08 septembre 2009
Coup d'état électoral au Gabon: L'opposition s'organise
un collectif de candidats malheureux à la présidentielle du 30 août a demandé lundi dans une déclaration commune un "nouveau comptage des voix" du scrutin. L'opposition a d'autre part affirmé que le nombre de morts dans les violences à Port-Gentil était "bien plus important" que le bilan officiel.
Alors que le calme semble revenir au Gabon, l'opposition ne désarme pas. Un collectif de candidats malheureux à la présidentielle, dont l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame et Pierre Mamboundou, qui revendiquent chacun la victoire, a demandé lundi dans une déclaration commune un "nouveau comptage des voix" du scrutin. Selon les résultats officiels, annoncés le 3 septembre et validés le lendemain par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, fils du président défunt Omar Bongo Ondimba, a été élu avec 41,73% des suffrages, devant André Mba Obame (25,88%) et l'opposant Pierre Mamboundou (25,22%). "Nous exigeons un nouveau comptage des voix interrompu par le président de la Cénap (Commission électorale nationale autonome et permanente) sur la base des procès-verbaux de tous les bureaux de vote", a affirmé le porte-parole de ce collectif, l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, en lisant le texte de la déclaration.
Le collectif estime que les résultats annoncés le 3 septembre ont été l'objet "de graves manipulations", qu'il y a eu "de scandaleux bourrages des urnes" et "d'incompréhensibles gonflements des listes électorales". Ce groupe rassemble 16 des 23 candidats initiaux -André Mba Obame et quatre candidats qui s'étaient ralliés à lui, Pierre Mamboundou, Zacharie Myboto, Jules Aristide Bourdès Ogouliguende, Victoire Lasseni Duboze, Yvette Ngevilo, Luc Bengono Nsi, Marcel Robert Tchoreret, Bienvenu Erick Mauro-Nguemah, Bruno Men Moubamba- ainsi que l'ancien Premier ministre Casimir Oyé Mba qui s'était retiré le jour même du srutin. L'opposition a d'autre part affirmé que le nombre de morts dans les violences à Port-Gentil était "bien plus important" que le bilan officiel.
Félicitations françaises
Sur le terrain, la situation semblait revenir à la normale au Gabon, après les violences qui ont fait officiellement trois morts depuis l'annonce jeudi de la victoire à la présidentielle d'Ali Bongo, qui a reçu lundi les félicitations du président français Nicolas Sarkozy. Ces félicitations françaises interviennent après quatre jours de tension, particulièrement dans la capitale pétrolière, Port-Gentil (ouest), où des pillages et émeutes ont fait au moins trois morts, et où des intérêts français ont été pris pour cible. Paris, qui s'en défend, a régulièrement été accusé par des opposants d'avoir soutenu Ali Bongo et de perpétuer les pratiques de la "Françafrique", terme qui recouvre un ensemble de relations opaques, politiques, d'affaires nouées par la France avec ses anciennes colonies.
source:TF1
Coup d'état électoral au Gabon: L'opposition veut recompter les voix
Un collectif de candidats malheureux à la présidentielle affirme lundi que le nombre de morts lors des violences post-électorales est «bien plus important» que le bilan officiel. Il demande également un recomptage des voix.
Un collectif de candidats malheureux à la présidentielle du 30 août au Gabon, dont l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame et Pierre Mamboundou, qui revendiquent chacun la victoire, a affirmé lundi dans une déclaration commune que le nombre de morts lors des violences post-électorales à Port-Gentil est «bien plus important» que le bilan officiel de trois morts. Le collectif a demandé «la mise en place d'une commission d'enquête internationale pour déterminer la gravité des faits, les violations des droits de l'homme ainsi que les responsabilités de ce véritable bain de sang». Quelques heures plus tôt, la France avait estimé que les violences de ces derniers jours au Gabon avaient été exagérées, tout en continuant d'appeler les ressortissants français à la prudence.
Les membres du collectif ont également demandé le «recomptage des voix» du scrutin. Selon les résultats officiels, annoncés le 3 septembre et validés le lendemain par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, fils du président défunt Omar Bongo Ondimba, a été élu avec 41,73% des suffrages, devant André Mba Obame (25,88%) et l'opposant Pierre Mamboundou (25,22%). «Nous exigeons le recomptage des voix interrompu par le président de la Cénap (Commission électorale nationale autonome et permanente) sur la base des procès-verbaux de tous les bureaux de vote», a affirmé le porte-parole de ce collectif, l'ancien premier ministre Jean Eyéghé Ndong, en lisant le texte de la déclaration.
Ce groupe rassemble 16 des 23 candidats initiaux. Pierre Mamboundou, un des deux candidats revendiquant la victoire à la présidentielle au Gabon, dont on était sans nouvelles depuis le 3 septembre, est réappuru à cette occasion. Après deux heures de présence au siège d'un parti de l'opposition à Libreville, M. Mamboundou, qui se déplaçait seul et n'avait pas de blessures apparentes -des rumeurs le disaient sérieusement blessé-, est reparti avant même le début de la déclaration commune. «Je suis wanted, je suis recherché comme un brigand», a-t-il lancé aux journalistes avant de s'engouffrer dans une voiture.
