits sur le marché mondial, une forte dépendance à l'égard des cours des matières premières, liée à la diversification insuffisante de ses productions, des axes routiers et pistes dégradés et insuffisants des disfonctionnements du port de Douala qui dessert toute la sous région des disfonctionnements en matière de gouvernance. Même si l'on constate quelques améliorations récentes, ces problèmes constituent un important frein à l'investissement privé, et contribuent à plusieurs niveau à la fuite des cerveaux. Comme la majorité des pays pauvres, ce pays a vu passer la « Facilité d'ajustement structurel Renforcé » (FARS, 1997-2000) et la « Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance » (FRPC : programme qui a été signé en décembre 2000 et qui est axé davantage sur l'appui aux secteurs sociaux). Malgré une sensible reprise économique, le pays devrait se porter mieux s'il n'avait pas subit entre autre les effets pervers de ces programmes d'ajustement structurels(PAS) qui d'ailleurs, d'après plusieurs économistes africains et même européens, n'ont servi qu'à appauvrir un peu plus l'Afrique car ils permettent par de multiples mesures imposées par les institutions de Brettons Woods de piller encore plus les ressources du continent africain. Quand il faut ajouter à cela leur inadéquation et la corruption qui est fortement installée dans les mœurs, on a des raisons de ne pas être optimiste quant à un réel redressement de l'économie nationale. Depuis son accès au point de décision de l'initiative d'allègement de la dette pour les « Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) [1] » en octobre 2000, le Cameroun semble nettement se porter mieux qu'il y a dix ans (début des années 90). Cependant, il reste que des problèmes de fond tels que la gestion et l'exploitation du sous-sol restent sans solution. Le 19 avril 2001, le président Biya a promulgué une loi faisant office de premier code minier du pays pour favoriser la recherche et l'exploitation minière. Le sous-sol camerounais étant abondamment riche [2], on pourrait presque parler de scandale géologique. Les produits miniers dont l'existence a déjà été décelée sont : le pétrole (qui représentait 15% du PIB en 1985 et qui a décliné au cours de ces dernières années), le gaz naturel (on parle de 115 milliard de mètre cube), la rutile (qui pourrait générer quelques 40 milliards de Francs CFA pour une production annuelle de 100.000 tonnes, la bauxite (que l'on trouve en forte quantité dans le Minim et le Martap ou Dschang (Fongo Tongo) dans la Menoua), le disthène (dont 200.000 tonnes ont été révelées dans les gisements d'Otite (province du Littoral) , le calcaire (dont les gisements sont évalués à 600.000 tonnes ), le marbre (réserves évaluées à 2.500.000 tonnes ), la pouzzolane(des gisements évalués à plusieurs millions de tonnes se trouvent dans les provinces du sud-ouest et du Littoral), l'étain (que l'on peut exploiter à plus de 100 tonnes par an ), et enfin l'eau (avec tous les fleuves qui arrosent le territoire national). L'exploitation de ces ressources pourrait apporter un coup de fouet à l'économie.

En 1997/98, la contribution des industries extractives au PIB était évaluée à 301 milliards de Fcfa, mais aucun de ces gisements n'est pour l'heure exploité de façon industrielle faute de volonté politique de la part du gouvernement.

Sur le plan socio-politique :
Le Cameroun connaît un taux de chômage élevé et la jeunesse en général cherche à s'exiler vers les pays voisins et surtout vers les pays d'Europe occidentale et orientale, les Etats-Unis et le Canada. Il y a peu de possibilités réelles offertes pour les jeunes car le climat social et politique est truffé de tribalisme, clanisme, corruption et magouilles de tout genres. Le Cameroun s'est lancé en 1992 sur la voie du multipartisme, avec l'organisation en mars 1992 des législatives et en octobre des présidentielles, ce dans le cadre des premières élections pluralistes organisées du pays. La situation politique a énormément évolué, avec une plus grande liberté d'expression accordée à la presse en général et particulièrement à la presse privée, idem pour les partis politiques ; mais ce n'est qu'une façade que l'on veut offrir à la communauté internationale et au peuple désabusé.

Les réalités :
La situation politique et sociale au Cameroun est des plus désastreuses ; le Président de la République Paul Biya dans son discours adressé à la Nation du 31 décembre 2003 a lui-même reconnu les travers et les tares de son système. Il a réussi à surprendre tous les analystes de la scène politique camerounaise en reconnaissant clairement l'existence des ennemis du développement de la Nation.

Dans un discours pédagogique, il a reconnu que ni les moyens financiers, ni le potentiel humain, ni les ressources naturelles ne font défaut ; il se pose au Cameroun un problème d'inertie. Plusieurs observateurs avertis s'attendaient un tel discours (qui avait un parfum de confession) à ce que ceux que le président de la république appelle « les ennemis du développement » que l'on connaît bien soient sévèrement punis, rien n'en a été. Rien, jusqu'à ce que l'on en arrive au scandale de la sanction de la FIFA contre l'Equipe nationale de football du Cameroun ; l'on a vu à l'occasion d'un tel « événement » le chef de l'Etat évincer quatre des ses ministres. Un geste qui n'aide en rien à un redressement profond des institutions et d'un système socio-politique pitoyable.
Avant que nous ne passions à une lecture froide et sans complaisance de la réalité socio-politique de l'heure, deux questions nous préoccupent : 1) un homme qui a les pleins pouvoirs depuis plus de 21 ans dans un pays, qui a soigneusement installé son système, pourrait-il se trouver à un moment incapable de le contrôler, au point de s'en plaindre comme s'il était autant victime que le bas peuple ? 2) Serait-ce un beau discours de pré-campagne qui a été offert par « le chef » le 31/012/03 pour noyer les esprits afin qu'ils oublient que le personnage qui se plaint d'inertie en est le premier et principal initiateur ?