Par ailleurs, le président français Nicolas Sarkozy a adressé ses «félicitations» et «voeux de succès» à Ali Bongo Ondimba pour son élection, dans une lettre transmise à l'AFP par le gouvernement gabonais.
source: TF1
Sarkozy félicite Bongo
Coup d'état électoral au Gabon: Ali Bongo recourt à la force à Port-Gentil, foyer de la contestation
Port-Gentil (Gabon), envoyé spécial
Regards fuyants et hostiles, bruits étouffés, rues jonchées d'ordures et de carcasses de voitures calcinées, ruines de bâtiments encore fumantes : Port-Gentil s'est réveillée hagarde, dimanche 6 septembre, après sa troisième nuit d'émeutes postélectorales qui ont causé la mort de trois personnes, selon un nouveau bilan officiel.
La capitale pétrolière du Gabon, petite ville aux allures coloniales avec son secteur européen et ses quartiers "indigènes" séparés par un boulevard, a des allures de cité fantôme. "D'un côté, la ville qui bouge, de l'autre la ville qui souffre", résume un Gabonais. Entre révolte politique et pillage crapuleux, les violences ont abouti à la mise à sac de près de la moitié de Port-Gentil.
Frondeuse, la cité qui a voté massivement pour l'opposant Pierre Mamboundou à la présidentielle du 30 août n'admet pas la victoire d'Ali Bongo. "Ali tricheur", proclament des graffitis à côté d'affiches électorales lacérées du fils Bongo. D'autres slogans reflètent une autre croyance fortement enracinée ici : le nouveau président ne serait pas "réellement Gabonais" mais il aurait été adopté, après sa naissance au Nigeria. Une fable, selon l'intéressé.
COUPÉE DU MONDE
A la fureur ambiante, à la peur engendrée par une violente répression, s'ajoute désormais une autre calamité, la faim. L'état de siège n'a pas été décrété, mais la deuxième ville du Gabon n'en est pas loin de facto. Dépourvue de toute liaison routière avec le reste du pays, elle est coupée du monde depuis la fermeture de son aéroport pour cause de troubles.
Dimanche matin, une vedette rapide en provenance de Libreville, premier service commercial depuis le début des émeutes, a débarqué quelques familles et des journalistes sur un quai presque désert, démentant les rumeurs d'un exode massif de la population.
Les commerces d'alimentation, la plupart aux mains d'étrangers, ont été pris pour cibles. Certaines rues du quartier populaire de Grand Village ne sont plus que des alignements de baraques démolies. "Les Libanais ont été visés systématiquement. Puis est venu le tour des Africains de l'Ouest, explique un habitant. Aujourd'hui, il est difficile de trouver un grain de riz." La pénurie touche aussi le carburant, les cartes téléphoniques. Les prix des produits de base ont décuplé.
Sur dix boulangeries de la ville, deux seulement ont rouvert dimanche. La première est signalée par une interminable file d'attente placée sous la surveillance de militaires cagoulés. L'accès à la seconde est filtré par les gendarmes. "Tu as cassé, tu ne boufferas pas", dit s'être vu opposer un jeune en quête de pain.
"Ils veulent nous punir d'avoir voté pour le changement"
Les émeutes ont débuté le 3 septembre, peu avant l'annonce de la victoire d'Ali Bongo, au moment où s'est répandue la nouvelle des coups reçus par les leaders de l'opposition lors d'une manifestation à Libreville. Les violences qui ont suivi n'ont étonné personne. L'opposition, incapable de donner un contenu politique à la révolte des jeunes, avait, dans ses meetings de campagne, popularisé un mot d'ordre simple : "Si Ali passe, on gaspille [on casse]."
Le premier réflexe des émeutiers a été de prendre d'assaut la prison. Puis, ils ont attaqué un commissariat pour y dérober des armes. Depuis lors, trois cents détenus et quelques armes à feu sont dans la nature. La nuit, défiant le couvre-feu, de petits groupes d'émeutiers – 600 jeunes au total, selon le ministre de l'intérieur – érigent des barricades et pillent. "Les autorités ont laissé faire pendant deux jours. Sans doute ne sont-elles pas mécontentes que le désordre s'installe dans la ville de M. Mamboundou", persifle un Français.
Mais la décision de Total de transférer vers Libreville les familles de ses salariés et la mise en sécurité d'autres employés sur des navires, en mer, a inquiété le régime et l'a incité à reprendre la situation en mains. Chacun garde ici la mémoire des émeutes dramatiques de 1990. La production pétrolière avait été stoppée, une mesure inadmissible pour un régime entièrement dépendant de cette manne.
"VOLEZ ! PILLEZ : LE NOUVEAU PRÉSIDENT VA REMBOURSER !"
Dimanche, le ministre de l'intérieur, Jean-François Ndongou, s'est déplacé à Port-Gentil afin de réaffirmer l'autorité de l'Etat, menaçant d'instaurer l'état de siège si les violences se poursuivaient. "Nous n'allons pas offrir des denrées. Mais nous n'avons pas l'intention d'affamer la population", a-t-il ajouté.
Les violences, si elles ont un aspect crapuleux évident, ne se sont pas exercées au hasard. Tout ce qui symbolise le régime Bongo et ses relations avec la France a été visé. Depuis les supérettes Cécado, dont est actionnaire un dignitaire local du clan Bongo, jusqu'au consulat de France et aux installations de Total-Gabon (salle polyvalente, stations-service), une société dont Pascaline Bongo, sœur d'Ali, est vice-présidente.
Dans cette ville besogneuse et délaissée par les autorités – elle attend depuis vingt-cinq ans le pont qui la relierait à Libreville –, la débauche de moyens déployés par la campagne électorale d'Ali Bongo a exacerbé la colère. Outre les classiques T-shirts, le candidat du pouvoir distribuait des téléphones portables, des clés USB, des stylos et des lampes torche à son effigie.
"L'étalage de ces richesses acquises avec l'argent du contribuable a été insupportable D'autant qu'au même moment, les manifestations de l'opposition étaient systématiquement interdites. Les gens se sont dit que tout allait continuer comme avant."
En inondant ses partisans de cadeaux et en promettant de transformer Port-Gentil en "petit Dubaï", Ali Bongo ne savait pas qu'il inspirerait l'un des cris de ralliement des émeutiers : "Volez ! Pillez sans vous arrêter : le nouveau président va rembourser !"
source: le monde
08 juin 2009
Avec Omar Bongo, c’est un bout de la Françafrique qui disparaît
source: libération
Depuis le décès de l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny, fin 1993, il avait repris vaillamment le flambeau d’une «Françafrique» en déclin. Doyen des chefs d’Etat sur le continent, le président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, est mort dimanche des suites d’un cancer aux intestins dans un hôpital de Barcelone. Il avait 73 ans, et en avait passé plus de quarante au pouvoir, sans coup d’Etat. Un record.
Propulsé en 1967 à la tête du petit émirat pétrolier du Golfe de Guinée, ce petit homme aux lunettes noires aura connu et fréquenté pas moins de six présidents de la République française. Le dernier, qui avait promis la «rupture» avec des pratiques d’un autre temps et de ténébreux réseaux franco-africains, se rendit sans broncher à Libreville pour son premier voyage en terre africaine, en juillet 2007. Le soir de son élection, Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs appelé un seul dirigeant étranger, avant même la fermeture des bureaux de vote, pour le remercier pour ses «conseils»: Omar Bongo.
Ce dernier était loin d’être seulement un serviteur zélé de la «Françafrique». Bongo était aussi un fin connaisseur de la scène politique hexagonale, qui avait su se rendre indispensable en se créant un réseau d’obligés à Paris, de droite comme de gauche.
Le vieux sage a toujours été soupçonné d’avoir financé une palanquée de campagnes électorales. Mais ce rôle occulte n’a jamais été éclairci par la justice. Lors du retentissant procès d’Elf, dans les années 90, son nom a été beaucoup cité. Mais Bongo a finalement été épargné. «L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant», disait-il à Libération en 1996.
Bongo savait aussi confier des missions de conseil et d’audit à des dirigeants politiques prometteurs ou confirmés comme autant d’investissements. Ces derniers mois, on a beaucoup parlé de Bernard Kouchner. Mais la liste de personnalités politiques de tous bords ayant cédé à ses sirènes est longue.
Au Gabon, il a su régner sans faire usage de la force, contrairement à nombre de ses pairs sur le continent. La clé de sa réussite tient en quelques mots: un instinct politique hors pair et un usage raisonné de la corruption.
Bongo s’est longtemps prénommé Albert-Bernard. Il est né en 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, une ethnie minoritaire du sud-est du pays. Après des études secondaires au Congo, il exerce un emploi modeste au sein des postes. Mais ce jeune homme vif et ambitieux est vite repéré par les services secrets français, qui vont l’employer, notamment dans les écoutes téléphoniques. Bob Maloubier, ancien du SDECE, s’occupe de la garde présidentielle après 64. Le Gabon, comme l’a raconté Pierre Péan (1), est alors le repère des barbouzes de tous poils. La garde présidentielle y est composé d’anciens de l’OAS. Paris possède sur place des intérêts économiques statégiques: l’uranium, exploité dans le sud-est par la Comuf (Compagnie d’uranium de Franceville), et bientôt le pétrole.
Mais Bongo doit son ascension tout autant aux Français qu’au premier président du Gabon indépendant, Léon Mba, qui en fait son directeur de cabinet. En 1964, lorsque le président est victime d’un putsch, avant d’être rétabli dans ses fonctions par les paras français, Bongo refuse de le lâcher. Le président Mba le nomme vice-président, et à sa mort en 1967, il lui succède naturellement, avec l’assentiment de Paris.
En 1973, Albert devient Omar: il s’est converti à l’islam, sur les conseils avisés du colonel Khadafi. Accessoirement, cette conversion intervient alors que le Gabon rejoint l’Opep, au lendemain du premier choc pétrolier. Trente ans plus tard, il ajoutera le nom de son père «Ondimba», racontant avoir été interpellé par son géniteur dans un rêve mouvementé. Mais son appartenance aux réseaux maçonniques a joué un rôle bien plus important au cours de sa longue carrière que son adhésion à l’islam.