Prenant en compte le fait que, pour une fois, le bon exemple en matière de dénonciation vienne d'en haut, personne ne nous empêchera d'étaler les faits dans toute leur réalité et leur dureté. Le Cameroun compte environ 300 partis politiques mais sur 15 millions de camerounais, à peine 1,5 millions militent pour un parti, ces associations clochardes. Le seul moment de l'histoire de ce pays où « l'opposition » pouvait jouer un rôle déterminant sur la scène politique a été en 1992 lors des élections législatives. Au bout des premiers résultats, l'opposition possédait plus de la majorité des voies à l'assemblée Nationale. C'est forte de ce poids qu'elle pouvait définitivement et profondément modifier les lois dans ce pays où tout est « légalement » prévu pour servir une minorité. Des chefs de cette opposition ont trouvé convenable et sensé d'aller à l'encontre des principes bruyamment énoncés pendant la campagne en bradant leur part au « Rassemblement Démocratique du Peuple camerounais » (RDPC), ce qui permis à ce dernier d'obtenir finalement la majorité à l'assemblée. Ce fut la plus grosse bourde jamais commise dans l'histoire de cette jeune démocratie. Le peuple ne pardonne pas certaines maladresses ; plus jamais, l'opposition n'a eu une réelle opportunité de jouer un rôle important sur la scène politique nationale. Les partis politiques dans ce pays ont un rôle beaucoup plus ornemental qu'efficace. Ceci est d'autant plus vrai qu'au sein du RDPC (parti dominant et au pouvoir), on compte beaucoup plus de militants saisonniers que réguliers ; idem pour le reste de partis dont les membres se réduisent parfois aux simples amis et membres de la famille du « président-fondateur ». La majorité des militants préfèrent paresser ou vaquer à d'autres occupations durant des années, mais ils réapparaissent à la veille des grandes échéances pour « la récolte du blé ».

En outre, l'on voit un nombre incalculable de personnes voter pour un poisson ou une bière offerte à eux quelques instants avant le vote. Des réseaux de trucage bien organisés font en arrière plan un travail tout à fait apprécié par ceux qui en profitent. Il est assez fréquent de trouver un individu qui possède 6 cartes électorales et qui votera à 6 points de vote différents, tandis que dans sa localité nombreux de ses voisins soufrent de n'avoir pas obtenu leur carte. Ne vous imaginez pas que l'informatisation du système électoral pourrait empêcher le trucage des élections au Cameroun, ce serait mal connaître le système. Un peu partout en Afrique, le nègre vote, non pas pour les idées, mais pour l'appartenance ethnique, ou tout simplement pour le repas immédiat. Ce qui, pour un pays comme le Cameroun, exprime clairement l'incompréhension des peuples vis-à vis des concepts de démocratie, droit de vote, liberté… La presque totalité de la population camerounaise confond la démocratie au droit à l'anarchie, la liberté d'expression à une légitimité à la vulgarité et à l'insolence. La problématique de gouvernabilité est très complexe et difficile à thématiser, vu la spatialité et l'historicité du Cameroun. Là est un tout autre débat… Avec les effets pervers et multiples de la crise économique des années 1980/90, avec le pillage des caisses de l'Etat orchestré tant avant la dévaluation du Franc CFA qu'après, les Camerounais ont atteint un niveau de pauvreté morale apocalyptique et ils n'ont pas fait que normaliser leur déroute, ils ont réussi à la légitimer, mais surtout, à la naturaliser au point où l'on attend une institutionnalisation de la bêtise dans ce pays. Seules les faits sociaux et politiques quotidiennement vécus peuvent vous instruire concrètement sur ce sujet. Tout de même, demandons-nous comment il peut être possible d'évoluer dans un pays où la majorité des postes de responsabilité stratégiques, dans le public comme dans le privé, sont confiés à des cancres ou mieux à des personnes qui devraient faire valoir leurs droits dans des domaines autres que là où ils ont un pouvoir décisionnel ? Voilà déjà l'un des aspects ontologiques expliquant l'institutionnalisation de la médiocrité, de la fainéantise et de l'absurdité ! Sans le savoir, beaucoup dans ce pays ont grandi dans le confort de l'ignorance partagée et on fini par se stabiliser dans l'inconfort de la paresse, du faux et de la médiocrité légitimée ; on baigne en pleine misère. Les Camerounais sont aujourd'hui politiquement perdus car d'un côté il y'a une opposition riche en dirigeants affamés et de l'autre, un gouvernement/RDPC qui n'a su que leur apporter la misère la désolation et le désespoir. Pour exemple, lors des dernières élections législatives en 2000, le vice-président du SDF (parti leader de l'opposition) a démissionné parce que se révoltant face à l'usage (à des fins personnelles) qu'avait fait le président du SDF des centaines de millions offerts pour l'organisation des élections. Il existe une seconde classe d'opposants ; ceux qui s'opposent réellement mais qui n'ont pas les moyens de leur politique et qui potentiellement sont aptes à retourner leur veste. La revalorisation des salaires de fonctionnaires de l'État décidée en juillet 2000 n'a jamais été effective, ce après un baisse de près de 70% en termes réels de ces salaires en 1992/93. L'on prétend ainsi venir à bout de la corruption alors que les fonctionnaires ne vivent qu'avec le 1/3 de leur revenu, avec tous les produits de première nécessité qui en 10 ans ont vu leurs pris passer du simple au triple si ce n'est plus. Faisant une telle constatation, vous pouvez tout seul en déduire les dérives et les dégâts. Seuls les griots du RDPC peuvent vous présenter une réalité meilleure ; les « facilitateurs » du RDPC avec leur éloquente pauvreté.

Guy Parfait Songue
Politologue

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25 avril 2006

Conférence "La France est-elle mûre pour la démocratie en Afrique ?" le 28 Avril à Paris

Conférence "La France est-elle mûre pour la démocratie en Afrique ?" le 28 Avril à Paris

Soutien aux dictateurs, validations d’élection truquées, silence face à la répression des oppositions démocratiques...

Un an après le coup d’Etat électoral au Togo et à quelques jours d’une nouvelle mascarade annoncée le 3 mai au Tchad, pays au bord du chaos, l’association Survie tient à attirer l’attention sur le mépris des autorités françaises vis-à-vis des aspirations démocratiques des peuples africains.

Les exemples abondent : Djibouti, le Burkina Faso, le Gabon, le Togo ont connu en 2005 des parodies d’élections encouragées par la France.

La mécanique à l’oeuvre au Tchad ne déroge pas à la règle et s’avère des plus préoccupantes, dans un climat d’anarchie et de violence : tentatives de coup d’Etat, désertions au sein de l’armée, multiplication des mouvements d’opposition armés, etc.

Quand la France consentira-t-elle à remettre en question sa prétendue politique de "stabilité" qui mène droit au chaos ?

Conférence-débat organisée par Survie à La Passerelle à 20h30

Entrée libre

Programme et liste des intervenants communiqués prochainement.

La Passerelle

- 3, rue Saint-Hubert, Paris 11ème M° Rue Saint Maur / Ligne 3

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21 avril 2006

L’Afrique meurt, la France est complice.....Mr Sarkozy !

<>

Les Ogres,

21-04-2006

Rubrique: Opinions

afriq1Aux lendemains des indépendances, la France dans ses anciennes colonies sous la houlette du président Général de Gaulle a mis en place des gouverneurs locaux censés s’assurer que les ressources naturelles et géopolitiques de ces pays bénéficieraient toujours à l’ancienne puissance coloniale.

Lorsque ces états eurent la possibilité d’élire démocratiquement leur représentant comme au Togo ou en Centrafrique, ceux-ci furent renversés ou/et assassinés avec l’aide de l’armée française ( Sylvanus Olympio, Abel Goumba à la suite de Boganda, Mehdi Ben Barka, Outel Bono, Ruben Um Nyombé, Félix Moumié) ; des pions aux mains de Foccart-De Gaulle (Eyadéma, Bongo, Déby, Bokassa...) furent portés à la tête de ces nouveaux états « indépendants » dont bon nombre sont issus des services secrets français ou de l’armée française.

Ces assassins dictateurs mandatés par la France ont obtenu avec le temps (pour ceux qui ont réussi à se maintenir) une certaine autorité et autonomie au regard de la France et sont régulièrement réélus grâce à des élections présidentielles truquées sous le guide de leurs parrains français.

C’est ce que nous appelerons, « des gouverneurs à peau noire » pour reprendre l’expression de François-Xavier Verchave.

Ainsi on vit naître des néocolonies en Afrique dont le Gabon, et le Togo sont le laboratoire du nouveau régime.

C’est le bout d’homme, à l’apparence dépigmenté, le sir : OMAR BONGO, et l’ignare dont les allocutions tournent au spectacle de Michel Leeb, Eyadema qui furent les heureux élus.

« Omar Bongo est pour moi un ami de longue date et qui a témoigné de sa fidélité à nos idéaux communs(celle de piller l’Afrique ?) et à notre engagement commun pour une certaine idée franco-africaine. » Jacques Chirac, allocution à Libreville le 22 juillet 1995.

« Les flots d’argent qui se déversaient dans les sables d’une Afrique nominalement indépendante, loin d’assécher l’ancienne métropole, l’irriguaient, voire arrosaient du beau monde. Une bonne partie des quartiers chics de Paris vivait alors sur le miracle des liquidités repartant parfois souterrainement, aux sources. Pour les « happy fews », le taux de retour de l’aide au développement tartinée sur la rente, déjà bien onctueuse, du pétrole et des produits tropicaux, était mirifique et à la limite de l’écoeurement. » (Antoine Glaser et Stephen Smith, L’Afrique sans Africains, Ed. Stock, 1994).

Omar Bongo Ondimba qui dirige le Gabon sans partage depuis décembre 1967, ne s’est pas fait prier pour changer la constitution en 2003. Ce qui lui confère désormais la possibilité de diriger encore le pays pendant de longues années , au grand dam de l’écrasante majorité des Gabonais plutôt "fatigués de la même personne depuis quarante ans".

Pour le Togo,Gnassingbé Eyadema, sans être jugé pour ses crimes est mort mais Gnassingbé Faure arriva. Un des innombrables fils du roitelet né sous la dictature pris le pouvoir en assassinant et en noyant dans les lagunes la jeunesse du pays.

Omar Bongo en 7 dates : 30 décembre 1935 : Naissance officielle à Lewaï, Haut-Ogooué ; 1952 : Certificat d’études à Brazza ; 1953 : Jeunesses SFIO ; 1958 : Service de renseignement de l’armée ; 1959 : Le Gabon demande à devenir un département français ; 1966 : Vice-président du Gabon aux côtés de Léon M’ba ; 1967 : Il devient président de la République du Gabon.

Pour un peu plus d’un million d’habitants, le Gabon dispose de richesses exceptionnelles : pétrole, uranium, bois, manganèse, lithium... Dès la pseudo-indépendance du 17 août 1960, la France signe des accords de coopération qui laissent à Paris le droit de s’accaparer les richesses minières du Gabon. Léon M’Ba président vassal de la françafrique n’hésite pas à promouvoir un article faisant du Gabon une véritable chasse gardée de la France, un réservoir français de matières premières.

Article 5 : « La République française est tenue informée des programmes et projets concernant l’exploitation hors du territoire de la République Gabonaise des matières et produits stratégiques. « En ce qui concerne les matières premières et produits, la République gabonaise réserve en priorité leur vente aux Etats de la Communauté après satisfaction des besoins de sa consommation intérieure et s’approvisionne en priorité auprès de ces Etats ». Affaires africaines, p.43,

En février 1964 Léon M’Ba est démis suite à un coup d’état. Mais le 19 février 1964, les parachutistes français rétablissent par un putsch Léon M’Ba, le président déchu, dans ses fonctions. Bongo est nommé aux affaires étrangères, puis au cabinet du président Léon Mba. Très vite Bongo est dans les petits papiers du seigneur des néocolonies françaises : Jacques Foccart, tandis que le président-général Charles de Gaulle le décrit comme un « type valable ».

A tel point que Jacques Foccart, conseiller de Charles de Gaulle, songe à lui pour succéder Mba, miné par un cancer.