Comme Félix Houphouët-Boigny, Bongo a su redistribuer l’argent du pétrole en veillant à ce qu’aucune communauté ne se sente marginalisée, gage de la stabilité de son pouvoir. Mais si son pays a échappé aux soubresauts qui ont ensanglanté nombre de ses voisins, il n’a jamais décollé économiquement. La manne pétrolière, qui se tarit, a profité à une petite coterie dans l’entourage du président, tandis que la moitié de la population vit dans la pauvreté.
Au cours de son long règne, Bongo a coopté un à un ses opposants au sein des différents gouvernements qui se sont succédé à Libreville en quarante ans, réduisant à néant toute idée d’alternance. Sa succession risque de se révéler d’autant plus délicate à gérer, en l’absence de relève crédible. La Constitution prévoit, en cas de décès du chef de l’Etat, l’organisation d’une élection sous quarante-cinq jours. L’intérim est assuré par le président du Sénat.
Au fil des ans, sa famille a pris une place prépondérante. Sa fille, Pascaline, qui dirige le cabinet présidentiel, a la haute main sur les finances, tandis que son fils, Ali, contrôle l’armée à la tête de laquelle il a placé ses fidèles. Vice-président du parti au pouvoir, ce dernier est idéalement placé pour succéder à son père, étant donné la brièveté de la campagne et l’état d’impréparation de ses adversaires.
07 juin 2009
Omar Bongo, la mort du doyen de la Françafrique
Sa disparition, à 73 ans, marque la fin d'une saga africaine intimement liée à la France. Il laisse un pays sous-développé mais des intérêts gigantesques aux mains d'un clan désuni.
Papa est mort. Avec la disparition d'Omar Bongo, à l'âge de 73 ans, c'est bien davantage que le doyen des chefs d'États africains qui quitte la scène. C'est un dinosaure qui tire sa révérence, le dernier des Mohicans, la figure la plus emblématique d'un système, la Françafrique, qu'il résumait mieux que nul autre, avec son cortège d'intérêts croisés, de liens occultes et d'affaires souvent pas très claires. Une page d'histoire se tourne. Significativement, la mort du «plus vieil ami africain de la France» survient à un moment crucial des relations entre l'ancienne puissance coloniale et le continent noir.
Depuis deux ans, à l'Élysée, Nicolas Sarkozy fait de la «rupture» la pierre angulaire de ses relations avec l'Afrique. Mais on ne met pas si facilement au rencard un vieux crocodile, surtout quand il s'appelle Bongo. «Et que voulez-vous que l'on fasse, on ne peut pas le tuer tout de même ?», s'indignait récemment un ministre de la République à qui l'on objectait qu'en dépit de l'aggiornamento annoncé, les vieilles habitudes continuaient d'avoir la vie dure avec certains dirigeants africains. Une image, diffusée à l'époque en boucle sur les chaînes de télévision gabonaises, témoigne de l'influence jamais démentie d'Omar Bongo dans le «village» franco-africain : celle de Nicolas Sarkozy, parmi bien d'autres obligés, rendant visite au «vieux» dans sa suite d'un palace parisien durant la campagne présidentielle. Le jour même de son élection, le successeur de Jacques Chirac à l'Élysée appelait l'inamovible président gabonais pour le remercier de ses avis et de ses conseils.
Autre signe parlant, la cohorte des ministres français se pressant, en mars dernier, aux obsèques de la première dame du Gabon, Edith Lucie, la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso décédée d'un cancer après une longue hospitalisation au Maroc. C'est qu'au fil des décennies, Bongo a su se rendre incontournable, incarnant la stabilité, l'allié fidèle à l'ONU, à la tête d'un pays hébergeant quelque 10 000 ressortissants français et une base militaire.
De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand : au pouvoir depuis 1967, Omar Bongo les a tous pratiqués avec connivence. Mais au-delà, les réseaux de ce «frère» éminent de la Grande Loge nationale française s'étendaient à toutes les sphères politiques et médiatiques. Il savait tout sur tous, sa meilleure assurance-vie : «Je ferais couler beaucoup de gens», disait-il, en guise de menace à peine voilée.
Au printemps 2008, une de ses colères a de toute évidence coûté son poste au ministre de la Coopération Jean-Marie Bockel, pour des propos un peu trop abrupts contre la Françafrique. On a beaucoup prêté au «doyen», comme le financement de bien des campagnes électorales, sans jamais le prouver. On ne prête qu'aux riches, dit-on. Or Omar Bongo était très, très riche.
«Blanc comme nègre» face aux affaires
C'est ainsi une autre coïncidence de voir partir le président gabonais alors que se multiplient contre lui les accusations de détournements d'argent public. Selon Transparence international France et l'association Sherpa, les «biens mal acquis» par le président gabonais recouvriraient quelque 70 comptes bancaires ouverts en France au nom de sa famille et 33 biens immobiliers prestigieux, dont une dizaine d'appartements à Paris, équivalant à plus de 150 millions d'euros. Deux plaintes, déposées par ces associations, ont été classées sans suite en 2007 et 2008 par le parquet. Celui-ci pourrait faire appel d'une troisième plainte, déposée par un homme d'affaires français emprisonné en 1996 à Libreville à la suite d'un différend commercial avec le chef de l'État gabonais. Ce dernier se proclamait «blanc comme nègre», dans un livre d'entretiens (Grasset 2001).