Voilà comment, en1967, après le décès de Léon M’Ba, et suite à un bricolage constitutionnel, le « type valable » de 32 ans devient le plus jeune chef d’Etat du monde. C’est d’ailleurs à Paris, dans l’enceinte de l’ambassade du Gabon, que l’élu des Français prête serment. Albert Bongo est une pure création néocoloniale mis en place à la tête du Gabon par Jacques Foccart sous la bénédiction du général de Gaulle pour assurer le relaie militaire français dans la guerre du Biafra qui fera 1 à 2 millions de morts.

Dès lors la France peut accélérer ses livraisons d’armes au Biafra via Libreville avec le soutien d’Houphouët Boigny. Durant cette période comme le souligne Pierre Péan dans son livre, Affaires Africaines, Albert-Bernard Bongo n’est qu’une marionnette dépendant des services de Foccart. Si Albert Bongo vient à faire une déclaration erronée concernant le Nigeria et la sécession Biafraise, celle-ci est aussitôt rectifiée par les services du SDECE ou/et de Jacques Foccart (Affaires Africaines 7, p.81-82).

Par la suite Bongo ne cessera d’être réélu par la fraude électorale cautionnée par ses mentors de la Françafrique et fera assassiner ses opposants politiques comme Germain M’Ba assassiné par Bob Denard le 18 septembre 1971, selon Pierre Péan dans Affaires Africaines (7p.13).

Le Gabon sera considéré par Foccart et ses successeurs comme une plate-forme pétrolière, militaire et financière.

« Les troupes françaises au Gabon sont constituées des 600 hommes du 6ème BIMa (Bataillon d’Infanterie de Marine, ex-coloniale) et d’une compagnie tournante de l’armée de l’Air. Créée par Bob Maloubier la garde présidentielle est encadrée par des militaires français plus ou moins détachés, tels les généraux Roland Meudec puis loulou Martin. Equipée de blindés légers, renforcée par des éléments marocains, c’est la meilleure unité combattante du pays. Quant à la DGSE, elle dispose bien évidemment d’un chaperon auprès du président local. » (Noir Silence, 8 p.197).

« Le Gabon a été une excroissance de la République dirigée conjointement par Jacques Foccart, le parti gaulliste et Elf. En 1993,.le président Bongo s’est maintenu au pouvoir grâce à un coup d’état électoral, opéré avec la bienveillante neutralité du gouvernement français ». (Pierre Péan, Audition par la mission d’Information sur le rôle des compagnies pétrolières. Pétrole et éthique, rapport cité, t.I, p.158-159 cité par F.X Verschave dans Noir Silence, p.198).

Selon l’ancien directeur de la DGSE Pierre Marion, Omar Bongo après plus de trente années de règne va devenir le plus ancien homme politique françafricain et influencer en retour la politique française par de nombreux pots de vins et moyens de pression : « Les subsides de Bongo servent à tout le monde lors des élections françaises et créent un sorte de colonialisme à l’envers ».

Ainsi les partis politiques et les compagnies françaises telles que ELF s’enrichissaient sur le dos du peuple noir dont les conditions de vie sont de plus en plus dramatiques.

Selon le PNUD : « On ne compte (au Gabon) que 19 médecins pour 100.000 habitants, l’espérance de vie n’est que de 52 ans, seulement 38% des enfants sont vaccinés contre la rougeole contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Un enfant sur sept meurt avant l’âge de 5 ans. Le rang du Gabon à l’indicateur du développement humain (IDH) le fait reculer de 71 places par rapport à un classement seulement basé sur la production par habitant » (PNUD, 1999).

Les valises d’argent frais ont certes atterri au RPR (UMP) et à l’UDF, mais aussi au PS. Et les amitiés maçonniques ont fait le reste.

Pour apaiser le courroux du bienfaiteur, outré par un brûlot de Pierre Péan, la France rose lui dépêche tour à tour le défunt François de Grossouvre, Roland Dumas - « mon ami intime » - puis le Premier ministre Pierre Mauroy. On promet même au roi des Batéké, reçu avec faste l’année suivante, une centrale nucléaire.

Il compte aujourd’hui parmi ses plus ardents avocats l’ex-ministre Catherine Tasca ou Michel Rocard. Bongo puise dans une fortune colossale, bâtie avec le concours d’Elf, de quoi huiler les rouages de son pouvoir. A tous les coups il gagne. Réélu président, Omar Bongo peut compter sur la bienveillance d’une France à qui il doit tout et qui lui doit tant.

On ne s’étonnera pas de voir Bongo Ondimba, le facétieux, être réélu grâce au trucage des élections made in France : Pour la Saint-Nicolas, on ressort la machine électorale made in France.

La machine vote massivement Bongo. Le miracle informatique, rodé en maints pays d’Afrique, multiplie à volonté les électeurs et les votants, transforme une minorité en majorité, une défaite ou un ballottage en victoire. Avec 4 chiffres significatifs : 79,18%. Bingo pour Bongo ! Pourquoi lésiner ?

Au Togo les enfants mal éduqués d’Eyadema sont félicités aprés le simulacre électorale et on installe Faure Gnassingbé pour un demi siècle !

Nous appelons les africains à immigrer massivement en France car c’est elle qui est responsable leur misère à 90%.

Nous soutenons les sans papiers, et nous demandons aux immigrés de ne pas rentrer chez eux tant que cette politique continuera en Afrique car si les soutiens aux dictatures cessent, la jeunesse noire restera chez elle pour construire l’Afrique.

Sarkozy, sachez que l’arrêt de l’immigration commence par l’arrêt du pillage de l’Afrique ,et le soutien de la démocratie et non le maintien des « amis de la France », qui ne sont que des amis de vos comptes bancaires, et ceux qui tuent la jeunesse noire d’Afrique.

Nous tenons à encourager Noël Mamere (Vert) pour le combat qu’il mène pour que les sanguinaires africains et leurs mentors Français puissent arrêter l’anéantissement de peuple d’Afrique.

Mick Johnson

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15 février 2006

La guerre est-elle une condition pour le passage à la démocratie ?

L’éclairage de SHANDA TOnmE

Après le Burundi, l’Irak, le Libéria, et la Palestine, le Congo démocratique est irrémédiablement engagé dans le processus mis en place par les Nations unies, qui devrait logiquement conduire le pays à des élections libres et démocratiques avant la fin de cette année 2006. On notera aussi que la Côte d’Ivoire, se situe dans le même calendrier, avec le mois d’octobre comme date butoir pour la fin de la transition et la tenue d’une élection présidentielle.
Le dénominateur commun de tous ces pays, c’est qu’ils sortent de guerres plus ou moins longues, et, dans tous les cas, coûteuses en vies humaines et en bouleversement de quelques équilibres géopolitiques et géostratégiques. Certes, d’autres pays à l’instar du Togo, de la Centrafrique, du Tchad, et même du Gabon, ont tenu des élections entre temps, mais il ne s’agit point de situations comparables. Dans le cas des premiers, les pays ont été au bord de la rupture, générant une guerre civile fratricide et nécessitant une forte implication des acteurs internationaux multilatéraux, alors que pour les seconds, les élections se sont tenues dans la quiétude relative des dictatures, sans enjeux, sans menaces graves sur le régime, et sans nécessité d’interpellation des grandes puissances tutélaires.
A l’observation, ce qu’il importe de prendre en considération dans l’analyse que nous amorçons, c’est finalement la recherche du paramètre déterminant dans l’évolution vers un régime démocratique. Il faut entendre surtout, l’avènement du processus de consultation libre et effective des citoyens. Ainsi, à la question de savoir pourquoi a-t-on pu organiser des élections libres au Libéria et en Irak, mais pas au Gabon et en Centrafrique, la réponse pourrait se trouver dans le degré de destruction, le niveau de souffrance des populations, et la réalité de la guerre.
En effet si la Centrafrique a connu un simple coup d’Etat maladroitement légitimé par des élections bancales pistonnées par certaines grandes puissances coloniales, le Libéria a quant à lui, connu une véritable guerre, avec bandes armées et chefs de guerre impitoyables. On notera également que c’est le déclenchement effectif de la guerre dans les mêmes conditions que le Libéria, qui effraye la France et les partenaires internationaux, et les conduit à l’organisation de la conférence de Linas Marcoussis. Cette conférence, on ne le sait que trop, fut une occasion exceptionnelle qu’aucune autre dans la longue histoire trouble des relations de la France avec ses anciennes colonies d’Afrique, n’avait égalé.
Ni la très émotionnelle conférence de Brazzaville avec le général De Gaulle, ni la Baulle de Mitterrand avec ses belles promesses vite oubliées, n’engagèrent autant le reste du monde sur le devenir des citoyens africains dans le champs de la normalisation et de la maturation démocratique.
En somme, la leçon voudrait sans doute, que ce qui reste de régime dictatorial ou tout simplement autocratique en Afrique, subisse les ravages de la guerre, pour enfin être contraints de changer et de laisser les citoyens choisir librement leurs dirigeants à travers des élections transparentes. A s’en tenir à ce postulat, les pays comme le Cameroun, le Gabon, voire le Congo, seraient plutôt dans une position d’attente dramatique, pour ne pas dire pré-révolutionnaire.

Mais il ne suffit pas d’analyser les phénomènes de pourrissement du système, pour envisager le changement vers la démocratie. En réalité, c’est à une combinaison de facteurs très interdépendants, que l’avènement des élections libres et transparentes demeurent tributaires. Il faut non seulement qu’une situation de guerre ouverte et radicale s’installe dans le pays, mais il faut encore que les intérêts menacés soient importants, et enfin que les principales puissances dominantes de la planète, s’impliquent rapidement en manipulant le Conseil de sécurité de l’Onu, au nom de la rengaine habituelle de “ Communauté internationale ”.
Si l’on se réfère à la situation de l’Irak et de l’Ouganda particulièrement, on est tenté de soutenir que la guerre est ce qu’il y a de plus souhaitable, pour obtenir au bout du processus, non seulement le régime démocratique, mais aussi la fin de tous les subjectivismes vexatoires. Il faut donc se battre et conduire une vraie guerre avec les plus détestables et les plus cruelles des violences. En Irak, le pays sort d’une dictature impitoyable, qui s’est maintenue en organisant l’écrasement de la majorité chïïte (70 % de la population) et les Kurdes, par une minorité sunnite (20%). Même si nous avions déploré les conditions de l’intervention américaine, il demeure que pour la majorité des Irakiens opprimés, les élections libres qui ont suivi, leur ont rendu leurs droits et permis enfin de voter pour choisir les vrais dirigeants du pays.
Une majorité de Camerounais et de Gabonais donneraient aux Américains, tout leur pétrole et tout leur bois, pour obtenir des élections libres et la démocratie tout de suite. A qui profite ces ressources, si ce n’est à une poignée de hauts fonctionnaires insolents, qui accumulent les comptes faramineux à l’étranger, et entretiennent sur place, des maîtresses voraces et des parcs privés de gros véhicules de luxe américains et japonais ? Le Burkina Faso qui n’a ni pétrole ni bois, ni port, s’en sort mieux, et paye son jeune médecin à 300.000 Fcfa le mois, contre moins de 200.000 Fcfa pour le Cameroun.
On retrouve la même situation au Burundi, où la majorité hutu (90 %) accède enfin au pouvoir, grâce à des élections libres programmées et supervisées par l’Onu, après une guerre civile intense.
Tous ces enseignements apportent une autre démonstration : les régimes autocratiques demeurent des partenaires sans soucis pour les grandes puissances, jusqu’au moment où leurs peuples se montrent déterminés à les combattre les armes à la main. En somme, tant que la contestation des dictateurs se limite à quelques frasques d’une opposition facilement corruptible, personne ne lèvera le petit doigt du côté de l’Onu ou de Paris. Tout cela tendrait à accréditer la thèse selon laquelle, ce ne sont pas les dictateurs qui sont forts et bien organisés, ce sont plutôt leurs citoyens qui sont faibles, mal organisés, et peu déterminés.
Lorsqu’en 1992, les principaux partis d’opposition camerounais, engagèrent une contestation bruyante de l’élection présidentielle, aucun des dirigeants n’osa franchir le pas de l’exil. Tous se limitèrent à des vociférations vite étouffées par leurs propres calculs opportunistes. On a pu apprendre par la suite, que de probables soutiens extérieurs n’attendaient pourtant que la preuve de leur détermination, pour se manifester avec armes et finances.
Même scénario en Centrafrique, où l’on a assisté à des bavardages inutiles des gens comme Jean-Paul Ngoupandé, vite repris dans des négociations nocturnes qui lui valent maintenant la position confortable de ministre des Affaires étrangères du soldat sans parole Bozizé.
A l’heure de l’Internet et de la diffusion massive des nouvelles, les citoyens savent de plus en plus partout, que si les Palestiniens peuvent se distinguer des autres arabes en votant librement pour choisir leurs dirigeants, comme en témoigne la nette victoire du très effrayant et radical Hamas aux dernières élections législatives, c’est parce qu’ils ont fait et font encore la guerre. Lorsque l’on a ainsi compris que les seuls rapports des forces respectables ne peuvent découler que des violences, on plaint les dirigeants africains qui se pavoisent, car ils ne sont pas si éloignés, des jours où ils vont franchir précipitamment les portails des missions diplomatiques pour chercher refuge.