Son long parcours relève de la saga africaine. Né sous le nom d'Albert-Bernard Bongo le 30 décembre 1935 dans une bourgade de la province du Haut-Ogoué, rebaptisée plus tard Bongoville, ce Téké (l'ethnie bantoue minoritaire) fait ses études primaires et secondaires au Congo. Après son service militaire, il devient un agent subalterne des services secrets français et travaille aussi comme commis des postes.
Mais l'ambitieux Bongo saura tracer sa voie jusqu'aux plus hautes destinées dans le sillage du premier président du Gabon indépendant, Léon Mba. En 1960, Bongo est son vice-président et son bras droit avant de lui succéder après sa mort en 1967, avec la bénédiction du grand manitou des «affaires africaines et malgaches» à l'Élysée, Jacques Foccart.
En 1968, il fonde le Parti démocratique gabonais, parti unique jusqu'à l'instauration en 1990 d'un pluralisme de façade. Jusqu'au bout, Omar Bongo est resté l'unique détenteur d'un pouvoir dont il fut la clé de voûte. Habile et madré, il n'a pas son pareil pour verrouiller une campagne électorale (les scrutins se déroulent à échéance régulière) et monnayer le ralliement de ses opposants ou les museler. L'homme sait aussi se muer en caméléon quand il le faut. Pour obtenir une audience avec Paul VI, il se fait baptiser catholique. En 1973, il se convertit à l'islam et devient El Hadj Omar Bongo Ondimba, afin, dit-on, de s'attirer les bonnes grâces des pays de l'Opep, en majorité musulmans…
Omniprésence de la famille
Le 27 novembre 2005, il est réélu avec 79 % des suffrages lors d'élections que l'opposition juge entachées de fraudes massives. Imperturbablement, le «doyen» donne une fois de plus raison aux affiches qui s'étalent partout dans le pays : «Bongo, j'en veux toujours plus !»
Le nerf de la guerre, il est vrai, ne lui a jamais manqué. Peuplé de 1,3 million d'habitants seulement, l'«émirat gabonais» est un pays riche de son pétrole, de sa filière bois et de ses gisements de manganèse et de fer. En quarante ans de règne, toutefois, Omar Bongo n'aura que très modérément fait fructifier cette manne. Malgré ses immenses ressources naturelles, le pays se classe toujours 123e sur 177 au classement de l'indicateur de développement humain des Nations unies. Près d'un demi-siècle de pouvoir ne lui aura pas laissé le temps de construire plus de 900 kilomètres de routes…
Impeccablement sanglé dans ses costumes Smalto ou drapé dans une cape à la Mandrake, Omar Bongo ne boudait pas la scène diplomatique. On le retrouvait en médiateur dans nombre de conflits et de différends africains, toujours prompt à endosser la tenue du sage que lui valait de facto son ancienneté parmi ses pairs.
Autre clé du système Bongo, son clan. Au gouvernement comme dans l'administration, l'économie ou les médias, la famille du président est omniprésente. L'homme, il est vrai, n'a jamais ménagé sa virilité, la rumeur publique allant jusqu'à lui attribuer plusieurs dizaines d'enfants. Proche parmi les proches, sa fille Pascaline dirige son cabinet. Le mari de celle-ci, Paul Toungui, est ministre de l'Économie et des Finances. Le fils préféré du président, Ali, souvent présenté comme un possible successeur, est ministre de la Défense. «Il n'y aura pas de dynastie Bongo», se plaisait-il à dire. À voir. Même si le baobab est à terre, il est fort probable que l'après-Bongo portera, d'une façon ou d'une autre, la marque du clan.
source: le figaro
10 octobre 2008
Gabon: Libreville accuse Paris d’ignorer l’accord sur les flux migratoires
Source: PANA
L’accord signé le 5 juillet dernier entre les autorités françaises et gabonaises relatif à la gestion concertée des flux migratoires paraît largement ignoré aux frontières françaises et dans les préfectures de Police, déplorent à Libreville les autorités gabonaises.
Un incident sur la durée de validité d’un titre de séjour (portée de 6 à 9 mois en vertu de l’accord) est intervenu récemment entre un jeune Gabonais résidant à Melun, en Seine-et-Marne et un fonctionnaire de Police, qui a passé outre l’accord de flux migratoire signé entre la France et le Gabon, dénonce ce vendredi un officiel du ministère gabonais des Affaires étrangères.
De même, ajoute-t-il, à l’aéroport de Roissy Charles De Gaule, en France, la Police des frontières continue à exiger des visas à des fonctionnaires gabonais détenteurs de passeports de service, alors qu’il est stipulé dans l’accord ratifié par le Parlement français que ces derniers en sont dispensés.
Il est stipulé d’autre part dans le décret d’application publié dans le journal officiel que la convention franco-gabonaise entre en vigueur le 1er septembre 2008.