Les pays comme le Cameroun et le Gabon dont les régimes en place n’offrent plus aucune perspective sérieuse de transition honnête, évoluent inévitablement sur des braises ardentes. La fracture sociale entre une classe de riches constituée de hauts fonctionnaires malhonnêtes et de riches commerçants trafiquants d’une part, et d’une classe de pauvres, de cadres moyens à la peine, de jeunes chômeurs sans qualifications, et de diplômés sans repères d’autre part, est une menace à la dimension de l’arme atomique. Or pour ne rien arranger, les classes possédantes affichent un comportement arrogant qui chaque jour, fait monter la tension.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, la misère déjà insupportable, sera bientôt transformée en deuil permanent, à cause des augmentations des prix de tous les produits de première nécessité. L’élite dirigeante extravertie qui tantôt possède plusieurs nationalités pour garantir une asile dorée demain, et tantôt prépare des milices sur place, n’est pas réellement prête à subir une guerre civile d’envergure. C’est dire que dans le pire des cas, le Cameroun, le Gabon ou le Burkina, n’auront pas besoin de devenir le Libéria ou le Congo démocratique, pour changer. A la première action populaire d’envergure, cette élite arrogante capitulera. Le processus huilé de l’Onu qui va du cessez-le-feu, en passant par l’envoi des casques bleus jusqu’à la conférence de réconciliation et un programme de transition avec des élections au final, sera enclenché.
Cette projection véritablement sans reproche, vaut uniquement pour les pays qui n’ont pas connu de guerre civile de grande envergure depuis 1960. Pour les pays comme le Tchad, la Centrafrique ou l’Ouganda, les choses pourraient certainement se passer autrement. S’agissant par exemple du Tchad, les accusations portées contre le Soudan sont une pure distraction pour gagner du temps. Idriss Déby sera probablement renversé avant la fin de l’année en cours, de même que Bozizé risque de ne pas faire long feu. La logique de la prospective tient en ce que, partout où les peuples ont une expérience récente de lutte armée, aucun régime autocratique ne peut survivre longtemps. Le complot est permanent dès lors qu’il y a des motifs de ne pas être satisfait du processus électoral. Or c’est le cas du Tchad, de la Centrafrique, et de l’Ouganda.
En tout état de cause, il n’est pas exagéré de dire de certains pays, qu’ils sont en transition vers la guerre, laquelle conditionne l’autre transition, celle vers des élections libres et la démocratie. Dans ce cas, il faudrait convenir, que les dirigeants de ces pays, cultivent, inconsciemment, des armées de pauvres, de frustrés de toutes natures et de mécontents, qui auront bientôt raison de leur intransigeance.

Le messager
Le 15-02-2006

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21 novembre 2005

présidentielle 2005 Gabon: trucage des élections en Françafrique:mode d'emploi

Le trucage des élections en Françafrique comment ça marche? De l'Afrique subsaharienne à l'Algérie

Le truquage des élections dans le pré-carré africain francophone reste une des grandes traditions françafricaines fondées en grande partie sur l'expérience française en matière de technologie informatique et de faux électeurs (notamment à la mairie de Paris du temps du RPR ou en Corse). Face à des peuples qui se sont vus imposer des "gouverneurs à peau noir" au service de la France dans une optique néocoloniale, la pérennisation de leur sacre s'est faite par la terreur (tortures, assassinats, massacres) et par le trucage des élections made in France.  Pendant ce temps là, certains médias et une partie du magistère intellectuel parlent hypocritement de post-colonialisme et célébrent la bouche en coeur les thèses négrologiques évoquant l'incapacité des Africains à se diriger et à accéder à la démocratie. Ces kleptocrates au service de la France pillent leur pays et leur peuple pour verser leur gabelle à l'Etat-mère et à leur clan dit "ethnique". Albert Bongo au Gabon, Idriss Déby au Tchad, Eyadéma au TogoBokassa puis Patassé et Bozizé en Centrafrique furent imposés par l'ancienne puissance coloniale et leur règne pérénisé par le trucage des élections.   

François-Xavier Verschave fut l'un des premiers à dévoiler les sous-bassements de ce trucage électoral fondé sur des manipulations informatiques.

Au Gabon :
« Pour la Saint-Nicholas, on ressort la machine électorale made in France. La machine vote massivement Bongo. Le miracle informatique, rodé en maints pays d'Afrique, multiplie à volonté les électeurs et les votants, transforme une minorité en majorité, une défaite ou un ballottage en victoire. Avec 4 chiffres significatifs : 66,55%. Bingo pour Bongo ! Pourquoi lésiner ? »Noir Silence  ,  François-Xavier Verschave, p.201.

Au Tchad : « Début 1996, le lobby français pro-Déby entreprend une magistrale opération de chirurgie esthétique : transformer un assassin invétéré (depuis le lycée) en chef d'état légitime. L'Elysée ne lésine pas sur la logistique électorale. Il dépêche à N'Djamena le meilleur spécialiste du parti gaulliste, celui qui fut l'année précédente une « pièce maîtresse de la campagne présidentielle de Chirac » : Jérôme Grand d'Esnon, suspecté par le juge Desmures d'avoir occupé un emploi fictif à la mairie de Paris. Un haut lieu du dopage électoral. »(Noir Silence , p.166).

».

Au Togo, alors que le trucage des élections a été dénoncé par l'Union Européenne, la France fut la seule à considérer ce srutin comme acceptable. Et ce fut encore Amnesty Internationale qui révéla que les armes et les munitions qui ont servi à massacrer la population au lendemain de ce détournement électoral par le fils de "l'ami personnel" du président français (
Republic of Togo 05.02.05 Jacques Chirac : ''Eyadema était un ami de la France'') , furent made in France. De même que le juriste qui a taillé sur mesure une constitution pour Faure Eyadéma (Rapport de l'ONU ; Nouvel Obs.com 400 à 500 morts lors de la présidentielle  ). 

NEGROPHOBIE p.162-163 [5] Boubacar Boris Diop, Odile Tobner, François-Xavier Verschave. Ed. Les Arènes.
  "Le premier tour de l'élection (présidentielle au Tchad, ndlr) a lieu le 2 juin 1996. La multiplication des faux bulletins, faux électeurs et faux bureaux de vote se double d'un intense charcutage informatique des résultats. Au bout du compte, Déby se retrouve élu au premier tour avec 50,14% des voix. Les chiffres de son succès sont annoncés à la radio. Panique à Paris, devant un tel excès de zèle, affichant un score aussi incroyable. Le directeur Afrique du Quai d'Orsay aurait lui-même donné la consigne de repasser sous la barre des 50%. Les experts français relaient l'ordre de Paris, et font atténuer la gonflette : Déby obtient officiellement 47,86% des voix ; un rival bien tenu en main, le général  Kamougué, est accrédité de 11,08% des voix et obtient la qualification pour le second tour - où Déby sera royalement élu."

En Note de bas de page 163:
Cette fraude massive sera rééditée en 2001, au détriment du vainqueur réel, le député Ngarléjy Yorongar" (la fraude massive lors de ce scrutin a aussi été signalé par la Fédération Internationale des droits de l'Homme. Lire Idriss Déby, un criminel contre l'humanité soutenu par la France : Repères. [6])

Et en cas d'insurrection populaire face à ce qu'il faut bien appeler un déni de démocratie et un mépris du peuple, la Françafrique organise souvent la contre-insurrection soit directement, soit le plus souvent par l'intermédiaire de l'aide militaire et technique. Ce fut le cas au Tchad au lendemain des élections selon Amnesty International : 10 Septembre 1996. Rapport d'Amnesty International sur le Tchad : « Les autorités françaises ne peuvent pas ignorer que les véhicules tout-terrain, le carburant, les moyens de transmission et les menottes livrés au titre de l'AMT [Assistance Militaire Technique] ont été détournés de leur fonction initiale pour exécuter et tortuter. Manifestement, dans le cadre de l'AMT, la question des droits de l'homme n'a pas sa place. Cela a été confirmé à la délégation d'Amnesty International à N'Djamena en avril 1996 par les autorités françaises qui ont affirmé que ce sujet n'était pas traité par les instructeurs

Rapport Amnesty International

..."La France maintient une coopération militaire avec le Togo depuis des décennies et celle-ci a continué après la décision prise par l'Union européenne en 1993 de suspendre sa coopération. Dans un document publié en 1999, Amnesty International constatait que l'assistance militaire technique de la France au Togo s'apparentait à un soutien tacite au Président Eyadéma(9). Six ans plus tard, la France n'a toujours pas réévalué l'assistance militaire technique avec le Togo et les tâches confiées aux assistants militaires français au sein de l'état-major togolais et des d'autres unités militaires ne semblent pas avoir été modifiées. Les informations disponibles sur le site de l'ambassade de France au Togo concernant la Mission de Coopération Militaire et de Défense française, indiquent que 20 militaires sont actuellement détachés au titre de la coopération militaire au Togo. L'aide directe en matériel s'élève à plus de soixante millions de francs entre 1989 et 2002(10). Amnesty International estime que le montant réel est supérieur aux chiffres communiqués dans les avis. A titre d'exemple, en 1999, le montant d'aide directe au Togo s'élevait à 5 millions de francs selon les rapports parlementaires de l'Assemblée et du Sénat. Or le ministre des affaires étrangères a révélé en réponse à la question écrite d'un député que l'aide matérielle pour le Togo s'élevait à 13,6 millions de francs(11).  Par ailleurs, Amnesty International a fait analyser des balles en caoutchouc ainsi qu'une grenade lacrymogène utilisées à Lomé lors de la répression d'avril. Il en ressort que ces matériels sont de fabrication française... "



On aura bien compris que le mode opératoire néocolonial en vigueur dans le pré-carré françafricain est basé sur le trucage des élections et lorsque cela barde pour nos gouverneurs, assistance militaire directe ou indirecte assorti d'un soutien diplomatique et politique français aux Nations Unies pour promouvoir nos dictateurs en péril. On ne badine pas avec les néocolonies.

Plus récemment la Françafrique et ses autorités de tutelle viennent de reconnaître le caractère "démocratique" du scrutin référendaire pour la charte en faveur de la paix de Bouteflika (AFP 30.09.05,  Référendum en Algérie: la France salue "cette consultation démocratique" ). Bouteflika recevra même du Centre d'Etudes politiques et sociétés de Paris le prix Louise Michel (L'Humanité, Boutelika, prix Louise-Michel) à Alger en présence du corps diplomatique français. Un prix attribué chaque année à une personnalité politique pour « les vertus de dialogue, de démocratie, de développement et de paix ».

Pourtant ce scrutin soit disant à caractère "démocratique" voyait l'amnistie honteuse défendue par Bouteflika obtenir, à la grande surprise de ce dernier, plus de 97% des voix avec environ 80% de participation. Or en Françalgérie, les méthodes utilisées par la junte au pouvoir sont proche de celles de la Françafrique, pour ne pas dire qu'elles ont été transmises par la Françafrique.