Le texte prévoit en outre que “les étudiants gabonais en France désireux de trouver un premier emploi auront accès, sur les sites Internet de l’agence nationale pour l’emploi (ANPE) et de l’agence pour l’emploi des cadres (APEC), à l’ensemble des offres d’emploi disponibles”.
Le Gabon compte environ 6.000 ressortissants en France, alors que 13.000 Français vivent au Gabon. La majorité des Gabonais résidant en France sont des étudiants.
03 août 2008
réponse à JF Mouloungui
Rendre à la politique ses lettres de noblesse
Jean Félix Mouloungui sait bien de quoi il parle, lorsqu'il évoque des termes comme diffamation, calaomnie, fatwa,outrances et parjures. En effet, M. Mamboundou, du temps où il se disait opposant, en a outrancièrement et outrageusement accablé Bongo Ondimba, son parti le PDG et tous ceux qui, de Mba des bois à Kombila, l'ont rejoint. Mais ce n'est pas de cette maniière que vous contribuerez à expliquer le comportement soudain plus que compréhensif et emprunt de complicité de votre mentor à l'égard du Chef de l'Etat, après l'eut rencontré en son bureau.
Voyez-vous, la nature fini toujours par rejaillir malgré des années de simulation et de dissimulation. Les résultats des dernières élections locales sont l'avant-goût du désamour total des Gabonais qui s'étaient laissés entuber, vis-à-vis du menteur qu'est Mamboundou; et sa cape rouge n'y changera rien. Paul Toungui l'a mis KO debout à l'Assemblée Nationale, vous l'a-t-il dit?
La scène: Mamboundou demande la parole et, se levant fièrement, appostrophe le Ministre Tougui sur l'ineactitude des chiffres du budget, estimant que l'augmentation du pétrole aurait dû induire des recettes plus importantes. Il demande, fier de lui, où va l'argent. Replique cinglante de Toungui."Lorsque des citoyens acceptent 21 milliards de francs du Chef de l'Etat, sans se préoccuper d'où vient l'argent qu'il reçoit, inutile de se demander comme pour se faire bonne conscience où va l'argent du pétrole. He bien, il sert aussi à ce genre de cadeau". Mouillé comme une poule, Mamboundou, sans être désigné par le Ministre, mais se sachant concerné, a eu du mal à poser son postérieur sur le fauteuil, comme un mauvais élève surpris en flagrant délit de fraude. Est-ce cela un comportement de noble?
Est-ce un comportenamt de noble d'accepter maison et argent de quelqu'un qu'on a couvert d'injures des années durant, au nom de la probité et du combat polotique? Est-ce un comportement de noble de mentir éffrontément à ses propres concitoyens ?
Cher compatriote, il faut savoir, malgré des propos de "bon combattant", qui ne sont en réalité que des cris vertueux de la malhonnêteté dévoilée". L'UPG ne vaut pas plus que le PDG, et Mamboundou pas plus que Bongo.
19 juillet 2008
Rendre à la politique ses lettres de noblesse
source: UPG
Nous avons reçu ce message d'un internaute: le patriote
l'article de Monsieur Mouloungui JF, posté sur le site de l'UPG
l'article:
Tribune Libre : Rendre à la politique ses lettres de noblesse
Par Jean-Félix Mouloungui
Représentant Personnel et Porte Parole de Pierre Mamboundou, Président de l’U.P.G, en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique.
Domaine réservé de la réflexion qui précède l’action. Le débat politique contradictoire dans une société civilisée, se fait idée contre idée, projet de société contre projet de société, et programme politique contre programme politique, etc..
Le tout dans un état d’esprit de respect de la différence, et de respect de l’autre qualifié d’adversaire.
Il ne se passe plus une seule seconde sans que les différents commentaires, en plus anonymes, versent soit dans la « diffamation, la calomnie », soit se répandent dans les « outrances, les parjures ». Cette violence portée par les mots qui sont ceux de l’intolérance, du dogmatisme ou encore ceux de l’exclusion fondée sur le rejet de l’autre, incarne la haine et toujours de la démagogie et l’absence de projets et de programme.
Une constante, l’anti-Mamboundou ou « tout sauf Mamboundou ». Ce n’est pas avec ce genre de sentiment que l’on peut construire le Gabon. De grâce, épargnez l’U..PG de vos outrances de démagogie extrémiste de la « pensée guillotine » qui joue sur les réflexes, de la fatwa, de la peur, de la calomnie, du parjure, de la désinformation et autres bassesses, etc...
L’objectif d’un débat contradictoire entre personnes civilisées, n’est-il pas de rechercher à porter toujours plus haut « l’idéal de la démocratie » dans le respect de la différence et le respect de l’adversaire ?
Alors au nom de « l’idéal démocratique » restons chacun à sa place dans la dignité. Il est tout simplement important de garder toujours à l’esprit que les gabonais souffrent des injustices d’un système politique et socio économique inéquitable. Le peuple gabonais mérite mieux que ce spectacle de bal masqué digne de « clowns ».
Par delà les prises de positions récurrentes à travers des commentaires anonymes, l’on peut conclure, que ces derniers sont des farceurs en mission commandée qui excellent dans la politique spectacle, en comptant les billets de Francs CFA, rançon de leur surenchère, basse, sale et honteuse besogne.
Ce violent sabotage du débat démocratique est une ignominie. In fine, une grave « atteinte au respect des droits de l’homme ».
Il est à rappeler que l’engagement politique exige la sagesse, la maturité, la responsabilité et la dignité et l’honnêteté.
Ensemble rendons à la politique ses lettres de noblesse.
Jean-Félix Mouloungui
Représentant Personnel et Porte Parole de Pierre Mamboundou, Président de l’U.P.G, en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique.
réponse du patriote:
Monsieur Mouloungui, vous vous comportez exactement comme les pédégistes dans les années 1990. tte personne qui critiquait Bongo et le PDG était taxée de tous les mots, de ménacer la sécurité nationale, de vouloir formater un coup d'état... et vous dès qu'on critique Mamboundou, vous nous traitez de tout les noms. Hier c'était le BDP (au final ils ont raisons car Mamboundou s'est allié avec bongo), APA, les internautes du site BDP et aujourd'hui ceux du site UPG. votre femme disait que nous étions des gangs et vous, vous dites que nous sommes des farceurs, des clowns. pire vous dites que nous comptons les billets de Francs CFA, rançon de notre surenchère, basse, sale et honteuse besogne.VOUS NOUS TRAITEZ DE TOUS CES MOTS PARCE QUE NOUS CRITIQUONS MAMBOUNDOU. PARCE QU'ON CRITIQUE LE FAIT QUE MAMBOUNDOU SOIT ALLé A LA PRéSIDENCE voir bongo et quémander les milliards pour Ndendé et POrt Gentil, 5 milliards pour aider le PDG a gagné Port Gentil. parce que nous critiquons également le ralliement de Mamboundou et l'UPG à bongo et au PDG. c'est pour cette raison vous nous traiter de CLOWNS? il parait que vous êtes le représentant personnel et porte parole de l'UPG en Europe et aux USA et vous tenez ce genre de propos? laissez moi vous dire que vous n'avez aucune hauteur, zéro. par respect, je ne vais pas vous traitez de CLOWN même si je pense réellement. par contre il y avait qu'un de bien ici, M2005. il avait le sens de la responsabilité, de la classe et de la hauteur, vous zéro. votre texte, c'est du coq à l'ane. vous voulez rendre à la politique sa noblesse? alors parlons en. UNE OPPOSITION QUI S'aLLIE AVEC LE POUVOIR TUE LA DEMOCRATIE. UNE DEMOCRATIE STABLE A BESOIN D'UNE OPPOSITION STABLE.pas de cette opposition qui va se faire vendre et vous parlez de noblesse. de quelle noblesse parlez vous? avant les élections, vous demandez aux gabonais de donner un carton rouge au PDG et juste aprés les élections, vous vous plaignez de la fraude et 2 jours aprés vous vous alliez avec le PDG, c'est ça la noblesse? un leader de l'opposition qui va voir le président et dictateur bongo et demander de l'argent pour sa ville, vous appelez ça rendre à la politique sa noblesse? la noblesse de la politique ce serait que l'état vote un budget pour chaque ville du gabon avec des controles clairs. enfin, bref, je vais continuer à critiquer s'il le faut. je reste un homme libre avec des pensées libres.
14 juin 2008
Voici la fortune de Bongo et Cie en France
C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes ? Rois du pétrole saoudiens ? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.
Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la « Françafrique ». Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour « recel de détournement d'argent public » déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.
Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé « dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé] ».
Hôtel particulier
La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16 ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.
Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M. Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété « est constituée de deux appartements ( 170 m2 et 100 m2), trois mai sons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine », précise le procès-verbal. « Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans. » Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7e arrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant - souvent - par le 16e arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d'autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita.
12 comptes pour Edgar Nguesso
En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu' « utiliser », selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour 2 470 000 euros par l'épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille. Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants.
Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.« Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique », notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de « ce parc automobile conséquent ». Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque. De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, « règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting », une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.
Véhicules de luxe
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France « une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros », acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60 comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.
En fait de « financement atypique », les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la « paierie du Gabon en France » pour régler la « Maybach 57 » (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur « bleu Côte d'Azur » destinée à « Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba ». A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.
Le même compte de la « paierie du Gabon » ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l'ambassade à Paris a servi à financer la moitié d'une Mercedes à 75 858 euros dotée d'un « toit ouvrant panoramique » achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. « Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans. » D'où vient l'argent ? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l'origine des fonds s'impose. L'apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions.
Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique ? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources ? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400 euros) par mois, d'après des sources américaines ?
Obstacles à la poursuite de l’enquête
Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur « intérêt à agir ».
Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice - mais pas leurs familles -, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. « La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément... le bénéficiaire », résume un spécialiste du dossier.Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le « gaspillage des fonds publics » par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels « biens mal acquis » déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.