El Watan (La fraude, mode d'emploi), journal très bien informé notamment auprès de la junte militaire algérienne révèle comment ce système fonctionne. Il est à tout point identique au système décrit par François-Xavier Verschave dans la Françafrique subsaharienne. En effet, alors que la plupart des observateurs ont noté que la participation à ce référendum en Algérie a été particulièrement faible, le pouvoir algérien sort de son chapeau le chiffre de 80%. Voilà comment :

EL WATAN
La fraude, mode d'emploi
...Ainsi le taux officiel de participation correspondrait à 3 ou 4 fois, le taux de participation réel. Si le pouvoir se permet ainsi de défier l'opinion nationale et internationale, c'est que ses « laboratoires » ont mis au point une méthode imparable pour remporter tous les scrutins. La question n'est donc pas tellement de commenter le chiffre officiel de la participation mais plutôt de connaître le mode opératoire utilisé. Contrairement à une idée reçue, l'essentiel de la fraude n'a pas lieu en plein jour, lors du déroulement du scrutin ou au moment du dépouillement. En réalité, cela se passe la nuit, au moment de la consolidation des résultats au niveau communal, au de daïra et de wilaya. Au niveau communal, tous les PV des bureaux de vote sont regroupés. Un agent saisit les résultats sur ordinateur en présence des membres de la commission électorale communale. L'opération se déroule à huis clos. Ni les observateurs des partis ni les membres de la commission de surveillance des élections encore moins les journalistes ne peuvent y assister. Une fois les vrais résultats connus, on change alors les chiffres pour les rendre compatibles avec les résultats recherchés par les décideurs de l'ombre. En général, on s'arrangera pour ajouter un à plusieurs milliers de voix, sans changer les chiffres des centaines, dizaines et unités pour que le nombre soit vraisemblable. Par exemple, 7235 deviendra 17 235 ou 27 235. Cela a pour effet d'augmenter le nombre de votants de 10 000 ou 20 000. Il y a donc de nouveaux totaux pour chaque bureau de vote et pour chaque centre de vote. Il ne reste plus qu'à reporter les faux résultats sur des PV vierges, préalablement signés à blanc par les présidents de bureau et les chefs de centre de vote, pour fabriquer des faux PV, plus vrais que les originaux. Les PV originaux sont alors détruits. Le reste est un jeu d'enfants. On a même prévu d'imiter la signature des récalcitrants qui n'accepteraient pas de signer des PV vierges. J'ai été moi-même témoin de cette forfaiture dans une commune de l'Algérois lors des élections locales d'octobre 1997. Profitant de circonstances particulières, j'ai pu accéder à l'intérieur du siège de l'APC en présence de deux militants du parti et de trois journalistes et découvrir ainsi le pot-aux-roses. Suite à mes protestations véhémentes, l'un des membres de la commission communale, pris de remords, a fini par tout me raconter deux jours plus tard. Grâce à lui, j'ai pu récupérer les preuves du délit, à savoir les deux listings informatiques des résultats, l'authentique et le falsifié, et les remettre à la commission d'enquête parlementaire.e reste persuadé que cette méthode est toujours en usage et que depuis 1997, elle a dû être perfectionnée. La généralisation de l'usage de l'outil informatique facilite beaucoup le travail des fraudeurs. Il va sans dire que ce type de fraude ne peut se faire qu'avec la complicité, active ou passive, d'agents de l'Etat, et l'implication décisive de la police politique. C'est pourquoi, il ne peut y avoir ni preuves ni possibilité de recours contre ce type de fraude. Les « résultats » étant acquis d'avance, le pouvoir peut même se permettre le luxe de laisser le vote se dérouler normalement. Les observateurs présents dans les bureaux de vote pourront toujours relever des fraudes mineures, cela donnera plus de crédibilité au scrutin. Les commissions de surveillance aux différents échelons sont destinées au même but. Quant aux copies certifiées des PV fournies aux partis, elles ne sont d'aucune utilité, vu qu'aucun parti n'est en mesure de couvrir la totalité des bureaux de vote de la wilaya...



  Mohamed Benchicou, incarcéré depuis par Bouteflika , avait révélé dans son livre, "Bouteflika une imposture algérienne", comment le trucage des élections se déroulait en Françalgérie.

Bouteflika : une imposture algérienne
par  Mohamed Benchicou.
Edition Le Matin-Jean Picollec, p.17-19

"Jeudi 5 avril 1999, 14h. Abdelaziz Bouteflika pique une grosse colère. La scène se passe, en ce jour d'élection présidentielle, dans la sompteuse villa Aziza qui abrite la fondation Boudiaf, à El Biar. Le "candidat du consensus", à quelques heures d'être sacré président de la République, fulminantde rage, informe Mme Boudiaf qu'il pliait bagage pour partir le soir même pour Genève et qu'il ne voulait plus du fauteuil de chef de l'Etat. Motif de son chagrin : les "décideurs", venait-il d'apprendre, n'allaient le créditer que de 53% des voix, et ce score, peu flatteur pour un postulant seul en course, allait être annoncé dans la soirée aux Algériens. "Pas question que j'accepte un chiffre inférieur à celui de Zeroual! Si c'est ainsi, qu'ils trouvent un autre président!" s'étouffe le candidat Bouteflika... Abdelaziz Bouteflika tenait à son chiffre, "supérieur à celui de Zeroual". Quitte à faire truquer, autant truquer complètement pour ma petite personne, semblait dire Bouteflika! Devant l'obstination du futur président, les généraux décident, à 17h, de changer le score de Bouteflika, en concertation avec l'homme qui allait devenir "démocratiquement", trois heures plus tard, le président de la République : il sera "élu" avec 73,79% des suffrages exprimés. Liamine Zeroual avait bénéficié des voix de 7 088 618 d'Algériens en novembre 1995? Qu'à cela ne tienne : Abdelaziz Bouteflika aura 7 442 139 bulletins en sa faveur, soit 353 521 de plus!"

source:PRESSAFRIQUE 11.10.05

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