Philippe BERNARD
A l’origine, une plainte
La victoire de l'« Afrique de Papa »
À l'origine de l'enquête de police inédite sur les biens acquis par cinq chefs d'Etat africains en France, se trouve une plainte pour « recel de détournement d'argent public ». Celle-ci a été déposée en mars 2007 à Paris par trois associations : Survie, spécialisée dans la dénonciation des turpitudes de la « Françafrique », Sherpa, groupement de juristes spécialisés dans la défense des droits de l'homme, et la Fédération des Congolais de la diaspora, qui dénonce l'opacité financière du régime de Brazzaville. Leur objectif commun consiste à dénoncer la dilapidation des ressources de pays africains par des régimes soutenus ouvertement - pour trois d'entre eux - par la France depuis des décennies.
Ces trois plaignants ont puisé l'essentiel de leurs arguments dans un rapport intitulé « Biens mal acquis... profitent trop souvent », réalisé voici un an par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Ce document plaidait en faveur d'une « mobilisation des sociétés civiles en faveur de la restitution des biens mal acquis ». Il synthétisait une multitude de rapports officiels, de travaux d'ONG et d'enquêtes journalistiques décrivant la fortune accumulée en France par les familles de dirigeants africains et tendant à démontrer les origines douteuses de ces fonds. En écho, la plainte déposée à Paris estimait qu'un tel financement « n'[avait] pu intervenir du seul fait des rémunérations versées aux dirigeants des pays concernés » et avait pour conséquence « la réduction des ressources publiques en Afrique ». Les associations réclamaient l'application de la convention des Nations unies de 2003 contre la corruption. Signé par la France, ce texte érige la restitution des biens détournés en principe du droit international.
Bien mal acquis
La plainte visant les « biens mal acquis », conçue comme un outil de propagande, a connu une destinée dépassant les espérances de ses promoteurs. A la mi-juin 2007, le parquet de Paris, au lieu de la classer discrètement, a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Cette décision, intervenue quelques jours après l'élection de Nicolas Sarkozy, a été analysée par nombre d'observateurs africains comme le premier signe de la « rupture » avec la « Françafrique » promise par le candidat de l'UMP.
L'éditorialiste du journal burkinabé Le Pays croit alors voir poindre « une nouvelle ère (...) pour la France, qui veut manifestement que soit tournée la page des rapines pratiquées sur le continent par ses propres dirigeants ». « La dialectique du pilleur-réparateur pourrait s'enclencher », s'enthousiasme un quotidien de Kinshasa, tandis que le Times de Londres insiste sur le caractère « sans précédent » de l'enquête.La douche froide viendra cinq mois plus tard, avec le classement sans suite notifié le 15 novembre 2007 pour « infraction insuffisamment caractérisée ».
Entre-temps, les chefs d'Etat visés ont signifié leur colère à Nicolas Sarkozy. Omar Bongo a protesté, a affirmé avoir empêché des manifestations antifrançaises « spontanées » à Libreville. Le 5 juillet, sur le perron de l'Elysée, après une visite au président français, Denis Sassou Nguesso a fustigé les « relents de néocolonialisme et de racisme » qu'évoque pour lui la plainte. « Tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu'ils soient du Golfe, d'Europe ou d'Afrique », se défendait-il.
Le geste de Sarkozy
Comme pour appuyer ces protestations, M. Sarkozy a multiplié les gestes montrant la continuité des bonnes relations entre la France et les pays concernés. Lors de son premier voyage officiel en Afrique, en juillet, il a choisi de faire étape au Gabon, dirigé depuis quarante ans par Omar Bongo, et s'est montré plus généreux que le Trésor ne le proposait pour annuler la dette de ce pays. Reçu à l'Elysée, M. Sassou Nguesso a bénéficié, lui aussi, d'une aide française accrue pour le Congo.Pour les associations plaignantes, le doute n'est pas permis : le classement de la plainte résulte d'une consigne donnée au parquet par le pouvoir politique. A lire leur réaction, la décision judiciaire traduirait la victoire de « l'Afrique de Papa sur le droit ».
« Par cette décision, estiment-elles, la France envoie un signal désastreux à la population africaine », privant celle-ci de « ce qu'elle ne peut pas obtenir sur son sol, c'est-à-dire l'identification de ceux qui, par les détournements massifs d'argent public opérés, contribuent à son appauvrissement ».
Hôtels particuliers, villas, piscines, Bugatti et Mercedes... La police a enquêté sur le patrimoine de cinq chefs d'Etat africains en France. Cette démarche avait été interprétée à la mi-2007 comme une rupture avec la « Françafrique ». Depuis, l'affaire a été classée sans suite.
Avenue Foch, j'achète !
30 mai 2008
Gabon: omar bongo nous a "tuer"
Et de UN, omar bongo a encore frappé. Encore un opposant dans sa poche, il est vraiment fort omar. omar bongo du Gabon nous a "tuer". à l'UPG, on parle de l'interêt superieur de la nation, quelle nation parlent ils? je dirais plutot l'interet superieur de Mamboundou et ses amis. et pendant qu'ils se partagent les postes et les mairies à gérer, le peuple gabonais vivote. Atata ZAMBI, ou va l'argent du pétrole avec le prix du baril à plus de 130 dollars???






